Resident Evil Rebirth (Wii)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juin 2009
Développeur : Capcom
Adaptation : Capcom
Editeur : Capcom
Genre : survival horror

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviations : RE - RER
Titres alternatifs : Resident Evil Remake - Bio Hazard Rebirth - Resident Evil Rebirth - Resident Evil Archives
Prix au lancement : 30€
Score des ventes : 12 Millions (toutes versions et tous supports confondus)


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Resident Evil

(Rebirth)



Resident Evil premier du nom, sorti sur PlayStation en 1996, a toujours été mon Survival Horror préféré. Pensant ne jamais trouver mieux en la matière, Capcom fit très fort avec la sortie de l'excellent Director's Cut qui n'est autre que le premier remake de ce que tous s'accordent à dire : le meilleur jeu Capcom de tous les temps. Connu sous le nom de Resident Evil Remake mais aussi et surtout de Resident Evil Rebirth (bien que ce titre ne soit pas "officiel" vu que c'était son nom de code lors de son développement, personnellement je le nomme ainsi pour ne pas confondre avec les autres versions), c'est avec une joie non-dissimulable que je réouvre le dossier Umbrella à sa source. Puisque la Wii n'est qu'une GameCube sous-exploitée, et qu'on retrouve la plupart de ses jeux cultes adaptés à la va vite (Pikmin, Resident Evil Zero, Resident Evil 4, Prince of Persia...), quoi de plus normal pour Capcom que d'amortir encore un peu plus sa vieille licence. Sorti 7 ans après la version GameCube et pas moins de 13 ans après la version PlayStation, Capcom a tout même consenti a un effort financier en vendant son jeu 30€. Evidemment si vous avez la version GameCube, celle-ci n'a absolument aucun intérêt. Dans le cas contraire, c'est un investissement quasi incontournable pour les amateurs de survival horror, plus encore plus les gamers qui sont vraiment dans la dèche sur une Wii décidemment axée sur le grand public. "Console poubelle" par excellence, heureusement que certains trésors venus du passé viennent gonflés les rangs de cette machine. Si la réalisation fait toujours plaisir à voir, dommage par contre que Capcom n'ait pas du tout adapté son jeu au couple Wiimote/Nunchuck...


Développement scénaristique

Pour ceux qui ce serait
Depuis 96, on connait tous par coeur le scénario mais Rebirth nous reserve encore quelques surprises
endormis durant les 10 dernières années, Resident Evil est un jeu dont le scénario (sans être aussi poussé que dans un RPG) est tout de même bien développé. Comme je le disais, beaucoup de choses ont étés modifiées depuis l'épisode PlayStation. Si le jeu ne change pas fondamentalement, il y a certains passages qui ont mérités plus d'attentions que d'autres. Loin du simple portage, la plupart des scènes bien connues sont toujours là (comme Barry qui sauve Jill de l'écrasement lorsque vous voulez récupérer le fusil à pompe) mais il y a aussi certains passages remodelés. Ainsi pour les néophytes qui n'ont jamais joués à ce titre (honte à eux), dans les cavernes tout porte à croire que Barry est un traître ou encore, les combats contre le serpent géant sont complètement différents. Autant de nouvelles scènes qui donnent envie d'en savoir plus. D'ailleurs, cet épisode est aussi plus crédible du point de vue du scénario, comme du gameplan. Par exemple, sur la fin du jeu on comprend que le manoir n'est qu'une succursale d'Umbrella, dont le siège est à Paris. Idem pour quelques vidéos, refaites pour l'occasion bien sûr, qui paraissent plus plausibles comme lorsqu'on retrouve Enrico dans les cavernes. Enfin, Resident Evil Rebirth renoue avec les autres opus de la série, notamment le Code Veronica où dans une lettre, un chercheur parle directement d'Alexia, une autre évoquant Ada. Tous ces détails qui font un tout plus cohérent, me mène à la conclusion suivante : Resident Evil se parcoure à présent comme un film de science-fiction/horreur dont vous avez les commandes. Plus immersif, plus prenant, le chef d'oeuvre de Shinji Mikami (le producteur de la série) n'a jamais été aussi addictif. Reste que pour cette édition Wii, absolument rien ne change par rapport à la version GameCube et que les vidéos en images de synthèses semblent un peu vieillotes. Ca ne gâche en rien l'aventure, le résultat étant même au dessus du lot habituel. Disons pour conclure qu'elles n'ont plus le même attrait qu'en 2002.


Jouabilité & Gameplay

Après tant d'années,
A la façon du Director's Cut, beaucoup de choses ont changées et c'est un plaisir de redécouvrir le jeu
le principe des Resident Evil reste intact, puisque l'épisode qui a révolutionné la série est bel et bien le 4, qui ne sortira que 3 ans après celui-ci. Des machines à écrire pour sauvegarder, des coffres pour poser tous ses objets (merci, ça manquait dans le Resident Evil Zero), des énigmes, de l'action et beaucoup d'exploration. Mais il y a tout de même 4 nouveautés dans le jeu. La première c'est que la carte (accessible via la gachette droite) est plus "intelligente" qu'avant. Ainsi, s'il vous reste un objet à trouver dans une pièce, vous le serez de suite. Les portes sont nomenclaturées et le tout parait plus lisible. Sans être aussi précise que dans le Resident Evil Zero puisqu'on n'y verra pas le moindre item à récolter, j'ai trouvé cette évolution sympa. Ensuite il existe un mode d'auto-défense. Si vous vous faites attraper par un zombie (ou tout autre ennemi pouvant vous saisir), Jill ou Chris peut envoyer une violente décharge électrique à son assaillant ou lui planter un couteau dans la tête. Evidemment en nombre limité (on trouve piles et couteaux en fouillant les niveaux), c'est un excellent moyen de se défaire d'un ennemi un peu trop collant. Troisième évolution et non des moindres, les zombies revivent ! Lorsque vous leur vider un chargeur de 9mm dans le buffet et qu'il meurent, il faut aussitôt brûler les corps sous peine d'une renaissance : ce sont les fameux crimson ! Loin d'être anodin, lorsqu'ils revivent ils sont terriblement rapides et assoiffés de sang ! Autant dire qu'ils sont hyper dangereux dans ces cas là. Autant jouer au barbecue avant, même si les réserves de kérosène s'épuisent vite. De plus, il ne sera pas rare de se retrouver nez à nez avec un zombie qui aura ouvert une porte ou monté un escalier. Moins gogols qu'avant, ils sont presque doués d'intelligence. On remarque aussi que le gameplan a presque entièrement été revu. Les clés ne sont plus aux mêmes endroits et elles n'ouvrent plus les mêmes portes, les objets ne sont plus à leurs places habituelles (d'ailleurs ils flashent moins et sont parfois dissimulés) et c'est tant mieux. Evitons le déjà vu ! Car jouer à Rebirth, c'est vraiment redécouvrir le titre. Il y a d'ailleurs certaines zones qui ont totalement étés modifiées.


Par exemple les
Il est vraiment regrettable que la jouabilité soit si mal adaptée au couple Wii/Nunchuck
jardins sont bien plus vastes (il y a une crypte, un cimetière, des chemins à travers la forêt), certaines pièces sont différentes (comme certains pièges) et il y a même des endroits qu'on ne reconnaît plus. Par exemple la caverne des Hunters a totalement été revue. C'est d'ailleurs ici qu'il y a le plus de modifications du scénario original avec un Barry nerveux et plus vraiment lui-même. Ceci dit, Resident Evil n'en est pas dénaturé pour autant. Les grandes phases de jeu restent les mêmes (comme le premier zombie, le serpent, les araignées de la guard-house) tout comme les cut-scènes. Bien plus belles qu'auparavant, elles ne s'écartent que très légèrement du script original. Pour ce qui est de la prise en mains de cette version, on peut jouer avec la Wiimote, la Wiimote et le Nunchuck ou encore les pads GameCube/Wii. Un conseil, préférez le pad Wii car c'est celui qui se rapproche le plus du pad PlayStation car la jouabilité n'a pas changée d'un iota. En jouant avec la Wiimote seule, on porte la télécommande à l'horizontale, croix à gauche, B sert à se mettre en joue et les 2 touches servent aux actions. Pas souple pour un sou, ni même précise, cette jouabilité est tout de même moins décevante que celle où on ajoute le Nunchuck. Le principe reste le même qu'avec un pad classique mais c'est affreusement lourd à gérer. Capcom n'a fait aucun effort pour correctement adapter son jeu au support, car le stick analogique du Nunchuck ou même du pad, aurait dû servir à déplacer son personnage de façon plus classique (on tire le stick dans un sens et le personnage suit). Or ils ont gardés l'ancestrale jouabilité qui n'est plus adaptée au mode progressif et qui rend le jeu limite désagréable à jouer. C'est le gros point noir de cette adaptation.


L'image

Je le nierai pas,
Pour un jeu qui a déjà 7 ans, les graphismes restent impressionnants
si un Silent Hill ne m'a (presque) jamais fait flipper, je peux pas en dire autant des Resident Evil. Prônant son statut de survival horror, notre Remake n'a pas oublié le mot "horror" dans ce terme. On se souvient tous du premier gros coup de flip' lorsque les chiens traversent les fenêtres du couloir ? Et bien Capcom, conscient que d'anciennes ficelles marchent toujours mais qu'il fallait les renouveler, nous refait le coup du sursaut avec quelques surprises de taille au détour de certains couloirs. Si c'est pas très bon pour le coeur, c'est par contre excellent pour l'ambiance ! Graphiquement, Resident Evil Rebirth est sans réfléchir le bel épisode "old school" que je connaisse. Je dis old school parce que les décors sont précalculés en images de synthèses et que les sprites (persos, ennemis et objets) sont en 3D temps réel. Du coup les angles de vue sont imposés, le scrolling est séquentiel mais ça ne gâche en rien le jeu. Je dirais même qu'autrement, il aurait été dénaturé. Et Capcom doit être félicité pour le travail accompli sur ce jeu. Faut le voir pour le croire ! Plus beau encore que l'épisode Zero (pourtant sorti plus tard), les décors sont vraiment magnifiques. Loin d'être statiques, le jeu de lumière est ahurissant de réalisme et il y a même des objets en mouvement. Faut voir avec quel naturel la flamme d'une bougie danse, un lustre se balance ou un ventilateur géant tourne. De plus, la gestion en temps réel de la 3D n'a jamais été aussi bonne. Comme dans l'épisode Zero, les sprites se fondent parfaitement aux décors, les ombres sont cette fois bien gérées, ce qui donne un aspect photo-réaliste impressionnant. Jamais le manoir n'a été aussi beau ! La guard-house est bien plus flippante qu'auparavant, les extérieurs sont sublimes, les cavernes sont plus humides et glauques que jamais. Je pourrai vous en dire encore long sur un graphisme qui m'a impressionné mais je résumerai en disant que cette "nouvelle jeunesse" a fait le plus grand bien à la série, même aujourd'hui. Car même si ça reste un jeu GameCube, le rendu graphique de 2002 était tellement puissant qu'il reste encore aujourd'hui, une référence. Dommage par contre que Capcom n'ait pas profité du regain de puissance de la Wii pour afiner quelques textures ou proposer un peu plus de contenu. Un jeu impressionnant visuellement, même 7 ans plus tard, mais une conversion élémentaire. Capcom est décidemment le roi de l'argent facile.


Le son

Dans le bon goût
Excellents bruitages et très bonnes musiques. Le nouveau doublage est satisfaisant mais pas aussi "culte"
et la macabre finesse, les développeurs ont eu l'intelligence de reprendre quelques thèmes de l'opus original. De la vapeur inquiétante aux notes stressantes histoire de flipper à mort (surtout lorsque apparait un ennemi à l'improviste), Resident Evil distille une ambiance sonore des plus soignée. Pourtant, les musiques sont moins présentes, le jeu laissant plus de blancs que dans l'opus original, où la musique était omniprésente. C'est une autre façon de "meubler" son jeu et ça lui convient tout aussi bien car de cette façon, certaines scènes sont plus lourdement soulignées. Pour ce qui est du doublage, il est agréable de constater que Jill a presque la même voix (est-ce la même actrice ?) et que le père Barry a aussi bénéficié d'un bon doubleur. Quant à Wesker, Capcom a toujours eu le privilège d'avoir Richard Waugh sous la main, ce qui fait que dans tous les épisodes il a cette même voix qui lui donne le même inimitable charisme. Les cut-scènes reprennent les grandes phrases de la version PlayStation, mais bien évidemment sans cette intonation particulière qui nous aura tous marqué. Impossible donc, de reprocher à Capcom le fait qu'ils n'aient pas repris l'ancien doublage, tout d'abord parce que ça ne collerait plus à l'image et surtout parce qu'ils ont incorporés de nouvelles scènes qu'il fallait bien entendu doubler. En parlant de cut-scènes, je ne l'ai pas mentionné dans le graphisme mais il faut aussi reconnaître que la modélisation des divers personnages est impeccable. Et de leur côté, les ennemis sont plus flippants que jamais ! Enfin les bruitages nous offrent une dynamique et un réalisme irréprochable. Le simple 9mm fait déjà un bruit conséquent, alors imaginez le pompe et le magnum. C'est un vrai plaisir de sentir que les armes sont puissantes, ce qui donne tout son attrait à l'action. En conclusion, servant la malfamie graphique à merveille, la bande-son étoffe cette impression de ne jamais être en sécurité.


Note générale

Conversion facile pour Capcom qui cherche encore à se faire du fric sur sa licence phare, alors même que le jeu GameCube fonctionne parfaitement sur Wii. On regrettera justement que le développeur n'ait rien apporté de nouveau à cette ultime version de son chef-d'oeuvre, paru en premier lieu sur GameCube en 2002. En plus de ça, la jouabilité est restée archaïque, pas du tout adaptée au couple Wiimote/Nunchuck. C'est quand même un peu dommage. Mais en dehors de ces considérations, Rebirth est un monstre, une anthologie du jeu vidéo couplée à un plaisir de jouer sans demi-mesure. Ce Remake est tout puissant ! Avec de nouveaux passages, de nouvelles cut-scènes, de nouvelles énigmes et surtout, des graphismes de toute beauté, on a l'impression de parcourir un nouvel épisode de cette fabuleuse série. Je clôturerai donc mon test en disant que Rebirth est l'un des meilleurs Resident Evil classique auquel j'ai joué. Sans cesse renouvelé, sans cesse flippant, sans cesse magnifique, je ne peux que m'incliner devant un tel distillat du macabre et de la mort aux trousses. Après c'est sûr, si vous avez accroché moyen à la version PlayStation (ou autre édition de la même époque comme celles sur Saturn, PC ou DS) ou que vous avez la version GameCube, passez votre chemin puisque c'est le même jeu. Autrement voilà un bon moyen de plonger à pied-joints dans cette fantastique saga, d'autant que la réalisation graphique n'a quasiment pas vieillie. Du grand Art...



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Test réalisé par iiYama

septembre 2009 (mise à jour : avril 2010)