Super Bomberman 3 (SNES)

 







Note générale


Sortie du jeu : octobre 1995
Développeur : Hudson Soft
Editeur : Hudson Soft
Genre : action - stratégie

Support : cartouche de 16Mb
Version testée : Euro
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : jusqu'à 5 joueurs (multitap)
Abréviations : SB3 - SBM3
Prix au lancement : 450Frs





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Super Bomberman 3








Ce n’est
Evidemment on ne joue pas à Bomberman pour l'histoire... ça se saurait :)
un secret pour personne : NEC et Hudson Soft ont filé le parfait amour pendant toute la carrière commerciale de la PC-Engine. Le développeur nippon a d’ailleurs apporté à la petite console quelques-uns de ses plus grands hits, et non des moindres, comme les PC Genjin (PC Kid en occident) ou les différents Bomberman. Seulement voilà, si Hudson Soft avait à coeur de faire de bons jeux (ce qui est fort louable), il avait aussi comme objectif premier de ramasser un maximum d’argent. Et vu que la Super Famicom est très vite devenue incontournable au Japon, l’éditeur/développeur a tout de suite flairé la bonne affaire en déclinant ses deux mascottes sur la console 16bits de Nintendo. En tant que fan de cette console, on ne peut donc que lui dire un grand merci, même si, concernant la série des Bomberman, la PC-Engine a quand même accueilli, selon moi, le meilleur opus (à savoir Bomberman ‘94). On dira ce qu’on voudra, même si la démarche d’Hudson Soft était certainement commerciale, le développeur a quand même eu le mérite de proposer des épisodes plus ou moins différents sur l’un et l’autre support, et non de simples «copier-coller». Et même si de nombreux éléments sont communs (dont les inspirations pour les thèmes graphiques ou encore les items à ramasser en cours de partie), le fan ayant eu l’occasion de jouer sur les deux consoles ne pourra que remercier Hudson pour cette délicate attention. Ceci étant dit, et pour en revenir à ce Super Bomberman 3, il faut aussi vous préciser que je n’ai pas choisi ce titre par hasard : sur la forme et sur le fond, c’est l’épisode le plus proche du Bomberman ‘94 de la PC-Engine, et donc, de l’essence même du fun de la série. Ces deux titres sont aussi sortis plus ou moins à la même période. La Super Famicom aura encore droit à deux autres épisodes par la suite, et même si ils sont encore plus aboutis (notamment au niveau des graphismes), ils ne peuvent empêcher les «redites» dans le gameplay. De là à dire qu’Hudson Soft a pris les possesseurs de Super Famicom pour des vaches à lait, il n’y a qu’un pas… On ne peut pas dire que le perso de Bomberman soit tout jeune, puisqu’on le retrouve pour la première fois dans un titre MSX sorti en… 1983 ! Hudson a ensuite sorti une conversion de son jeu sur NES, en 1987. Par la suite, la 8bits de Nintendo eut droit à un Bomberman 2 (également appelé Dynablaster). Du côté de la PC-Engine, le premier volet de Bomberman est sorti en 1990.


Il s’agissait,
Les Louies (des sortes de kangourous) sont la grosse nouveauté de cet épisode
comme pour la NES, d’une conversion du tout premier épisode. Vint ensuite Bomberman ‘93, avec des graphismes sensiblement améliorés, quelques nouveaux items pour enrichir le gameplay et un mode battle plus abouti. La série a suivi à peu près la même trajectoire sur la Super Nintendo/Super Famicom, avec deux premiers épisodes assez «sages» sur le plan graphique et un gameplay un peu plus étoffé. En tout cas, que ce soit sur PC-Engine (surtout) ou Super Nintendo, ils permirent d’asseoir la renommée du petit poseur de bombes, principalement grâce à un mode multi tirant parti du multitap et assurant à lui seul des soirées délirantes entre amis. Enfin bref. Tout ceci pour vous dire que ce Super Bomberman 3 sur Super Famicom arrivait à point nommé pour permettre à Hudson de se lâcher un peu côté technique (notamment avec de très jolis graphismes pour les environnements), tout en ajoutant une petite touche «kawaï» grâce à la présence des "Louies", des sortes de kangourous de différentes couleurs qui vont servir de montures à votre Bomberman, tout en vous permettant d’user de leurs caractéristiques spéciales. Eh oui, le syndrome Yoshi est passé par là ! Le Louie jaune peut ainsi déplacer les éléments destructibles d’un bon coup de patte, le Louie bleu peut shooter dans les bombes pour les faire passer au-dessus des éléments destructibles, le Louie vert court très vite, le Louie rose peut danser (!)… et enfin, le meilleur pour la fin, le Louie mauve peut sauter et ainsi passer au-dessus des éléments destructibles (idéal pour éviter de se faire piéger par une explosion). Hormis les oeufs qui renferment les Louies (en attrapant l’oeuf avec votre Bomberman, celui-ci éclot et votre perso se retrouve sur le dos de l’animal), Super Bomberman 3 propose aussi quelques items supplémentaires qui viennent enrichir encore un peu plus le gameplay si original et propre à la série. Parmi les plus intéressants, on citera -liste non exhaustive- le réveil (qui immobilise les ennemis pendant un court instant), le coeur (qui permet à Bomberman de survivre s'il se fait avoir par une explosion) ou encore le coup de pied (qui permet à Bomberman de shooter dans les bombes). Et on retrouve bien entendu les items plus classiques qui vont soit améliorer l’efficacité des bombes (flammes, détonateur, etc.), soit affecter votre perso (patins à roulettes pour se déplacer plus vite, item Bomberman qui donne une vie supplémentaire, etc.). Comme vous pouvez le voir, il n’y a pas de grande révolution du côté des items, mais des petits «plus» sympas qui permettent des parties encore plus funs.


Appelé «normal game»,
La réalisation est soignée et on ne subit aucun ralentissement
il s’agit en fait d’un mode «story» que vous pourrez jouer seul ou à deux. Côté scénario, le lien est fait avec le second épisode, puisque Bagular (le grand méchant) répare les pirates de l’espace et les envoie sur cinq planètes différentes. Vous l’aurez compris, vous devrez visiter ces cinq planètes, chacune étant constituée de quatre stages, terminée par un affrontement contre un des pirates de l’espace. A la fin de chaque stage, Bomberman reçoit une pièce d’un puzzle qui représente le visage du pirate en question. Une fois les quatre pièces réunies, il peut alors l’affronter pour ensuite passer à la planète suivante. Par rapport aux deux volets précédents, les stages de Super Bomberman 3 sont plus longs, puisqu’ils se déroulent le plus souvent sur plus d’un écran. Ce n’est pas négligeable. Autre bon point : pour progresser dans le jeu, vous ne devrez pas vous amuser à détruire tous les ennemis, à découvrir une warpzone, ou à activer des interrupteurs pour ouvrir une porte menant à l’écran suivant. Ici, il faudra faire exploser plusieurs «piliers» ornés d’une orbe rouge pour accéder à l’écran suivant et/ou libérer la pièce de puzzle tant convoitée. Par contre, tout n’est pas rose, et ce mode solo souffre de deux défauts : une durée de vie limite (on peut le boucler en une poignée d’heures) et surtout une certaine lassitude qui s’installe, puisque l’on enchaîne les stages les uns à la suite des autres, sans surprise aucune. Si le mode solo se termine assez rapidement, c’est surtout de son mode multijoueurs que le titre d’Hudson Soft tire tout son fun. C’était déjà le cas avec les épisodes précédents, et ça l’est toujours avec celui-ci. Intitulé «battle game», vous pourrez vous mesurer à 4 autres joueurs maxi (voire même seul face à la console, celle-ci gérant alors les quatre autres Bombermen). Ici, la seule règle qui prévaut est celle du plus fort : votre but sera de faire exploser tous vos adversaires avant qu’ils ne vous fassent exploser. Les affrontements se déroulent sur un écran unique (dont on peut choisir le thème) et sont paramétrables jusque dans la moindre option. Vous pourrez choisir de faire un «single match» (chacun pour soi) ou un «tag match» (combat par équipe: 1 contre 4, 2 contre 3… toutes les configurations sont possibles). Outre le nombre d’adversaires, vous pourrez aussi modifier le nombre de manches, la durée de chacune d’elles, le niveau des persos gérés par la console, etc. Il y a donc de quoi faire pour peu que l’on ait, de préférence, quelques amis humains sous la main, parce que seul face à la console, les parties en «multi» deviennent vite lassantes.


Ceci dit,
Il évident que Bomberman prend tout son sens à plusieurs !
par rapport aux deux Bomberman précédents, sur Super Famicom on sent vraiment qu’Hudson Soft a consenti de gros efforts pour encore améliorer ce mode de jeu : les affrontements peuvent se faire à 5 joueurs simultanément (contre 4 auparavant), les Louies sont également présents dans ce mode de jeu (et on les obtient d’ailleurs nettement plus souvent que dans le mode solo), et de nouveaux persos originaux (rattachés à différents pays) peuvent être sélectionnés par les joueurs (ça change un peu des Bombermen qui ne se différencient que par la couleur). Avec ce troisième volet, Bomberman ne se contente plus d’être un jeu d'action/puzzle game efficace à l’esthétique classique, mais sans plus. Car avec ses environnements plus recherchés, plus travaillés sur le plan visuel, le jeu d’Hudson Soft tire vraiment le meilleur de son support. On trouvera même quelques effets sympas, comme dans le troisième monde (thème aquatique), avec des distorsions de l’image qui rendent bien à l’écran. Dans le mode solo, chaque planète possède aussi son thème graphique et ses ennemis attitrés. Comme dans les autres opus, l’animation de votre perso et des ennemis est sommaire, mais malgré tout plus travaillée qu’auparavant. Cette relative simplicité des animations permet d’ailleurs à la Super Famicom d’afficher tout ce petit monde sans ralentissement perceptible, même quand plusieurs bombes explosent simultanément à l’écran en pleine partie multi. Les musiques sont, dans leur grande majorité, constituées de remix des épisodes 1 et 2. On retrouve aussi la désormais classique «Bomberman battle song». On ne criera donc pas au génie, et certains thèmes se répètent d’ailleurs en boucle (ça peut devenir saoulant). Mais l’ensemble musical, sans être exceptionnel, reste d’un bon niveau. Les bruitages se défendent très bien aussi, avec des explosions qui «claquent» bien dans les oreilles. Enfin, en terme de maniabilité, Super Bomberman 3 est un modèle de simplicité : le bouton A pour déposer une bombe, éventuellement le bouton B pour les faire exploser à distance si vous avez l’item adéquat, et le bouton Y pour utiliser la capacité du Louie. On a rarement fait plus simple, ce qui permet à Super Bomberman 3 de se positionner comme un titre très accessible et convivial.



Hudson Note
Soft fait évoluer la licence Bomberman dans le bon sens, avec pêle-mêle, une ambiance encore plus «kawaï» (merci les Louies!), une montée en puissance du côté des graphismes, un gameplay qui s’enrichit de quelques nouveautés, et surtout un multijoueurs toujours aussi complet et addictif. Cependant, cet épisode ne parvient pas à gommer le défaut le plus gênant de ses prédécesseurs, à savoir un mode solo assez inintéressant et à la durée de vie plus que limite. Pour le reste, c’est du tout bon. Donc, si vous craquez pour cet épisode (ou pour un autre de la série d’ailleurs), faites-le en connaissance de cause et soyez sûr d’avoir quelques ami(e)s avec qui jouer. C’est impératif.



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
mai 2012