Hammerin' Harry (SNES) -- GRAVITORBOX

 


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Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : décembre 1993 (au Japon uniquement)
Développeur : Irem
Editeur : Irem
Genre : action / plate-formes

Version testée : japonaise
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : JAP

Support : cartouche de 8Mb
Difficulté :
Temps de jeu : 1h à 1h30 selon le niveau de difficulté
Multi-joueurs : non
Abréviations : Hammerin' Harry / Daiku no Gen-san (JAP)
Prix au lancement : 500Frs (en import uniquement)







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Hammerin' Harry

Ganbare ! Daiku no Gen-san



Dans la série
L'histoire est sympa, et bien exploitée. Malheureusement les textes sont tous en japonais mais peut-on vraiment lui en vouloir pour ça, vu qu'il n'a jamais quitté le Japon ?
je raconte ma vie et tout le monde s'en fout, j'ai connu Hammerin' Harry lorsque j'étais enfant/ado et qu'en famille, nous partions en vacances en Andalousie, dans le sud de l'Espagne. En plein été (lors des "grandes vacances"), tous les soirs nous allions à la "bodega", ce qui était sans doute différent de l'idée que vous en avez : c'était une sorte de grand bar où il y avait plus de terrasse que de murs, avec en général une piste de danse, un "disc-jockey" (ou un groupe venu chanter) et de nombreuses tables où les adultes venaient se rafraichir pendant que les enfants étaient libres de faire ce qu'ils voulaient. Je vous parle d'un temps où j'avais 14 ans (nous sommes alors en 1990) et près du bar, après avoir commandé un vrai "KAS orange" (pas les saloperies qu'on nous vend actuellement et qui sont désormais aux édulcorants *tristesse* -_- ), je me tournais toujours vers les bornes d'Arcade (gamer un jour, gamer toujours). Et au milieu des Pac-Man, Galaga, Kung-Fu Master et autre Bubble Bobble, il y avait une nouveauté à laquelle je jouais à chaque fois qu'on venait : Hammerin' Harry ! Réclamant des pièces de 100 pésétas (pour 3 crédits), ce qui équivaut à 60 centimes d'€uros (c'était vraiment pas cher à l'époque), je passais des soirées mémorables, seul face à cette borne pendant que mon frère (Aquel) jouait avec ses amis et que ma petite sœur (alors âgée d'à peine 4 ans) dansait avec toute la mignonnerie qui la caractérisait, sur la piste de danse... 30 ans plus tard, les "bodégas" comme celle-ci n'existent plus, ça fait bien longtemps que je ne vais plus en vacances en Espagne et que le KAS est devenu infecte. Mais en fouillant le Net à la recherche d'un bon jeu rétro à tester (car oui, j'adore tester les vieux titres ^_^), je suis tombé sur "Ganbare ! Daiku no Gen-san", qui n'est autre que l'une des adaptations de cet ancien titre Arcade qui m'a vendu tant de rêve... Telle une "Madeleine de Proust, je m'empresse de jeter un œil sur eBay pour voir sa côte actuelle : environ 80€ pour une version en bon état. Banco ! Arrivé 3 semaines plus tard à la maison (les expéditions internationales étant assez longues lorsque ça vient du Japon), j'insère mon adaptateur Xterminator dans ma Super Nintendo bien française, et je replonge en enfance... Fin de la petite histoire dont tout le monde se fout, place au test. ^.^



La Madeleine du Marteau ou le Marteau de Proust


Si on
La map rappelle Super Mario World. Dommage qu'on ne puisse pas refaire les niveaux et mieux les explorer
le connait sous le nom de Hammerin' Harry, il faut savoir que son vrai nom japonais est Daiku no Gen-san et que la plupart des épisodes n'ont jamais quitté l'archipel nippon. Né en 1990 donc, le premier opus fut une exclusivité Arcade, développé par le grand Irem, déjà fort d'un immense succès avec R-TYPE. En 1991, le jeu est porté avec plus ou moins de succès sur Famicom (la NES japonaise), en 1992 la Game Boy accueille à son tour un épisode lui aussi plus ou moins inspiré de la version d'origine, pendant que la Famicom reçoit son 2e opus. Pour ce qui est de la présente édition, elle voit le jour en décembre 1993 sur Super Famicom. Et oui, une fois encore le jeu ne sera pas porté sur les consoles occidentales, Irem étant très sectaire sur la plupart de ses productions. Ainsi j'appelle ce jeu Hammerin' Harry mais en réalité il ne porte que son nom japonais de "Ganbare ! Daiku no Gen-san"... mais Hammerin' Harry reste plus facile à lire/écrire/comprendre, donc j'utiliserai cette terminologie. Avant d'entrer dans le vif du sujet, sachez que la série ne s'est pas arrêté à cet opus-là puisque d'autres épisodes sont sortis jusqu'en 2008 sur Game Boy, Game Boy Color puis PSP, ainsi que divers portages, compilations, pachinko et même un dessin-animé ! Mais revenons à notre épisode Super Famicom (le nom de la Super Nintendo japonaise) qui propose plus ou moins le même scénario que les autres volets : Harry est un charpentier qui travaille dans la plus pure tradition des constructeurs japonais, avec des structures en bois et des cloisons en feuille de riz. Un jour, fier d'avoir terminé la nouvelle maison familiale, il observe son œuvre avec ses parents, près à fouler le seuil de leur nouvelle demeure, lorsqu'un énorme missile (!) vient réduite en allumettes son dur labeur. Sont en cause de grandes entreprises, peu scrupuleuses, qui ont pour but de construire des immeubles et de se faire un maximum d'argent. Et pour ça, il faut impérativement libérer l'espace et construire en verticalité, et ce, contre tout respect des anciennes valeurs ancestrales.



 

Hammerin' Harry / Daiku No Gensan sur Arcade (1990) et son portage sur NES (1991)



Nippon ni mauvais...


Forcément très
Le gameplay est aussi simple qu'accessible. Les charmes de l'Arcade en somme...
en colère, Harry (qui semble être un gosse d'une dizaine d'années) veut sa vengeance : il part trouver les grands patrons de ces entreprises, afin de leur faire bien comprendre (à coup de maillet !) que ce genre de choses ne se font pas. Au passage la petite copine de Harry sera kidnappée et on voyagera même dans le temps... oui je sais, ne dites rien, je sais. Pour ce qui est de la mise en scène, nous avons une sympathique intro qui s'illustre principalement via une sorte d'album photo (ou de livre, on ne sait pas trop). Le jeu nous offre pas mal de dialogues entre les divers protagonistes, seulement tout est en japonais et il est alors difficile de comprendre vraiment ce qui se dit. Et si vous vous dites qu'un patch de traduction existe peut-être, sachez que j'ai cherché et que je n'ai rien trouvé. Je suis donc resté sur ma cartouche, si chèrement acquise. Quant à l'épilogue, il est (vous vous en doutez) très expédié puisqu'Irem n'a même pas pris la peine de faire des crédits. A l'écran titre, en pressant "select" on ouvre le menu des options où on peut configurer les touches de son pad, choisir sa difficulté et même profiter d'un sound-test. Les classiques quoi. Les Hammerin' Harry ont tous plus ou moins le même gameplay depuis ses origines. Dans cet épisode nous n'avons pas de timer (tant mieux, je déteste ça), on y contrôle Harry, notre brave charpentier traditionnel, qui travaille en tenu d'époque (bandeau sur le front compris) et dont l'outil principal est le maillet de bois. Pour frapper ses ennemis, il utilise donc son outil de toujours, avec la possibilité de frapper vers le bas ou vers le haut. Des power-ups lui permettent d'avoir un maillet tournoyant ou un gros maillet métallique, nettement plus puissant (les 2 ne sont pas cumulables). Au fil des niveaux, on trouvera aussi de nouveaux habits : changer de veste permet d'avoir une meilleure protection et changer de pantalon permet d'avoir un meilleur saut. Très classique, trouver de la nourriture permet de remonter sa jauge de santé. Chaque niveau se termine par un boss et au niveau suivant, on perd tous ses power-ups et ses items (dommage). Si on peut aller à peu près où on veut (il y a d'ailleurs plusieurs chemins possibles) il faut savoir qu'on ne peut pas revenir sur ses pas, pour ouvrir des caisses laissées en arrière et trouver si besoin des items de santé ou autre. C'est vraiment regrettable car ainsi le jeu se veut "plus arcade" (il faut filer droit le plus vite possible) sapant à l'occasion ce qui aurait pu être une agréable exploration des niveaux (bien que les ennemis réapparaissent très vite).



Si j'avais un marteau...


Si le parcours
Il est dommage que la difficulté devienne si élevée sur la fin de l'aventure
est finalement linéaire, nous avons quand même quelques phases originales comme ses courses-poursuites en Vespa (qui rappellent sans mal Eightman et Shinobi III) ou encore ses déplacements accrochés à un grillage, qui sont directement inspiré de Super Mario World. Enfin pour se débarrasser d'ennemis un peu trop collants, rien de tel qu'un bon coup spécial, que le jeu distribue généreusement. Ils sont de 2 sortes : soit vous l'activez au sol et Harry lance son marteau en l'air, soit vous l'exécutez en l'air et Harry retombe lourdement au sol, provocant ainsi une onde de choc qui touchera tous les ennemis. Le gameplay est donc très simple, très accessible, très Arcade en somme. Malheureusement cette simplicité jouera aussi en sa défaveur car en 1993, bien des jeux de très hauts niveaux ont déjà fait la réputation de la console. Si on reste sur le secteur du jeu typiquement action / plate-formes, aussi mignon soit-il, Hammerin' Harry tient difficilement la comparaison avec Mega Man X, ActRaiser ou Super Star Wars. De plus, les ennemis et leurs projectiles sont très rapides, soit tout le contraire de notre brave charpentier qui se traine un peu. Le pire, c'est qu'il faut toujours anticiper son coup de marteau pour toucher un ennemi le premier car sa portée n'est pas immédiate, ce qui fait que les premières parties sont assez rugueuses. Une fois qu'on se fait à cette subtilité et qu'on avance dans l'aventure, c'est la difficulté qui posera problème car si elle augmente assez progressivement, sachez que les 3 derniers niveaux sont assez infernaux et que les 2 derniers boss sont même hardcores. Pourtant l'aventure en elle-même est relativement courte : comptez 1 heure à 1 heure et demi pour le finir, sans grand intérêt de relancer une partie ensuite.



Ni clou ni vis


Techniquement,
Bien que colorée, la réalisation est indigne de la Super Famicom
la cartouche fait 8Mb, ce qui peut paraitre peu mais qui était encore la norme en 1993. En effet, les cartouches de 16Mb commençaient à peine à se démocratiser et seul le gros Street Fighter II Turbo et ses 24Mb faisait exception à la règle. Hammerin' Harry ne manque pas d'humour : il suffit de voir les trognes des personnages lors des dialogues ou les vieilles gueules que font les boss pour s'en convaincre. Malheureusement, si Irem a sorti au même moment le très bon R-TYPE III, il est clair que c'est le shoot-them-up de la marque qui a nécessité le plus d'attention au niveau de sa réalisation graphique. En effet, notre cogneur au maillet de bois est tout simplement indigne d'une Super Famicom : ce n'est pas vraiment joli, c'est toujours très simple, peu détaillé... Alors certes c'est toujours très coloré mais au fond, on oscille entre le jeu 8-bits et un titre du line-up de la console (et encore). En somme, je dirai que nous sommes face à un jeu PC-Engine (que j'adore là n'est pas la question), qui était une console hybride et moins performante que la 16-bits de Nintendo. Après c'est vrai, ce n'est pas moche non plus, disons que le jeu est d'un banal terrible, certains décors sont même grossiers et la console a déjà 3 ans à la sortie du jeu, elle est maitrisée depuis longtemps et nous a prouvé toute sa valeur avec des titres à la réalisation flamboyante tels que Mr Nutz, Super Mario All-Stars ou encore Aladdin. En résumé, notre Hammerin' Harry fait triste mine, à croire qu'à l'origine, le jeu a été développé pour la Famicom/NES et qu'au dernier moment, ils l'ont amélioré puis transposé sur sa remplaçante. Terminons par la bande-son qui distille des bruitages très fantaisistes (normal vu le type de jeu) ainsi que des musiques sobrement affreuses ! Les thèmes sont rigolos, plein d'entrain et de bonne humeur, mais au fond, les compositions sont dégueulasses ! Moi qui joue beaucoup au casque, j'ai fini par baisser le volume tant les musiques finissaient par agacer, en plus de ne proposer absolument rien de mémorable... si ce n'est des mélodies affreusement absentes, remplacées par des compositions de débutants. Regrettable, car une bonne bande-son apporte beaucoup de charme à un jeu et vu la pauvreté des graphismes, ça aurait pu compenser cette faiblesse... plutôt que de la conforter.



Ganbare ! Note
Daiku no Gen-san (qu'on traduira par "bonne chance vénérable charpentier"... le sens des mots japonais étant toujours très compliqué à cerner) que j'ai appelé Hammerin' Harry pour plus de simplicité (alors qu'il n'a jamais quitté le Japon) est un véritable coup de cœur pour moi, car durant 1h/1h30 il m'a ramené sur mon lieu de vacances quelques 30 ans plus tôt... Cependant et tout à fait objectivement, c'est aussi une déception. Si on peut admettre que le gameplay se veut assez simple (reflétant parfaitement ce que doit être un jeu d'Arcade pure souche) et que l'aventure est finalement assez courte, il est par contre regrettable d'avoir une réalisation si pauvre et une bande-son si mauvaise. Bien sûr que le jeu a ses qualités, comme sa narration (malheureusement tout en japonais... difficile d'y comprendre quelque chose !), son humour, ses couleurs pimpantes ou encore son ambiance qui est sympa comme tout. Mais en toute honnêteté, la concurrence lui fait beaucoup de mal dans le sens où ce jeu semble sortir d'une PC-Engine (à la rigueur on l'aurait mieux accepté s'il faisait parti des premiers jeux Super Famicom... or la console a déjà 3 ans !). Pour moi, Hammerin' Harry restera toujours une Madeleine de Proust, l'un de ces jeux "magiques" qui ont bercé mon enfance/adolescence, et que je ne peux me soustraire à critiquer outre mesure (après tout, il a aussi ses qualités). Mais pour le joueur lambda qui le découvrait en 1993, ou pire aujourd'hui, il est clair que la 16-bits de Nintendo offre bien mieux que ce titre-là... et souvent pour moins cher.



Les -

  • Textes uniquement en japonais (mais peut-on vraiment le blâmer pour ça ?)
  • Ne pas pouvoir revenir en arrière sape tout désir d'exploration
  • Techniquement indigne de la Super Famicom
  • Musiques vraiment pas terribles
  • Trop difficile sur la fin
  • Les +

  • La scénarisation (hors la fin) est plutôt bonne
  • Ambiance sympa et couleurs pimpantes
  • Le jeu ne manque pas d'humour
  • Gameplay accessible

  • Test réalisé par iiYama

    aout 2020