Portal 2 (X360)

 







Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : avril 2011
Développeur : VALVe
Editeur : VALVe
Genre : FPP (first person puzzle)

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR
Espace disque nécessaire : 21Mo (saves)
Moteur graphique : Source Engine (VALVe)
Moteur physique : Havok
Définitions HD : 720p - 1080p
Difficulté :
Compatible Kinect : non
Compatible 3D : non
Multi-joueurs : 2 joueurs en coop' (splitté ou online)
Titre alternatif : Half-Life² : Portal 2
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 1.83 Millions (tous supports)

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Portal 2








Soyons clairs,
Le scénario est plus étoffé mais VALVe ne sait décidément pas exploiter à fond ses univers. Par contre l'humour est bien présent et c'est un régal
il est évident que le premier Portal a été surnoté. Sorti en 2007 au sein d'une époustouflante Orange Box, VALVe signait un coup de maitre… totalement imparfait. Souvenez-vous, si le jeu avait de quoi enthousiasmer, moi ce qui m'a gêné c'est un scénario trop vaguement survolé. D'ailleurs à ce propos je vous le demande en toute honnêteté, d'où sortent les noms de GlaDOS et Chell, hein ? D'où ? Jamais ces noms ne sont prononcés et ils ne sont écrits nulle part, si on excepte les sous-titres ou peut-être la notice. Déjà ça, moi ça me gêne. Ensuite, VALVe est vraiment doué pour créer des univers forts mais ils sont totalement incapables de les utiliser à bon escient. Du coup on se met à rêver, à voler en leur compagnie et lorsqu'on aperçoit que la coquille est vide, on retombe lourdement sur terre. C'est une dure réalité et ce n'est pas nouveau, déjà en 1998 avec Half-Life, ils nous ont fait le coup. Tiens Half-Life, si autrefois on associait Portal à l'univers de sir Gordon, désormais la licence semble voler de ses propres ailes. La preuve avec cette suite qui sort toute seule comme une grande, un peu moins de 4 ans après l'original. Pourtant, ce n'est pas forcément ça qu'on demande, nous les fans. Après bientôt 4 longues années à attendre la bouche ouverte, à crever d'impatience sous un soleil de plomb, VALVe nous dit en toute honnêteté qu'Episode Three d'Half-Life² n'est même pas encore en chantier. Alors je ne vais pas m'énerver une fois de plus sur le sujet, il est clair qu'on se fout ouvertement de notre gueule et au lieu de nous sortir des Left 4 Dead tout à fait dispensables et de se gaver comme des porcs avec Steam, ils feraient mieux de se sortir les doigts du cul et de se mettre au boulot ces fainéants !! Non mais il leur faut combien de temps pour développer un malheureux épisode ?!! Bon trêve d'énervements (encore que, ça fait drôlement du bien de coucher sur le papier tout le ressenti qui nous pèse envers cette histoire), Portal 2 c'est quoi exactement ? Et bien c'est la suite directe d'un premier épisode qui aura clairement secoué les joueurs. Souvenez-vous (oui encore un petit effort), VALVe a patché son précédent jeu pour que la fin change. Au lieu de se fermer sur la supposée mort de Chell (notre héroïne donc), quelque chose semble la trainer… ailleurs.


Résultat
Pas mal de nouveautés entrent en compte et renouvellent habilement le gameplay
on se retrouve 100 ans plus tard, enfermé dans une chambre de repos. Vous vous doutez bien que les choses ne vont pas rester en l'état et très vite on retrouve notre jouet préféré, le portal-gun. Le prologue est d'ailleurs très original et on tombera nez-à-nez avec une vieille connaissance qu'on croyait morte. Mais là où ça aurait pu être totalement bateau (le coup de la super IA qui veut se venger, tout ça, tout ça) les développeurs ont réussis à nous surprendre, et ce plusieurs fois. En effet, l'aventure solo est découpée en plusieurs phases. Au départ on a un sympathique prologue bourré de clins d'oeil au premier jeu (certaines salles sont d'ailleurs les mêmes) puis on enchaine les premiers tests (d'ailleurs les premières pièces sont évidemment un didacticiel qui nous remet le pied à l'étrier). Pile au moment où ça commence à devenir rébarbatif et gonflant, voilà que le jeu change du tout au tout. En outre on ira visiter les tréfonds d'Aperture Laboratories pour un génial retour aux sources. C'est habilement fait et on découvrira les origines d'Aperture, leurs premières recherches, etc. Retour dans le futur, on subira de nouveaux tests (avec en plus ce qu'on a précédent acquis) pour finir de façon classique par un boss… ça c'est pas du spoil, c'est commun à tous les jeux alors commencez pas à râler. La déception c'est qu'on n'en apprendra pas plus sur l'univers global de Portal. Qui est vraiment Aperture Sciences, qu'est ce que Chell foutait là à l'origine, à quelle époque sommes nous… tout ça reste sans réponse. Pareillement, ceux qui fantasmaient à l'idée de voir quelques sommités d'Half-Life, ou même un simple lien avec l'autre licence phare de VALVe, vont être déçus. Par contre Portal 2 fait voyager. Finalement dans le premier jeu nous n'avons qu'entraperçus la face visible de l'iceberg et ça pour l'ambiance, c'est génial. Donc même si encore beaucoup de questions restent en suspend, nous avons quand même quelques bribes d'infos et de quoi réfléchir sur l'univers qui nous est proposé. En clair, même si ce n'est pas encore la panacée, on reste bien moins frustré qu'avec le premier opus, d'autant que la fin est bien sympathique. Ce qu'on retiendra aussi de Portal 2, c'est une qualité d'écriture absolument indéniable. Bon évidemment comme "la recette maison" est aux héros muets, Chell ne dira jamais rien. Par contre GlaDOS est plus sarcastique, fourbe voire même méchante que jamais. Mais le grand vainqueur c'est quand même Wheatley, l'IA qui nous accompagne au début du jeu. Son humour est couillon mais bon sang ce qu'il est drôle ! En plus le doublage est d'une qualité fantastique (au moins aussi bon qu'en anglais), ce qui évidemment, n'est pas pour nous déplaire. Côté gameplay, Portal est toujours aussi déroutant (d'ailleurs sur la fin, il faudra faire attention aux sensations de vertiges).


Le concept
Beaucoup d'incohérences et de questions en suspend me font dire que Portal 2 est un superbe jeu, mais pas aussi parfait que le monde veut nous le faire croire
est simple, rappelons-le : le portal-gun peut créer 2 portails inter-communicants et avec ça on déjoue toutes sortes de pièges et d'énigmes. Bien entendu, quelques nouveautés entrent en jeu. On connaissait déjà le "cube de voyage", désormais il y a aussi le cube réfléchissant (il détourne les lasers). On a aussi les passerelles, les boyaux d'énergie qui nous transportent et les peintures. Au nombre de 3, les peintures (issues de la recherche d'Aperture bien entendu) permettent soit de créer simplement des portails là où ça n'est pas possible d'ordinaire, soit de sauter plus haut, soit de courir plus vite (c'est d'ailleurs génial de voir comment la physique est gérée et comment la peinture repeint le décor). Si les mauvaises langues (ou les tricheurs) vous diront que le jeu est plus facile, dans un sens c'est vrai mais ça n'empêchera pas de subir quelques galères. Encore une fois vous allez bien vous prendre la tête avec des puzzles sacrément tordus. Alors bien sûr, en soi le jeu n'est pas difficile mais selon votre appréhension de la zone, vous passerez de 5 minutes à 2 heures à chaque fois. Et personnellement, je peste un peu contre le concept. D'accord il faut faire un jeu mais étant donné le fonctionnement du générateur de portail, je ne comprends pas qu'on nous limite autant. Pourquoi ne pas pouvoir créer de portails sur le verre ou sur un mur fissuré ? Pourquoi sur certains murs et pas d'autres ? Le pire, c'est que c'est illogique ces limitations car si un tel objet existait, il se ficherait pas mal de la surface sur laquelle on pose le portail. Et une fois encore, le jeu est bourré de ces illogismes assez irritants. Chell ne parle jamais (alors que GlaDOS lui tend bien la perche par moment), ses pas ne font aucun bruit (pourtant des bottes en ferraille ça devrait), elle peut sauter de plusieurs dizaines de mètres sans se faire mal (ok avec les bottes je veux bien mais ils auraient dû limiter la chute pour que ça ressemble à quelque chose car la colonne vertébrale reste la même, elle), on ne peut pas sauter une simple rambarde, on ne peut pas courir (c'est tout bête mais croyez-moi ça manque), la plupart des portes sont fermées mais Chell ne cherche même pas à les défoncer (moi à sa place, je m'en priverai pas), bref encore un jeu sérieusement capilotracté. Pourtant je suis le premier à le dire, VALVe a admirablement renouvelé le concept de Portal. Les peintures, les passerelles, les nouveaux cubes, les lasers… les nouveautés s'imbriquent parfaitement au gameplay et nous font bouillonner -non sans plaisir- la boite à cerveau. Une fois que vous aurez fini le solo, vous pourrez vous attaquer à la 2e grosse partie du jeu, le coop'.


Pratiquement
Le mode coop' n'est pas juste un bonus, il fait partie intégrante du jeu et il se révèle génial
aussi long et peut-être même encore plus inventif, le coop' met en scène 2 robots, Atlas et P-Body. Chacun est équipé d'un portal-gun et le but est de s'entraider pour passer les énigmes. En un mot, c'est génial ! Si autrefois le "cake was a lie", cette fois nous avons 2 gâteaux pour le prix d'un. Autant dire que c'est la grosse classe, que la durée de vie n'en est que plus longue et que l'intérêt en est renouvelé. Tel des Laurel et Ardie de métal, les blagues fusent et même si on en apprend pas forcément plus (encore que, le final est surprenant), GlaDOS y est comme toujours délicieusement affreuse (par exemple en incitant la jalousie, en favorisant l'un par rapport à l'autre). Avant d'attaquer la réalisation, un petit mot sur les bonus. On retrouve quelques vidéos, malheureusement non traduites, les habituels commentaires des développeurs ainsi qu'un trailer interactif visant à promouvoir le film Super 8 (pas super concluant pour ce dernier, dommage). Techniquement, on retrouve ce bon vieux moteur Source, toujours épaulé par le très performant moteur physique Havok. D'ailleurs la physique joue toujours un grand rôle dans ce jeu et il est étonnant de voir à quel point sa gestion est étonnamment réaliste. Maintenant il sera difficile de s'extasier sur le jeu. Fini les pièces immaculées d'un blanc pur, désormais on bouffe de la ruine jusqu'à plus faim. Le thème du chaos visuel est très à la mode en ce moment et finalement, aussi atypique soit-il, Portal 2 n'y échappe pas. De plus il n'y a pas grand-chose de vraiment impressionnant. Attention, ce n'est pas moche mais le moteur graphique date tout de même de 2004. Même s'il a été régulièrement mis à jour, on sent qu'il a pris de la bouteille. Pour sauver le jeu, on appréciera comme toujours chez VALVe un design extrêmement fort et bien pensé, beaucoup de clins d'œil (le coup des écrans bleus façon Windows qui plante, j'ai adoré) et des petits détails qui marquent comme ce décor qui évolue devant nos yeux. On notera aussi que pendant nos pérégrinations en bas-fonds, le décor fait immanquablement pensé à Bioshock. Ambiance vétuste, technologie dépassée… il ne manquait plus que quelques chrosomes pour y être. Cet envers du décor est encore plus fascinant que dans le précédent volume. A noter aussi que là où le moteur Source fait très fort, à savoir les expressions faciales et la synchro labiale, il ne trouvera aucun intérêt ici. Forcément, Chell est le seul être humain et elle ne parle pas. Les plus brillantes innovations du middleware sont donc en pause (on appréciera tout de même qu'avec de simples intentions, les machines arrivent à bien se faire comprendre). Enfin le son est très discret. Les bruitages n'ont rien d'exceptionnels et les musiques sont peu nombreuses, discrètes. Rien d'épique par là, pas même lors du combat final.


Par contre,
Le moteur Source suffit encore à cette génération de machines mais il n'offre plus la claque visuelle de sa jeunesse
comme je le disais tout à l'heure, le doublage est assez énorme. GlaDOS est toujours délicieuse de méchanceté et de sarcasme, avec un gros coup de cœur pour Wheatley dont le doubleur français (Guillaume Lebon) a réalisé un travail admirable. Dommage que les musiques ne soulignent pas plus l'ambiance car on tenait là le sans faute. Portal 2 n'est pas une bête suite qui se serait endormie sur ses lauriers. Si le scénario, comme le gameplay, accuse encore de grosses lacunes, difficile de bouder son plaisir. Les innovations sont de taille, le coop' est aussi bon que le solo, les pièges sont inventifs, le design est hypnotisant par moment, en clair Portal est devenu une vraie licence à part, un jeu qui a du caractère et qui n'a plus besoin de sa parenté avec Half-Life pour survive. Et si le moteur Source vieillit, pour ce genre de jeux il suffit et donne encore bien le change. A ce propos, il est marrant de voir comment VALVe a retourné sa veste par rapport à la PS3. Souvenez-vous (promis c'est la dernière fois) sur PlayStation 3 l'Orange Box avait été développée par Electronic Arts et le résultat était assez décevant. Cette fois le développeur a pris les choses en mains personnellement car même s'il n'aime pas la console de Sony (sans doute à cause de son hardware trop éloigné du PC), il ne peut pas se permettre de perdre les potentielles ventes de ce support (à l'E3 2010, Gabe Newell est même allé jusqu'à dire que le jeu sur PlayStation 3 serait la meilleure version console). D'ailleurs si le moteur Source se fait vieux, c'est le gage d'un framerate ultra constant et fluide. Ca au moins, c'est agréable. Alors oui Portal 2 est un très bon jeu et non, il ne mérite pas comme la dernière fois, ces notes maximales distribuées à la va-que-j'te-pousse, uniquement parce que le concept est génial. Désolé mais le gameplay (si génial soit-il) est alourdi de tares incompréhensibles (hors peinture orange, pourquoi ne peut-on pas courir) et d'incohérences assez gênantes. Ensuite si le scénario est pas trop mal (notamment lorsqu'on regarde le précédent jeu, c'est sûr y'a un gros plus) le background est clairement sous-exploité et VALVe n'est pas foutu de nous en dire plus… voire de nous en dire tout court. Après je le reconnais, solo+coop' forment une belle durée de vie, le jeu est agréable, bien fait et les tournures de l'aventure sont idéalement disposées. De là à crier au génie et au jeu parfait je m'y refuse catégoriquement mais pour ce qui est de prendre son pied et de faire fumer le pois qu'on a entre les oreilles, il est très bon candidat. Donc si vous me posiez la question, je vous répondrai "assurément oui, il est bien meilleur que le premier opus".


Video test


Test réalisé par iiYama
septembre 2011