Disaster (Wii)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : octobre 2008
Développeur : Monolith Software
Editeur : Nintendo
Genre : aventure / action

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 50€



Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

Disaster

Day of Crisis


Comme on se le laisse entendre que trop souvent, la Wii est véritablement un phénomène. Car si elle bat tous les records de ventes actuels, elle est aussi la console la plus pauvre en bons jeux. C'est bien la preuve que les gens qui se payent cette machine, ne savent pas ce qu'ils achètent. Pièce à rajouter au dossier avec des pubs télévisuelles, qui un an et demi après leurs sorties, nous rabattent encore les oreilles avec des Wii Sports, des Mario Galaxy ou des Mario Kart. Pourquoi ? Parce que la Wii est une machine facile à programmer, que la plupart des gens qu'ils l'ont ne sont pas des gamers et que par conséquent, beaucoup de jeux fait à la vite sortent et pire que tout, se vendent. Et un vieux dicton dit à juste titre que quantité rime rarement avec qualité. Voilà pourquoi Nintendo lui-même s'appuie sur d'anciens jeux forts. Et pour ce Noël 2008 ? Rien ! Ou presque, car si on enlève ce brave Disaster, la Wii n'aura absolument rien proposer de valable pour les -vrais joueurs-. Et Disaster, parlons-en justement. Voilà bien un jeu dont on aurait porter que peu d'attention si seulement il n'était pas le seul jeu Wii à mettre sous le sapin. Alors voilà, étant donné la disette actuelle en "bons titres Wii", Disaster écope d'une note fort honorable, alors que s'il était sorti au Noël 2007 (qui était à contrario bien fourni), il aurait pris 2 points de moins. Les temps favorisant certains jeux, Disaster fut porté au rang de seul hit Wii pour la précédente fin d'année et c'est vrai qu'il a quelques atouts à faire prévaloir. Intéressé(e) ? Alors suivez le guide.


Développement scénaristique

Scénario : cliquez pour ouvrir

La plupart du temps
Le scénario est finalement assez banal
basé sur des vidéos créées à partir du moteur du jeu (puis retravaillées hors ligne), le scénario catastrophe de Disaster s'avère au final très léger. Une désuétude qu'il porte finalement bien, car ça sert au mieux son action non-stop et son aspect grand spectacle. Et c'est à croire que les éléments se déchaînent après Ray car en une seule journée on accumule les cataclysmes naturels : tremblement de terre, tsunami, éruption volcanique... moi je dis qu'au train où ça va, c'est lui qui porte la poisse ! Etrangement, j'ai trouvé que Monolith copiait pas mal une recette connue, celle de Resident Evil. Vous me direz à juste titre que la comparaison est farfelue mais après tout pourquoi pas. Bien sûr il n'y a pas de zombies mais l'agencement des événements, la façon dont se déroule le scénario, la crétinerie de certaines énigmes et même la petite vidéo d'intro qui fait office de best-of, me rappellent les jeux de Capcom. Seul réel défaut, le moteur graphique est un peu faiblard et lors des scènes, les visages manquent clairement d'expressions. Les expressions faciales se contentent du strict minimum, ce qui est un peu limite devant les circonstances parfois dramatiques de l'aventure. Heureusement, la qualité du doublage et une bonne musique s'occupent de charger certains passages en émotions. Mais quitte à faire ça, vu que les scènes sont retravaillées et mélangées à d'autres créées en images de synthèses, les développeurs auraient mieux fait de tout produire en CG même si ça aurait un peu tranché avec des graphisme pas terribles...


Jouabilité & Gameplay

Disaster est
Aider autrui n'apporte presque rien, si ce n'est un sentiment de faire le bien
un jeu pluridisciplinaire qui accumule les originalités et les variations de situation. A tel point qu'on se demande bien par quoi on va commencer... Jeu multi-fonctions, au cours de cette descente en enfer, digne d'un John McLane, Ray devra entre autre chose sauver des vies, conduire des voitures, éteindre des incendies, shooter des ennemis, soigner les blessés (parfois au détriment de son propre équipement), réussir quelques épreuves de vitesse, d'autres de précision ou encore jouer de la plate-formes tel une Lara Croft de bas étage. Ca fait beaucoup mais heureusement pour nous, les commandes sont toujours très simples et de jolis icônes animés nous rappelle sans cesse quel mouvement faire pour s'en sortir. Commençons par l'humanitaire : Ray devra sortir quelques personnes du pétrin. Porter des blessés, soigner des bobos, pratiquer un massage cardiaque, aider quelqu'un à se dégager des décombres... autant d'épreuves pour le secours de l'autre qui mettent du baume au coeur. Car si on faisait tous comme lui (traduire par "être moins égoïste") le monde serait sans doute meilleur. Les soins sont bien sûr sommaires mais quelques fois les épreuves ne ressemblent à rien. Le meilleur exemple est ce passage où on nettoie une plaie avec de l'eau pour ensuite pratiquer un bandage. Déjà la flotte, on ne sait pas d'où elle sort, on en verse des seaux entiers et en plus on dirait sérieusement qu'on pisse sur la plaie ! L'effet est carrément bizarre et par conséquent, c'est loin d'être réaliste. Car il faut le dire, le réalisme de ce jeu est passé aux oubliettes. Un autre exemple ? Trouvez-vous normal qu'un gars prenne 3 balles en pleine poire avant de mourir ? Est-ce normal de pouvoir exploser des tas de ferrailles (poubelles, caissons) à la force des poings ? Est-ce possible de boire des cannettes plus grosses qu'une cuisse ou de manger en 3 bouchers un hamburger de 8kgs gros comme une pastèque ? Je ne pense pas non...


Après le sauvetage
Les phases de shoot sont sympas
et les soins, pourquoi ne pas se faire une ballade en voiture. Wiimote à l'horizontale, on accélère avec la touche 2, on freine avec 1 et on tourne avec la détection de mouvements. Et c'est suffisamment précis pour ne pas se prendre la tête d'autant que les routes sont larges et que les virages se négocient assez facilement. Je fais volontairement l'impasse sur les quelques maigres passages de plate-formes où on appréciera la médiocrité des sauts, pour vous parler du plus sympa dans tout ça : les phases de shoot. Armes à la main, on retrouve un vieux concept issu de Time Crisis : on presse un bouton pour se mettre à l'abri (et éventuellement recharger son arme), on relâche pour se mettre en joue et on flingue tout le monde. On n'a aucune liberté, aucun mouvement n'est possible, il n'y a que le viseur, des ennemis à abattre, vous et votre gâchette. Ces phases de shooter pur sont bien molles au début, mais s'intensifient au fil de l'aventure, même si ça reste tout de même assez calme. Question arme, on commence avec un petit 9mm tout pourri où il faut 6 bastos pour aligner un mec, et dés le niveau 2 les choses vont s'améliorer avec un pompe et un M4. Et au niveau 3, c'est carrément l'option d'optimisation qui se débloque et qui sera accessible à chaque fin de niveau. A chaque mercenaire débité on gagne des PB (points bonus), à chaque personne sauvée (ce n'est pas obligatoire, juste conseillé pour augmenter sa jauge de vie) ou chaque acte héroïque réussi, on gagne des PC (points de compétence). Avec les PC on peut s'acheter de nouvelles armes, généralement plus puissantes et upgrader les compétences de son personnage selon 5 critères (combat, force, métabolisme...). Ensuite, avec les PB on peut upgrader son armement, aussi selon 5 capacités (contenance chargeur, puissance, précision...). Tout ça donne un certain attrait presque "RPGiste" au jeu et surtout l'envie de jouer les bons samaritains ainsi que les tireurs d'élite.


A la jauge de vie
Entre les soins et la façon dont Ray se nourrie, le jeu atteint un niveau d'irréalisme peu commun
se greffe une jauge d'endurance ainsi qu'un icône coeur/poumons. Si le coeur bat trop fort suite à un pas trop coursé, Ray s'essouffle et ralentit. Si les poumons se remplissent de fumée, c'est l'endurance qui prend. D'ailleurs, il sera bon de vider ses poumons de tout ce qui l'encombre même si la manoeuvre est chiante et qu'elle intervient un peu trop souvent. Avec tout ça on a aussi un joli menu d'options qui nous délivre des fiches détaillées sur chaque personnage rencontré, chaque événement qu'on subit mais aussi la possibilité d'entièrement configurer son couple Nunchuk/Wiimote. Au choix, soit on secoue le Chuk pour recharger soit on choisit un bouton, idem pour la gâchette et le bouton d'action. Une bien bonne chose. On trouvera aussi des bonus un peu spéciaux. En effet, en avançant dans le jeu on débloquera le stand de tir qui propose des mini-jeux de... tir (on s'en doute) qui débloque à leur tour certaines armes. Ce n'est pas obligatoire mais pour avoir la gattling par exemple, il faudra acheter toutes les armes qui la précédent dans l'arborescence ainsi que passer la fameuse épreuve. Le jeu est relativement facile, on avance vite, les checkpoints sont nombreux ce qui fait que si on meurt, c'est rarement frustrant. Par contre, il arrive aussi qu'on bute sur des épreuves apparemment toute bête, comme lorsqu'on est poursuivit par le raz-de-marée. Une épreuve toute simple que j'ai recommencé 20 fois parce que la voiture faisait n'importe quoi. Et parfois c'est la cohérence de l'épreuve qu'on trouvera idiote comme lorsqu'on est dans le parc, qu'on doit en faire 10 fois le tour et qu'on se crame à chaque passage ! Tout ça parce qu'avant le script, la connasse qui a perdu son frère ne veut absolument pas bouger (mais laisses-la crever bon sang !). Ainsi on en revient à parler du manque de réalisme du jeu. Car si on réunit du monde, c'est pour pouvoir pousser le bus qui bouche le passage. Ne serait-il pas plus logique (et simple) de tout simplement passer par dessus et que les plus forts aident les plus faibles ? Non, à l'image de Resident Evil, certains puzzles sont parfaitement imbéciles et on est bien obligé de faire avec. Enfin, la caméra se gère automatiquement mais on peut la recaler manuellement avec la croix de direction. C'est peu pratique mais comme elle est rarement dans le bon angle, on fera avec. Au final, on a un jeu parfois irritant mais très varié, une sorte de melting-pot du savoir-faire Wii avec des manipulations type secouage de Wiimote, d'autres plus précis où on vise, d'autres encore où on pilote façon Mario Kart. Si le jeu semble se perdre dans tout ce brassage, il reste une aventure fort plaisante à jouer et, je le répète, très variée.


L'image

L'une des grosses
Les grosses catastrophes sont impressionnantes. Pour le reste c'est plus banal, la Wii étant capable de mieux
faiblesses du jeu vient de là : Disaster n'offre pas une réalisation digne de son support. Il est vrai que lorsque les éléments se déchaînent c'est impressionnant, les scènes sont fortes en sensations mais le moteur 3D est peu performant. Les modélisations sont tout juste correctes (à part le héros), les animations sont lentes, beaucoup de textures sont unies ou trop peu détaillées, il y a énormément d'angles mal dégrossis, beaucoup d'éléments du décor n'apparaissent qu'au dernier moment, la caméra est lente à tourner... bref si ce n'est pas catastrophique, ce n'est pas terrible non plus. En plus, étant donné le concept du jeu, les décors sont souvent plongés dans le chaos avec des immeubles fracassés, la nature en feu et de la fumée partout. Une véritable terre de désolation. Une désolation qui est par ailleurs très édulcorée. Tout juste a-t'on droit à quelques gouttes de sang et c'est tout. Dans ce genre de situations, généralement il y a des grands brûlés, des morts partout, de la bidoche écrasée par terre, des gens qui hurlent dans les sens... et bien pas ici. Dans Disaster les catastrophes naturelles restent "propres" et ne tuent presque pas. Si seulement ça pouvait être vrai. En conclusion, si on enlève la force, la puissance et le gigantisme de certains événements (comme le tsunami, particulièrement impressionnant et bien fait), le jeu n'a guère d'attrait graphique pour séduire, même si sur Wii on a vu bien pire.


Le son

Je suis le premier
Même si le doublage est resté en anglais, globalement on a une bonne qualité sonore
à le regretter, le doublage n'est pas en français. Pourtant Monolith comme Nintendo nous ont habitués à une localisation généralement de qualité. C'est dommage mais en revanche le doublage US est de très bonne facture. Le ton des voix est assez impliqué pour donner une certaine crédibilité aux scènes. Par contre, j'ai trouvé étonnant que le jeu soit si vulgaire, un jeu pourtant édité par Nintendo lui-même. Si évidemment c'est jamais traduit tel quel, il n'est pas rare de se faire entendre des "chit" ou des "son of bitch". Ca tranche un peu avec le côté "catastrophe propre" de l'image. Question musique, Disaster se pare bien évidemment de tout le registre adéquat, façon cinéma grand spectacle à vocation cataclysmique. Enfin, pour les bruitages je suis tombé sur un développeur intelligent. Sachant que la Wiimote fait un son de chiotte, les options nous proposent de choisir : soit les FX des armes et/ou la radio passe par la Wiimote soit par la TV. Niveau qualité la question ne se pose même pas mais j'ai vraiment apprécié qu'on nous laisse le choix plutôt que de nous imposer ces horribles sons cracheux dont la Momote nous affuble selon les jeux. Pour les armes, on peut le dire : c'est mollasson ! Les bruitages sont peu dynamiques et pas du tout réalistes (même lorsqu'ils sortent de la télé). Idem pour le pas de notre héros du jour, qui fait un bruit étrange, comme s'il portait des chaussures à claquettes. Bizarre. Après, le reste des bruitages s'en sort très bien et avec une qualité honorable.


Note générale

Se taper le même jour une éruption volcanique, un ouragan, un raz-de-marée, un tremblement de terre et une menace nucléaire, c'est à croire qu'on joue une saison inédite de 24h Chrono, Jack Bauer étant devenu Raymond Bryce ! Avec son alternance de gameplay, Disaster : Day of Crisis offre une belle variété des situations même si légitimement on trouve qu'il y perd en identité propre. Passant du shooter un peu mou à l'épreuve de synchronisation en passant par l'exploration, le soin et le sauvetage de victimes mais aussi quelques phases au volant d'une voiture... on est clairement en présence d'un jeu diversifié. Avec ça j'ajoute qu'on s'y amuse bien et qu'il est loin d'être difficile, ce qui pourra contenter un très large public. Et c'est en jouant les samaritains qu'on s'apercevra vite que les désastres qui semblent poursuivre notre héros, ne font que très peu de morts. Une violence volontairement adoucie mais qui tranche avec un langage parfois inapproprié (on n'est pas dans GTA que je sache !). Avec ça, la réalisation étonne d'un côté avec des éléments déchaînés et des scènes absolument époustouflantes, et d'un autre on a des graphismes très pauvres, très peu travaillés. Idem pour le son, si les musiques aux élans de film-catastrophe vont bien avec le thème, on est déçu d'avoir des armes si peu efficaces. Finalement, le seul gros jeu Wii de ce Noël 2008 tombe à point nommé étant donné la disette du moment en matière de jeux d'action sur la console de Nintendo. Il est sûr qu'en d'autres circonstances, avec un peu plus de concurrence, Disaster ne s'attirerait pas autant notre sympathie. On peut donc le dire, Ray est l'homme qui tombe à pic. Day of Crisis reste quand même un titre singulier grâce à sa pluralité de gameplay. Il est jouable, adapté à la console, captivant même s'il est un peu mou, pas très bien réalisé mais impressionnant par moment... bref malgré beaucoup d'aspects critiquables, il reste surtout un bon jeu.


Test réalisé par iiYama

février 2009