Magical Pop'n (SNES)

 







Note générale


Sortie du jeu : mars 1995 (au Japon uniquement)
Développeur : Polestar
Editeur : Pack-In-Video
Genre : action / plate-formes

Support : cartouche de 16Mb
Version testée : Japonaise
Voix dans le jeu : JAP
Textes à l'écran : JAP

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 500Frs (import)



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Magical Pop'n








Si je vous
Une intro mignonette et un humour bien vu
dis Polestar ou Pack-in-Video, il est fort probable que ces noms ne vous évoquent pas grand-chose. Et ce n’est pas une critique, tant ils apparaissent peu souvent sur nos écrans. En fait, le premier est un tout petit développeur japonais et le second un éditeur assez prolifique durant la période Super Famicom, mais qui, comme des dizaines d’autres, a vécu dans l’ombre de grosses boîtes comme Konami, Capcom ou Nintendo. Dans son catalogue, en marge de toute une série de titres qui n’ont que peu d’intérêt aux yeux du public occidental, on trouve un petit jeu, apparemment sans prétention, intitulé Magical Pop’n. Et contre toute attente, ce titre orienté 100% action se révèle être une véritable petite bombe, une pépite perdue dans la masse des jeux moyens qui ont nourri la Super Famicom en fin de carrière. Dans Magical Pop’n, une fois n’est pas coutume, vous serez placé dans la peau d’une petite magicienne, toute de bleu vêtue, qui part à la poursuite d’un grand méchant menaçant son royaume. Et si vous avez déjà jeté un coup d’oeil rapide sur les screenshots de ce test, vous aurez certainement remarqué que son chapeau et ses vêtements font furieusement penser à ceux d’un certain Link dans The Legend of Zelda… Volonté délibérée de la part des développeurs ? Rien n’est moins sûr. Quoiqu’il en soit, hormis ces considérations purement vestimentaires, son arme principale est, tout comme pour le héros de Nintendo, une épée, qui lui servira avant tout dans les combats rapprochés. Par contre, pour toucher les ennemis à distance, vu que c’est une magicienne, elle n’utilisera pas un arc mais la magie. En fait, celle-ci peut être considérée comme des capacités spéciales que vous devrez dénicher dans chacun des stages avant de pouvoir les utiliser. Le premier vous est gracieusement offert dès le début du jeu.


Il permet
Le gameplay est plus fouillé que les débuts le prétendent
de lancer de petites boules d’énergie en direction des ennemis. Par la suite, vous pourrez débloquer un sort du type «grenade», un grappin, un tir tri-directionnel qui peut, en plus, congeler la lave ou les flammes, etc. D’un point de vue pratique, tous les sorts (il y en a 6 en tout) sont repris sur une barre horizontale en haut de l’écran: c’est là que vous pouvez voir ceux qui sont déjà en votre possession, et surtout, celui qui est activé pour le moment. Pour switcher entre les différents sorts, rien de plus simple, puisque les touches L et R du pad sont mises à contribution pour offrir une ergonomie efficace. Chacun des sorts se décline dans le jeu en deux formes d’attaques : une classique que je viens de vous expliquer ci-dessus, et une «grosse» qui se déclenchera lorsque vous appuierez sur la touche Select. A titre d’exemple, pour le premier sort, la grosse attaque est un énorme faisceau d’énergie qui traverse l’écran de part en part. En cours de partie, il faudra cependant faire attention à ne pas user et abuser des sorts (et surtout, des «grosses» attaques), car ceux-ci consomment de la magie, matérialisée dans le jeu par des étoiles dorées. Vous pourrez avoir en réserve jusqu’à 99 étoiles. Certains sorts en consomment deux (par exemple la boule d’énergie), d’autres quatre, d’autres rien du tout (comme le grappin), etc. Il s’agira donc de faire bien attention, car si vous n’avez plus d’étoiles, vous ne pourrez tout simplement plus utiliser de magie. Dès lors, comment récupérer des étoiles me direz-vous ? Tout simplement en éliminant des ennemis. Ceux-ci ne donneront pas à chaque fois des étoiles, mais ils en donneront quand même de manière assez régulière. Un autre bon moyen d’en récupérer rapidement est aussi de dénicher les coffres renfermant de grosses étoiles dorées (qui vous donneront 10 étoiles en un seul coup). La gestion de la vie de notre petite héroïne se fait via une représentation classique sous forme de coeurs (coin supérieur gauche de l’écran). A chaque contact avec un adversaire, elle perdra 1/2 coeur minimum. Elle pourra regagner un peu voire beaucoup de vie grâce aux ennemis qui laisseront derrière eux, de manière aléatoire, tantôt un bonbon rose (qui redonne 1/2 coeur), tantôt un morceau de gâteau (qui redonne tout un coeur). Il existe également des gâteaux complets, à dénicher dans des coffres, et qui, fort logiquement, je vous le donne en mille, lui permettront de récupérer son énergie en intégralité. Enfin, last but not least, certains -rares- coffres lui permettront d’avoir un coeur supplémentaire dans sa barre de vie.


Du côté
Seulement 6 niveaux ? Peut-être oui mais la durée de vie n'est pas faiblarde pour autant
des «vies» justement, vous commencerez la partie avec un capital de 3 vies, et les vies supplémentaires se récupéreront selon un système assez original et plutôt «old school»: vous devrez en effet récupérer, à nouveau dans des coffres, des petites statuettes dorées à l’effigie de votre perso. Mais attention: en ramasser une ne vous donnera pas directement une vie supplémentaire. Vous devrez en collectionner trois pour bénéficier du précieux 1up. Comme vous devez vous en douter, vous ne croulerez donc pas sous les vies, et c’est une des caractéristiques du jeu qui me fait dire que Magical Pop’n se destine aux «vrais joueurs». Sur votre route, vous croiserez le fer avec des ennemis variés et pour le moins originaux: chauves-souris, chiens chevaliers, cracheurs de feu, orcs, plantes géantes, slimes, etc. Plutôt sages dans leur chara-design, ils ont en fait tous un point commun: une rare ténacité à vous mettre des bâtons dans les roues. C’est bien simple : Magical Pop’n est certainement un des rares jeux de la console dans lequel on sent une véritable opposition de la part des ennemis. Ils sont vifs, tenaces; en un mot, ils essaient de vous avoir et c’est un vrai régal. Chaque type d’ennemis attaque aussi à sa propre manière, ce qui fait que vous devrez vraiment bien maîtriser votre perso pour esquiver ou frapper au bon moment. Même chose pour les boss, relativement nombreux (chaque stage en compte minimum deux), même si pour ceux-ci, ce sera plus la découverte de leur point faible qui primera, suivi d’une répétition de coups bien portés. Pas toujours évident à réaliser. Concernant la construction des stages, Magical Pop’n évite aussi la simplicité. Dans le tout premier stage, vous vous déplacerez comme d’habitude vers la droite de l’écran, mais dès les stages suivants, les environnements se diversifient avec des passages qui alternent à la fois la direction de vos déplacements (vous devrez évoluer en hauteur, vers la gauche, etc.) et les endroits en extérieur ou en intérieur. Une belle illustration de cette variété dans les environnements est le second stage, où vous vous baladerez dans une forêt, mais également à l’intérieur de galeries souterraines, au demeurant particulièrement jolies sur le plan graphique. Un tel agencement des stages permet aussi aux développeurs de dissimuler les coffres intéressants, notamment ceux renfermant les gâteaux et les têtes dorées.


Comme vous
Graphiquement, sans être un étalon, Magical Pop’n reste agréable
pouvez le voir, dans Magical Pop’n, vos parties seront rythmées par l’action, mais aussi par un peu de recherche, ce qui est loin d’être déplaisant. Contrairement à d’autres titres de la même époque, les développeurs n’ont pas cherché ici à épater la galerie en multipliant inutilement les couleurs et les effets visuels à l’écran. Et ceci, à un point tel que les premières minutes de jeu pourraient laisser le joueur sur une impression de trop grande simplicité graphique, surtout pour un titre sorti en 1995. Mais ce serait une grave erreur d’en venir à une telle conclusion, car d’une part, au fur et à mesure de la partie, on se laisse séduire et emporter par l’univers original de Magical Pop’n, et d’autre part, on constate rapidement que de nombreux aspects du jeu ont été peaufinés jusque dans le moindre détail. A titre d’exemple, je vous citerai tout d’abord l’animation : c’est la première chose qui saute aux yeux quand on voit le titre tourner pour la première fois. Votre perso se déplace avec aisance et fluidité. Ses phases d’animation sont d’ailleurs très nombreuses, avec des mimiques originales en fonction des situations (sur le bord d’une plate-forme lorsque votre magicienne risque de tomber, ou encore quand elle regarde vers le haut ou vers le bas, etc.). Ensuite, même si les décors ne font pas dans le clinquant avec une grande profusion de couleurs, ils présentent à plusieurs reprises des effets très bien gérés par la console (scrollings sur plusieurs plans lorsque vous vous baladez sur les toits du stage 1, ce qui donne un bel effet de profondeur, légère distorsion du décor pour simuler la chaleur dans le stage de la lave a stage 3, etc.). Certains diront que ce sont des "effets classiques", vus dans de nombreux softs, mais je leur répondrais tout simplement que dans Magical Pop’n, ils sont utilisés à chaque fois au bon moment et de manière on ne peut plus efficace. Enfin bref, vous l’aurez compris, tous ces éléments mis bout à bout permettent au titre de Polestar d’offrir un rendu visuel à la fois singulier et simple, qui met, du même coup, encore plus en valeur le très bon travail effectué sur les animations. Sur le plan sonore, on est à nouveau surpris par la simplicité qui prédomine dans les différentes compositions musicales.


Attention,
Une bande-son plaisante et des bruitages particulièrement bien rendus
"simple" ne veut pas dire mauvais ou bâclé. Bien au contraire. Ici, on parlera plutôt d’une vraie ambiance musicale, ce qui colle finalement très bien au reste du soft. Pas de musiques aux beat electros ou répétitifs, mais des harmonies claires et agréables soutenues par des bruitages plus que convaincants. Le titre se paie même le luxe d’intégrer quelques voix digitalisées très bien restituées : votre petite magicienne lâchera, par exemple, un «yatta» quand elle découvre un nouveau pouvoir ou une tête dorée. Pour le reste, entamer une partie de Magical Pop’n sera à la portée de n’importe quel joueur, et ce, malgré le grand nombre d’actions possibles, tout ceci grâce à une maniabilité sans faille et une excellente utilisation de la manette. En fait, comme nous l’avons vu plus haut, notre héroïne pourra sauter, frapper avec son épée (devant elle, mais aussi vers le haut ou vers le bas), sans parler des attaques magiques. Sous ses apparences de jeu enfantin, on pourrait aussi considérer le titre comme un énième jeu facile sur Super Famicom. Or, je peux vous dire qu’il n’en est rien, car outre le fait que les ennemis soient particulièrement futés, vous devrez à certains moments manier le pad avec une certaine dextérité (notamment lorsque vous utiliserez le grappin). Le challenge que représente ce Magical Pop’n est donc, avec ses 6 stages, assez consistant pour vous occuper pendant quelques jours, ceci d’autant plus que vous devrez le parcourir d’une seule traite (c’est un titre «à l’ancienne», qui ne permet pas de sauvegarder la progression). Au final, la durée de vie du titre est donc tout à fait honorable.



Avec Note
Magical Pop’n, Polestar et Pack-in-Video nous livrent une vraie bonne surprise sur Super Famicom. Loin de l’exubérance graphique de certains titres, tous les aspects du jeu sont ici soignés et parfaitement maîtrisés, que ce soit l’animation, l’I.A. des ennemis ou encore les décors. On prendra donc un plaisir évident à diriger la petite magicienne partie défendre son royaume avec pour seules armes une épée bien affûtée et un peu de magie. Faites passer le message : c’est un titre que tous les amateurs de jeux d’action « à l’ancienne » se doivent de connaître et d’essayer.



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
avril 2013