Dragon Age : Origins (X360)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : novembre 2009
Développeur : Bioware
Editeur : Electronic Arts
Genre : RPG / aventure

Support : 2 DVDs
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Eclipse Engine
Définitions HD : 720p - 1080p
Difficulté :
Compatible Kinect : non
Compatible 3D : non

Multi-joueurs : non
Abréviation : DAO
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 4.8 Millions (tous supports)


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Dragon Age

Origins


En matière d'RPG outre-atlantique, Bioware c'est posé comme référence en début de siècle avec le fameux Baldur's Gate. Le soft fait parler de lui encore aujourd'hui, porté à bout de bras par une population de fans toujours présente. Bien sûr, c'est le 2 qui a ensuite grandement marqué les esprits. Et même je dirais que "marqué" est un petit terme, car de fait on entend plus que ça "et Baldur's Gate ceci, et Baldur's Gate cela". Pourtant, de suites et d'assimilés, Baldur's Gate n'en est point à court (même si tous ne sont pas de Bioware, puisque ces derniers ont fait bien d'autres genres ensuite). Mais il est important de bien rappeler qui sont les Baldur's Gate ou Neverwinter Nights, car pour 75% des joueurs s'y référent. Et s'y référer c'est bien, mais en faire un culte au point de comparer 2 jeux que 10 ans séparent, c'est tout simplement imbécile. Mais je donnerai un peu plus mon avis sur cette manie-là, car il y a fort à dire. Et donc, désireux de casser un peu ce fait, Bioware a décidé un jour que la licence Donjons & Dragons (ADD) devait être mise de coté car elle est peu pratique pour un RPG au format jeu vidéo (et ils ne se rendent compte de ça que maintenant ? whaw). Certes, ce dernier a apporté de bonne base concernant le role-play, mais ces mêmes bases avaient beaucoup de significations et peu d'incidence en jeu. Et oui, on n'est pas autour d'une table, on n'a pas de "GM" à l'esprit fertile, on n'a pas de dés... bref, ce n'est pas le même cadre. Au départ, perdre la licence ADD m'avait un peu fait peur : je suis de ceux qui l'aiment, notamment pour son univers très riche. Et ce choix, au final, fut-il bon ? Ca aussi, on va y revenir lors du verdict. Mais si mon test fera souvent référence à Neverwinter Nights ce n'est pas anodin : Dragon Ages Origins est du même genre, de la même forge et, est son ainé. En toute logique, il devrait être comme son père, mais en mieux (avec le temps, les concepts ne doivent-il pas se bonifier ?). N'attendons plus, et lançons nous dans le vif du sujet.


Développement scénaristique

Dragon Age Origins
L'histoire est passionnante, ce qui rend le jeu que plus attrayant
c'est l'histoire d'un "garde des ombres" fraichement recruté qui va devoir, au fil de son périple à travers la province de Ferelden, réunir une armée pour bouter hors de celle-ci les Engeances : des bestioles immondes et passablement défraichies. Du coté des grandes lignes, c'est évidemment un classique du genre. Mais bien que cela soi en réalité plus profond, il est déjà à noter que personnellement quand je joue à ce type de jeux, je n'apprécie pas toujours les tentatives d'innovations menant à des scénarios où l'on ne peut pas se développer soi-même, où l'on subit un déroulement figé. Ici, le déroulement permet justement de composer l'aventure à sa guise, en explorant les zones à sa convenance (le jeu adapte ainsi les difficultés) et en réalisant les tâches dans l'ordre voulu. C'est d'autant plus plaisant que cela peut avoir une incidence sur la manière dont les événements trouvent leurs conclusions pour chaque partie. De même, chacune de ces parties dispose bien souvent de plusieurs dénouements différents, selon nos choix. Alors oui, on finit forcément par récupérer l'aide d'une peuplade, mais pas toujours celle qu'on est venu chercher... Du coup, on compose l'histoire, nos choix ont un impact important et visible. Sans entrer dans les détails, sachez que les choix découlent sur des fins différentes (très différentes même !). Si on ajoute à ça le fait que cette histoire ainsi écrite, peut servir à poursuive l'univers dans le 2, c'est d'autant plus plaisant et immersif : on vit et sculpte nos aventures et le monde qui l'entoure. Mais ceux qui connaissent déjà Mass Effect le savent, car c'est aussi ça "la griffe" Bioware... même si, étant donné que j'ai déjà fini Dragon Age II, on réalise que certains protagonistes morts dans Origins, sont miraculeusement ressuscités dans le 2, même si on réimplante son ancienne sauvegarde. C'est franchement laid mais du coup c'est une critique a imputée à l'épisode 2, pas à celui-ci. Penchons nous un peu plus du coté de notre héros. Après tout, c'est ce qui intéresse bon nombre de RPGiste. Le protagoniste principal peut naturellement être masculin ou féminin.


Il peut être humain,
Les scènes de dialogues sont désormais plus naturelles que ce qu'on a connu dans le passé
elfe ou nain, les 3 races présentes dans cet univers fraichement créé pour les besoins du jeu. Evidemment, on peut customiser l'apparence de notre avatar avec des éléments en quantité/qualité suffisante (bon, on n'a toujours pas de longs cheveux bien classe pour les nanas mais y'a peut être que moi que ça gêne...). Chaque race propose ensuite des backgrounds différents, qui feront débuter l'aventure différemment : humain noble, humain/elf mage, elf citadin, elf dalatien (des bois), nain noble ou nain roturier. Ce système de background est de prime abord basique, mais se révèle en fait assez profond lorsque l'on retente l'aventure : beaucoup d'éléments de départ s'imbriquent dans les autres scénarios et dans le reste de l'aventure. C'est fort plaisant. Au niveau de protagonistes, là nous sommes selon moi, très gâtés. Alors évidemment, puisque les jeux ont déjà développés 95% des facettes possibles et exploitables de l'humanité à travers les softs de la dernière décennie, on retrouve ici des archétypes connus. Il n'est plus question de créer des individus totalement inédits et uniques (vous là, qui aimez critiquer sur ce point), alors arrêtez de croire que l'on peut toujours et encore trouver du nouveau dans ces univers médiéval-fantastique. Non, il est désormais surtout question de qualité sur le traitement du sujet. Et là, je le dis, Dragon Age Origin est très honorable ! Les personnages ont une grosse histoire, assez sombre d'ailleurs, qu'ils nous distillent à travers des discutions immersives car bien doublées et bien mise en scène (gestuelle, synchro labiale, etc…). Le développement de chaque histoire suit une ligne directrice plus ou moins commune, mais aucune ne fonctionne strictement de la même manière, et bien évidemment nous les aidons à les conclure (et, là encore, plusieurs possibilités sont à disposition). Les personnages papotent dans notre dos durant l'aventure, s'entretenant les uns les autres, parfois pour des pointes d'humour et d'autre encore pour un brin de scénario. Ces derniers peuvent apprécier nos points de vue et nos actions ou les réprouver. Dans le premier cas, ça peut les mener à vous aimer (et déboucher sur une romance selon le cas), dans le second à vous quitter définitivement, voir à vous attaquer si vous allez vraiment loin dans la provocation (ou si vous n'acceptez pas son départ). Bref, là encore la liberté et les possibilités sont au rendez vous ! Vous pouvez même finir le jeu avec le tiers de l'effectif possible, zapper des personnages, etc. Seuls quelques pans de l'histoire sont inévitables et encore, même comme ça on peut perdre des équipiers. Bref, c'est vraiment de la composition de A à Z (et j'en mouille le slip : ).


Il faut également
Nos choix influent directement sur la suite de l'aventure
savoir que l'univers de Dragon Age est corsé. Et ce n'est pas anodin, Bioware l'a voulu ainsi. En bon remplaçant des Royaumes Oubliés d'ADD, il lui fallait un background solide (l'autre étant fort de centaine de livres tout de même). Et c'est selon moi, c'est un pari bien vu car le résultat et hautement intéressant. Voyez plutôt : le jeu prend place dans le monde de Thedas, et précisément dans la province de Ferelden (un pays froid et qui sent le chien mouillé, de ce qu'ils en disent). Autre fois, de puissants mages ont provoqués la colère du Créateur en ouvrant un passage vers sa demeure, et furent boutés hors de chez lui. Ce dernier punira alors l'humanité en déclarant que 7 enclins viendront "runirer" l'humanité. Ces derniers sont en fait l'avènement de dieux anciens accompagné d'Engeances, des créatures hideuses et sanguinaires, qui répandront la souillure et la mort sur Thedas. Par la suite, la prophétesse Andraste vint calmer les ardeurs de ces fameux mages fautifs, et libérer les peuples asservis. Les mages furent alors contrôlés par la Chantrie et ses Templiers. A l'époque où le scénario du jeu prit forme, toute cette histoire de fond donna naissance à un univers heroïc-fantasy digne de ce nom, où la Chantrie et ses Templiers sont omniprésents. Les mages sont réunis dans des cercles et contrôlés. Les mages non asservis sont des apostats, pourchassés et tués. Les Engeances trainent sous terre, dans les tréfonds, attendant leur heure... Bref, quel univers riche on a là ! Bioware aura même demandé à David Gaider, le scénariste en chef, d'écrire des romans pour continuer à développer le tout (à l'heure où j'écris, les 2 romans que j'ai lu, sont sortis et portent directement sur les événements de Dragon Age Origins et en sont d'excellents préludes, riche en révélations). Ai-je mentionné qu'en plus du reste, le jeu recèle plusieurs centaines de codex ? C'est un élément intéressant qui développement de façon RP l'univers. Ok moi même je ne les lis pas forcément, mais pour qui prend le temps de s'y mettre, c'est une source d'inspiration et d'ambiance énorme. J'apprécie de voir ça répand dans les productions actuelles (et d'autant plus dans DAO, où le nombre et la qualité d'écriture est juste énorme).


Jouabilité & Gameplay

Le moins qu'on
La construction du jeu est faite pour scotcher à l'écran
puisse dire c'est que Dragon Age Origins se base sur des rudiments classiques mais indémodables du genre. On sait donc que Bioware voulait changer la donne par rapport à ses anciennes productions, mais on se demandait comment. Le fan que je suis a été très suspicieux sur ce point précis (car je n'étais pas sûr de pouvoir apprécier une tentative de changement). Et pourtant là, je peux le dire, il n'y a rien à regretter. Dragon Age Origins reprend donc certaines bases connues du genre : on peut placer des points de caractéristiques au fil de notre montée en niveau (le niveau 20 étant plus ou moins le niveau max). Les points de force augmentent les dégâts au corps à corps et permettent de porter un équipement plus lourd (armure de plaques, etc), ainsi que la résistance physique (évite de tomber/d'être renversé/d'être étourdis). La dextérité permet de toucher et de faire plus de dégâts avec les arcs ou les dagues (et leur sers de prérequis). La constitution donne des point de vie et de la résistance physique. La sagesse permet de résister à la magie et d'avoir plus de mana ou de fatigue (afin de lancer sort et technique). L'intelligence accroit la puissance des sorts et la puissance des cataplasmes (les potions du jeu). Et enfin la ruse, un peu la dernière roue du carrosse, sert surtout au voleur qui l'utilise pour ses dégâts sournois et ses compétences. En parlant de voleur, le jeu ne propose que 3 classes. Ouais, moi aussi j'ai flippé en lisant ça, juste 3. J'avoue qu'en fin de partie, les builds (ensembles de capacités) doivent se ressembler. On a en gros le voleur (archer, ambidextre assassinat ou duelliste), guerrier (tank/protecteur, combat à 2 mains -bourrin quoi-, là aussi archer -ah?- et ambidextre -oh?-), et enfin mage (un peu plus de possibilité ici : magie curative, élémentaire, de glyphes, psychiques ...). Il faut savoir qu'à partir d'un certain niveau, le personnage peut se spécialiser : les protagonistes secondaires ont une spécialisation imposée, celle de leur background. Le voleur peut donc apprendre les talents d'un barde, d'un assassin, d'un duelliste ou d'un rodeur. Le guerrier peut devenir un berserk, un psychomancien (sorte de malade mental qui aime la souffrance), un templier ou un champion. Le mage peut, quant à lui, devenir (et je trouve les possibilités bien moins sympathiques car trop spécifiques) metamorphe, guérisseur, mage de sang (bouuuuh, plus personne vous aimera) ou guerrier mystique. Ces spécialisations sont pas mal, on est même pas obligé de les prendre, mais sont assez inégales selon les classes et surtout, on peut en cumuler 3 à la fin du jeu. On est plus tellement spécialisé à ce stade... M'enfin bref, cela ne change rien au fait qu'il faut quand même faire des choix. Une classe donne accès à un arbre de talents composés de capacités passives ou actives. Les actifs constituent l'arsenal du personnage, utilisable en combat et sont généralement complexes à utiliser à efficacité maximale (souvent une capacité joue sur la situation, du coup bien jouer requiert de bien comprendre/interpréter les événements).


Les combats
Il n'y a que 3 classes mais les compétences sont évolutives
sont par ailleurs tactiques. De fait, on peut même établir une charte détaillée des réactions que peuvent avoir les personnages non contrôlés. Et le résultat est assez précis, il faut l'avouer. Bon certes, on ne peut pas configurer ça EXACTEMENT comme on le voudrait, mais quand même j'y pu trouver de très bonnes interactions à faire avec ce qui m'a été proposé (et le jeu propose des IAs de base adaptées aux skills appris par les protagonistes). Le tout est largement au dessus des possibilités d'un Neverwinter Nights, puisqu'on peut gérer skill par skill les conditions qui amènerons l'IA à les utiliser ou pas, le seul bémol étant que l'on ne peut pas spécifier "plusieurs" conditions mais que l'on choisit parmi un ensemble bien fourni. Ajoutons à ça quelques capacités tirant profit de situations précises, accentuant l'aspect stratégique. Cela étant, jouer en facile ou en normal revient à ne pas avoir besoin de chercher à tirer partie de ces spécificités (on défonce assez comme ça), seulement à faire attention à la situation des personnages. Seul le mode difficile, et surtout cauchemar, relève un peu le tout vu que le "friendly fire" est activé et que donc l'usage des sorts relève d'une quintessence d'usage et que les ennemis sont suffisamment endurant pour nécessiter un usage optimal des effets d'une technique. Bref, Dragon Age Origins est un jeu à la difficulté malléable (surtout sur console, sur PC le jeu est un poil plus difficile), mais dans l'ensemble les combats sont passionnants. Comme on récupère nos ressources (vie et mana/fatigue) à chaque fin de combat, ces derniers sont rendus plus capitaux. Le moindre combat peut parfois tourner à l'horreur lorsqu'une mauvaise gestion des actions se fait sentir, et c'est justement ce qui rend chaque affrontement intéressant. On ne se retient pas d'utiliser les aptitudes (comme on pouvait le faire dans les jeux d'antan), on se lâche et c'est d'autant plus excitant. Le jeu se gère grosso-modo comme un autre jeu du genre, même si l'on peut choisir une vue de dessus ou de dos (plus immersive, mais moins tactique… sur console c'est seulement de dos cela dit). On peut mettre en raccourcis les capacités et les objets, et le contrôle du personnage est simple puisque déjà vu. La pause permet même d'ajuster une stratégie mise à mal. Globalement les combats sont assez agréables et lents, une lenteur qui sert utilement une stratégie de jeu agréable à mettre en place et à observer, et ponctué de "finish move" et d'effets sympathiques. Les menus sont un peu plus austères (surtout sur consoles), mais on s'y fait assez vite et ils sont au final assez bien foutus (on a pas mal d'informations, on nage très peu dans l'incompréhension comme c'est parfois le cas dans certains softs).


Durant l'aventure,
Bioware a définitivement abandonné la licence ADD et ce n'est finalement pas un mal
le personnage peut donc faire des choix qui plaisent plus ou moins à ses compagnons. On peut ainsi déboucher sur une amitié ou une romance (ou un combat à mort si on entre trop en conflit avec eux, mais il faut vraiment le vouloir). La romance est plutôt efficace et sympathique : elle ne suit pas le même cheminement selon le protagoniste (certains semblent être des "mecs faciles" mais sont en réalité plus difficile à conquérir cœur et âme), et il y a 3 romances possible par sexe (2 hétéro, 1 homo). Ces dernières débouchent au final sur des scènes semi-érotiques et mignonettes, sur un thème sonore tout aussi doux et agréable. Par la suite on peut interagir avec le dit protagoniste, et cela peut changer pas mal d'éléments par la suite (voir la fin, selon le cas). Bref, c'est assez bien foutu. Ajoutons à ça les "cadeaux" que l'on trouve ici et là, et qui sont à donner aux bonnes personnes pour accroitre l'intimité et vous comprendrez que le relationnel a son importance. Bon, et qu'avons-nous gagné en gameplay/jeu/contenu vis à vis de la license ADD ? Déjà, on perd un peu en variété (moins de classes et pas de multiclasse, donc moins de possibilités), et pourtant on se retrouve avec plus de compétences (ADD c'est surtout du passif, surtout pour les classes combattantes) et plus de sorts utiles (dans ADD nombre de sorts sont pris par dépit et, vu que classé par niveau, d'autres deviennent inutiles avec le temps). En clair, on a moins de choix, mais ces mêmes choix sont optimisés. Niveau équipement, on se retrouve avec un système bien plus malléable que les +X de l'équipement de la licence de Wizard of the Cost (un ancien système nettement plus austère). La recherche d'équipement n'est plus aussi rigide, même si l'on retrouve parfois des objets un peu abusifs. Mais le choix subsiste et est plus intéressant. Niveau combat, plus de choix s'offrent à nous car on dispose de techniques à placer, de sorts vraiment efficaces et pas trop nombreux. En gros, on y réfléchit, y a de la tactique comme déjà évoqué. Pour un mage, l'utilisation de la magie est un plaisir car celle-ci se renouvelle assez vite, et encore plus vite hors combat (dans ADD pour récupérer les sorts il fallait se reposer, et certaines extensions ne le permettaient qu'en dehors des donjons... bonjour la catastrophe).


L'image

Visuellement
Le jeu tourne bien et est beau, notamment dans certains environnements splendides
Dragon Age Origins n'est pas en reste. Généralement, ce type de jeux ne cherche pas trop à faire dans le détail, et pour cause : les vues ne sont généralement pas là pour tirer partie d'un quelconque travail artistique. Mais Dragon Age Origins s'en sort très honorablement, notamment avec sa vue de dos. Et bien que l'ensemble reste quand même modeste, la modélisation des personnages est vraiment bonne (synchro labiale en prime), leur gestuelle rend les dialogues plus agréables, plus réalistes, et leurs animations sont stylés. Il y a encore un brin de rigidité (selon le type de scène, c'est un constat assez inégal), mais on est loin (très loin) de ce que l'on a pu connaitre auparavant. Les sorts et techniques ne sont pas grandiloquents, mais l'ensemble reste dans le ton et ne fait pas tâche. Certains décors quant à eux sont assez vides, mais jamais dénués d'un certain charme ou d'une certaine ambiance. On a vu mieux, mais on a surtout vu bien pire ! Ce qui m'importe à moi, c'est que de l'ensemble ne découle aucune gêne ni aucun regret. Les monstres, les Engeances principalement, sont hideux à souhait et le style est morbidement classe. Les dragons sont imposants et les combats contre eux, le sont tout autant. Les personnages sont rapidement couverts de sang lors des affrontements, et le jeu affiche une réelle tendance au gore et à l'hémoglobine. Il faut dire que l'univers de Dragon Age est très sombre, et même si parfois on se demande comment on peut finir à ce point couvert de sang, ce détail accentue l'aspect féroce des combats.


Le son

Inon Zur est
Excellente bande-son avec des centaines de dialogues d'une qualité quasi irréprochable
le compositeur qui s'est occupé de la bande-son. Si certains thèmes restent somme tout discrets (bien que de qualité quoiqu'on en dise), d'autres sont vraiment marquants et placent une ambiance terriblement accrocheuse (et sacrément de triste) à l'univers et à l'aventure. Le thème le plus étonnant étant celui du campement, parfait pour les discutions autour d'un feu, triste et épique à la fois. Du beau travail, malgré la modestie d'une majeure partie de l'œuvre. Les sons de "capes et d'épées" sont également bons, mais ce qui marquera beaucoup c'est également une omniprésence de dialogues durant l'aventure. Les protagonistes sont de vraies pipelettes et ils ne se gêneront pas pour mener de grandes discutions dans votre dos. Le fait est que le doublage est convainquant (quoi qu'en dise certains sur le Net, je ne sais pas à quoi ils s'attendent de nos jours). Certains sont même poignants, et perso moi j'y ai cru. Les voix sont bien entendu connues, mais ça c'est le problème du "bon" doublage français : on a que quelques artistes crédibles et professionnels, les autres font de la merde... Par contre à ce niveau là, on n'est pas en reste car j'ai sans doute pu reconnaitre durant l'aventure toutes les voix FR les plus efficaces (contrairement à Oblivion où 2 acteurs semblaient se battre en duel pour l'ensemble des répliques PNJs).


Note générale

Avant de conclure le test de cette version console, abordons vite fait un sujet qui me tient à cœur. Certes, je compare beaucoup Dragon Age Origins à Neverwinter Nights, car à mes yeux il en est l'héritier (et donc il suit son évolution), mais j'ai du mal à comprendre pourquoi les fans de Baldur Gate's continuent encore aujourd'hui à nous bassiner avec ce titre. Certes, Baldur Gate's est énorme, il proposait plein de personnages, de possibilités, de dialogues... mais voilà, c'est aussi un jeu à la programmation minime, aux décors vides et aux personnages fixes. En son temps, il n'a fallu quelques programmeurs pour développer tout ça (puisque la complexité des développements suit son époque), mais ce n'est pas comparable aux jeux de nos jours ! Dans ces jeux là, chaque discussion est suivie de protagonistes qui bougent, qui pratiquent une gestuelle, parlent avec synchro et ce, dans un décor en 3D où chaque angle/texture/lumière est finement étudié ! Ce n'est pas pour rien que les jeux mettent longtemps à sortir alors que les équipes bossant dessus deviennent de plus en plus énormes ! Sans parler des budgets ! On ne peut plus avoir un contenu aussi important que Baldur Gate's en terme de dialogues ou événements, parce que la réalisation du moindre passage demande plus d'efforts, plus de temps, des dialogues à doubler, etc. Il faut arrêter de comparer ce qui n'est plus comparable ! Voilà, Dragon Age Origins c'est environ 40 bonnes heures de jeu, ce qui n'est pas rien, et un charme et une ambiance bien à lui. Reprenant avec brio les codes du genre, mais sans innover particulièrement, il saura combler les fans d'RPG, de par son univers riche et ses codes bien travaillés. Alors bien sûr il y en a toujours pour fustiger ceux qui n'innovent pas (ou peu), mais pas moi et quand je joue avec plaisir à un tel titre, c'est que l'innovation n'y était pas forcément la bienvenue (contrairement à ce que certains veulent nous faire croire/vouloir). Bref, si je devais conseiller un RPG à l'occidentale, ce serait sans aucun doute Dragon Age Origins.


Video test de Dragon Age Origins et Dragon Age II




Test réalisé par Aquel

aout 2011