Joe & Mac 3 (SNES)

 







Note générale


Sortie du jeu : 1994
Développeur : Data East
Editeur : Elite
Genre : action / plate-forme

Support : cartouche de 8Mb
Version testée : Euro
Voix dans le jeu :
Textes à l'écran : US
Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs
Titre alternatif : Joe & Mac 2 : Lost in the Tropics (US) / Tatakae Genshijin 3 - Shuyaku Ha Yappari : Joe & Mac (JAP)
Prix au lancement : 450Frs






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Joe & Mac 3

Lost in the Tropics



On peut
Ce 3e opus porte bien le chiffre 3 chez nous et au Japon, mais 2 aux Etats-Unis
très bien vivre à la préhistoire et faire preuve de courage et de galanterie... voire même cultiver un certain humour. Joe et Mac, les deux héros de Data East, nous en avaient apporté la preuve dans le premier épisode de leurs aventures. Mais cette fois-ci, c’est pour une cause toute autre, mais tout aussi noble, qu’ils repartent à l’aventure. Pensez-donc, le chef du village s’est fait subtiliser sa couronne, symbole de son autorité suprême et de sa grande sagesse... Avant de commencer réellement mon test, je vous parle de Joe & Mac 3. C’est sous ce titre que le jeu a été distribué en Europe, alors qu’aux USA, il fut vendu sous le titre Joe & Mac 2… cependant c’est exactement le même jeu ! Au Japon comme en Europe, on a donc tenu compte de Congo’s Caper, en le considérant comme le second volet de la série des Tatakae Genshijin / Joe & Mac. Aux USA par contre, bien que Congo’s Caper y soit également sorti, on a jugé bon d’affubler le présent jeu d’un «2» au lieu d’un «3». Cherchez l’erreur… Après une petite pause bien méritée durant laquelle ils ont laissé la vedette à Congo, voilà donc nos deux compères sont de retour et ils ont un vol sur les bras. Un petit tour dans la hutte du chef les mettra bien vite au parfum. C’est Gork, le leader d’une tribu rivale (décidément, ils n’avaient rien d’autres à faire dans la préhistoire ?!) qui s’est introduit de nuit dans le campement, pour s’emparer du précieux couvre-chef. Au petit matin, Joe et Mac partent directement sur ses traces et devront récupérer une à une, différentes pierres arc-en-ciel (il y en a 7 en tout), avant de pouvoir donner une belle correction à Gork et reprendre enfin possession de la couronne. Avec ce second volet mettant en scène nos deux trublions, on retombe donc dans le schéma archi-classique de la collecte d’éléments/pouvoirs/clés (biffer la mention inutile selon les jeux), avant d’affronter, en apothéose, le grand méchant de service. Et rien qu’en mettant le doigt sur ce petit détail, on devine déjà que les péripéties de Joe et Mac, très typées arcade dans le premier volet (ce qui était normal, vu qu’il s’agissait d’une adaptation d’une borne) auront cette fois-ci une orientation nettement plus plate-forme. Avec le temps qui s’est écoulé entre la sortie du premier volet (originellement fin 91 au Japon et sur arcade) et celui-ci (1994), les programmeurs ont eu tout le temps de mieux cerner l'hardware de la Super NES (même si -et je le concède- Joe & Mac premier du nom ne déméritait pas du tout sur ce point) mais aussi et surtout de repenser et recadrer un gameplay qui était bien sympa mais pas vraiment extraordinaire. Le tout en donnant à leur nouveau bébé des niveaux suffisamment longs et riches en action. On avait d’ailleurs pu observer une ébauche de cette tendance dans Congo’s Caper, sauf qu’ici, c’est beaucoup plus flagrant.



Les écrans titres européen, américain et japonais...


Donc,
Encore une fois l'humour est bien présent mais le scénario est bidon
comme vous pouvez le voir, les petits gars de Data East avaient du pain sur la planche, et ma foi, ils s’en sont finalement bien sortis. Dans Joe & Mac 3, la nouveauté la plus marquante côté gameplay, c'est le rôle joué par la pitance de nos deux hommes des cavernes. Si dans le premier opus, les tranches de viande et autres poulets servaient juste à récupérer de la vie, ici en avalant goulûment de la nourriture, Joe et Mac pourront cracher des projectiles en nombre limité (on imagine que ce sont de petits os, ou des graines/pépins quand ils avalent des fruits). Fini donc les quatre armes qui permettaient de lancer des projectiles à volonté : ici, à l’image de Congo’s Caper, seule la massue a survécu. Par contre, il y a une autre nouveauté intéressante, et de taille : cette chère massue pourra désormais être upgradée et lancera alors des sortes d’ondes d’énergie en direction des ennemis. Ensuite, en tâtant du jeu, on découvre que la carte générale (une des spécificités du premier volet) a laissé la place à une sorte de «world map». Vous y dirigez votre perso, en version mini, qui s’y déplace librement. Dès le village Tiki, soit quasiment au tout début du jeu, vous pourrez par conséquent choisir l’ordre dans lequel vous jouerez les différents niveaux, et même y revenir une fois les énormes boss vaincus, pour par exemple récolter plus de pièces (voir ci-dessous). Par contre, cette liberté ne sous-entend pas «plus de stages», vu qu’ils ne sont pas ici plus nombreux que dans le premier opus. La world map vous permettra aussi de visiter le village du coin. Eh oui! Celui-ci vous permettra non seulement de glaner quelques infos auprès de vos congénères, dont les précieux mots de passe pour reprendre une partie, et surtout d’acheter des items dans l’incontournable boutique. Ce sont principalement des items de récupération d’énergie, mais il y en a aussi d’autres qui vous permettront de personnaliser votre hutte ou d’offrir des fleurs aux filles de la tribu. Sympa. Et puisque boutique il y a, il faudra bien payer le vendeur : c’est pourquoi ce Joe & Mac 3 introduit du même coup la notion d’argent, sous la forme de petites pièces grossièrement taillées dans la pierre, à récupérer dans les niveaux. Quelques autres petites originalités sont aussi à signaler, je pense notamment au télescope (qui permet de voir ce qui se passe en différents endroits comme votre hutte, le repaire de Gork, etc.) ou à la possibilité de transiter plus rapidement entre les villages. Enfin, sachez aussi que Joe et Mac ne rencontreront pas uniquement des ennemis sur lesquels ils devront taper à tout va : ils pourront, à certains moments, chevaucher des "créatures amies" et en utiliser les capacités offensives (un dragon volant cracheur de feu, un rhino préhistorique…).


Mais il
Contrôler des véhicules et l'une des belles nouveautés de cet épisode
faudra être vigilant, car au moindre contact avec un ennemi, la monture disparaîtra et on devra continuer à pieds ! Sur leur dos, nos deux héros gagneront donc une (et une seule!) protection contre les touchettes des ennemis. Ce principe a déjà été vu dans de nombreux titres, mais ça ne mange pas de pain et c’est plaisant. Ce qui est par contre dommage, c’est que les développeurs n’aient pas profité de l’introduction de ses bébêtes pour pousser un plus loin le gameplay ou le level design (même si ce dernier est en net progrès). En effet, leur présence n’apporte pas vraiment de plus-value à l’expérience du joueur et la plupart des niveaux concernés se boucleront tout aussi facilement que ce soit avec la fameuse monture ou sans. J’ai du regarder à deux reprises la fiche technique du jeu, mais il n’y a pas de doute possible : Joe & Mac 3 tient bien sur une simple cartouche de 8Mb… tout comme le premier opus. Étonnant n’est-il pas ? Surtout qu’en passant de l’un à l’autre, on perçoit immédiatement les progrès effectués rien qu’au niveau des graphismes. Data East nous sort le grand jeu, avec des scrollings sur différents plans pour les décors (plantes et fleurs à l’avant-plan par exemple, votre perso et les ennemis au milieu, et de jolis décors dans le fond…) et un dessin franchement inspiré, plus recherché, à la fois pour les décors et pour les sprites des personnages. Les premiers sont plus fins, avec un plus grand niveau de détails et des interactions nouvelles avec nos deux héros (ils seront capables de grimper le long des lianes, prendre l’eau d’une rivière en bouche pour la recracher, etc.). Les niveaux en eux-mêmes sont aussi plus longs que par le passé (fini les «mini-niveaux» pliés en 30 secondes), même si leurs thèmes ne font pas preuve d’une très grande originalité (forêt, neige, eau, environnement volcanique…). Quant aux seconds, ils bénéficient d’une belle panoplie de mouvements supplémentaires, tout ceci sans ralentissements à l’écran. Pour Joe et Mac par exemple, on appréciera tout particulièrement leurs nouvelles expressions ou postures (changeantes face à un danger particulier, ou quand vous laissez le perso immobile quelques instants). Vraiment sympa. On peut d’ailleurs faire la même observation pour les hommes des cavernes (ennemis) qui sont bien plus expressifs et attaqueront de différentes manières (avec ou sans massue, en essayant de vous rouer de coups, en revenant à la charge ou en se protégeant avec leur massue…).


Certains se
Graphiquement, on sent que la série a évoluée dans le bon sens
feront même enfoncer dans le sol, tel un piquet, sous les coups répétés de votre arme (humour quand tu nous tiens!). Vos autres adversaires seront plus classiques mais feront preuve d’une plus grande variété qu’auparavant, y compris pour les boss, qui sont toujours aussi gros. Si les graphismes laissent donc augurer du meilleur, le gameplay se devait d’être lui aussi à la hauteur, d’autant plus que celui du premier épisode était loin de satisfaire tout le monde. Mais en fin de compte, cet aspect du jeu a été lui aussi très bien négocié : les déplacements des héros ont gagné en précision, le feeling et l’inertie lors des sauts sont comparables à ce que l’on retrouve dans bon nombre d’autres jeux de plate-formes. Car oui, ici aussi, Joe & Mac 3 assume son côté «platformer» et propose (enfin!) aux joueurs une maniabilité nettement plus abordable, moins casse-tête, tout en conservant grosso modo les coups du premier volet. Les différentes montures, quant à elles, enrichissent un peu plus le gameplay, sans pour autant, comme je vous le disais, constituer la trouvaille ultime. Au risque d’insister, je dirais même qu’elles sont sous-exploitées (par rapport à un Yoshi dans Super Mario World par exemple). Enfin, pour évoquer un peu les musiques de ce second volet, il faut dire qu’on a entendu mieux sur la Super NES, mais aussi bien souvent pire. Disons qu’on a droit à la même «soupe musicale» que dans le premier Joe & Mac. Les morceaux imaginés pour cet opus ne relèvent pas beaucoup le niveau mais les bruitages sont amusants. Rien de vraiment mauvais donc, mais certainement pas des musiques qui vous feront acheter l’OST du jeu (si tant est qu’elle existe, ce dont je ne suis pas sûr :).



La Note
sortie de Joe & Mac 3 n’a pas eu l’effet escompté auprès des joueurs. Pourtant, Data East a fait le maximum pour donner de la profondeur au titre, notamment au niveau du gameplay. Mais c’est peut-être là aussi que se situe le nœud du problème : si le premier Joe & Mac pouvait se vanter d’avoir une identité forte (malgré ses lacunes), celui-ci, avec ses nouveautés agréables mais pas révolutionnaires pour un sou, transforme les aventures de nos deux héros en un énième jeu de plate-forme comme il en existe bien d’autres sur Super Nintendo. Parfois, à vouloir trop en faire, on perd en originalité. A méditer… :D



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
juillet 2012