darkSector (X360)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : avril 2008
Développeur : Digital Extremes
Editeur : D3 Publisher
Genre : survival horror - action

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Evolution Engine
Difficulté :
Multi-joueurs : 10 joueurs online
Titre alternatif : Dark Sector
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 940.000 (tous supports)


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darkSector








Délaissé depuis quelques temps, le survival-horror/action a fait son come-back avec ce titre, alors que tout le monde attendait Resident Evil 5. Avant de voir le jour sur PC, 13 mois plus tard, darkSector est tout d'abord sorti sur les "2 grosses consoles" du moment. darkSector emprunte largement aux cadors du genre, dans un petit mixage qui pourra vous rappeler un certain Cold FEAR mais aussi et surtout Resident Evil 4 dont il puise les idées sans se gêner. S'il est plus jouable et plus confortable que le grand hit de Capcom, malheureusement la comparaison s'arrête là car il n'en a pas la tension et le génie. Nous sommes malgré tout en présence d'un TPS musclé, qui a pour lui certaines qualités et un univers assez sympa (bien que mal exploité) mais insuffisant pour le porter au rang de hit.


Développement scénaristique

La première chose à dire,
Le scénario est franchement léger et les personnages comme l'univers, sont sous-exploités
c'est que notre personnage, Hayden Tenno, n'est pas bien beau. Il a une gueule de minet typiquement américain et sans aucun charisme, ce qui donne aux cut-scènes (il n'y a aucune vidéo) un certain manque de crédibilité. Sans ça les séquences sont plutôt bien faites, notamment grâce à une animation assez bien travaillée et de bonnes modélisations. A côté de ça, le scénario est un peu déjà-vu, le développement scénaristique est maigre et ça manque de scènes. On mitraille pendant des heures et en faisant la rétrospective de tout le jeu, on s'aperçoit que la trame est franchement légère et qu'on a pas beaucoup de passages intermédiaires. D'ailleurs les origines du virus Technocyte sont floues et les personnages secondaires comme Nadia ou Yargo (sorte de Raspoutin des temps modernes) sont totalement sous-exploités. J'ai trouvé sympa que le prologue soit en noir & blanc mais le Glaive apparaît "comme par magie" et c'est peu réaliste. Et comme dans la plupart des jeux actuels, le boss final est mégalo, abusé et difficile... pour arriver en plus à un épilogue minable et vite torché. Ajoutons à ça un doublage banal et désynchronisé à un point franchement ridicule, et on obtient un résultat juste suffisant mais vraiment pas passionnant.


Jouabilité & Gameplay

Comme je
Enflammer le Glaive permet de débloquer certains passages
le disais en intro, darkSector emprunte beaucoup aux grands noms du genre et sans sa petite particularité, le Glaive, il serait un TPS de plus et sans envergure. Suite à son infection, Hayden voit sortir de son bras le Glaive, une sorte de disque boomerang multi-fonctions, qui n'est pas sans rappeler celui du Predator. Les fonctionnalités de cette arme se déclenchent au fil du jeu et sont nombreuses. Commençons donc par le début, on pourra enflammer le Glaive pour mettre feu à des barrages visqueux créés par le virus, on pourra le charger en électricité pour débloquer des portes à verrous électroniques ou pour appeler un ascenseur saboté. Plus tard, on pourra se servir de lui pour ramener des objets (comme le boomerang de Link), créer un bouclier d'énergie pour se protéger ou encore se rendre invisible temporairement. Mais plus fort encore, il sera possible de contrôler la trajectoire du Glaive pour mieux atteindre une cible ou un boîtier bien protégé, ou encore pour tuer plusieurs ennemis à la suite (cette séquence se passe au ralenti, c'est sympa mais totalement imprécis). Enfin il est possible de glacer le Glaive pour se créer de véritable mur de glace afin de s'y mettre à couvert, d'éteindre des feux et quelques babioles dans le genre. Le Glaive est donc le couteau-Suisse de notre héros, l'objet à tout faire qui nous servira dés qu'il faudra résoudre de menues énigmes. Je dis bien menues car les épreuves sont généralement simples et pas bien compliquées à comprendre. Le Glaive sert aussi d'arme. Avec, on peut atteindre certains ennemis, en déstabiliser d'autres (comme ceux avec un bouclier qui sont autrement intouchables) et bien sûr s'en servir au corps à corps. Malheureusement sa puissance est assez faible. En dehors des mises à mort automatisées via un QTE (contre un boss ou lorsqu'on "finit" un ennemi), ses attaques sont faiblardes et ne remplacent que très difficilement les armes à feu. C'est un peu dommage car en tant arme à proprement parler, elle avait du potentiel.


Hayden ne porte
Comme dans la plupart des TPS actuels, la mise à couvert est essentielle
sur lui que 2 armes : une arme de poing et un fusil. C'est peu mais ça rend le jeu plus réaliste que lorsqu'on en porte 15 sur le dos et sans les voir (ici on voit l'arme non utilisée sur le personnage). Hayden pourra aussi ramasser les armes laissées par ses victimes mais pas toutes (on peut prendre les fusils classiques et les pompes). Ca permet d'utiliser d'autres armes que les siennes et d'économiser ses munitions (pratique lorsqu'il ne nous reste plus que le Glaive). Histoire de pimenter un peu tout ça, chaque arme ennemie est munie d'une reconnaissance ADN qui désactive l'objet en question après quelques secondes. Parmi les armes autorisées (achetées au marché noir), notre perso aura à portée quelques pétoires, plus ou moins puissantes, avec la possibilité de les upgrader avec les options qu'on ramassera en chemin (dommage qu'on ne puisse pas changer les options à volonté). Et ces armes s'achètent avec l'argent trouvé en chemin (des roubles étant donné qu'on est en Russie) et se vendent chez le marchand. Une idée reprise de Resident Evil 4, à la différence qu'ici c'est un peu mal fait. L'inventaire est clairement inutile (on ne garde aucun objet), le nombre d'armes est trop restreint, elles coûtent trop cher et même si les planques du marché noir sont nombreuses, le marchand ne propose que rarement des nouveautés. C'est finalement mal mis en oeuvre et on finira par ne jouer qu'avec les 2 armes qui nous plaisent le plus. Seul bon point du marchand, il nous permet de stocker les armes achetées et de pouvoir changer d'arsenal à chaque visite. Pour finir avec cette partie du gameplay, les munitions se trouvent en plein jeu et les grenades sont franchement mal fichues. A croire qu'elles sont en caoutchouc, elles rebondissent de tous les côtés, ce qui les rend obsolètes (dommage car niveau puissance, elles assurent). darkSector se joue caméra à l'épaule et vision resserrée lorsqu'on se met à courir. Une touche pour se mettre en joue, une autre pour tirer, on peut se mettre à couvert, sauter par dessus des caisses et tout un tas de mouvements qui, à la façon des excellents Uncharted ou Gears of War, s'effectuent presque tous avec simplicité.


Dommage par contre
Le marchand vend de nouvelles armes et upgradre les anciennes
que les assauts de mutants soient un peu gonflants, un peu hardcore car ils débarquent de partout, vous assaillent sans vous laisser de répit, ce qui tranche avec des combats plus tactiques contre les humains. Contre les mutants on la joue bourrin car c'est eux ou nous. En plus ces affrontements sont quelques peu mal dosés car au lieu de nous mettre la pression, de nous faire stresser comme dans Resident Evil 5, on finit par trouver ça lassant. D'ailleurs en parlant de lassant, le jeu est suffisamment long (8 heures environ) mais ne se renouvelle jamais. Certes il y a les petites épreuves au Glaive mais dés qu'on parle de baston, c'est toujours plus ou moins pareil et le jeu est exagérément scripté. Par exemple, ce n'est que lorsqu'on aura tué tous les mecs d'une place, que la petite barricade en bois, qui semble fragile, voudra bien céder. En plus de toute cette linéarité et de tous ces scripts hyper voyants (heureusement je n'ai eu aucun bug de ce côté-là), darkSector est outrageusement dirigiste. Hayden ne sait pas sauter hors script, il se fait barrer la route par 3 fois rien, ce qui donne un parcours honteusement fléché. Heureusement pour sauver le titre de Digital Extremes, on peut utiliser les armes fixes, on a 2 sympathiques (bien que courts) passages à bord d'un jackal, en tant qu'infecté Hayden sera sensible au gaz anti-mutant et malgré les critiques, il s'avère quand même bien fun. Faut dire que les joutes balistiques ne manquent pas de punch, notamment grâce à la mise à couvert. Et comme c'est de plus en plus le cas, la mise à couvert se fait de façon simple. Certains abris de fortune peuvent partir en éclats mais ils permettent toujours de récupérer de l'énergie (il n'y a pas d'indications visuelles, l'écran devient rouge et brouillé)). On aurait aimé un système plus étoffé, comme celui de WANTED par exemple (oui je sais, ce jeu n'est pas une référence), mais c'est déjà pas si mal. Enfin on notera une IA en 2 poids 2 mesures. D'un côté certains ennemis sont doués d'un minimum d'intelligence en vous contournant pour mieux vous surprendre ou en se mettant à l'abri pour éviter de se faire tuer trop vite, et d'un autre côté on a de gros débiles qui ne percutent pas qu'on est derrière eux, près à faire un carnage (ils sont là, tranquilles, à attendre que ça se passe). Malgré tout il serait dommage de bouder son plaisir car darkSector est un jeu fun et c'est bien sa première qualité.


L'image

darkSector n'est
Graphiquement, c'est assez réussi avec de jolis effets et des décors pas mal travaillés
pas le plus beau jeu qu'on ait vu sur nos machines actuelles mais il a pour lui un rendu graphique très propre (à quelques détails près). L'Evolution Engine (autrefois appelé Sector Engine) fonctionne assez bien, le HDR sublime les effets lumineux mais en contre-partie, très peu d'objets sont destructibles (d'ailleurs les interactions avec le décor se contentent du strict minimum), la plupart des corps disparaissent presque instantanément (même les humains) et les décors sont tous un peu calqués sur le même modèle. Des sous-sols, des égouts, des bâtiments un peu gothiques, des églises, un cargo... ce n'est pas très varié et tout se ressemble. En plus de ça, les niveaux sont morcelés en plusieurs parties, les monstres sortent bien souvent de nulle part (et ça c'est chiant car du coup, il nous attaquent dans le dos !), quelques textures sont foireuses (en plus d'afficher quelques enchevêtrements) et le moteur physique a parfois de drôles de réactions. Alors décevant ? En fait pas vraiment. S'il est vrai que le manque de variation des décors est gênant, y'a pas à dire, darkSector est tout de même dans son temps. Le rendu est sobre mais attrayant, les textures sont bien détaillées, la plupart des animations sont fluides et réalistes, les loadings sont assez courts et les modélisations (surtout les visages), sont de bonne facture. A noter aussi que Digital Extremes s'est inspiré encore une fois de quelques grands noms : les jackals font immanquablement penser aux robots de Metal Gear Solid 4, le puissant mutant qu'on affronte à la fin m'a fait penser aux Skaarjs d'Unreal II et l'ambiance globale oscille entre Resident Evil 4 pour certains monstres et certains décors, et Gears of War. C'est sûr, on a fait pire comme sources d'inspiration.


Le son

Dans darkSector,
Le doublage est lacunaire et les musiques sont trop discrètes. Reste d'excellents bruitages, bien dynamiques comme j'aime
la musique n'est vraiment pas mise en avant. En plein jeu elle est très discrète, soulignant à peine l'action et/ou les passages angoissants. C'est un peu dommage, elle "fait le job" comme on dit mais aurait pu apporter beaucoup plus à l'ambiance et dynamiser les combats. A contrario les bruitages sont très travaillés. Lorsque le Glaive est enflammé, glacé ou chargé électriquement, les bruitages sont criants de réalisme. D'ailleurs les armes percutent bien et les explosions donnent bien le change (en jouant au casque, c'est même un régal !). Au doublage initial (en anglais), on avait en particulier 2 acteurs très connus qui sont Michael Rosenbaum (Lex Luthor dans Smallville) et Jürgen Prochnow (le Duc Leto Atreides dans Dune), le premier doublant la voix d'Hayden et le second faisant Yargo Menshik. Pour notre localisation française, on a eu un peu moins de chance, tout d'abord avec un doublage pas franchement impliqué, ensuite avec un héros dont la voix de sied pas du tout. Avec sa gueule de minet amerloque, il écope de la voix de Xavier Fagnon (alias Jack Shepard de LOST). Cette voix charismatique ne va pas du tout avec le personnage d'Hayden Tenno, à laquelle on préférerait une voix plus juvénile pour coller un peu mieux à ce héros manquant cruellement de prestance. Le casting additionnel se compose de Sylvain LeMarie, Frédéric Cerdal et Laurence Crouzet, mais aucune de leurs prestations ne sortira du lot. Reste que l'ensemble tient correctement la route, ni plus, ni moins.


Note générale

darkSector aura été le parfait candidat pour faire attendre aux friands de survival-horror, le très attendu Resident Evil 5. On y trouve de jolis graphismes, tout à fait contemporain, mais qui aurait pu être bien meilleur étant donné la puissance de son support, quelques bonnes idées empruntées à d'autres jeux et une aventure extrêmement linéaire et redondante. Le gameplay est finalement assez basique, à peine élevé par la présence du Glaive, sans qui darkSector serait d'une banalité affligeante. Cette arme/objet à tout faire, qui manque de puissance au corps à corps, vous permettra de déjouer les quelques facéties du gameplan. Ajoutons à ça une partie sonore sans originalité et avec un doubleur principal mal choisi, une IA en dents en scie et vous obtiendrez un jeu qui peut sembler médiocre. Et c'est à juste titre que j'impose cette tournure de phrase, car contre toute attente et malgré toutes mes critiques (dont un héros sans charisme), darkSector n'est pas un mauvais jeu. Graphiquement dans son temps, on retrouve les bonnes facettes de quelques grands titres comme la caméra à l'épaule, la vision resserrée lorsqu'on se met à courir ou la mise à couvert de Gears of War, le marchand et les mutants de Resident Evil 4 ou encore un design assez répétitif mais singulier. darkSector est donc un jeu perfectible mais avec qui on passera de très bons moments. D'accord il plagie sans honte ça et là les grandes idées de ses camarades, mais il le fait avec un certain panache, ce qui lui ampute toute originalité mais propose un agréable melting-pot. darkSector est donc un jeu dans la moyenne-haute mais n'attendez pas de lui une grande aventure, notamment parce que son scénario est salement banal. Mais si vous voulez de l'action quasi non-stop et un jeu finalement pas aussi bourrin qu'on pourrait le croire (notamment grâce au Glaive qui permet un léger aspect tactique comme déloger un ennemi) alors il est bon client.


Test réalisé par iiYama

octobre 2009 (mise à jour : mai 2012)