Tintin : Le Temple du Soleil (SNES)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : 1997
Développeur : Infogrames
Editeur : Infogrames
Genre : action / plate-formes

Support : cartouche de 16Mb
Version testée : Française
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : FR
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : The Adventures of Tintin: Prisoners of the Sun (US)
Prix au lancement : 450Frs


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Tintin

Le Temple du Soleil


Aussi loin que
Le jeu reprend assez fidélement 2 albums pour former un tout étonnament cohérent
je m'en souvienne, les bandes dessinées de Tintin ont toujours trôné dans un coin de ma bibliothèque. Mon tout premier album, reçu en cadeau à l'âge de 6 ou 7 ans, fut Tintin au Congo, et comme j'aimais plutôt ça, en quelques années, j'ai finalement pu aligner la collection complète sur mes étagères. Si certains albums avaient clairement ma préférence (Le Lotus Bleu, On a Marché sur la Lune), d'autres comme Les 7 Boules de Cristal m'avaient carrément fichu la trouille ! Au début de cet album, Hergé tirait beaucoup sur les ficelles du mystère et des phénomènes inexpliqués, avec des scientifiques qui, après avoir découvert le tombeau de la momie inca Rascar Capac, étaient frappés par un mal inconnu. Il y avait aussi cette scène, reprise sur la couverture de la BD, où une grosse boule de feu virevoltait autour du pauvre Tournesol assis dans un fauteuil et explosait finalement la cage de verre où la fameuse momie se trouvait emprisonnée ! Quand vous avez 7 ans et une imagination débordante, je peux vous dire que feuilleter cet album avant de vous endormir n'était pas forcément une bonne idée… ^_^ Si je raconte ces quelques souvenirs, ce n'est pas pour rien, car contrairement à ce que son titre pourrait laisser penser, Tintin : Le Temple du Soleil est bien l'adaptation Super Nintendo du duo d'albums Les 7 Boules de Cristal / Le Temple du Soleil. Un an à peine après un Tintin au Tibet à moitié convaincant, le jeune reporter rempilait donc pour une 2e aventure avec, comme cela avait déjà été le cas pour Lucky Luke, Astérix ou Les Schtroumpfs, Infogrames dans le rôle du chef d'orchestre. Gage de qualité ? Peut-être… mais de fidélité, certainement. Les "Tintinophiles" étant particulièrement vigilants et tatillons, le déroulement du jeu se devait de suivre scrupuleusement celui des 2 bandes dessinées. Et c'est bien le cas ici. Les premiers niveaux font référence à ce qui s'est passé dans les 7 Boules de Cristal, alors que le reste du jeu (soit la plus grosse partie) nous fait voyager en s'intéressant aux péripéties racontées dans le Temple du Soleil. Contrairement au jeu Tintin au Tibet qui ne couvrait qu'un seul album, Infogrames s'est donc attaqué de front à 2 albums qui, comme à chaque fois chez Hergé, forment un tout indissociable. En d'autres mots, en développant un jeu sur Le Temple du Soleil, le développeur ne pouvait faire l'impasse sur Les 7 Boules de Cristal. Sur ce point, le pari est tenu et le jeu, dans son ensemble, forme un tout cohérent. Les aventures de notre reporter commencent dans les allées du musée ethnologique, pour se poursuivre dans le manoir du professeur Bergamotte, dans les jardins de ce même manoir, à bord d'une voiture lancée à la poursuite des ravisseurs de Tournesol, sur le paquebot Potomac, etc. Là où nos 2 BDs font sans cesse voyager Tintin et Haddock à la recherche de leur ami kidnappé, jusqu'au fin fond de la jungle péruvienne, Tintin : Le Temple du Soleil fait de même avec le joueur. Aucun niveau ne ressemble donc de près ou de loin à un autre, ce qui est plutôt une bonne chose pour un soft d'action / plate-forme…


Finalement,
Le gameplay se résume (presque) à n'éviter que des obstacles, faisant passer Tintin pour une fragile fillette. Et encore, c'est sans parler de cette jouabilité imprécise ou de ce timer, là que pour nous faire suer !
pour Infogrames, le plus dur aura été de trouver dans les 2 BDs des scènes qui pourraient faire l'objet d'un niveau dans un jeu vidéo. Ce n'était pas forcément gagné, d'autant plus que, si Tintin a la bougeotte, ce n'est pas non plus un personnage d'action à 100%, et encore moins un personnage super violent. Du coup, on constate que le soft est plus orienté action que plate-forme, avec un Tintin peu "gâté" qui ne sait faire que marcher, courir, sauter et, à de rares occasions, prendre un objet en main. En fait, on le remarque très vite : le héros d'Hergé passe le plus clair de son temps à éviter d'entrer en contact avec des pseudo-ennemis ou des projectiles du style tonneaux, balles de revolver… Je parle de "pseudo-ennemis" parce qu'à vrai dire, dans Le Temple du Soleil, on ne peut pas parler d'ennemis au sens propre du terme. Assez curieusement, ce sont de simples PNJs qui se baladent et qui agissent de manière on-ne-peut-plus scriptée. Limite, ils n'en ont rien à faire de Tintin ! Toute la difficulté du titre réside donc dans le fait de pouvoir ou non les éviter. Le choix opéré par Infogrames pour ces "obstacles", mobiles ou non, est d'ailleurs lui aussi, interpelant : les gardiens du musée, le bilboquet d'une petite fille, des planches qui dépassent d'une caisse, une porte qui s'ouvre, un Lama qui crache de l'eau ("Quand lama fâché, señor, lui toujours faire ainsi !"). Apparemment, dans le cahier des charges, il fallait que les obstacles soient réalistes, et le simple fait d'entrer en contact avec eux se soldera par la perte d'un point de vie (cette dernière étant ici symbolisée par un parchemin qui s'enroule progressivement). Seul petit "rayon de soleil" et originalité dans ce gameplay : Tintin peut souvent évoluer sur plusieurs plans (jusqu'à 3, comme pour le niveau sur les docks par exemple), cette particularité permettant au jeune héros d'éviter de croiser la route d'un "ennemi". Voilà qui donne au moins, sans mauvais jeu de mots, un peu plus de profondeur au titre… Pour éviter que leur jeu ne ressemble qu'à un gros et douloureux parcours du combattant, les développeurs d'Infogrames ont imaginé quelques niveaux un peu plus originaux. Dans le jardin du manoir, le joueur devra par exemple gérer Tintin et Haddock en alternance, le revolver du second permettant au premier d'avancer à couvert. Par la suite, dans plusieurs niveaux, la classique évolution en 2D de profil sera aussi remplacée par une mise en scène un peu plus dynamique : poursuite en voiture avec la route vue de face, séquence du wagon de train, Tintin suspendu aux pattes d'un aigle énorme, Tintin qui tente d'échapper à une avalanche… Mais malgré cela, le but reste toujours le même (déjouer des obstacles), et ces niveaux ne constituent pas pour autant un répit : pour en venir à bout, il faudra des réflexes et une mémorisation des obstacles encore plus affutée que dans les niveaux normaux.


D'une manière générale,
Même si les progrès sont maigres, il n'y a rien à dire, la réalisation fait honneur aux BDs
l'impression qui prédomine dans Tintin : Le Temple du Soleil est donc celle d'une trop grande difficulté, avec une progression bien chaotique. Tintin n'est pas un modèle de maniabilité, alors que certains sauts ou certaines actions doivent pourtant être réalisés au millimètre près. Et par dessus le marché, comme pour tuer tout plaisir, un chrono égrène les secondes et impose au joueur de connaître les niveaux quasiment par cœur, sous peine de tomber sur un écran "temps écoulé" et de perdre une vie ! Pour avancer un tant soit peu dans le jeu, mettre la partie en Easy est donc largement conseillé, tout comme l'usage des mots de passe (ceux-ci ne sont malheureusement pas présents pour tous les niveaux, on a droit à un mot de passe tous les 4 ou 5 niveaux… mais c'est déjà ça). Par contre, s'il y a bien quelque chose que l'on ne peut pas mettre en doute, c'est la fidélité du jeu par rapport au coup de crayon et à l'univers unique d'Hergé. On ne note, il est vrai, aucune progression ou amélioration notable depuis Tintin au Tibet (en même temps, en un an de développement, fallait pas trop rêver non plus), mais ce Temple du Soleil est une nouvelle fois très propre, et les couleurs utilisées font immanquablement penser à celles utilisées dans les planches des 2 BDs. Surtout que des cases directement tirées des albums sont aussi utilisées pour passer d'un niveau à l'autre et faire avancer le scénario, achevant de conforter le lien entre bande dessinée et jeu vidéo. Si, comme je vous le disais plus haut, le scénario original imaginé par Hergé permet au jeu de multiplier les décors et les situations, assurant au joueur une découverte de tous les instants, on sera moins emballé par les mouvements du petit reporter. Tintin est du style un peu lourdaud et on éprouve un peu de mal à le mener là où on le veut vraiment, par exemple pour les sauts (un comble pour un jeu qui repose en grande partie sur l'évitement d'ennemis et d'obstacles !). Si visuellement, Infogrames remplit sa part du contrat sans trop se forcer, musicalement, tout restait à faire. Une bande dessinée est une oeuvre graphique, alors qu'un jeu vidéo mêle images et sons, si possible de manière harmonieuse. Le développeur a de nouveau fait appel à Alberto José Gonzalez, un compositeur que l'on retrouvait déjà sur Tintin au Tibet, Spirou ou Astérix. Comme pour ces différents titres, la bande-son qui en est ressortie colle plutôt bien à l'univers de Tintin et aux différentes situations mises en scène par le jeu. Mais cette BO se révèle aussi très inégale : tantôt tirée vers le haut par des morceaux qui soutiennent bien l'action (notamment dans les niveaux plus originaux évoqués précédemment), tantôt tirée vers le bas par des compositions qui manquent d'âme et qui relèguent la musique du soft au second plan. Dommage…



Si on n'a pas Note
spécialement d'affinités avec l'univers de Tintin et que l'on se borne à une stricte analyse de la situation, on ne peut que se montrer un "tintinet" déçu par Tintin : Le Temple du Soleil. Par rapport à Tintin au Tibet sorti un an plus tôt, c'est le status quo technique : la réalisation du titre est honnête, mais sa maniabilité et ses mécaniques (foutus sauts, foutu chrono !) sont énervantes et frustrantes, obligeant le joueur à avancer par à-coup, en mémorisant les pièges qui se dressent devant lui. Par contre, pour le fan bercé durant son enfance par les albums d'Hergé et qui relit encore ses Tintin de temps à autre, ce soft… c'est du petit-lait ! Celui-là sera probablement réjoui de retrouver une deuxième fois Tintin sur sa Super Nintedo. Et si je ne me trompe pas, des jeux Tintin sur consoles, il n'y en a pas eu des masses, donc c'était toujours ça de pris. Pour lui, ce Temple du Soleil peut être vu comme une véritable aubaine, un de ces titres action / plate-forme dont on loue forcément la fidélité à l'oeuvre originale, mais sans être trop regardant sur une prise en main largement perfectible…



Les -

  • Tintin est une lopette qui passe son temps à contourner le moindre obstacle
  • Progression chaotique et difficulté rebutante
  • Un gameplay assez limité en fin de compte
  • Temps limité : pourquoi faire ? Oo?
  • Jouabilité peu précise
  • Les +

  • Quelques scènes spectaculaires
  • Une réalisation très propre
  • Le jeu couvre 2 albums
  • Des décors très variés


  • Test réalisé par Kenshiro

    Lire l'article original sur La Memoire du Pad
    mars 2014