Go Go Ackman 2 (SNES)

 







Note générale


Sortie du jeu : juillet 1995 (au Japon uniquement)
Développeur : Banpresto
Editeur : Banpresto
Genre : action / plate-formes

Support : cartouche de 16Mb
Version testée : Japonaise
Voix dans le jeu :
Textes à l'écran : JAP
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 500Frs (import)



Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

Go Go Ackman 2








Sept mois…
Il aura fallu à peine 7 mois pour voir débarquer une suite à Go Go Ackman ! Et dire qu'aujourd'hui on se plaint des suites à répétition...
c’est le temps, finalement assez court à l’échelle d’un jeu, qui s’est écoulé entre la sortie du premier Go Go Ackman et le second volet que je vais vous présenter ici même. Pour Banpresto, proposer une suite aussi rapidement tient un peu de l’exploit, car même si à l’époque le développement d’un jeu ne prenait pas autant de temps que maintenant, il fallait quand même une sacrée dose d’organisation et d’efficacité pour boucler un tel projet dans un laps de temps aussi court. Ou alors, peut-être les développeurs étaient-ils sacrément motivés par les bons chiffres de vente du premier jeu. Allez savoir… Quoi qu’il en soit, ce ne sont pas les très nombreux fans d’Akira Toriyama qui se seront plaints car, même si elle n’est pas foncièrement innovante, retrouver Ackman et Tenshi dans une seconde aventure est une petite récompense qui ne se refuse pas. En matière de scénario et plus globalement, de déroulement du jeu, cette suite copie littéralement son aînée, et en dehors du duo Ackman/Tenshi, seuls les autres protagonistes changent. Ackman, notre petit démon de 200 ans à peine (un « ptit jeune » pour ses semblables) a toujours pour seul et unique but de récolter le plus d’âmes possible afin de les revendre au Diable à très bon prix. De son côté, le petit ange Tenshi est toujours aussi vénère : alors qu’il pensait qu’Ackman resterait endormi pour l’éternité, voilà t’y pas que le petit démon est on ne peut plus réveillé et vient systématiquement contrarier ses plans ! Cette fois-ci, pour tuer notre héros collectionneur d’âmes, le chérubin a eu une idée de génie : faire appel à un groupe de rock céleste, les Metal Angels ! Si le nom de cette pseudo-formation musicale est bien classe, on ne peut malheureusement pas en dire autant de ses membres. On est même très loin de l’image habituelle des tueurs sanguinaires et efficaces, puisque chaque Metal Angel est en fait une bonne grosse caricature, certains faisant même penser à des musiciens célèbres. On trouve dans leurs rangs une sorte de Jimmy Hendrix à la méga-coiffure afro, un Elvis bien grassouillet, un punk « métaleux » adepte des riffs sur guitare électrique, et un claviériste asiatique qui, sur le moment, ne me fait penser à personne (si vous avez une idée, faites-moi signe).


Enfin leur
Cette fois Tenchi engage les "Metal Angels" pour nous barrer la route... l'humour est toujours présent
leader et chanteur n’est autre qu’un énorme archange blond à la solde de Tenshi. Avec un tel casting, Go Go Ackman 2 prend donc le même chemin que son aîné, et même un peu plus, puisqu’il s’enfonce dans l’humour, la gaudriole et la franche rigolade… Les fans avaient vraisemblablement plébiscité le premier épisode. Pas fou, Banpresto recycle donc la même formule et conserve la même mécanique de jeu, à savoir de l’action / plate-forme pas spécialement facile (à condition de se donner la peine d’y jouer en mode normal), et une partie technique qui se repose beaucoup sur le talent de Toriyama, avec un character design d’exception et des décors colorés. Le gameplay, hormis quelques petits ajustements, est quasiment inchangé. Godon seconde toujours notre héros en ramassant les âmes laissées sur son passage, et Ackman pourfend toujours les ennemis à l’aide de ses poings ou de l’une de ses trois armes (sabre, boomerang, revolver). Que ce soit avec le poing ou l’arme (un bouton est dédié à l’un et à l’autre), il peut toujours « charger » un super coup si le joueur prend soin de garder le bouton correspondant enfoncé. Les bombes rempilent elles aussi, et elles sont toujours en nombre limité. Quand Ackman est blessé par un ennemi ou un élément du décor, il conserve désormais son arme (dans le premier épisode, il l’a perdait sur le champ et n’avait plus que le coup de poing pour se défendre). En ramassant l’item adéquat, chacune des trois armes pourra être améliorée deux fois, mais les améliorations seront perdues si Ackman est blessé ou s’il change d’arme. Visuellement, le petit démon donne toujours l’impression d’avoir un balai dans le dos, mais il n’en est pas moins agile pour autant : le saut et la glissade (pratique pour passer dans des endroits étroits ou pour faucher les ennemis) sont monnaie courante dans le jeu. Ackman pourra aussi, et c’est aussi une nouvelle capacité, attraper et lancer les petits ennemis. Mais avec un ennemi dans les bras, il ne pourra cependant pas se déplacer. La projection est une nouvelle action intéressante, même s’il est dommage de constater qu’elle n’est quasiment pas utilisée dans le jeu : hormis contre un des boss, on peut très bien s’en passer, et sa mise en oeuvre, qui oblige à s’approcher très près de l’ennemi, n’est pas toujours évidente. Souvent, si on ne parvient pas à agripper l’adversaire, on est blessé inutilement…


Mis à part
Le gameplay pose quelques nouveautés mais cette suite ne corrige pas les défauts de collision
les items qui permettent à la fois de changer d’arme ou d’upgrader l’arme si on la possède déjà, Go Go Ackman 2 propose à peu de choses près la même panoplie qu’avant : des items bombes (histoire d’en avoir quelques-unes en réserve), des coeurs et des capsules (pour récupérer de l’énergie, en partie ou en totalité), de très rares 1UP (sous forme de tête d’Ackman), des items « tête de mort » pour rendre le petit démon invincible, ou encore de rares items Godon. En les ramassant, le petit diablotin va se mettre à tournoyer autour d’Ackman et va détruire les ennemis entrant à leur contact. Les rôles sont alors inversés, puisque c’est Ackman qui doit alors ramasser les âmes abandonnées par les ennemis… Un des problèmes inhérents aux suites, c’est souvent (toujours ?) l’impression de déjà-vu qui peut s’en dégager, et autant vous le dire tout de suite, Go Go Ackman 2 n’y échappe pas. J’irais même jusqu’à dire que, d’une certaine manière, le phénomène est ici accentué. Le style de Toriyama est tellement fort et marquant que dès les premières minutes de jeu, on a l’impression d’évoluer en terrain connu, et ce, même si des efforts évidents ont été faits pour proposer au joueur une expérience sensiblement différente, et ainsi le préserver de la lassitude. Alors que le premier Go Go Ackman comportait une balade en voiture assez jouissive et originale, Go Go Ackman 2 se la joue shoot’em-up avec un stage à bord d’un petit avion. Dans le même trip, une balade en chariot de mine est aussi au programme, un peu plus loin dans le jeu. Toujours pour divertir et ne pas lasser, Banpresto a aussi pensé à faire d’avantage varier les ennemis. Et c’est réussi : bien souvent, on ne croisera un type d’ennemis qu’à un seul endroit du jeu, ce qui est plutôt pas mal. Croiser de nouvelles têtes tout au long du soft est particulièrement agréable et permet d’avoir un jeu équilibré, avec d’un côté des « petits » ennemis originaux, et de l’autre, des boss à très forte personnalité qui vont chacun suivre des schémas d’attaque pas toujours simples à contrecarrer : le punk va lâcher des éclairs avec sa guitare électrique, le pseudo-Elvis va charger avec sa guitare… Parfois, la première impression laissée par un jeu n’est pas la bonne.


Dans le cas de
La réalisation est encore une fois d'un bon niveau
Go Go Ackman 2, on s’attend à une suite programmée à la sauvette qui n’apporte pas grand-chose, et voilà qu’on se retrouve avec un jeu qui a vraisemblablement été mûrement réfléchi. Le character design de Toriyama fait le reste… et la magie opère. Go Go Ackman 2 propose en tout et pour tout cinq stages flambant neufs du sol au plafond, pas spécialement originaux mais très colorés. L’animation est égale à elle-même : on aurait aimé avoir entre les mains un Ackman un peu plus souple, aux mouvements plus fluides, mais bon on fera avec. Comme dans le premier épisode, la détection des coups donne parfois l’impression d’être approximative, parce que difficilement cernable par le joueur, et il faut souvent s’approcher très près des ennemis pour les toucher… ce qui augmente la probabilité d’être blessé dans l’opération. Ce petit défaut est aussi valable pour les boss : il faut parfois plusieurs tentatives pour trouver leur faille, et comme en mode Normal, le nombre de coups nécessaires pour les vaincre est assez important, on hérite d’un jeu qui par moment, n’est pas spécialement facile. L’humour, omniprésent, est aussi l'une des composantes principales du script, et on supposera que les nombreux dialogues entre Ackman, Tenshi et les Metal Angels sont bien marrants (mais comme ils sont en japonais, on en restera au stade de la supposition). Les animations, souvent cocasses, jouent aussi pour beaucoup dans la bonne humeur qui se dégage du titre, tout comme la bonne mise en scène et les petites vignettes expressives que l’on peut admirer durant les dialogues (ça, même en ne comprenant pas un traître mot de japonais, on peut l’apprécier). Enfin, même si l’ami Tenshi a engagé un groupe de musicos, on ne peut malheureusement pas dire que Go Go Ackman 2 bénéficie d’une bande-son qui lui permettra de partir à l’assaut du hit parade. Les mélodies sont bonnes, mais pas spécialement marquantes : il y a du rythme, une énergie certaine, mais aussi un côté "passe-partout" indissociable des différents morceaux.



Les Note
suites ont souvent mauvaise presse, et c’est bien souvent justifié. Le tour de force réalisé par Go Go Ackman 2 en est d’autant plus remarquable : une période de développement très courte certes, mais un jeu qui au final offre un nouveau visage à ce qui est maintenant devenu une série, avec un univers et des personnages toujours aussi réussis, un gameplay un peu plus riche qui, sans être parfait, gomme certaines imperfections du premier épisode, et un niveau de difficulté bien palpable qui permet de s’amuser pendant quelques heures. Tout aussi divertissant que le premier opus, ce second épisode est un jeu d’action / plate-forme hautement recommandable à tous les fans du coup de crayon de Toriyama, mais aussi aux amateurs de jeux de plate-forme bien foutus.



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
mai 2012