Go Go Ackman 3 (SNES)

 







Note générale


Sortie du jeu : décembre 1995 (au Japon uniquement)
Développeur : Banpresto
Editeur : Banpresto
Genre : action / plate-formes

Support : cartouche de 16Mb
Version testée : Japonaise
Voix dans le jeu :
Textes à l'écran : JAP
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 500Frs (import)



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Go Go Ackman 3








Je suppose
Il n'aura fallu que 5 mois pour que cette suite sorte !
qu’il y a parmi vous de nombreux fans d’Akira Toriyama, et que par conséquent, vous ne devriez pas m’inonder de commentaires négatifs suite à ce test. :) Le nombre de fans et d’acheteurs potentiels, c’est aussi, ce qui a motivé Banpresto à se lancer dans la réalisation d’un troisième jeu. Je ne sais pas si l’opération aura été très lucrative pour le développeur (bien que ce ne sont que des estimations, les chiffres de vente sont assez faibles) mais en tant que simple joueur, je peux déjà vous révéler que ce Go Go Ackman 3 est une bonne idée, le titre renouant avec l’efficacité du premier opus, la maestria technique en plus… Vous êtes amateur d’intrigues pimentées ? Pour vous, les retournements de situation imprévus sont indispensables à tout bon jeu, fut-il un simple jeu d’action / plate-forme ? Eh bien, vous risquez d’être un chouïa déçu ! Les deux premiers jeux n’ont pas spécialement brillé par leurs scénarios fouillés, et ce n’est pas Go Go Ackman 3 qui va fondamentalement changer la donne, puisque l’humour et la bonne humeur ambiante sont à nouveau les seuls véritables moteurs du jeu. Dans ce troisième épisode, un petit effort a pourtant été consenti pour surprendre les joueurs, avec l’introduction d’un second perso jouable en la personne de… (voir plus bas, gardons un peu le suspens :). Mais c’est avant tout pour rafraîchir un gameplay qui n’avait pas bougé d’un iota, ou si peu, depuis le premier jeu. Sans surprise, cet épisode s’ouvre donc sur une journée comme les autres… et avec une grosse impression de déjà-vu ! Ackman, que je ne vous présente plus, s’adonne toujours à son passe-temps favori : récupérer les âmes de ses ennemis avec l’aide de son pote Godon. Et le petit angelot Tenshi s’échine toujours à lui mettre des bâtons dans les roues en montant des plans improbables. Cette fois-ci, il s’est surpassé en fabriquant une invention dernier cri censée réduire Ackman en miettes : un vaisseau équipé d’un laser, d’une pince et de lance-missiles ! Malheureusement pour lui, la confrontation avec son ennemi juré tournera court, la fameuse invention connaissant quelques pépins techniques… Rien de bien neuf dans leurs vies donc, si ce n’était l’existence d’un traquenard qui allait bientôt se refermer sur eux et les mener tout droit derrière les barreaux d’une prison !


Ce coup
Pour la 3e fois, on retrouve la patte Toriyama
de filet inédit est l’oeuvre d’un nouveau venu : le chef de la police des anges, un grand gaillard à la pilosité abondante et aux moeurs plutôt bizarres, adepte du look motard et des "bisous bisous" (!). Le pauvre Ackman en sait quelque chose : cible favorite du gradé en manque d’amour, il en fera plusieurs fois l’amère expérience au cours du jeu. Cette fois, c’est donc un challenge de taille qui attend nos deux ennemis de toujours : faits comme des rats, ils vont devoir surmonter leurs différends, s’associer pour s’évader de leur cellule et découvrir ensuite qui a manigancé cette arrestation arbitraire. Car oui, derrière toute cette sombre histoire, il se pourrait bien qu’il y ait quelqu’un qui, dans l’ombre du chef de la police, tire toutes les ficelles… Vous l’avez très probablement deviné : le second personnage jouable n’est autre que Tenshi. Bizarrement, Banpresto ne l’a pas ajouté pour proposer un mode 2 joueurs digne de ce nom (le titre en est dépourvu), mais bien pour apporter un peu de sang neuf au gameplay qui, comme je vous le disais, n’avait que peu évolué depuis les débuts de la série. Oh, ne vous attendez pas à de grands bouleversements, mais plutôt à un peu plus de variété dans la manière d’aborder le jeu. Dans un des stages, Tenshi sera imposé, alors que dans les autres, on pourra switcher à volonté entre Ackman et l’angelot, à condition de se placer devant un panneau spécifique présentant un symbole circulaire. Les possibilités et actions de base sont les mêmes pour les deux personnages, que ce soit pour les armes (que l’on peut toujours améliorer en reprenant le même "item arme"), les bombes (toujours disponible en nombre limité) ou les mouvements possibles (balayage, saut, coup de poing, prise et projection des petits ennemis). Par contre, en gardant le bouton B enfoncé, Tenshi pourra s’envoler pendant un moment, mais pas de manière continue. Il pourra aussi se faufiler derrière certains éléments du décor (containers, arbres…). Caché de la sorte, il sera alors invisible aux yeux des ennemis, mais ne pourra pas utiliser son arme pour se défendre. Pour frapper ses adversaires, notre ange devra donc se mettre à découvert. C’est une capacité assez amusante. Un des stages joue d’ailleurs sur la notion d’infiltration : il faut avancer sans se faire repérer (en se cachant, en évitant de marcher sur des canettes vides qui trainent au sol…). C’est très "soft", ne vous attendez pas à de l’infiltration à la Metal Gear Solid, mais c’est sympa quand même.


Bien entendu,
Le gameplay propose encore quelques nouveautés, plutôt bien vues
comme on pouvait s’y attendre, certains niveaux obligeront à prendre l’ami Tenshi pour continuer à progresser dans les hauteurs, alors que d’autres favoriseront plus Ackman. Comme son prédécesseur, Go Go Ackman 3 n’est constitué que de cinq stages, divisés à chaque fois en deux parties bien distinctes. La première est la plus originale : elle place le joueur dans des situations inédites, le plus souvent à bord d’engins motorisés qu’il pourra choisir ou qui lui seront imposés. La palette est assez large, avec une voiture (un peu comme dans le premier opus, mais pour une virée « arcade » et non une séquence basée sur les réflexes), un hélico (pour une séquence shoot’em-up, comme dans le second jeu), une moto et un engin style « hors-bord » avec mitrailleuse à l’arrière. Vu que certaines devront être choisies, il faudra faire plusieurs parties pour goûter à toutes les machines. Et quand il n’y a pas d’engin à piloter, c’est la configuration même des lieux qui se chargera de créer la surprise. On devra en effet se balader à dos de grenouille, grimper au sommet d’une tour (un peu comme dans Super Ghouls‘n Ghosts ou Mickey Mania), ou tel Link fauchant l’herbe avec son épée, explorer le nid d’un oiseau géant à la recherche d’une paire de lunette perdue. La seconde partie des niveaux est quant à elle plus classique, avec de la plate-forme, vue de profil. Comme d’habitude, si on joue avec Ackman, Godon récolte automatiquement les âmes des ennemis tombés au champ d’honneur. Ces dernières serviront de monnaie dans des boutiques (il y en a une par stage), pour acheter différents items (armes, capsules d’énergie…). A la fin de chaque stage, ce sont (la plupart du temps) des boss robots ou des ennemis motorisés qui attendent nos héros. Ça change des hard rockers de l’opus précédent, même si, dans le même temps, ces boîtes de conserve ne sont pas spécialement originales. Ah oui : il se pourrait aussi que quelques têtes connues aient été invitées en "guest stars", mais chuut… je ne vous ai rien dit. Compter dans ses rangs un très grand (si ce n'est pas le plus grand) nom du manga, c’est bien pratique !


Pour vendre son jeu,
La réalisation est vraiment top niveau, cette fois le jeu a été peaufiné
Banpresto a une nouvelle fois plus mis en avant la présence de Toriyama au générique pour pousser les joueurs à repasser à la caisse. Cependant, dans le même temps, il fallait aussi créer la surprise, au moins un minimum, tout en ménageant le coup de crayon du mangaka. Ce qui n’est pas forcément chose aisée pour un troisième épisode. Avec toutes ces contraintes, on aurait dès lors pu imaginer que la marge de manœuvre du développeur était encore plus réduite qu’auparavant. Et bien non ! Contre toute attente, le développeur s’est une nouvelle fois surpassé ! Croyez-le ou non, Go Go Ackman 3 fait encore (un petit peu) mieux que ses prédécesseurs, en bonifiant ce qui pouvait l’être. Certains détails sautent aux yeux (les animations des deux héros sont bien décomposées et très classes, à l’image du balayage au sol) et certaines séquences font clairement bosser la Super Famicom (que ce soit pour les scrollings différentiels sur plusieurs plans dans les niveaux de plate-forme, les graphismes encore un peu plus fins qu’auparavant, le stage du hors-bord en pseudo-3D…). Avec tout ça, le style unique d’Akira Toriyama est magnifié et on repense avec nostalgie aux meilleurs moments passés sur Dr Slump ou Dragon Ball. Les différents types de gameplay sont aussi, à chaque fois, très bien amenés. Techniquement très cleans, ils assurent un très bon rythme au jeu. Banpresto a donc encore amélioré la formule, mais malheureusement, uniquement pour les phases d’action. Dans Go Go Ackman 3, il y a encore et toujours énormément de parlotte et c’est assez indigeste. Autant on s’amuse dans les différents stages, autant ces dialogues s’éternisent. C’est super d’avoir une intrigue et des dialogues qui servent de fil conducteur… mais de là à avoir la sensation de prendre part à un peu d’action, entrecoupée par de grosses séances de bla-bla, il n’y a qu’un pas… Et Go Go Ackman 3 le franchit parfois allègrement. Comme pour le second épisode, le fait de ne pas comprendre le japonais est probablement à l’origine de cette impression. D’ailleurs, d’après les têtes tirées par les persos, j’imagine que ce qui se raconte doit même être plutôt marrant. Mais en tant que joueur occidental, on passe à côté de quelque chose, et il fallait que ce soit dit. Il aura fallu trois essais à Banpresto pour proposer un Go Go Ackman attrayant à tous les niveaux.



Go Go Ackman 3 Note
est techniquement le plus abouti des trois jeux sortis sur Super Famicom. L’alternance des gameplays assure un plaisir constamment renouvelé, et la possibilité de jouer avec Tenshi est une bonne idée que l’on aurait aimé retrouver plus tôt, dans Go Go Ackman 2 par exemple. Les seuls défauts du titre sont finalement assez secondaires mais néanmoins présents, à l’image de ses nombreux dialogues (impression encore accentuée si, comme moi, vous ne comprenez pas le japonais) ou de l’absence d’un mode 2 joueurs. Pour la petite histoire, sachez que Banpresto avait peut-être bien l’intention de sortir un Go Go Ackman 4, toujours sur Super Famicom. En terminant le jeu, on tombe en effet sur un écran indiquant «To be continued next… Go Go Ackman 4 ?». L’avenir, et les chiffres de vente en forte baisse, en auront décidé autrement…



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Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
mai 2012