Clive Barker's Jericho (X360)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : octobre 2007
Développeur : Mercury Steam Entertainment
Editeur : Codemasters
Genre : FPS horror

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 1Mo (saves)
Définitions HD : 720p - 1080p
Compatible 3D : non
Compatible Kinect : non

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 65€
Score des ventes : 520.000 (tous supports)


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Clive Barker's

Jericho








Il y a 2 mois, je vous prédisais qu'un futur test long verrait le jour, suite à l'article que j'avais rédigé sur ce jeu après une excellente démo. J'ai donc testé le jeu sur consoles et PC, afin de vous livrer la version définitive de mon article. Clive Barker est l'un des seuls producteurs de films d'horreur à avoir traumatiser mon enfance et même mon adolescence avec Hellraiser. Voyageant entre le sordide et le fascinant, le sexe et la mort, j'ai revu les 2 premiers opus d'Hellraiser avant de me lancer dans la rédaction du test, car je voulais me remettre dans l'ambiance d'un style bien particulier mais aussi exorciser cette peur irraisonnée que m'avait donné ces long-métrages. Pas d'inquiétude, à mon âge j'en ai vu d'autres et les films ne m'ont fait ni chaud ni froid. A l'époque de mon premier jet, la note provisoire était loin d'être objective, ainsi il est clair que mon jugement est revenu vers une note plus raisonnable. Moins bon que je pensais, si ce n'est pas dramatique pour autant, entre autre sa linéarité et son développement scénaristique miteux, m'ont un peu décus. Maintenant place au test.



Dans le désert,
Si dans le fond le scénario est vraiment sympa, il est malheureusement sous-exploité
une étrange cité du nom d'Al Khali refait son apparition au milieu d'une tempête de sable. C'est évidemment un très mauvais présage et l'équipe Jericho, composée de 7 membres (4 gars et 3 filles) luttant contre le paranormal, se rend sur les lieux pour mener l'enquête. Très vite on découvrira que c'est Leach, un ancien Nazi, qui a réouvert la brèche dimensionnelle entre la "Boite" et la Terre, en vue de faire sortir le Premier Né. Le Premier Né est la première création de Dieu mais devant cet être mêlant à la perfection le bien et le mal, la beauté et la monstruosité, Dieu enferma sa création dans la Boite, une sorte de Poupée Russe aux dimensions dantesques. Seulement la brèche reliant les 2 mondes s'ouvre de plus en plus et le Premier Né veut récupérer ce que son Père ne lui a pas donné, la Terre, puisqu'il l'a offerte aux Hommes, sa seconde création, cette fois volontairement imparfaite. A la recherche du Premier Né et de Leach, l'équipe Jericho traversera les brèches pour s'enfoncer plus profondément dans la Boite et verront ainsi diverses époques se joindre en un même lieu : les Nazis, les Romains, le Templiers... Si la trame principale accroche, avec une intro molle mais mettant bien l'ambiance, une fois dans le jeu ça retombe. La mise en scène est très pauvre, les cut-scènes ne dévoilent que des dialogues (de bonnes grosses vidéos sur les faits aurait été préférable) et malgré une prédisposition au macabre, avec quelques données assez ignobles comme la décimation d'enfants, et bien ça n'accroche plus autant. Dans un scénario de fin du monde version horreur avec charpie, viande fraîche et hectolitres de sang, vous devez mener l'enquête (enfin mener l'enquête c'est vite dit... on dessoude du streumon !). Une trame qui ne déroge à Clive Barker, qui a créé le scénario et le design des monstres. Si le jeu commence comme un bête FPS où vous dirigez un chef d'équipe (Ross) pouvant donner l'ordre d'avancer ou de rester sur place, le gameplay s'envole d'un coup lorsque ce dernier nous fait le plaisir de mourir et de prendre possession d'un des membres de son équipe. Et c'est là, la plus grosse originalité du jeu car on pourra prendre le contrôle de n'importe quel membre à sa disposition (parfois l'équipe sera réduite). 6 personnages, donc plus ou moins 6 gameplays différents, chacun ayant un arsenal propre ainsi que des pouvoirs surnaturels. Détails :


  • Church : équipée d'un katana et d'un pistolet mitrailleur, elle possède aussi un sang aux capacités étonnantes. En se coupant la paume de la main, elle peut créer une boule de sang qui figera ses ennemis proches ou créera un champ de flammes offensif. Un perso pas très puissant mais agréable.
  • Rawlings : prêtre de son état, il peut faire des incantations religieuses offensives ou peut libérer des âmes damnées. Equipé de 2 Desert Eagle, c'est un perso sympa.
  • Black : cette fille est sniper et ses pouvoirs sont parmi les meilleurs. Elle peut contrôler la trajectoire de sa balle pour toucher précisément plusieurs ennemis à la suite. Elle peut aussi faire des projections télékinésiques. Son fusil peut lancer des grenades mais la fonction de sniper ne servira que peu. En effet, étant donné le type d'action que propose le jeu, l'infiltration n'a pas sa place.
  • Cole : équipée de C4 et d'une mitrailleuse, ses atouts sont ses pouvoirs. En effet elle peut ralentir le temps (agit sur tous les membres de l'équipe) ou augmenter le pouvoir de destruction des armes à feu.
  • Delgado : il est le Schwarzenegger du groupe, la grosse brute. Ses pouvoirs pyrokinésiques font pas mal de dégâts et il est équipé d'un puissant 44, en plus d'une gattling. Un char d'assaut sur 2 pattes en somme.
  • Jones : équipé du même fusil que Ross (le chef), il lui permet d'avoir en une même arme une mitrailleuse et un fusil à pompe. Autant dire que c'est l'arme la plus équilibrée. Ses dons lui permettent de pouvoir prendre le contrôle de n'importe quel ennemi à distance.


  • Ainsi, par le simple
    Les boss demandent parfois d'avoir une bonne tactique d'approche, ceci dit les QTEs sont stressants et pénibles à réaliser
    biais d'un bouton, on peut basculer d'un personnage à un autre. Il n'y a pas d'armes ou de munitions à récupérer mais jongler entre les persos c'est une autre manière de changer d'armes et de pouvoirs. D'ailleurs les pouvoirs serviront de temps en temps à franchir de petits puzzles. Delgado peut soulever les lourdes grilles d'acier, Jones peut à distance prendre le contrôle d'un ennemi pour appuyer sur un levier, ou encore Black peut dégager la route en faisant valser des rochers. En jeu, il y aura aussi des QTEs (Quick Time Event), où il faudra appuyer sur le bon bouton au bon moment. Ces QTEs interviennent lorsque vous vous faites choper par un monstre, lors de phases finales sur un boss ou encore lors de phase de plate-formes improvisées. Seulement il faut réaliser ces séquences dans un bon timing et moi qui n'aime pas ça (même si ça change un peu de toute cette tuerie), ça finit par être chiant de recommencer encore et encore jusqu'à ce qu'on y arrive. Pour ce qui est de la santé, là aussi on fait dans l'originalité puisque lorsqu'un des membres est touché (car on n'est jamais seul), il s'agenouille et attend qu'on vienne le guérir. Idem lorsque c'est de vous qu'il s'agit : il suffit généralement d'attendre sagement qu'on vienne nous sauver les miches. Pensé pour les consoles, il n'y a pas de quick-saves mais des check-points et des sauvegardes automatiques. Une barrière invisible nous empêche de tomber d'un précipice (et si on veut se suicider alors ?), il n'y a pas de saut (?), il n'y a pas de pas coursé (cette fonction est automatique, autant dire que c'est trop laid) et il y a des tonnes de bidons d'un rouge vif... qui n'exploseront jamais ! Là, c'est frustrant car il faut signaler que rien n'est destructible, pas même une lampe en bois. Sur la question de l'IA, les ennemis compensent une bêtise sans nom par une agressivité sans borne et généralement, vous serez leur cible principale. Arrivant toujours par vague, oubliez l'infiltration, ici le jeu réclame d'être bourrin. Pour ce qui est de la gestion des coéquipiers, s'ils s'en sortent assez bien, il n'est pas rare que ces débiles profonds passent sous votre feu fourni et se permettent en plus de râler parce qu'on leur tire dessus. Dans la continuation des réglages qui ont foirés, il est pénible de voir qu'une explosion bien puissance n'entraînera dans l'au-delà qu'un ennemi à la fois (rarement 2, mais jamais plus). La plupart des pouvoirs ne peuvent être utilisés qu'à des endroits bien précis, les monstres encaissent beaucoup trop de coups pour ne pas en prendre plein la gueule et le jeu est sérieusement linéaire. On avance plus ou moins toujours tout droit et de toute façon, les membres de notre équipe nous montre la voie à suivre.


    Très scripté,
    Bien qu'axé sur le FPS horror, le design de Clive Barker est excellent et la réalisation est de qualité
    les portes ne s'ouvrent qu'une fois le dernier ennemi abattu. Je regrette aussi que les corps disparaissent presque instantanément, rendant l'action peu crédible et entre nous, malgré son ambiance putride et sale, violente, sombre et dégueu, et bien je trouve que Jericho ne fait pas peur. Même s'il use des mêmes techniques de surprises que DOOM 3, l'effet est bien moins bon. De toute façon c'est tellement trash, qu'à la façon de Silent Hill je finis par me détacher de cet univers crade, pour reprendre ma simple place de joueur. Côté réalisation, la retranscription de cette terre de désolation et de souffrance, à la fois sale et sanguinolente, est impeccable. Le moteur 3D affiche une belle image dont les effets sont sublimés par une utilisation intensive du HDR et du Phong Shading. Dégoulinants et visqueux, les ennemis sont répugnants (c'est le but) et on peut féliciter une modélisation satisfaisante. Par contre, j'ai trouvé le jeu beaucoup trop sombre, à tel point que ça tourne à son désavantage (parfois on ne voit presque rien) et j'ai noté quelques saccades. Les niveaux sont entrecoupés de nombreux loadings et l'animation de nos 6 protagonistes principaux, n'est pas très réaliste. Idem pour des expressions faciales quasi inexistantes ou encore pour un effet de flou gênant sur les objets distants. Pourtant on ne peut que reconnaître une certaine esthétique au jeu, donnant à Jericho ses lettres de noblesse dans un terme qui lui est propre : le sordide. Les décors sont pour la plupart très beaux, certains monstres sont énormes et pas mal flippants, et la physique est assez bien rendue bien que peu usitée. A l'image d'un écran titre volontairement dégueulasse et répugnant, les graphismes nous plongent dans une ambiance putréfiée, baignée de sang et d'une odeur de mort. Le design de Clive Barker est donc une grande réussite. Enfin on peut féliciter un doublage très correct et tout en Français. C'est toujours plaisant de voir qu'on pense à nous. Par contre, les voix sont trop similaires et parfois on les confond. On peut aussi mettre le doigt sur certaines phrases assez redondantes (voire pénibles au bout de 2h) qui nous sort des conneries du genre "quoi, c'est tout ce qu'il y avait ?" alors qu'on a galèré à se débarrasser des ennemis. Avec des musiques donnant parfaitement le ton au jeu, on est vite dans l'ambiance bien que j'aurais aimé des thèmes plus prenants, plus flippants. Même critique pour les bruitages des armes, car s'ils font bien leur travail, ça manque quand même d'un peu de patate (sauf pour le fusil à pompe qui est bien rendu). Pour le reste, c'est impeccable et même si je pinaille sur certains détails, le son est tout de même d'un bon niveau.



    Jericho Note
    distille une ambiance macabre, morbide à souhait où des monstres déchirés s'amusent à bouffer des cadavres déjà rongés par les asticots. Sombre et inquiétant, cet envers du décor ne donne pas envi de le visiter et pourtant il le faudra bien... pour le salut de la Terre. Jericho est donc une excellente surprise tant sur le plan technique que ludique, qui propose un peu de neuf alors qu'on croule sous des FPS qui se plagient les uns les autres. Rien à voir avec la série diffusée sur M6, j'ai pourtant été largement rebuté par sa linéarité, son scénario mal exploité mais aussi et surtout ses QTEs très chiants à réaliser et sa difficulté trop élevée et ce, dès le niveau "easy". Ceci dit, malgré ses défauts, c'est loin d'être un mauvais jeu puisqu'il offre une belle alternative aux FPS classiques (guerres urbaines, guerres futuristes, guerre de 40), Jericho étant un FPS horror, un genre un peu délaissé en ce moment. Pas super méga génial, pas mauvais non plus, il reste une valeur sûre, surtout si le style Barker vous attire.



    Test réalisé par iiYama

    mai 2009 (mise à jour : avril 2015)