Super Bomberman 4 (SNES)

 







Note générale


Sortie du jeu : avril 1996 (au Japon uniquement)
Développeur : Produce
Editeur : Hudson Soft
Genre : action - stratégie

Support : cartouche de 16Mb
Version testée : Japonaise
Voix dans le jeu :
Textes à l'écran : US / JAP
Difficulté :
Multi-joueurs : jusqu'à 5 joueurs (multitap)
Abréviations : SB4 - SBM4
Prix au lancement : 500Frs (import)



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Super Bomberman 4








Décidément
Bagular est "encore" de retour...
très coriace, le démoniaque Bagular (ou plus exactement ce qu’il en reste, c’est-à-dire son cerveau) échappe à une explosion qui devait lui être fatale. Du coup, rancunier comme pas deux, il rameute les quatre « Bomber Kings » et le « Great Bomber » pour prendre sa revanche sur nos amis les Bomberman blanc et noir. Et c’est une revanche pour le moins radicale. Alors qu’ils rentrent tranquillement chez eux à bord de leur navette spatiale, nos deux héros casqués sont attaqués par les quatre Bomber Kings et une brèche spatio-temporelle fini de les envoyer dans la Préhistoire. A eux maintenant de sortir victorieux des différentes époques pour mettre (définitivement ?) un terme aux agissements de l’affreux Bagular… Super Bomberman 4 est, ô énorme surprise, le quatrième épisode de la série à voir le jour sur Super Famicom. Développé par Produce, et bien évidemment édité par feu Hudson Soft, il est sorti en avril 1996 dans les stores japonais, faisant étalage de nombreuses redites, mais aussi de quelques nouveautés, dont la principale est visible dès l’écran-titre. Eh oui, difficile de passer à côté des deux bestioles inédites que chevauchent les deux petits héros ! Les si sympathiques "Louies" de Super Bomberman 3 n’ont qu’à bien se tenir, car voici venir une toute nouvelle ménagerie. La nature même de ces nouvelles montures est bien différente de celle des pseudo-kangourous apparus dans l’épisode précédent. A la base, et contrairement aux Louies, ce sont bel et bien des ennemis, et ce n’est qu’une fois vaincus, cramés par vos bombes, qu’ils vont se transformer en œufs. En passant dessus, l’œuf éclot et Bomberman peut alors chevaucher la bestiole, bénéficier de sa protection et profiter de ses caractéristiques. Et comme une nouveauté n’arrive jamais seule, le joueur pourra même, un peu à l’image de ce qui se faisait dans Yoshi’s Island, cumuler les œufs : ils vont suivre le Bomberman à la trace et serviront de monture « de réserve », prête à entrer en jeu au cas où le petit héros se ferait exploser par une bombe. Vu comme ça, c’est bien pratique, mais il faudra garder à l’esprit que l’on ne pourra cumuler que des créatures semblables : pas question de se créer une « suite » de bestioles différentes ! Parmi ces nouveaux moyens de locomotion originaux, on peut distinguer les créatures vivantes (au nombre de six : Trikeradops, Angora, Swim, Haguhagu, Crazy Balloon et Bowbow) et les créatures mécaniques (au nombre de sept : Dugun Jr, Pompom, Daruman, Dancing Clown, Bomb Tank, Gamefry et Pakkunga). Tout comme les Louies, elles ont chacune des pouvoirs différents à même de renverser sérieusement le cours voire l’issue d’une partie. A titre d’exemples, chevaucher Bowbow permettra d’augmenter au maximum la portée des bombes, Dancing Clown assommera les ennemis avec ses projectiles, Dogun Jr pourra « shooter » dans les bombes pour les expédier au loin, Bomb Tank ralentira les ennemis à l’aide de son tir…


Bien qu’elles
Super Bomberman 4 n'est sorti qu'au Japon alors ne cherchez pas une version US ou Euro...
constituent des alliées de poids, elles ne seront cependant pas les seules à venir prêter main forte à nos héros casqués ! D’autres Bomberman (ou Bombermen… je ne sais jamais quel terme utiliser) s’inviteront en effet dans la partie. On ne peut pas les louper : ils sont enfermés dans de petites cages en fer. Une fois libérés par une explosion, ils se baladeront de manière autonome et déposeront leurs propres bombes, mâchant du coup (un peu) le travail du joueur. Un Bomberman ne s’achète pas pour jouer à son formidable mode Story (appelé ici « Normal Game »), mais plutôt pour s’éclater à plusieurs dans des parties multi où le Multitap, la bonne humeur et la mauvaise foi sont de mises. N’empêche qu’à chaque nouvel épisode, Hudson Soft fait malgré tout de gros efforts pour rendre cette partie du jeu un peu plus agréable, que ce soit en mettant l’accent tantôt sur le challenge, tantôt sur la manière de boucler un niveau, tantôt sur les items qui viendront booster ou handicaper votre perso. D’emblée, une chouette option repointe le bout de son nez : Super Bomberman 4 permet, comme son prédécesseur, de jouer au Normal Game à deux, ce qui est toujours sympa… et pas totalement innocent de la part des développeurs. En effet, des portails menant à des zones « bonus » sont désormais présents dans certains tableaux. Mais pour les atteindre, un des Bomberman, armé de l’item Power Glove, devra balancer son collègue vers le portail en question. Cette nouvelle possibilité ne s’adresse donc qu’aux joueurs qui s’adonnent au titre en duo. Dans ce même mode, on dénombre quatre mondes différents (de huit tableaux chacun) et un cinquième, constitué par une succession de combats contre les Bomber Kings, les boss et Bagular. Les quatre premiers mondes sont tous calqués sur le même schéma : après avoir réussi les six premiers tableaux, on affronte un des quatre Bomber Kings dans le septième, pour ensuite se taper le boss du coin dans le huitième et dernier tableau. Pour réussir un niveau, Super Bomberman 4 effectue un revirement et revient, en quelque sorte, aux sources de la série. Finies les orbes à détruire pour récupérer un fragment de puzzle comme dans l’opus précédent (un système que je trouvais vraiment sympa, cela dit) : il faudra ici détruire tous les ennemis présents à l’écran et dénicher la warpzone menant au niveau suivant. Ingrédients essentiels de tout bon Bomberman, les items seront bien entendu aussi de la partie. Très nombreux, certains n’apparaîtront que dans l’un ou l’autre mode de jeu. D'une manière générale, ils affecteront positivement ou négativement les capacités des petits héros.


On peut
Techniquement la série avance lentement mais les petits plus sont toujours plaisants
par exemple citer les classiques « Bomb up » (augmentation du nombre de bombes que l’on peut déposer simultanément), « Fire up » (augmentation de la portée des bombes), « Power Glove » (possibilité d’attraper les bombes ou les autres joueurs, et de les lancer), « Trough Bomb » (qui permet de passer au travers des bombes déposées) et son pendant « Trough-Wall » (qui permet de passer au travers des murs), ou encore la « Flame Proof Jacket » (qui permet de résister aux explosions pendant un temps limité). Véritable moteur de la série, le mode multijoueurs de Super Bomberman 4 a été chouchouté par ses concepteurs. Il se subdivise en trois modes de jeu distincts : le Battle Royale, le Champion Mode et le Maniac Mode. Le premier correspond au Battle Mode « classique » que l’on retrouvait dans les autres épisodes. Cinq participants maximum vont soit se mesurer les uns aux autres (chacun pour soi ou « single match »), soit s’affronter en deux équipes (« tag match »). Ce mode est jouable seul (les quatre autres persos étant alors pris en charge par la console). On soulignera, pour une fois, la qualité de l’IA des persos dirigés par la console, qui, sans être pour autant parfaite, a fait de réels progrès. Elle est réglable sur trois niveaux de difficulté et se rapproche presque des réactions d’un joueur humain. Le second (le Champion Mode) permet à deux joueurs (maxi) d’affronter les quatre Bomber Kings et le Great Bomber au cours de trois manches. Enfin, le troisième et dernier mode (le Maniac Mode) a pour maître-mot la customisation. Si vous avez soif de challenge, ce mode est fait pour vous ! Vous allez pouvoir y régler différents paramètres importants comme la nature des items (décider quel item apparaitra en cours de partie, comment il apparaitra…) ou le nombre d’explosions que chaque perso pourra encaisser avant d’être éjecté de la partie. Dans ce mode, les parties se dérouleront en trois manches de trois minutes chacune, mais certains paramètres ne pourront cependant pas être modifiés (pas d’équipe, pas de modification du timer ni du nombre de rounds ou de stages…). Dans ces modes multi, seuls six personnages différents sont disponibles (contre 8 dans l’épisode précédent), mais des variantes de couleurs sont prévues, de sorte que les cinq joueurs pourront par exemple prendre le même perso. On pourra contrôler Bomberman, les quatre Bomber Kings et le Great Bomber. Ils auront chacun des capacités spéciales qui seront forcément utiles, à un moment ou à un autre. Bomberman pourra ainsi empêcher les autres Bomberman de le frapper ou de l’attraper. De leur côté, Bazooka Bomber, Jet Bomber et Great Bomber auront eux aussi quelques capacités spécifiques. Par contre, une fois qu’ils les auront utilisées, ces persos subiront une pénalité de dix secondes (vitesse, nombre et portée des bombes seront alors réduits). Des items spéciaux, les items « crâne », font aussi une entrée remarquée dans ce mode de jeu, et seront synonymes de statut négatif pour les malheureux qui les ramassent.


Certains
Tout le sel d'un Bomberman, c'est le multijoueurs et pour ça, il assure
sont particulièrement pénibles, comme les « Super Fast » ou « Super Slow » (le perso se déplace super vite ou super lentement), le « Low Flame » (les bombes ont une portée minimum), le « Bomberrhea » (le joueur ne contrôle plus le dépôt de ses bombes), le « Bombstipation » (le joueur ne sait plus déposer de bombes), le « Reverse Disease » (les contrôles du perso sont inversés) ou encore l’ « Impatient » (le délai entre dépôt et explosion des bombes est raccourci). Avec les nombreux épisodes déclinés sur nos consoles, on ne peut pas dire que la surprise soit encore de mise quand arrive un nouveau Bomberman. Et les joueurs ont, de surcroît, assimilé depuis longtemps l’esthétique propre à la série. Il n’empêche que, avec Super Bomberman 4, Produce et Hudson Soft parviennent une nouvelle fois à trouver le dosage idéal entre graphismes suffisamment détaillés et très bonne lisibilité globale. C’est crucial dans ce type de jeux : beaucoup de choses se passent à l’écran et chaque joueur doit pouvoir analyser correctement la situation. Graphiquement, on a droit à, d’un côté, des mondes aux décors soignés pour le Normal Game (préhistoire, époque médiévale japonaise…) et de l’autre, une dizaine d’arènes différentes pour le Battle Game. Le travail sur le look des différentes bestioles est lui aussi remarquable : tout comme les Louies en leur temps, ces nouvelles têtes s’intègrent parfaitement dans l’univers de Bomberman. Les ennemis, propres à chaque monde, adoptent quant à eux des comportements franchement bien trouvés : des petits ninjas qui se déguisent à l’envie en bombes, des hiboux qui reconstruisent les murs à leur portée, des petits bonshommes qui neutralisent les bombes à l’aide d’un coup de maillet bien placé… L’amélioration des graphismes, d’épisode en épisode, si elle n’est pas toujours flagrante, est tout du moins perceptible. D’ailleurs, rien que sur Super NES, entre le premier et ce quatrième épisode, il y a tout un monde. Musicalement, Super Bomberman 4 remplit aussi son contrat, de manière honorable. Entre deux explosions, nos petites oreilles auront le plaisir de découvrir quelques morceaux de musique inédits (signés pour l’occasion par June Chikuma), mais il faudra bien les chercher, car ils sont rares. Moins réjouissant : il y a aussi pas mal de recyclage, avec une réutilisation à peine masquée de thèmes déjà entendu à maintes reprises dans Bomberman 93 (PC-Engine), Bomberman 94 (PC-Engine) et Super Bomberman 3 (notamment pour la partie Battle Game).



FidèleNote
à la philosophie de la série, Super Bomberman 4 est efficace et bien réalisé. Il pousse le concept des Louies un peu plus loin et soigne comme il faut ses différents modes de jeu. L’effet " bonne surprise" n’est certes plus là, mais les quelques nouveautés du titre offrent une expérience de jeu encore plus complète. Ce quatrième épisode est donc né sous une bonne étoile. Vous êtes déjà fan de la série et vous avez adoré Super Bomberman 3 ? Pas de souci ! Vous serez aussi séduit par cet épisode qui a, en plus, le bon goût d’être une exclusivité Super Famicom, gage de nouveautés pour nous autres, joueurs européens. Dès lors, à moins d’y avoir joué en import à l’époque, ce qui n’est probablement pas le cas de beaucoup de monde, vous devriez facilement tomber sous son charme. Bon, c’est pas tout ça, mais où est-ce que j’ai encore fourré mon Multitap ?



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
mai 2012