Final Fantasy VI (SNES)

 










Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : avril 1994 au Japon - octobre 1994 aux Etats-Unis
Développeur : Squaresoft
Editeur : Squaresoft
Genre : Jeu de Rôle (jRPG)

Support : cartouche de 24Mb (JAP) / 32Mb (USA)
Version testée : Américaine
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : US
Difficulté :

Multi-joueurs : non
Abréviation : FF6 - FFVI
Titre alternatif : Final Fantasy III (USA) - Fainaru Fantaji Shikkusu (JAP)
Prix au lancement : 450Frs
Score des ventes : 3.48 Millions (SNES + PSX)


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Final Fantasy VI








Après un
FF6 est l'un des meilleurs épisodes de la série
Final Fantasy IV ayant introduit un scénario plus sombre que d’ordinaire et le système «Active Time Battle», suivi de près par un Final Fantasy V à la facture très (trop?) classique mais efficace, Squaresoft allait proposer, avec Final Fantasy VI, un des épisodes majeurs de la saga. Pour ne pas dire le meilleur. D’ailleurs, si vous demandez aux fans quel est, selon eux, le meilleur épisode 2D de la saga, ils vous répondront unanimement Final Fantasy VI. Voyons ensemble pourquoi ce titre a véritablement transcendé toute la saga, au point de devenir un titre culte, au même titre qu’un certain épisode VII, qui le suivra quelques temps plus tard… Que l’on regarde les trois premiers volets parus sur Famicom, ou même les deux suivants sortis sur Super Famicom, on était à chaque fois en présence de RPG’s certes excellents, mais foncièrement classiques dans leur approche. À ce sujet, Final Fantasy V est un bel exemple de cette situation: une mécanique bien huilée, une réalisation qui utilise honnêtement les capacités de la console… mais un certain manque d’audace ou d’originalité qui empêche le titre de se démarquer du reste de la production. L’épisode VI arrivait donc à point nommé pour surprendre les joueurs de la plus belle des manières. Graphiquement, cet opus est splendide, proposant des graphismes très travaillés, couplés à des animations irréprochables. Aucun épisode précédent de la saga (ni même aucun autre RPG de l’époque) ne pouvait se targuer d’une telle réalisation technique. Sans trop se tromper, on peut même affirmer que c’est à partir de ce sixième épisode que la volonté d’impressionner à chaque fois le joueur est devenue une des marques de fabrique de la saga «Final», Square repoussant à chaque fois les limites des consoles accueillant ses jeux. Maintenant, et c’est peut-être le point le plus important, en marge de l’aspect purement technique, Final Fantasy VI allait aussi être «révolutionnaire» sur le plan du scénario: l’aventure qui y est décrite est nettement plus torturée que dans les épisodes précédents, faisant la part belle aux situations tragiques et au développement des états d’âmes des protagonistes. Plutôt que de relater, de manière linéaire, les péripéties d’un héros principal entouré d’un petit groupe de persos secondaires, Square développe ici la personnalité d’une bonne dizaine de personnages. Au final, on n’est donc plus en présence d’un RPG gentillet à la facture «classique», où les protagonistes sont sans défauts et constamment emprunt de bons sentiments. J’en veux d’ailleurs pour preuve la présence, dans la version originale japonaise, de dialogues assez crus entre les persos -chose assez inhabituelle pour un jeu, encore plus pour un RPG populaire- (dialogues qui seront bien entendu modifiés lors de la sortie du jeu en version US).


Que ce soit
A condition d'avoir une version originale, il est possible de trouver le jeu traduit en Français sur Internet (via un émulateur). Vous en profiterez au mieux, vu que sur SNES, il n'est pas sorti en Europe
donc sur la forme ou sur le fond, on voit que tous les éléments étaient réunis pour faire de Final Fantasy VI un épisode hors du commun, revendiquant ouvertement une orientation plus mature, couplée à un côté «grand spectacle» indéniable. Le succès de cette formule auprès des joueurs sera tel que les épisodes suivants se calqueront aussi sur le même principe (avec plus ou moins de réussite), le scénario et l’aspect technique prenant chacun autant d’importance pour essayer de faire vivre au joueur une aventure inoubliable.Si vous êtes fan de la série Final Fantasy, vous n’êtes pas sans savoir que les différents épisodes ne sont pas liés entre eux au niveau du scénario et proposent chacun (malgré une série de récurrences propres à la saga) des univers différents. Final Fantasy VI n’échappe pas à la règle. Le jeu se déroule mille ans après la guerre des Magi, un conflit ayant embrasé la planète toute entière et durant lequel les civilisations se sont affrontées en utilisant comme arme principale la magie. Lorsque cette guerre pris fin, la magie disparut avec elle. Les populations se sont par la suite reconstruites, mais en ne comptant que sur les avancées de la technologie. À tel point que les possibilités offertes par la magie et son utilisation ont été reléguées au rang de vieilles légendes. Dans ce monde, l’Empire, à la tête duquel se trouve l’empereur Gestahl, se fait de plus en plus menaçant à l’égard des territoires voisins. Son armée est entièrement équipée de la Magitek, résultat du mélange entre les technologies actuelles et la magie. C’est dans ce contexte que va débuter votre aventure. Et d’emblée, plusieurs questions apparaissent en toile de fond: comment cet Empire est-il parvenu à maîtriser la magie, censée avoir disparu il y a mille ans? Cette réapparition de la magie est-elle annonciatrice d’une nouvelle guerre? Le jeu y répondra assez rapidement, au fur et à mesure de l’avancement du scénario. Le joueur, de son côté, n’aura pas le temps de souffler, puisque dès le générique de début, il sera embarqué dans l’histoire. Générique de début particulièrement mémorable d’ailleurs. On y voit deux soldats de l’Empire et une jeune femme qui bravent une tempête de neige pour se rendre à Narshe, une petite ville minière où l’on aurait découvert un Esper (une créature possédant des pouvoirs magiques). Nous voilà donc embarqué dans une aventure qui va être fortement marquée par l’opposition technologie/magie, tout comme par la psychologie des personnages. Preuve, s’il en était besoin, que l’équipe de Square n’a pas foncé tête baissée dans la réalisation du jeu, mais a réfléchi à chacun des éléments du jeu pour fournir un background solide.


Alors que
De nombreux persos à recruter, des menus clairs, un contenu dense et riche. Bref, de quoi faire
beaucoup de RPG’s se contentent de quatre ou cinq personnages jouables, Final Fantasy VI permet au joueur de diriger quatorze persos différents (douze plus deux cachés) pour composer son groupe d’aventuriers. Et pour bien montrer la rupture avec le sacro-saint principe du héros principal flanqué de quelques seconds couteaux, aucun des protagonistes de Final Fantasy VI ne prend véritablement l’ascendant sur un autre. Chacun dispose d’un passé qui lui est propre et que le joueur découvrira petit à petit. En outre, ils ont chacun une capacité et des caractéristiques propres, ce qui les rend vraiment uniques au sein du groupe, mais également très complémentaires. À tel point que le joueur pourra composer sans trop de soucis l’équipe qui lui conviendra le mieux. Parmi tous ces protagonistes, on remarquera quand même qu’il y en a un dont le parcours est intimement lié au scénario principal. Il s’agit de Terra, la jeune femme que l’on découvre au début du jeu. On apprend très vite qu’elle possède un lien particulier avec les Espers. C’est peut-être le seul personnage mis un peu plus en avant que les autres par les concepteurs du jeu. Et ceci d’autant plus que le thème musical de Terra est aussi le thème principal de ce Final Fantasy VI. Le fan retrouvera donc immédiatement ses marques, avec un vaste monde à explorer, de nombreuses villes et donjons, et bien entendu, des combats à n’en plus finir. Les déplacements sur la carte sont ici particulièrement bien rendus, grâce à l’utilisation du mode 7 de la console. Les chocobos, permettant de voyager plus rapidement tout en évitant les combats aléatoires, seront également de la partie. Par la suite, vous pourrez même utiliser un aéronef. Enfin, comme dans tout bon RPG, les villes seront autant d’endroits où vous pourrez vous reposer, acheter de nouvelles pièces d’équipement et faire avancer le scénario. Côté combats, on retrouve des éléments connus, auxquels viennent s’ajouter quelques nouveautés. Vous pourrez y diriger jusqu’à quatre persos simultanément. On retrouve la jauge ATB (Active Time Battle) introduite par Final Fantasy IV, qui permet d’avoir une approche nettement plus stratégique et plus dynamique des combats. En marge des habituelles actions «Attaque», «Magie», «Objets», on aura aussi la possibilité d’utiliser une aptitude spéciale (spécifique à chacun des persos). À titre d’exemple, Locke pourra subtiliser des objets aux ennemis. En utilisant «Peindre», Relm pourra imiter les attaques ennemis et les retourner contre eux, etc. Une autre nouveauté est aussi la présence des attaques de désespoir: quand un perso voit son nombre de HP (points de vie) diminuer de manière critique, il peut alors enclencher une attaque spéciale sensiblement plus puissante que son attaque normale.


Cet épisode se démarque
Final Fantasy VI se classe sans problème parmi les RPG’s les plus aboutis de la console. Ses graphismes et son chara design lui confèrent une ambiance unique à l’épreuve du temps
aussi par l’abandon du système des classes, qui était présent dans le cinquième épisode. Ici, les personnages ont des classes déterminées à la base, qui leur donnent des spécialités bien définies. Mais ne croyez pas que ceci rende votre équipe moins personnalisable, car vous pourrez «modeler» les compétences de vos combattants grâce à la présence des reliques et des Espers. Les reliques, à l’instar des armes ou des protections,s’équipent sur le perso, afin d’augmenter ses statistiques et ses compétences. Elles sont nombreuses et présentent chacune des effets variés. A titre d’exemple, certaines permettent d’utiliser plusieurs armes, d’autres offrent une protection contre certains types d’attaque… Les Espers (ou invocations) ont, quant à eux, un rôle primordial dans cet épisode, puisqu’ils permettent aux personnages d’apprendre des magies (sauf pour Terra et Celes, qui ont la faculté de les apprendre en évoluant). Les pouvoirs des Espers morts sont en fait enfermés dans des cristaux, appelés Magicites. Ce sont ces cristaux qui, une fois équipés sur un perso, lui permettront d’invoquer un Esper (une seule fois par combat) et d’apprendre des magies. Invoquer un Esper consomme beaucoup de points de magie mais permet de réaliser une attaque dévastatrice. Les différentes magies, elles, ne s’apprennent pas immédiatement: le personnage devra les assimiler progressivement, au gré des combats. Par contre, une fois qu’elles sont toutes assimilées, on peut équiper un autre Esper sur le perso, et entamer de nouveaux apprentissages. Avec un tel système, on obtient donc des combattants connaissant un nombre assez impressionnant de sorts, d’autant plus que le nombre d’Espers présents dans le jeu est de 27. Après la période Super Famicom et sans toutefois totaliser un nombre aussi important de portages et rééditions que Final Fantasy IV (certainement le titre le plus «exploité» du catalogue Square Enix), Final Fantasy VI est quand même réapparu à plusieurs reprises sur les consoles Nintendo ou Sony. On pourra toujours critiquer cette politique qui consiste à «refourguer» aux joueurs des titres largement amortis… mais ne boudons pas notre plaisir : Final Fantasy VI est un très grand classique du RPG, désormais accessible au plus grand nombre. Ci-dessous, vous trouverez un bref historique reprenant les différentes sorties dont le titre a fait l’objet.


Final Fantasy VI (Super Famicom – Japon)
Final Fantasy VI sort le 2 avril 1994 sur Super Famicom, au Japon. Le titre connaîtra un succès immédiat, le propulsant directement dans le cercle très fermé des titres les plus vendus sur la console de Nintendo. En fin de carrière, ce sont pas moins de 2.5 Millions d'exemplaires du jeu qui auront trouvé preneur, rien que sur l’Archipel.

Final Fantasy III (Super NES – USA)
Le titre de Square arrive sur le marché US le 20 octobre 1994, sous le titre Final Fantasy III. Un premier jeu intitulé tout simplement Final Fantasy était sorti sur Game Boy. Ensuite, le Final Fantasy IV Easy Type du Japon était sorti aux USA sous le titre Final Fantasy II. Ce qui explique que le jeu se soit vu attribué le chiffre «III». Avec cette édition, les joueurs américains ont donc eu accès très rapidement à l’un des meilleurs épisodes de la saga. Cependant, on notera que cette première version US est loin d’être la plus fidèle à l’originale. En cause : certains passages du jeu considérés comme pouvant choquer un certain public (que ce soit sur le plan du langage utilisé, de certains symboles présents sur des bâtiments du jeu…). C’est pourquoi le soft passera par la moulinette de la censure, avec, à la clé, des dialogues adaptés (aseptisés?) et certains graphismes retouchés. Enfin la cartouche pèse étrangement 8Mb de plus que la version Japonaise.

Final Fantasy Collection (PlayStation – Japon)
Autre époque, autre console. La PSone de Sony règne en maître, et Square décide de sortir au Japon une compilation intitulée Final Fantasy Collection. Elle sera disponible le 11 mars 1999 et reprendra les Final Fantasy IV, V et VI. De plus, pour l’occasion, l’éditeur a réalisé pour l’épisode VI une splendide cinématique d’ouverture. Notez que Final Fantasy VI aura aussi droit à une édition simple au Japon, toujours sur PSone.

Final Fantasy Anthology (PlayStation – USA)
Le marché US accueille la compilation Final Fantasy Anthology le 30 septembre 1999. Elle reprend uniquement les épisodes V et VI de la saga. Particularité : cette édition US comporte un CD bonus reprenant 13 morceaux issus de la bande-son du jeu.

Final Fantasy VI (PlayStation – Europe)
Sortie en Europe le 27 février 2002 sur PlayStation. C’est la toute première fois que les joueurs européens ont accès au titre "officielement". Contrairement au Japon et aux USA, le jeu est ici vendu seul.

Final Fantasy VI Advance (Game Boy Advance – Japon)
Dans le cadre de sa politique de rééditions des Final Fantasy sur GameBoy Advance, Square sort Final Fantasy VI Advance sur le sol nippon. Le titre sera disponible dès le 30 novembre 2006.

Final Fantasy VI Advance (Game Boy Advance – USA)
Final Fantasy VI Advance sort aux USA trois bons mois après le Japon, soit le 5 février 2007.

Final Fantasy VI Advance (Game Boy Advance – Europe)
Le 29 juin 2007, le titre de Square sort enfin en Europe, dans sa version GBA. C’est aussi un des tout derniers jeux GBA à voir le jour, la DS ayant pris la relève.


Le hasard
La bande-son n’est jamais prise en défaut. Du très grand Nobuo Uematsu
fait parfois bien les choses, et pour nous autres joueurs francophones, le fait d’avoir dû attendre l’année 2007 pour voir débarquer la version Game Boy Advance nous aura au moins permis d’apprécier le titre dans sa version la plus aboutie. Square a en effet réalisé du très bon boulot sur cette adaptation, boulot encore bien meilleur que celui réalisé pour le portage de Final Fantasy IV et Final Fantasy V, pour la même console. Et si on remonte un plus loin dans le temps, on constate aisément que cette version est sans commune mesure avec ce qui avait été proposé sur Super NES aux USA (titre dénaturé, et de plus en plus introuvable) ou sur PSone (version qui souffrait de temps de chargement abominables). Pour la version Game Boy Advance, et outre des dialogues d’excellente facture entièrement en français, le développeur en a profité pour ajouter un donjon inédit -l’Antre du Dragon- (ce qui est tout bénéfice pour la durée de vie) ainsi que quatre nouveaux Espers (deux sont «empruntés» à Final Fantasy V et deux autres à Final Fantasy VIII). Trois nouveaux sorts sont également ajoutés dans le jeu (Inondation, Gravité, Courage). Les plus mélomanes d’entre nous seront également ravis de découvrir dans le jeu une option permettant d’écouter toutes les musiques (possibilité qui ici prend enfin tout son sens, tant les compositions musicales sont de qualité). Alors, au final, cette version portable réalise-t-elle un sans-faute? Eh bien… pas tout à fait. D’une part, sur le plan musical, même si elle est apparue bien après la Super Famicom, le Game Boy Advance n’a pas les mêmes capacités de restitution sonore. Si vous jouez via le haut-parleur, les musiques seront assez souvent massacrées et nasillardes, ne rendant pas du tout justice au travail du compositeur Nobuo Uematsu. Avec des écouteurs, le résultat est un peu moins catastrophique, mais il n’arrive pas à égaler le rendu de la version Super Famicom. D’autre part, alors que les graphismes, identiques à la version originale, sont véritablement sublimés sur l’écran de la petite portable, l’animation est parfois prise en défaut. Des saccades apparaissent en effet à certains endroits, au détour d’une ville, ou encore lors de combats riches en séquences d’animation. La faute à un manque d’optimisation du code? Ou à un Game Boy Advance dont les capacités techniques seraient insuffisantes? Personnellement, j’opterais plutôt pour la première possibilité. Surtout que les adaptations des épisodes IV et V souffraient des mêmes symptômes. Cependant, je tiens à vous rassurer tout de suite, malgré la présence de ces petits défauts, le titre de Square est bourré de qualités et le plaisir de jeu reste intact. Dès lors, pour répondre à la question posée en début de page, si vous n’avez pas encore fait Final Fantasy VI (honte à vous … ;o) ), je vous conseille vivement d’opter pour cette version GBA. Vous devriez pouvoir la trouver sans trop de difficultés (même si apparemment, Square a mis en circulation un nombre assez limité de copies… à confirmer).


Et si
Comptez une bonne cinquantaine d’heures pour boucler le soft à votre aise, voire plus si vous voulez faire un peu de leveling et découvrir tous les secrets que renferme le jeu
vous voulez vraiment en profiter dans des conditions optimales, je ne saurais que trop vous conseiller d’y jouer sur DS Lite, la petite dernière de Nintendo possédant une qualité d’écran vraiment supérieure aux GBA et GBA SP. Je vais couper court à tout suspense, et vous donner une réponse immédiate à cette question: apparemment… NON! Pour une bonne et simple raison: parmi toutes les consoles grand public de l’époque, la 16 bits de Nintendo était la seule qui possédait une palette graphique aussi étendue ainsi que le fameux Mode 7 permettant un affichage en pseudo-3D. Sur le plan graphique, les screenshots qui illustrent ce dossier parlent d’eux-mêmes. Avec ses différentes résolutions et sa capacité à afficher jusqu’à 256 couleurs simultanément à l’écran, la Super Famicom permet au jeu de Square d’afficher des graphismes colorés et très détaillés, avec des dégradés encore jamais vus sur console de salon. Il suffit notamment de voir la finesse des décors dans les villes ou durant les phases de combat pour s’en rendre compte. Sur ce plan, le jeu met une «claque» magistrale aux RPG’s concurrents, tout comme aux deux épisodes précédents. En comparant les screenshots du V et du VI, on serait même plutôt tenté de parler de «révolution» sur le plan graphique, tant la différence est énorme. Concernant maintenant le mode 7, on ne va pas revenir ses avantages. Disons simplement que là où le IV et le V se contentaient de l’utiliser avec parcimonie, Final Fantasy VI en fait un usage nettement plus généralisé. On en vient donc à se dire que Final Fantasy VI a été conçu et développé du début à la fin pour la Super Famicom, en tirant parti à du 200% de ses possibilités graphiques et sonores. À tel point que si Square avait voulu porter son titre sur une autre console (je sais, on nage ici en pleine fiction…), on verrait mal quelle machine aurait pu accueillir le titre. Certainement pas la Megadrive. Ni la PC-Engine. Peut-être la Neo-Geo, et encore (au prix d’une véritable gymnastique en terme de programmation). Le fait que les consoles qui ont accueilli le titre par la suite (PlayStation et GBA) ont à chaque fois éprouvé des difficultés à restituer le jeu original et ses qualités me conforte aussi dans l’idée que la version SFC était de loin la meilleure. Mais maintenant, pour des raisons pratiques, et malgré tout ce que je viens de vous dire, il paraît évident que c’est la version GBA qui devrait avoir votre préférence au moment de passer à la caisse, ne fut-ce qu’en raison de sa traduction en français. Après un cinquième épisode assez décevant sur le plan musical, les fans auraient pu craindre le pire pour ce sixième volet. Heureusement pour eux, Nobuo Uematsu s’est littéralement surpassé et leur a livré des compositions musicales tout simplement magnifiques. Au même titre que les graphismes et le scénario, la musique de Final Fantasy VI hisse le titre de Square vers des sommets encore jamais atteints par un RPG. Et encore aujourd’hui, elle est considérée par beaucoup comme une des meilleures «bande-son» jamais produite pour un jeu vidéo.



Certains titres Note
se contentent de marquer une seule et unique génération de consoles. D’autres, comme Final Fantasy VI, se paient le luxe de perdurer, en conservant intactes toutes leurs qualités initiales. Et c’est bien à cela que l’on reconnaît les grands jeux, les seuls capables de séduire les joueurs, toutes générations de consoles confondues. En dotant son titre d’un scénario plus torturé, de personnages jouables plus nombreux et charismatiques, ainsi que d’une réalisation technique bluffante, Square a non seulement bousculé les habitudes du RPG nippon de l’époque, mais a aussi fait entrer la série Final Fantasy dans une nouvelle ère: celle du RPG plus mature et à grand spectacle. Aussi essentiel que l’épisode VII, ce Final Fantasy VI est donc un classique indémodable (mais ça, vous l’aviez compris…) et se doit de figurer dans votre ludothèque. En outre, si vous en avez l’occasion, faites de préférence la version GBA, la plus aboutie pour nous autres joueurs francophones. Car malgré ses petits défauts techniques -vite oubliés-, elle vous offrira une expérience de jeu sans commune mesure avec les rééditions précédentes. On s’inclinera donc devant le travail fourni par Square sur cette (dernière ?) adaptation.



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Mémoire du Pad
mai 2011