Secret of Mana (SNES)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : novembre 1994
Développeur : Squaresoft
Editeur : Squaresoft
Genre : action-RPG

Support : cartouche de 16Mb
Version testée : Française
Voix dans le jeu :
Textes à l'écran : FR
Difficulté :

Multi-joueurs : 3 avec le multitap
Abréviation : SoM
Titre alternatif : Seiken Densetsu 2 (JAP)
Prix au lancement : 450Frs
Score des ventes : 1.83 Millions (SNES)


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Secret of Mana








Secret of Mana
Des musiques nettement moins théâtrales que dans d’autres RPG’s, mais tout aussi efficaces
a été pour Squaresoft une formidable carte de visite, surtout en Europe et aux USA. Au Japon, les choses étaient un peu différentes, puisque l’éditeur était déjà connu grâce à sa série Final Fantasy (apparue depuis un moment sur Famicom). Il devait donc encore tout prouver sur les marchés occidentaux, et sur ce point, on peut dire que la machine «Secret of Mana» a fonctionné à merveille, ouvrant la voie à toute une série de RPG’s «made in Squaresoft» et préparant du même coup le terrain pour sa série-phare Final Fantasy (même si l’Europe devra attendre l’ère PlayStation pour y goûter). Auprès des joueurs, le jeu a eu un impact énorme, à tel point que par la suite, Squaresoft a essayé de réitérer le même succès en donnant naissance à une véritable lignée de titres s’inspirant plus ou moins du monde de Secret of Mana, avec tout ce que cela suppose de clichés propres à la série. Nous avons en premier lieu les titres appartenant directement à la série des «Seiken Densetsu». Il faut savoir que le Secret of Mana que nous avons connu sur Super Nintendo était en fait le second titre d’une série initiée au Japon sous le titre «Seiken Densetsu». Le premier «Seiken» est sorti en son temps sur Game Boy (1991). Le jeu sera rebaptisé Final Fantasy Adventure pour les USA et Mystic Quest pour le marché européen, jetant encore un peu plus le trouble dans l’esprit des fans. Un remake de ce premier volet verra aussi le jour sur Game Boy Advance (2003), sous le titre Sword of Mana. Nous avons ensuite Secret of Mana (appelé Seiken Densetsu 2 au Japon), sorti en 1993 sur l’Archipel et en 1994 chez nous. Vient ensuite Seiken Densetsu 3 (sorti uniquement au Japon, en 1995 et toujours sur Super Famicom). Il sera suivi, plus de dix après, par un Seiken Densetsu 4, cette fois sur PlayStation 2. Parmi les quatre Seiken Densetsu, et le 2 mis à part, on retiendra surtout le 3ème volet, qui est une véritable tuerie, que ce soit pour les graphismes ou les mécanismes de jeu (avec ses 6 persos jouables, son système de classes…). Afin d’être complet, il faut aussi mentionner les différents jeux que Squaresoft/Square Enix a sorti par après, et reprenant dans leur titre le mot «Mana». Il est évident que pour ces jeux, l’éditeur joue énormément sur la réputation engrangée par le Secret of Mana de la Super Nintendo. Parmi ceux-ci, on trouve Legend of Mana (2000, PlayStation), Children of Mana (2006, Nintendo DS), Friends of Mana (uniquement sur téléphones portables au Japon, 2006) et Heroes of Mana (2007, Nintendo DS). Ces différents titres proposent tous des graphismes aboutis, des concepts intéressants, mais au final, aucun d’entre-eux ne parvient véritablement à reproduire la magie propre au second et au troisième volet des «Seiken». Petit aparté pour ceux qui auraient remarqué l’absence, dans cette liste, de Secret of Evermore (sorti en 1995). Bien que ce titre présente des qualités indéniables et un gameplay fort proche de Secret of Mana, je préfère ne pas le classer dans la chronologie des «Mana», vu qu’il n’en reprend pas l’univers.


Généralement,
Simple du début à la fin, le scénario ne verse pas dans la psychologie des persos ou dans les scènes "mélo" à outrance
on classe Secret of Mana dans la catégorie «action-RPG». Pour vous faire une petite idée, on peut dire qu’il se situe à mi-chemin entre un Zelda (catégorie jeu d’aventure avec un soupçon de RPG) et un Final Fantasy (RPG pur et dur, avec tout ce que cela comporte comme mécanismes de jeu). Si on pousse l’analyse un peu plus loin, on constate même que le titre de Squaresoft renferme des éléments communs aux deux genres: on peut citer le monde imprégné de «fantasy» qui sert de toile de fond, ou encore le scénario mettant en scène un jeune garçon qui sera appelé à accomplir une tâche héroïque telle que la sauvegarde du monde. Cependant, contrairement à un Zelda où l’aspect RPG est assez édulcoré (pour ne pas dire simplifié), Secret of Mana reprend à son compte des mécanismes typiquement RPG: les points d’expérience qui permettent de monter en niveaux, l’influence de la magie (avec des sorts d’attaque et de défense), ou encore toute la panoplie d’équipements que vos persos pourront revêtir. Pour terminer ce petit aperçu, on épinglera aussi le fait que le soft ne bascule pas totalement dans le genre RPG. J’en veux pour preuve le nombre restreint de persos jouables (tout comme dans un Zelda où on ne contrôle que Link) ou encore les combats qui se déroulent en temps réel à l’écran (et non pas au tour par tour, comme dans tous les Final Fantasy -hormis le XI et le XII-). Ce dernier choix pour la représentation des combats mettra donc plus à contribution les réflexes du joueur que son sens de la stratégie, d’où le qualificatif justifié d’«action-RPG». Aussi simple soit-elle, l’intro de Secret of Mana restera pour beaucoup de joueurs une des plus marquantes, avec un écran-titre splendide laissant apparaître les trois héros du jeu au pied de l’Arbre Mana, avec envol d’oiseaux et musique grandiose à l’appui (ceux qui ont vu tourner le jeu savent de quoi je parle). Le background de départ est le suivant. En des temps reculés, un peuple a utilisé l’énergie Mana pour construire l’arme ultime, une forteresse volante appelée Fort Mana. Les dieux, offensés par tant de prétention, dépêchèrent sur terre leurs démons afin de réduire à néant ce peuple insoumis. Des combats d’une rare violence s’en suivirent à tel point que la planète elle-même était sur le point de disparaître. C’est alors qu’un chevalier, armé d’une épée légendaire -l’épée Mana-, détruisit le Fort Mana et par-là même, mis fin au conflit. La civilisation fut totalement détruite… mais la planète fut sauvée. Il s’avérera que ce chevalier était en fait l’incarnation de Mana, et que son intervention visait tout simplement à mettre fin à cette guerre qui l’épuisait. Pour protéger le pouvoir de Mana et le tenir à l’écart des forces du mal, il dispersa les huit graines de l’Arbre Mana dans huit Palais différents. Quant à l’épée légendaire, il la planta dans un rocher, dans un endroit oublié de tous. Malheureusement, l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement, et la légende raconte qu’un jeune homme viendra retirer l’épée de son socle, réveillant par la même occasion les forces du mal. Fin de l’intro. Nous retrouvons ensuite trois jeunes gens qui se promènent sur un tronc d’arbre, avec une cascade en arrière-plan.


L’un des
L’aire de jeu dans SoM est énorme, et vous passerez de longs moments à parcourir ses différentes régions
trois perd son équilibre… et se retrouve au bas de la cascade, dans une clairière. C’est là qu’il va trouver l’épée Mana, qui dormait tranquillement en attendant un nouveau porteur. De retour au village de Potos, il va rapidement se rendre compte que l’épée protégeait en fait la région des attaques des monstres grâce à un sceau magique. En s’en emparant, il a rompu le charme et a exposé tout son village au danger. Son acte ne restera pas sans conséquence et malgré le fait qu’il ait vaincu un monstre énorme (Mantides) dès son retour, il sera banni. À lui maintenant de réparer sa faute. Pour y parvenir, il devra réunir les fameuses graines de l’Arbre Mana, mais il n’est pas le seul à être intéressé par le pouvoir de l’Arbre. Un certain Thanatos se mettra en travers de sa route… Et on en reste là pour le scénario, histoire de ne pas gâcher le plaisir des quelques joueurs qui n’auraient pas encore fait Secret of Mana (honte à eux…) ;o) Secret Of Mana vous permettra de contrôler en tout et pour tout une équipe de trois personnages. Leurs capacités font vraiment «cliché», avec le héros doué pour les attaques physiques, la jeune fille qui s’occupera surtout des sorts de soins, et l’elfe qui utilisera quant à lui des sorts d’attaque. On est donc en présence d’un petit groupe tout à fait homogène et équilibré. Petite parenthèse pour plus de clarté dans ce qui suit: contrairement à la version japonaise du jeu, la version occidentalisée n’attribue pas de noms prédéfinis aux trois héros. Pour plus de facilité, dans le reste du test, j’utiliserai donc les noms de la version japonaise. On ferme la parenthèse. Le jeune garçon, personnage principal du jeu, est appelé «Randi» dans la version japonaise. Il s’agit d’un orphelin, dont le père (un chevalier) est décédé au combat et dont la mère n’a plus donné signe de vie après l’avoir abandonné dans le petit village de Potos. Randi est sans conteste le perso le plus fort en combat, grâce aux différentes armes et protections dont il peut s’équiper. Il a aussi une excellente résistance aux attaques physiques. Par contre, il ne peut pas utiliser la magie. Mais c’est loin d’être un handicap pour le groupe, puisque les deux autres persos sont des magiciens émérites. La jeune fille se prénomme «Purim» dans la version japonaise. Elle rencontre Randi une première fois lorsque celui-ci se fait capturer par des gobelins, mais il faudra attendre un peu plus longtemps avant qu’elle ne se joigne à notre héros. Après une violente dispute avec son père (qui cherche à la marier à tout prix), Purim prend la fuite pour essayer de retrouver Tom, son petit ami, chef des armées de Pandore. C’est donc à partir de là qu’elle rejoindra Randi dans l’aventure. En terme de compétences, Purim peut être facilement qualifiée de «perso intermédiaire». Elle peut utiliser des armes de manière relativement efficace, mais ce sera surtout pour ses magies curatives et défensives que Purim se révélera être un personnage indispensable. Ses sorts vont bien entendu lui permettre de soigner les membres du groupe, mais aussi d’enchanter leurs armes ou encore d’améliorer leurs stats pendant un moment. Le troisième membre du groupe est prénommé «Popoie» dans la version japonaise.


Ce petit perso
La prise en mains est immédiate et ne s’encombre pas de menus longs et inutiles
particulièrement "kawaï" est en fait un elfe qui excelle dans le domaine de la magie. Il rencontre Randi au village des nains, où il fait partie d’un spectacle qui a pour unique but d’arnaquer les rares visiteurs de passage. Randi paie pour assister au spectacle, mais par la suite, il découvre la supercherie. Après que Randi ait débarrassé le village du monstre Tropicallo, Popoie se joindra à l’aventure. Sa motivation: retrouver la mémoire et la vérité sur ses origines grâce au pouvoir des graines de l’Arbre Mana. Comme précisé plus haut, Popoie utilise une magie offensive, avec des sorts qui visent les points de vie, les points de magie ou encore le statut des ennemis. Il est peu efficace dans le maniement des armes et dispose d’une piètre résistance physique (largement compensée par la puissance de ses sorts, particulièrement utiles contre les différents boss du jeu). Comme je l’ai déjà précisé plus haut, dans Secret of Mana, toute l’action se passe en temps réel à l’écran. Vous commandez donc les déplacements de votre perso par rapport aux ennemis, ainsi que les attaques à leur porter. La console se charge de contrôler toute seule les deux autres persos (mais vous pouvez malgré tout influencer leur comportement via le menu). En ce qui concerne les attaques, le jeu reprend à son compte une variante de la jauge ATB (Active Time Battle), marque de fabrique des Final Fantasy. À chaque fois que vous portez un coup, cette jauge va tomber à 0, pour ensuite se recharger et atteindre les 100%. Si le coup est porté quand la jauge est pleine, vous infligerez un maximum de dégâts à l’ennemi. Et a contrario, si vous n’attendez pas qu’elle se recharge, les dégâts que vous occasionnerez seront très faibles. En fonction du niveau de votre arme, vous pourrez aussi la «charger», afin de lancer une attaque spéciale beaucoup plus dévastatrice. Pour y arriver, il suffit de laisser le bouton d’attaque enfoncé: vous verrez une nouvelle jauge apparaître (matérialisée par une petite ligne clignotante) et se remplir progressivement. Une fois qu’elle sera pleine, vous pourrez lancer votre attaque. On ne peut pas évoquer le gameplay de Secret of Mana sans parler des menus. Comme dans tout jeu comportant des éléments de RPG, vous devrez gérer les armes et l’équipement de vos persos. Ici, le jeu ne s’embarrasse pas de menus compliqués affichant des listes interminables d’objets. Bien au contraire. Les développeurs ont imaginé un ingénieux système qui classe les objets en «cercle rotatif» (désolé, je n’ai pas trouvé une meilleure expression pour vous le décrire). Vous sélectionnez les armes et objets en faisant tourner le «cercle» en question. Et lorsqu’une arme ou une protection est équipée sur un perso, la tête du perso apparaît en tout petit sur l’objet. Avouez que l’on ne pouvait pas faire plus simple. Dans la pratique, vous verrez aussi qu’il y a un «cercle» pour chaque catégorie d’objets (armes, protections, objets simples, menu permettant d’accéder aux stats…). Vous pourrez les afficher les uns à la suite des autres en appuyant sur les flèches «haut» et «bas» de la croix directionnelle. Un peu déroutant au début, ce système se révèle particulièrement efficace et simple d’utilisation.


Vous le retrouverez
Les graphismes, fins et colorés, donnent au jeu une ambiance unique
aussi auprès des différents marchands que compte le jeu. Pour tout action-RPG qu’il est, Secret of Mana reprend à son compte le système des points d’expérience pour permettre l’évolution des trois personnages principaux. Mais le jeu va encore plus loin, en proposant également un système similaire pour faire évoluer les armes et les différents sorts. La source principale en points d’expérience provient des combats que vous gagnerez contre vos ennemis. À chaque combat gagné, chacun de vos persos encore debout remportera un certain nombre de points d’expérience en fonction de l’ennemi vaincu. Une fois que votre perso a accumulé un nombre de points donnés, il passe au niveau supérieur, ce qui a pour effet d’augmenter ses statistiques, dont les principales sont la force, la résistance, l’endurance et la vitesse. Jusque-là, rien de bien nouveau. Concernant les armes, le principe est nettement plus original. Le jeu propose huit types d’armes différentes. Chacune de ces armes peut gagner des levels (et donc augmenter son efficacité) au fur et à mesure des combats. Par conséquent, au plus une arme sera de niveau élevé, au plus elle permettra de sortir des coups spéciaux efficaces. Les armes pourront aussi être forgées, ce qui leur permettra d’évoluer. Grâce à des sphères que vous découvrirez au cours votre aventure, le forgeron se fera un plaisir de transformer votre arme (moyennant rétribution bien sûr). Dans la pratique, lorsque vous naviguez dans les menus du jeu, vous verrez deux chiffres à côté de chaque arme. Le premier -compris entre 0 et 8- indique le niveau de votre arme, et le second -qui peut aller de 0 à 99- indique où vous en êtes quant à l’évolution de l’arme. Une fois que ce chiffre atteint 100, votre arme passe au niveau supérieur. Notez cependant qu’à partir d’un certain niveau, votre arme ne pourra plus évoluer… à moins d’être à nouveau forgée. Dans Secret of Mana, ce sont les 8 gardiens de Mana qui procureront les sorts de magie à Purim et Popoie. Ils sont inspirés des différents éléments, avec, notamment Ondine (pour l’eau), Gnome (pour la terre), Athanor (pour le feu) ou encore Sylphide (pour le vent). Chaque gardien va fournir 3 sorts différents à vos personnages. L’efficacité des sorts peut évoluer, suivant un schéma proche de celui qui concerne l’évolution des armes. Mais il y a quand même quelques petites différences. Tout d’abord, il faut savoir que, dans le menu, le chiffre que vous retrouvez à côté d’un sort correspond au niveau de ce sort, et qu’il vaut en fait pour les 3 sorts de l’élément concerné. Ensuite, vous avez, comme pour les armes, un chiffre qui va de 0 à 99: ce chiffre va augmenter à chaque fois que vous utilisez le sort. Une fois à 100, votre sort passe au niveau supérieur.


Enfin,
Après un petit moment d’adaptation, le système si particulier des menus rend la gestion de votre groupe à la fois simple, intuitive et rapide. Mention spéciale à l’option permettant de jouer à plusieurs
quand un de vos sorts passe au niveau supérieur, cela ne vous permet pas de charger une attaque plus puissante (comme pour les armes), mais bien d’améliorer immédiatement l’efficacité de votre sort. Pour terminer, il faut préciser que le niveau de vos magies est étroitement lié au nombre de graines de l’arbre Mana que vous aurez réussi à sceller pendant l’aventure. Par exemple, si vous avez scellé 5 graines, vos magies ne pourront pas dépasser le niveau 5… et ceci, jusqu’à ce que vous trouviez une sixième graine. Vos magies ne peuvent pas évoluer indéfiniment, et le level 8 est l’étape ultime, appelée «Mega magie». Non contents de proposer un soft particulièrement réussi, les programmeurs de Squaresoft ont même prévu un mode multijoueurs. Oui! Vous avez bien lu! Un mode multijoueurs dans un RPG! Une fois le Multitap branché sur la console, vous pouvez partir à l’aventure en compagnie de deux de vos ami(e)s. Il y a cependant un petit «hic». En théorie, le principe semble particulièrement alléchant. Mais pour avoir eu l’occasion de l’essayer, dans la pratique, je peux vous dire qu’un tel système atteint vite ses limites. Notamment en raison de l’ergonomie (pourtant excellente quand on joue seul au jeu). À titre d’exemple, vos persos devront rester plus ou moins ensemble, sous peine de bloquer la progression du groupe. Dans le même ordre d’idées, vous ne pourrez ouvrir qu’un seul menu à la fois: ainsi, chaque joueur devra attendre que l’autre ait fini d’utiliser le menu pour pouvoir à son tour équiper son perso par exemple… C’est assez fastidieux donc, mais d’un autre côté, le fun procuré par ce mode de jeu, qui incite à la coopération, fait vite oublier ces petits défauts, au point de ne laisser que de bons souvenirs. Le rendu visuel de Secret of Mana est un pur bonheur et, à l’époque de sa sortie, question graphismes, il enterrait tout simplement les titres concurrents. Les couleurs sont idéalement choisies, avec des teintes plus ou moins vives et des tons pastels. Le character design des trois héros, tout comme celui des ennemis ou des personnages non-joueurs, est tout simplement excellent et a comme dénominateur commun une forte influence «kawaï» (terme qui signifie «mignon» en japonais). On remarquera d’ailleurs qu’ici, même les ennemis ont ce côté mignon. Pour s’en convaincre, il suffit de voir les petits lapins jaunes ou les champignons du début du jeu. Les décors ont bénéficié du même soin et les endroits traversés au cours de votre aventure sont nombreux et variés.


Comme thèmes,
L’animation est exemplaire, avec de nombreux petits détails qui font littéralement "vivre" le monde dans lequel nos héros évoluent
on retrouve des grands classiques tels que la forêt, le désert brûlant, les paysages enneigés… mais tous sont traités avec cette petite touche propre au titre. D’un point de vue artistique, Secret of Mana place donc la barre très très haut. L’aspect technique n’est pas en reste non plus, puisque le jeu exploite bien les possibilités de la Super Nintendo. Les exemples ne manquent pas, du plus petit élément du décor qui est animé (herbes dans la forêt, lumière qui se reflète sur les arbres du village enneigé…) jusqu’aux modes de transport qui donnent lieu à des passages utilisant le mode 7 (notamment, lorsque vous ferez appel au «Voyage Canon» ou que vous volerez sur le dos du dragon Flammie…). Si manipuler votre perso ne posera aucun problème, tant les différentes commandes sont intuitives, on pestera par contre à certains moments contre l’intelligence artificielle des deux autres persos dirigés par la console. Il arrive en effet qu’à certains moments, un perso se «perde» entre des éléments du décor et vous oblige à revenir un peu sur vos pas. Notez au passage que vous pourrez contrôler indifféremment Randi, Purim ou Popoie. Pour «switcher» entre eux, il vous suffit d’appuyer sur le bouton «Select». Enfin, on ne reviendra pas sur l’interface si particulière en «cercle rotatif» déjà évoquée plus haut (vraiment un des points forts du jeu) ni sur la possibilité de jeu à plusieurs (qui a ses avantages et ses inconvénients). Le titre dispose d’une durée de vie à toute épreuve, même si on regrettera quand même l’absence de quêtes annexes. Mais l’aventure principale est suffisamment prenante pour ne pas s’ennuyer une seule seconde. Même constat pour le leveling qui, bien que présent dans le jeu (c’est même un passage obligé si vous voulez augmenter le niveau de vos persos, de vos magies et de vos armes), n’est jamais pesant. Terminons par les musiques, à la fois simples dans leurs structures mais aussi véritablement uniques, à tel point que l’on identifie sans problème les musiques de Secret of Mana par rapport à celles d’autres RPG’s. Ceux qui ont déjà joué à ce hit vous le diront: elles procurent une ambiance particulière au soft, en étant tantôt rythmées, tantôt empruntes de légèreté. En résumé, le chip sonore de la Super Nintendo est à la fête et chaque thème musical joue parfaitement son rôle en supportant les moments-clés du scénario et en en transmettant les émotions. Du grand art.



Secret Note
of Mana est un incontournable qui trouve sans difficulté sa place parmi les 10 meilleurs softs de la console. Titre capital pour l’image de Squaresoft en Occident, il est aussi devenu la référence de la série des Seiken Densetsu, celui avec lequel on compare immanquablement chaque nouvel épisode plus ou moins proche de l’univers «Mana»… Jusqu’à présent, seul Seiken Densetsu 3 peut prétendre jouer à armes égales avec ce second épisode. Et ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé, tant Squaresoft (devenu Square Enix entre-temps) a multiplié les titres plus ou moins apparentés à la série, sur des consoles récentes. À croire que la magie des «Seiken» n’opère que sur 16 bits… Dès lors, je profite de cette conclusion pour faire une petite suggestion à Square Enix: plutôt que de dépenser de l’argent dans de nouveaux titres qui tentent désespérément de recréer la magie propre aux épisodes 2 et 3, pourquoi ne pas développer un remake de Secret of Mana sur DS ou PSP avec, soyons fous, des graphismes remis au goût du jour et une option Wi-Fi permettant le jeu à plusieurs, comme sur l’original? On tiendrait là un hit en puissance que les fans de la première heure (et les fans de RPG’s tout court) s’arracheraient… A bon entendeur…



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
septembre 2011