Metro 2033 (X360)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mars 2010
Développeur : 4A Games
Editeur : THQ
Genre : FPS horror

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR / US / Russe (au choix)
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : 4A Engine
Moteur physique : PhysX
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : Metro 2033 : The Last Refuge
Prix au lancement : 70€


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Metro 2033








Lorsqu'on évoque "univers post-apocalyptique", on pense tout de suite à Fallout 3, mais lorsqu'on ajoute que ça se déroule dans un pays de l'Est, il nous vient de suite à l'esprit S.T.A.L.K.E.R. Et justement, les petits gars de 4A Games (dont c'est le premier jeu) sont des anciens de GSC Game World, le développeur de ce dernier. Du coup on y retrouve quelques similitudes, un peu la même réalisation et les mêmes écueils (et oui, dommage). Il faut dire que Metro 2033 est un jeu tout autant banal qu'atypique car le mélange est savoureux mais il aurait pu être bien meilleur si seulement le titre avait été peaufiné. Basé sur le livre éponyme de Dmitri Gloukhovski, le joueur incarne Artyom, survivant Russe d'une catastrophe nucléaire qui a dévasté le monde. Adulé par certains testeurs, comme étant le gros FPS du début 2010 (en un sens, c'est pas faux), d'autres ont été plus contenus (et sans doute plus lucides) car s'il reste sympa en soi, ce jeu n'a rien d'un mega-hit. L'ambiance est sympa, les graphismes impressionnent d'un côté et déçoivent d'un autre, le son est classique, le gameplay également... je crois que ce n'est pas ça la recette d'un jeu qui fait l'unanimité.


Développement scénaristique

Comme énoncé,
Le scénario n'est pas super développé mais il suffit à nous entrainer dans cette guerre sous-terraine
on joue Artyum (c'est un nom ça ?), un simple soldat qui a tendance au mutisme, façon Gordon Freeman. Le monde a été dévasté par un holocauste nucléaire, donc par la folie des hommes. Désormais terrés comme des rats dans les sous-terrains du métro moscovite, les survivants essaient de reconstruire leur vie mais très vite, un nouveau mal va s'abattre sur eux : les Novalis. Sorte de mutants formés par les radiations, de bestioles dégénérées et hyper agressives, elles attaquent les camps sans relâche et percent bien souvent les lignes alliées pour décimer les populations. Et au lieu de se fédérer, de s'unir contre l'ennemi commun, il subsiste encore des factions qui prônent une illusoire idéologie. Ce que les humains peuvent être cons quand ils s'y mettent… De son côté, Artyum aura pour mission de se rendre à Polis, une station très éloignée de la sienne. Pour y arriver, il devra traverser les pires coins de la ville de Moscou, aller dehors (ce qui est peu conseillé étant donné le niveau de contamination de l'air) et contourner autant que possible les factions ennemies. Pour ce qui est de la mise en scène, le résultat est assez propre. L'intro (une vidéo retravaillée) nous pose le postulat de départ avec beaucoup de maitrise et met de suite dans l'ambiance. Puis en jeu on aura surtout des cut-scènes en vue à la première personne. Contrairement à S.T.A.L.K.E.R, le scénario se développe de façon régulière (et non pas par bribes) et on peut toujours glaner quelques infos de plus en parlant aux personnes qu'on croise. Pour finir d'entériner ce bon départ, Artyum lui-même sert de voix-off lors des loadings. S'il anticipe un peu ce qui se passe dans le niveau suivant, il a également le bon gout de résumer la situation (pratique si les parties sont espacées). Et il faut dire qu'après les ciels violacés du jeu de GSC Game World, les couloirs sombres et crasseux de Metro 2033 changent radicalement la donne. Plutôt flippant par moment, en jouant sur notre peur du noir et de l'inconnu, le scénario va en plus chercher à s'étendre vers quelque chose de plus "spiritique" avec des flashes troublants, des voix venues de nulle part et une nouvelle espèce qui essait d'entrer en contact (la fin est d'ailleurs sympa... saurez-vous comment avoir la "bonne" ?). Autant le dire, c'est vraiment pas mal.


Jouabilité & Gameplay

Il y a quelques années,
Gameplay basique et gunfights à l'ancienne. C'est pas au gout de tous
sortir un FPS sans mode multi-joueurs, c'était à coup sûr se faire descendre en flammes auprès des médias. Mais depuis que Bioshock est sorti (il n'a pas de mode multi, lui non plus), il semblerait que la tendance se soit calmée et qu'un jeu puisse avoir quelques suffrages, même sans ça. Personnellement je ne joue pas aux modes multi, je trouve ça barbare et idiot. Par contre j'aime bien voir les réactions d'une presse prévisible et plus ou moins objective. Bref, Metro 2033 arrivera-t'il à nous faire oublier les merveilleux FPS parus depuis 2004 ? Je crains que non. Artyum est un simple homme, pas un super guerrier donc il ne pourra porter que 3 armes à feu plus quelques babioles (couteau de lancé, dynamite...). Dans ce jeu, les armes semblent être trafiquées artisanalement, ce qui donne encore plus l'aspect "débrouille" de ces communautés qui ont souffert de la guerre. Ces armes peuvent être échangées avec n'importe quelles autres trouvées sur un cadavre (cadavres qu'on croisera souvent et qu'il faudra bien fouiller pour les délester de leurs armes, items, munitions…) ou simplement achetées au marché. La monnaie du jeu est assez originale puisque ce sont les balles de 5.45 neuves qui servent de liquidités. Ces balles, relativement précieuses, peuvent également servir de munitions (et sont plus puissantes que les autres) mais tirer avec son fric c'est pas marrant, mieux vaut les économiser. Au marché on pourra en toute simplicité s'acheter de nouvelles pétoires (sniper, pompe, mitrailleuse… avec ou sans gadget comme une lunette de visée ou une crosse anti-recul), discuter avec les gens, sentir le désespoir d'un peuple opprimé et inquiet des attaques de Novalis, et se payer des filtres de masques à gaz. Il fallait s'en douter, après un holocauste nucléaire, l'air n'est plus vraiment respirable dehors, et Moscou compte beaucoup de zones irradiées à l'atmosphère nauséabonde. Comme les filtres sont tous à moitié vides, il faudra bien faire attention au temps. Pour ça il suffit de regarder sa montre et de changer de filtre lorsque celui-ci est fini, sans quoi c'est la suffocation.


Si le level-design
C'est vraiment trop dur par endroit, cette difficulté en dents de scie nous gâche un peu le plaisir
nous fait miroiter qu'on peut emprunter 2 chemins différents, finalement on se retrouve toujours là où le jeu veut nous emmener. Dirigiste, le titre de 4A Games nous cloisonne et il est impossible de faire ce qu'on veut. C'est là où Metro 2033 est radicalement opposé à S.T.A.L.K.E.R. Très sombre, l'ambiance y est plus flippante car le jeu a le bon gout de ménager des phases de suspens à celles d'action brute. Une action "à l'ancienne", où les gunfights se règlent à l'acharnement et au strafe. Car c'est le gros défaut du jeu : les ennemis sont trop rapides et surtout, trop résistants (même les humains). Résultat, c'est super hard par moment ! Pire encore, dans un jeu il n'y a rien qui me gonfle plus que de devoir recommencer parce qu'un allié est mort en chemin. C'est déjà pas facile de veiller sur ses miches, alors si en plus il faut surveiller celles du voisin, on n'est pas couchés ! Et aussi dingue que ça puisse paraitre, les ennemis jouissent d'un état de grâce. Par exemple lorsque l'ennemi se relève, vous pouvez vider un chargeur entier, ça ne lui fait rien. Bizarre hein ? Et bien c'est comme ça, si le script ne déclare pas l'ennemi "shootable", il est invincible. Et pour finir avec ça, certaines armes ont le mauvais gout de partir en sucette. En tirant à la mitrailleuse de façon continue, le tir s'évase et devient tellement imprécis que même à bout portant on ne touche plus son ennemi. Je veux bien qu'apporter un peu de réalisme soit une bonne chose, mais pas lorsque ça se fait au détriment du jeu lui-même. Pour finir sur une note moins sarcastique, on a un chargeur de batterie pour remonter la puissance de la lampe ou pour alimenter les lunettes de vision nocturne. Enfin, on a quelques QTEs simples (pour par exemple se débarrasser d'un ennemi trop collant) et il y a également quelques phases d'infiltration mais même dans le noir total, les mecs nous repèrent si vite, que ça nous gâche le plaisir de jouer les Sam Fisher. Dommage...


L'image

Metro 2033
Pas encore une référence graphique, mais un très beau jeu, surtout niveau décors et effets
fonctionne sous 4A Engine, un moteur graphique qui a été développé pour le jeu et qui ne servira à aucun autre. Les ennemis mutants sont vraiment flippants. Affreux autant que possible, ils ont le bon gout de nous faire sursauter quelques fois, ce qui est très bon pour l'ambiance. Mais sur les modélisations humaines, aïe, c'est plus le même acabit. Et puis sans exception, toutes (et je dis bien toutes) les femmes sont moches ! Il n'y a que 2 ou 3 modèles féminins et elles sont littéralement affreuses. En tant que défenseur de la gent féminine, je me devais de m'insurger :) Utilisant le moteur facial FaceFX, officiant déjà sur Batman Arkham Asylum, le rendu n'est pas parfait : les teins sont cireux, les visages ne sont pas vraiment expressifs, même si on notera des faciès superbement détaillés (grain de peau). Mais l'autre problème, c'est qu'ils sont un peu tous pareils ! Comme pour les femmes, les modèles masculins sont en trop petit nombre, ce qui fait que d'un niveau à l'autre, on rencontre toujours les mêmes trognes et qu'on finit par confondre tout le monde (d'autant que le doublage n'aide pas, ce que j'explique au chapitre suivant). Pourtant je suis le premier à le dire, Metro 2033 est un superbe jeu. Si on excepte ses modélisations, les décors sont absolument fantastiques ! La qualité du design est énorme, les textures sont super chiadées, les éclairages sont parfaitement travaillés et les effets de fumées/brouillards sont plus vrais que nature. Un véritable travail d'artistes.


Le son

La première chose qui
La qualité est là mais le doublage utilise trop les mêmes voix. Du coup on confond tout le monde
surprend dans ce jeu, c'est qu'il laisse le choix entre des voix en Français, en Anglais ou en Russe. Une belle surprise et quitte à lire des sous-titres, autant avoir le doublage original non ? Pour votre serviteur, qui ne jure que par sa langue natale, j'ai été étonné d'avoir un doublage de très bonne qualité. Le phrasé est très correct, rendant le jeu que plus immersif. En plus de ça, on reconnaitra aisément les voix les plus connues du métier, déjà entendu dans des séries TV (comme celle d'Hurley dans LOST), des jeux vidéos (celle de Marcus de Gears of War) ou des films. Une qualité assez inattendue pour une si jeune société. Mais vous vous doutez bien qu'avec une telle note à ce chapitre, il y a également des problèmes. En effet, la même voix sert beaucoup trop souvent. Parfois, le gars nous parle et le type d'à côté a exactement le même timbre. Du coup, avec des modélisations clonées à l'infini, on a vraiment l'impression de croiser en permanence les mêmes types. C'est à tel point qu'on ne reconnaitra plus personne, qu'on a l'impression que ce sont les mêmes "acteurs" qui jouent à chaque station. Et pour finir de nous pourrir le doublage, les mixages sont catastrophiques. Bien souvent on entendra plus un gars qui nous parle au loin, que celui qu'on a en face. Pire encore, les dialogues s'enchainent de façon imbécile, comme si le PNJ était pressé d'en finir. On a vraiment l'impression de dialoguer avec des pantins, c'est très frustrant. Après, comme dans tous FPS où on affronte un tas de mercenaires écervelés, on aura droit aux débilités habituelles et qui se répètent à longueur de temps, jusqu'à ce qu'on descende le crétin qui hurle à tue-tête depuis un quart d'heure, histoire qu'on le repère plus facilement. Musicalement maintenant, c'est déjà d'un autre niveau. Les thèmes angoissants font bien leur office et dans les stations, on a quelques mélopées de guitare, tristes et belles à la fois, soulignant tout le désespoir que doit avoir une telle vie. Et pour les bruitages, s'ils ne sont pas extrêmes, ils font leur job. Certaines armes sont plus puissantes que d'autres mais globalement, ça tient bien la route.


Note générale

Je sais, 14/20 ce n'est peut-être pas assez par rapport à la qualité intrinsèque du jeu. Mais comme vous avez dû le lire souvent, l'ombre de S.T.A.L.K.E.R plane irrémédiablement sur le jeu, même si son univers cherche à se débarrasser de sa principale source d'inspiration. Et puis Metro 2033 ne possède que trop les facettes d'un jeu qui n'a pas été peaufiné. Je suis d'accord pour dire qu'il est sorti au bon moment (sur le secteur du FPS, la concurrence était assez calme) ce qui fait qu'il a profité d'une certaine clémence par rapport à certains testeurs. Mais dans le détail, même si j'accorde que les décors sont absolument magnifiques, les modélisations sont trop semblables et les mêmes voix sont usées jusqu'à la corde, on a donc l'impression de voyager au milieu d'une marée de clones ! A part Melnik, notre principal allié (le seul à avoir cette voix-là aussi) on confondra tout le monde. Ensuite le gameplay n'a rien d'exceptionnel, donc on déduira que ce qui sauve le jeu, c'est son ambiance un peu flippante, son atmosphère de fin du monde et son scénario. Car il est dirigiste, trop hardcore par moment et n'a finalement rien d'extra-ordinaire. En plus, dois-je rappeler que Modern Warfare 2 trainait encore dans nos têtes comme étant le plus gros FPS du moment, ou encore que Metro 2033 s'est frotté à un Bioshock 2 mieux maitrisé et au gameplay plus novateur ? Le titre de 4A Games ne sera donc pas la nouvelle référence, surtout à cause d'écueils que les développeurs auraient pu éviter en peaufinant leur jeu. Mais il serait tout de même bête de passer à côté de cette aventure. Même si j'ai l'air de le descendre (ce qui n'est pas le cas, je ne pose que des faits), j'ai trouvé le jeu agréable, globalement beau et accrocheur. Disons juste que je le remets à la place qui est la sienne, au lieu de faire comme la masse et de l'encenser sous de faux prétextes...


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Test réalisé par iiYama

novembre 2013 (mise à jour : janvier 2015)