Teenage Mutant Hero Turtles IV (SNES)

 







Note générale


Sortie du jeu : novembre 1992
Développeur : Konami
Adaptation : Konami
Editeur : Konami
Genre : beat-them-all

Support : cartouche de 8Mb
Version testée : Euro
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs
Abréviation : TMHT 4
Prix au lancement : 450Frs


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Teenage Mutant
Hero Turtles IV

Turtles in Time


Si les Tortues
Le scénario est bateau mais justifie les voyages dans le temps
Ninjas ont aujourd’hui perdu de leur superbe, à l’époque de la Super NES, elles étaient encore au sommet de leur gloire. Et outre dans les comics qui les avaient vu naître, les fans pouvaient suivre leurs aventures dans une série animée largement diffusée à la télé, ou encore dans des jeux vidéo. La Super NES a, de son côté, accueilli deux titres estampillés «TMHT», dont ce Turtles in Time, un beat-them-all apparu très tôt dans son catalogue. Avec son nom à rallonge, "Teenage Mutant Hero Turtles IV Turtles in Time" a été réalisé par Konami et est en fait l’adaptation sur console de salon d’un jeu sorti un an plus tôt dans les salles d’arcade. Le scénario de cet épisode 16bits est donc calqué sur celui de son aîné (hormis quelques modifications) et se montre tout à fait cohérent par rapport à l’esprit de la série animée ou du comic. L’intrigue commence dans les égouts de la ville de New York. Alors que les Tortues regardent tranquillement leur amie April O'Neil la télé, en compagnie de leur mentor Splinter, elles assistent en direct live au vol de la Statue de la Liberté par l'acolyte de Shredder : un Krang géant ! Derrière ce méfait se cache en fait une volonté à peine déguisée d’attirer les Tortues dans un piège pour les éliminer définitivement. Nos quatre héros à carapace ne peuvent cependant pas rester sans réagir et ils partent à la poursuite de Shredder et de ses sbires. Ils devront traverser, dans un premier temps, différents endroits de New York, puis par la suite, différentes époques, puisque l’immonde Shredder les attirera dans une faille temporelle. Konami ayant bichonné son titre, on a droit dès l’écran-titre à un nombre conséquent de modes de jeu. On trouve ainsi, dans l’ordre, le jeu en lui-même, qui pourra se parcourir seul ou à deux. Le mode «versus» destiné à deux joueurs humains uniquement, permet de réaliser des affrontements sous forme de duels avec Splinter pour arbitre, chaque joueur choisissant sa Tortue parmi les quatre. Ce mode est intéressant et fun, mais il manque à la longue de variété, puisqu’il n’y a que quatre combattants différents.


Le jeu
Adapaté de l'Arcade, cette version console apporte quelques modifications
propose aussi un mode «Time Trial», qui consiste à terminer certains niveaux le plus rapidement possible. L’inévitable menu des options est quant à lui particulièrement complet, avec une configuration possible de la difficulté, des boutons de la manette, ou encore du nombre de vies. On peut aussi y régler le «dash» (qui permet à votre perso de courir) sur manuel ou automatique. La «back attack» (qui permet à votre tortue de se défendre quand elle est attaquée par derrière) peut être activée ou non. Mais dans ce menu, ce qui retiendra surtout l’attention, c’est le «color mode», qui permet de choisir entre une représentation des Tortues comme dans l’anime (avec une belle couleur verte bien prononcée) ou comme dans le comic (avec des teintes allant du kaki au vert clair, ce qui permet de vraiment différencier les quatre héros). Cette liste impressionnante est complétée par un «sound test» aux petits oignons (histoire de profiter tranquillement des musiques et autres voix digitalisées présentes dans la cartouche) et un réglage possible du son sur «mono» ou «stéréo». Bien que le jeu ne fasse intervenir qu’un nombre restreint de boutons (ce qui est un peu le lot de tous les beat-them-all), chaque Tortue dispose malgré tout d’une palette assez large de coups, avec ici un système nécessitant un bon timing de la part du joueur. En d’autres mots, suivant que l’on appuie plus ou moins longtemps sur les boutons d’action, les Tortues sortiront des coups différents. Ceci étant vrai aussi bien pour les attaques aériennes que pour les attaques au sol. Vous pouvez ajouter à cela la possibilité de sortir une attaque spéciale pour les moments trop «chauds» (ce qui consommera un peu de votre énergie), de faire un «dash» (courir pour cogner de plein fouet les ennemis), et de réaliser de superbes projections (soit en empoignant un ennemi pour frapper ses semblables, soit en le projetant dans votre direction, à l’avant-plan, avec un très bel effet de zoom). Au final, tout ceci permet d’avoir une action particulièrement intense à l’écran, avec un gameplay qui parvient à se renouveler, puisque les quatre Tortues sont, pour l’occasion, vraiment différentes (que ce soit au niveau de leurs armes, de leurs attaques spéciales ou de leurs enchaînements de coups).


Après vous avoir
Le gameplay est simpliste mais pas désagréable
exposé le gameplay, il est tout aussi important d’aborder la réalisation technique, puisque c’est l’autre grosse qualité du titre de Konami. Le soft comporte 10 stages, chacun d’entre eux étant graphiquement soigné et coloré, bien dans l’esprit de la série et du comic. On sent aussi, à ce niveau, l’influence du jeu original en arcade, avec à chaque fois un level design simple laissant libre court à vos déplacements, et surtout un grand nombre d’interactions avec les éléments du décor (cônes de signalisation, bouches d’incendie, etc.). Les thèmes des décors sont aussi très dépaysants, conséquence directe de la fameuse faille temporelle qui balade nos héros d’une époque à l’autre. Pour résumer, outre les différents endroits de New York (égouts, gratte-ciel, Technodrome), vous visiterez aussi la préhistoire, un bateau pirate, ou encore le western. Les programmeurs ont bourré le jeu d’effets propres à la Super NES, notamment quand votre perso projette un ennemi (zoom saisissant pour l’époque -je l’ai déjà dit, mais c’est un des éléments les plus visibles-), ou dans le stage «Neon Night Riders» qui fait appel au mode 7 (vers la fin du jeu, splendide). On peut encore souligner une animation qui est toujours au top, avec des persos colorés et assez bien détaillés (le jeu a, à cet égard, assez bien vieilli). De même, l’humour (une des caractéristiques marquantes de l’oeuvre originale) se retrouve aussi dans le soft de Konami via des animations pour le moins cocasses (notamment quand votre Tortue se fait cramer la tête par un ennemi, ou qu’elle se prend une planche dans la figure quand elle marche à certains endroits du bateau pirate). Alors, Turtles in Time ne comporte-t-il pour autant que des points forts? Pas tout à fait. Tout d’abord, on pourra lui reprocher sa grande facilité, même si, dans le même temps, le challenge va crescendo et est bien balancé tout au long du jeu. Ensuite, le titre ne prend véritablement son rythme de croisière, selon moi, qu’à partir du stage 5, qui coïncide avec les déplacements dans le temps de nos quatre Tortues. Enfin, il est aussi dommage que les sbires de Shredder (les simples ennemis) soient si peu variés : ils changent uniquement de couleur et d’arme, ce qui accentue pas mal l’impression de répétitivité, déjà bien présente dans tout beat-them-all. Les boss, par contre, viennent un peu égayer tout ça, en proposant des affrontements intéressants.


Dans la bande-son du jeu,
La réalisation est très propre avec de bons graphismes et une bonne bande-son
on retrouve avec bonheur le thème principal de l’anime, retravaillé pour les besoins du jeu. Il est complété par d’autres morceaux qui s’inscrivent dans le même style musical. Autant vous dire que c’est très rythmé et pêchu. Mais mon coup de coeur va cependant aux bruitages, qui dès le début, en imposent. Les explosions et autres détonations occupent le haut de l’affiche, tout comme les nombreuses voix digitalisées qui se font entendre un peu partout dans le jeu. A l’époque de la Super Nintendo, ça faisait son petit effet. Le célèbre cri de guerre «Cowabunga» est, bien entendu, lui aussi inclus, les noms des stages sont énoncés par une voix off, et certaines actions font intervenir de petites digits vocales (comme quand votre Tortue ramasse une pizza pour regagner de l’énergie par exemple). Comme je vous le disais au début de ce test, Turtles in Time est l’adaptation d’un jeu d’arcade. Et à ce titre, il est intéressant de relever les petites (ou grandes) différences de cette version Super Nintendo par rapport à son aînée (hors réalisation graphique et sonore, un point qui n’est pas comparable vu les différences techniques entre les deux supports). Tout d’abord, alors que le jeu en arcade permettait à quatre joueurs de s’affronter en coop’, la version console se limite à deux joueurs. Exit donc la possibilité de jouer avec un accessoire comme le Multitap (qui, si je ne me trompe pas, n’apparaîtra que plus tard). Ensuite, c’est au niveau du contenu que les différences sont les plus marquantes : le stage «Sewer Surfin» ne présente pas de boss dans la version arcade, Technodrome est un stage inédit propre à la version Super NES, le stage «Neon Night Riders» utilise un scrolling horizontal en arcade (alors que sur Super NES, il est réalisé avec le mode7). Côté persos, Shredder reste en forme « normale » en arcade (sur Super Nintendo, on a droit à un super Shredder), Tokka et Rhazor (version arcade) sont remplacés par Bebop et Rocksteady, alors que Cement (en arcade) laisse la place à Slash. Comme vous pouvez le constater, avec toutes ces modifs, futiles ou non, le fan de la version arcade aura au moins pu goûter à un soft un peu différent en jouant sur console.



Avec Note
Turtles in Time, Konami adapte avec brio son jeu d’arcade sur la jeune 16bits de Nintendo, tout en lui fournissant, au passage, un des ses meilleurs beat-them-all, caractérisé à la fois par une action jouissive (surtout à deux) et un humour omniprésent. Les développeurs ont aussi réalisé le bon dosage du côté du gameplay et de la difficulté, ce qui permettra de contenter aussi bien le gros fan de beat-them-all que le néophyte. Pour conclure, je ne vous dirai qu’une seule chose : que vous soyez fan ou non des Tortues ninja, Turtles in Time est un soft à ne pas louper.



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
mars 2014