Mario & Wario (SNES)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : aout 1993
Développeur : Game Freak
Editeur : Nintendo
Genre : puzzle-game

Support : cartouche de 8Mb
Version testée : Japonaise
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : Mario to Wario
Prix au lancement : 450Frs
Score des ventes : 490.000



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Mario & Wario








Quand Nintendo
Mario & Wario utilise la souris SNES comme aucun autre jeu
a mis sur le marché la souris destinée à sa 16bits, bon nombre de joueurs et de professionnels se sont montrés sceptiques face à l’utilité d’un tel accessoire sur une console de jeux. Pourtant, si on prend un peu de recul, on s’aperçoit que la démarche du constructeur japonais était loin d’être idiote, ne fut ce qu’en raison du nombre toujours grandissant de softs PC qui étaient portés avec plus ou moins de succès sur Super Nintendo. En outre, le marché Japonais était quant à lui très friand de RPGs teintés de gestion/simulation/stratégie, soit le genre de softs qui s’accommode particulièrement bien d’une interface utilisant la souris. Donc acte. Nintendo sortit son périphérique, et suite aux ventes relativement satisfaisantes, quelques éditeurs ont proposé des titres qui l’utilisaient. Mais aussi, comme bien souvent dans l’histoire de la firme, c’étaient les titres "maison" qui en exploitaient le mieux les possibilités. Il y avait bien sûr Mario Paint, vendu en bundle avec la souris, mais aussi Mario & Wario, un puzzle-game rafraîchissant. Le Royaume Champignon serait bien trop paisible si il n’y avait pas Bowser ou Wario pour mettre un peu d’animation dans la vie de nos héros moustachus. Et dans Mario & Wario, comme le titre du jeu le laisse supposer, c’est Wario qui s’y colle. Notre méchant très très cupide a découvert les joies du pilotage, et aux commandes de son avion, il s’amuse à jeter des seaux, des coquilles, des poulpes (!) et autres tonneaux sur la tête des trois héros principaux de notre aventure, j’ai nommé Mario, Peach et Yoshi. Ceux-ci essayeront tant bien que mal de rejoindre Luigi qui les attend. Mais évidemment, avec un tonneau ou un autre objet sur la tête, c’est loin d’être évident. Et c’est là que Wanda intervient. Il s’agit d’une petite fée toute mimi qui devra les guider sans encombre jusqu’à Luigi pour que celui-ci leur enlève ce qu’ils ont sur la tête. Comme vous devez vous en douter, vous serez aux commandes de Wanda. Cette petite fée se dirige entièrement à la souris, et possède plus d’un tour dans son sac, ou plutôt, dans sa baguette magique. Car en se déplaçant sur tout l’écran, elle pourra grâce à cette dernière faire apparaître (ou disparaître) des blocs afin de rendre praticable le chemin que va emprunter votre héros infortuné; les endroits où les blocs doivent être placés étant indiqués par des traits pointillés (mais pas toujours…). Wanda pourra aussi influencer la direction dans laquelle se déplace Mario (ou Peach ou Yoshi) : un simple coup de baguette sur leur tête et ils partent dans l'autre sens. Ha oui, deux "petits" détails que j’allais oublier mais qui ont toute leur importance. Premièrement, une fois un tableau commencé, Mario et ses deux amis marchent sans s’arrêter vers la gauche ou vers la droite, montent sur des échelles, sautent sur des trampolines, etc. Mais comme ils n’y voient rien, ils fonceront en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire vers les embûches dont sont parsemés les tableaux. A vous de réagir assez vite pour éviter le pire en les faisant changer de direction! Deuxièmement, chaque tableau doit se boucler en un temps limité. Si vous n’y parvenez pas, vous perdrez une vie. Heureusement, vous trouverez parfois des champignons qui vous redonneront un peu de temps, mais ils sont relativement rares.


Tout ceci
Techniquement, le jeu est parfois sobre mais très efficace
pourra vous paraître confus de prime abord, mais pas de panique ! Les premiers tableaux vous permettront d’apprendre les bases du gameplay. A cet égard, les deux premiers levels jouent vraiment un rôle didactique. Vous pourrez aussi jouer -un peu- sur la difficulté en choisissant un perso plutôt qu’un autre, en sachant que Peach est la plus lente à se déplacer, Yoshi le plus rapide, et Mario un bon compromis entre les deux. Et vous pourrez changer de perso entre chaque level terminé. Le petit monde de Mario & Wario est divisé en 8 levels (plus 2 autres à débloquer et un extra à la fin), eux-mêmes subdivisés en 10 tableaux, chaque level étant terminé ensuite par une confrontation avec Wario. Au début du jeu, les tableaux ne prendront qu’un seul écran. Mais par la suite, ils s’étaleront souvent sur plusieurs écrans. Avant le début de chaque tableau et le démarrage du chrono, vous pourrez de toute façon survoler le parcours, histoire d’anticiper un peu les dangers qui vous attendent. Notez aussi que vous ne serez pas obligé de faire les levels dans l’ordre pour boucler le jeu : ils sont tous accessibles dès le départ, mais bien entendu, leur difficulté est progressive avec un level 1 qui est facile et un level 8 qui est véritablement casse-tête. A la lecture du paragraphe précédent, le gameplay de Mario & Wario pourrait vous sembler bien linéaire, se résumant à placer des blocs à temps, avant que Mario ou un des deux autres persos ne passe dessus. Or, il n’en est rien, car le titre de Game Freak fait preuve d’une véritable richesse. Dès les deux premiers levels, vous ferez d’ailleurs connaissance avec mille et un petits détails qui font toute la différence entre un titre tout juste moyen et un hit en puissance. Vous découvrirez ainsi très rapidement que Wanda peut faire apparaître différents types de blocs (dictés par la console) : des gros, des petits, des blocs qui restent en permanence, d’autres qui disparaissent après un court instant (reconnaissables par une petite horloge dessinée sur leur face). Sans parler des "blocs interrupteurs" ou encore des blocs dont vous ne contrôlez pas l’apparition ou la disparition. Vous commencerez le jeu avec 3 vies. Et comme dans tous les Mario, une vie supplémentaire vous sera accordée à chaque fois que vous aurez collecté 100 pièces. Celles-ci se récupèrent dans les tableaux (il suffira de cliquer de manière répétée sur les blocs verts présentant le dessin d’une pièce) ainsi que lors de vos confrontations avec Wario (en cliquant sur son avion). Un autre moyen tout aussi efficace pour gagner des vies est de récupérer les 4 étoiles présentes dans chaque tableau. Mais bien évidemment, elles sont placées de manière stratégique, histoire de vous donner du fil à retordre si vous tentez de les attraper. Parfois vous tomberez sur des champignons 1UP, mais c’est particulièrement rare. Comptez plutôt sur les pièces et les étoiles. Comme vous pouvez le voir, vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer, entre la surveillance du personnage pour éviter les pièges du parcours, le positionnement des blocs, la collecte des pièces et des étoiles, et l’élimination des rochers ou des ennemis qui vous barrent la route. Concernant ces derniers, il y en a de différentes sortes (certains sont immobiles et d’autres non, certains lancent des projectiles, etc.) et il suffira bien souvent d’un clic de souris bien placé pour les éliminer (pas toujours évident, notamment avec les chauves-souris qui attaquent en groupe).


Dans l’intro
La durée de vie est honorable
de ce test, je n’ai pas utilisé le mot "rafraîchissant" par hasard pour qualifier ce jeu, car c’est vraiment l’impression que j’ai eu dès les premières minutes passées sur Mario & Wario. En tant que puzzle-game, il propose bien sûr un gameplay à l’opposé d’un Super Mario World, mais ce n’est pas la seule raison. Ce sont surtout les graphismes qui donnent au soft de Game Freak une ambiance si particulière, avec de gros sprites pour les persos, des couleurs vives, pas tellement nombreuses mais bien choisies. Et puis, il y a aussi les environnements en rapport direct avec les aventures du petit plombier, et qui ont le bon goût de changer pour chaque level, ceux ayant pour thème la glace et la lave étant particulièrement réussis. Côté animations, le processeur de la Super Famicom n’est pas surbooké puisqu’il n’y a que Wanda et le perso choisi qui bougent sans arrêt, avec en plus, en fonction des tableaux, les échelles et parfois l’un ou l’autre ennemi. La console peut donc se concentrer sur les déplacements de votre petite fée, et la diriger à l’aide de la souris est un pur bonheur. Ce qui, au passage, rend ce Mario & Wario particulièrement accessible. Notez à ce sujet que le jeu peut aussi se jouer au pad (très certainement pour élargir un peu l’audience potentielle du titre, tout le monde n’ayant pas acheté la souris), mais on passe alors à côté d’une partie du fun, vu que la croix directionnelle ne permet pas un aussi bon "feeling" que la souris. Une fois n’est pas coutume, les musiques qui rythmeront vos exploits n’ont pas, selon moi, autant d’impact que dans un Mario "plate-forme". La faute aux développeurs de Game Freak ou à un budget plus restreint pour un titre qui n’est finalement qu’un puzzle-game tiré de l’univers de Mario ? Difficile à dire. Les musiques sont entraînantes, rapides, pas forcément déplaisantes, mais elles ne sont pas aussi mémorables que, par exemple, celles de Super Mario World sur la même console. Ce n’est qu’un avis personnel. Côté durée de vie, comme je l’ai déjà dit plus haut, les 8 levels proposés dès le départ vous laisseront tout le temps d’apprécier le jeu pendant un moment, d’autant plus qu’il n’y a pas de pile de sauvegarde dans la cartouche, ni de mots de passe (ce qui allonge d’autant plus la durée de vie du soft). Vous devrez donc mémoriser les astuces permettant de passer tel ou tel niveau, mais à force de les faire, ça vient tout seul et vous bouclerez les premiers levels de plus en plus vite. Les plus assidus seront aussi récompensés, puisque la cartouche renferme trois levels cachés : le level 9 apparaît une fois le level 8 terminé, le level 10 apparaît une fois le level 9 terminé et enfin un "extra world" se débloque si vous parvenez à terminer tous les levels du jeu sans exception. Il va sans dire que cet ultime et dernier level est particulièrement retors. Pour résumer, on est donc en présence d’un challenge plus qu’honnête sur la durée, et qui, comble du bonheur, parviendra à faire travailler à la fois vos réflexes et vos neurones. Elle est pas belle la vie ?



A la Note
lecture de ce test, vous aurez compris que ce Mario & Wario est bourré de qualités : de jolis graphismes, un challenge intéressant, et surtout une utilisation optimale de la souris qui en font un hit en puissance. On en viendrait même à regretter le fait que ce soit Mario Paint qui fut vendu chez nous, avec le précieux accessoire. Car contrairement à ce dernier, Mario & Wario est un véritable jeu qui donne tout son sens à l’utilisation de la souris. Un titre de qualité donc, injustement méconnu (la faute à sa seule diffusion au Japon), mais que tout fan de puzzle-game digne de ce nom devrait apprécier à sa juste valeur.



PS : pour ceux d’entre vous qui seraient intéressés par l’acquisition de ce titre, sachez que, bien qu’il ne soit sorti qu’au Japon, toute l’interface du jeu est en anglais. Mario & Wario est donc parfaitement jouable si vous ne connaissez pas un mot de japonais.



Test réalisé par Kenshiro

Retrouvez l'article original sur La Memoire Du Pad
décembre 2008