Go Go Ackman (SNES)

 







Note générale


Sortie du jeu : décembre 1994 (au Japon uniquement)
Développeur : Banpresto
Editeur : Banpresto
Genre : action / plate-formes

Support : cartouche de 16Mb
Version testée : Japonaise
Voix dans le jeu :
Textes à l'écran : JAP
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 500Frs (import)



Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

Go Go Ackman








C’est une
Go Go Ackman est à l'origine une petite nouvelle signée du grand maitre Akira Toriyama
certitude : Akira Toriyama est un auteur de manga qui fait vendre. Après avoir accédé à la renommée au début des années 80 avec son manga Dr Slump, il a ensuite enchaîné avec ce qui allait devenir son oeuvre majeure : Dragon Ball (avec et sans Z). Par la force des choses, c’est aussi le mangaka le plus adapté en jeux vidéo. On ne compte bien évidemment plus les titres consacrés à Dragon Ball Z sur nos chères consoles (passées et présentes), mais Toriyama s’est aussi beaucoup impliqué dans le chara-design de nombreux jeux : les Dragon Quest (une véritable institution au Japon), Chrono Trigger (sur Super Famicom), les Tobal (sur PSone) ou plus récemment Blue Dragon (sur Xbox 360)… et j’en oublie peut-être. Tout ceci pour vous dire que lorsqu'il a sorti son manga Go Go Ackman en 1994, la Super Famicom était encore au sommet de sa gloire et les joueurs nippons n’ont pas dû attendre longtemps pour voir débouler une adaptation de cette licence en jeu vidéo. A l’origine, Go Go Ackman était un manga "shonen" humoristique publié au Japon de mai 1993 à août 1994, dans le magazine V-Jump (un magazine consacré aux jeux vidéo), et l’adaptation française est sortie chez Glénat en 1998. Relativement court, il ne comporte que douze chapitres, chacun constitué de seulement six pages. Petite originalité: contrairement à 99,9% de la production manga, Go Go Ackman a été directement publié en couleurs, et ce n’est qu'après, qu’une nouvelle version reliée est sortie en noir et blanc. Concernant l’histoire en elle-même, Toriyama nous conte les aventures d'Ackman, un petit démon qui sort d’un sommeil de 50 ans. Dès son réveil, ses parents et ses soeurs lui expliquent qu’en tant que démons, ils doivent tuer des gens pour récupérer leurs âmes… celles-ci sont ensuite vendues au Diable. Dans ses aventures, Ackman est constamment accompagné par Godon, une sorte de chauve-souris rouge, qui se charge de rassembler dans une jarre les âmes des personnes tuées par notre héros. Comme dans tout bon manga, histoire de mettre un peu de piment, Ackman trouvera sur son chemin un ennemi juré. Ici, en l’occurrence, il s’agit de Tenshi, un petit angelot tout mimi (mais en apparence seulement). Ce dernier pensait qu’Ackman était bel et bien endormi pour l’éternité. Dès lors, imaginez un peu sa surprise quand il tombe nez à nez avec le petit démon bien réveillé ! Son seul et unique but durant tout le reste du manga sera de tuer Ackman, et pour y parvenir (vu qu’il n’arrive pas à le faire lui-même) il engagera toute une galerie de persos bien plus compétents tels que des tueurs à gages, des mercenaires, etc.


Mais ne vous
Si on incarne un petit démon aux airs de Trunks, sachez que l'humour est bien présent
méprenez pas non plus : dans Go Go Ackman, c’est la rigolade qui prime, et même si notre héros tue plus qu’à son tour, on est bel et bien en présence d’un manga humoristique à l’humour parfois très lourd, voire même douteux. Mais on aime ça. Enfin, sachez aussi qu’outre le manga et les jeux vidéos (3 sur Super Famicom et 1 sur Game Boy), Go Go Ackman a aussi été adapté dans un petit anime de 15 minutes, présenté à la V-Jump Festa. Maintenant que vous connaissez un peu mieux le manga, attaquons le plus important : le jeu vidéo. Dès l’intro, le ton est donné. Et on sent déjà que l’on va avoir à faire à un titre qui ne se prend pas au sérieux. Les dialogues (le plus souvent entre Ackman et Tenshi) sont d’ailleurs assez tordants, même pour le joueur ne lisant pas un traître mot de japonais, puisque chaque intervention d’un perso est accompagnée d’une petite vignette de son visage, très expressive. En terme de gameplay, ce premier Go Go Ackman se présente sous la forme d’un jeu d’action/plate-forme très classique, mais qui a bien évidemment un gros avantage : une "touche graphique" propre à Toriyama, ce qui en soit, en fait déjà un jeu avec un gros capital sympathie. Vous dirigerez donc Ackman du début à la fin, flanqué en permanence de son acolyte volant, Godon, qui ne fait rien dans le jeu, à part ramasser les âmes des ennemis que vous aurez trucidé. Côté mouvements disponibles, notre anti-héros pourra sauter de plate-forme en plate-forme, frapper les ennemis avec ses poings, et même lancer une attaque chargée sous la forme d’une onde surpuissante (si vous laissez le bouton d’action enfoncé). En combinant un saut et une pression sur le bouton d’action, il effectuera aussi un saut chassé. Grâce à différents items présents dans les niveaux, il pourra aussi s’équiper d’armes relativement variées (pistolet, sabre, etc.). Mais attention : au premier contact avec un ennemi, il perdra le bénéfice de cette arme et devra se contenter de ses poings pour se défendre. Ce sont en fait les armes qui vont servir ici de protection à Ackman, puisqu’une fois touché, il perdra son arme mais pas de vie. Par la suite, en cas de contacts répétés avec les ennemis, il perdra bien entendu de l’énergie. Des items « bombes » sont également présents, et permettent de nettoyer tous les ennemis à l’écran. Les développeurs de Banpresto se sont aussi permis un emprunt à peine dissimulé au monde de Mario, puisqu’en sautant sur certains ennemis, Ackman pourra les aplatir pour ensuite les « faire glisser » vers d’autres ennemis (dans un système plus ou moins proche de ce qui se fait avec les Koopas dans Mario).


Notre cher
Pas non plus hyper difficile, Go Go Ackman ne s'entrepend pas non plus à la légère, le challenge est bel et bien là
Ackman, tout démon sanguinaire qu’il est, possède donc une vie limitée (représentée par des barres rouges en haut de l’écran). Il pourra bien entendu en récupérer grâce aux items arborant un coeur, tout comme il pourra restaurer toute sa vie grâce à l’item «capsule». Des items représentant un crâne sont également présents, et permettent d’être invincible pendant quelques secondes. Enfin, pour gagner une vie supplémentaire, vous devrez récolter 100 âmes, ou alors l’item avec la tête d’Ackman (assez rare quand même). Après tout ce que je viens de vous expliquer, si vous avez une grosse impression de déjà-vu, c’est tout à fait normal, Banpresto ayant intégré dans son jeu les bases même du "genre plate-formes", soit des mécanismes présentes dans pratiquement tous les jeux de plate-forme de l’époque. Et ceci n’est pas une critique, car ce sont finalement des principes solides qui ont fait leurs preuves. Reprenons ensemble les points marquants du titre de Banpresto. Tout d’abord, ce qui saute aux yeux, c’est la grande diversité à la fois des actions et des environnements proposés. Ackman conduira une voiture, voguera sur un radeau de fortune, volera grâce à un « jet pack »… en alternance avec des phases de plate-forme plus classiques. De plus, histoire de casser un peu le rythme et de varier les possibilités de parcourir le jeu, les développeurs ont imaginé un système de questions/réponses posées à Ackman (et donc à vous). En fonction de la réponse que vous donnerez, vous serez dirigé vers tel ou tel sous-niveau. C’est très sympa. Ensuite, contrairement à ce que l’on pourrait supposer en connaissant le background du jeu (soit, l’adaptation d’un manga destiné à un public relativement jeune, voire ado), la difficulté globale pourra paraître relativement élevée, même pour un joueur habitué aux jeux de plate-forme (et ceci, dès le mode normal). Pour atténuer un peu cet aspect, il y a bien des continus illimités, mais même avec ceux-ci, certains passages du jeu pourront s’avérer "casse-tête ". Vous voilà prévenus ! Enfin, même si pour certains joueurs, ça peut paraître secondaire, le fait que le jeu soit basé sur un manga de Toriyama apporte beaucoup. On reconnaît son univers, son style, que ce soit pour les décors ou les persos, avec un Ackman qui ressemble fortement à Trunk et un Tenshi qui fait immanquablement penser à Krilin. Les fans apprécieront donc à coup sûr cet univers qui leur est familier et qui fait penser à Dragon Ball Z. Autant être direct : Banpresto n’est pas Konami ou Capcom. En outre, l’éditeur est abonné aux adaptations de licences en jeux. On aurait donc pu avoir quelques appréhensions (légitimes) quant à la réalisation technique.


Mais dans
La réalisation est tout à fait correcte et la "patte Toriyama" est un vrai plus
le cas présent, il n’en est rien et les équipes du développeur nippon se sont particulièrement bien débrouillées pour nous proposer une réalisation à la hauteur de l’univers dont le jeu est tiré. On retrouve donc avec plaisir un graphisme très proche du manga (on en attendait pas moins!). Ça bouge un peu partout et de manière fluide, y compris dans les décors, avec de jolis effets visuels (notamment, à titre d’exemples, dans le sous-niveau de la cascade stage 2, ou encore dans celui du désert, en extérieur, stage 3). Les mouvements d’Ackman sont assez rigides, mais cohérents, avec de petites animations bien marrantes quand il est trop près du bord d’une plate-forme par exemple. Du côté des ennemis, le chara-design est également à la hauteur, et même si leurs comportements sont assez prévisibles, Ackman trouvera de quoi faire en les affrontant. Le jeu comporte aussi pas mal de boss de mi-stage et de fin de stage, ayant chacun une faille, mais qui sont à chaque fois très sympas visuellement parlant, et jamais bien compliqués à battre. La partie musicale est assurée par des compositions très « nineties », avec un beat à chaque fois nerveux et parfois même des sonorités sympas comme seule la Super Famicom pouvait en produire (notamment pour le second stage, qui se déroule sur une île, avec une musique très hawaïenne). Les bruitages sont dans l’ensemble assez bons, avec de jolis effets, mais plutôt convenus. Manier Ackman ne sera pas un problème, vu le nombre de mouvements assez restreints qu’il peut réaliser, mais le jeu nécessitera quand même un bon timing de la part du joueur, les contacts entre sprites n’étant pas toujours très faciles à cerner. Enfin, la durée de vie de ce premier Go Go Ackman est tout à fait dans la moyenne (5 levels, mais chacun constitué de pas mal de sous-niveaux), et comme bien souvent pour les jeux de plate-forme sur Super Famicom/Super Nintendo, il n’y a pas de sauvegarde possible (ce qui, entre nous, rallonge aussi un peu la durée de vie).



Banpresto Note
applique à la lettre son petit manuel du « parfait jeu de plate-forme en 10 leçons », avec des mécanismes vus et revus, ce qui fait que sur le plan de l’innovation ou de l’originalité, on restera un peu sur sa faim. Mais au final, on lui pardonnera ce côté un peu trop "scolaire" pour une simple et bonne raison : Go Go Ackman met en scène les aventures du petit démon de Toriyama, avec tout ce que cela implique au niveau des graphismes et du chara-design du jeu. Par conséquent, si vous êtes fans de DBZ ou autre, vous adorerez à coup sûr. Et si vous n’êtes pas familier avec l’oeuvre du mangaka, vous passerez quand même un bon moment en compagnie d’un jeu de plate-forme très sympa au gameplay solide.



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
mai 2012