Fighter’s History (SNES)

 





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Note générale


Sortie du jeu : mai 1994
Développeur : Data East
Editeur : Data East
Genre : combats

Support : cartouche de 32Mb
Version testée : NTSC (US)
Voix dans le jeu : US/JAP
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs
Titre alternatif : Mizoguchi Kiki Ippatsu (JAP) - Karnov's Revenge
Prix au lancement : 450Frs


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Fighter’s History








Acteur historique
Fighter's History est une sorte de clone de Street Fighter II...
du marché de l'Arcade, Data East a vite compris que le succès grandissant des consoles n'était pas une menace, mais bien une opportunité à saisir pour diffuser ses jeux à plus grande échelle. Logique, cette prise de conscience n'avait rien de visionnaire (Capcom, Konami, Taito et les autres grands noms du jeu vidéo japonais suivront la même voie), mais elle permit de faire le lien entre un marché déjà bien développé (celui de l'Arcade) et un autre en pleine explosion (le jeu sur consoles). Comme ses pairs, Data East allait donc s'appliquer à recycler, sous forme de cartouche, quelques-unes de ses bornes, dont un certain Fighter's History. Naïvement, je ne soupçonnais pas le développeur d'avoir un jour sorti un jeu de baston boxant dans la même catégorie que Street Fighter II. Et en fait, c'est même pire que cela : Fighter's History s'est tellement "inspiré" du hit de Capcom que Data East a été traîné devant les tribunaux pour plagiat. Au cours du procès qui suivi, ses avocats ont signé un "hadoken" juridique assez mémorable qui, à la surprise générale, laissera Capcom sur la touche (en gros, ils ont réussi à démontrer que le jeu avait pour origine Karate Champ, une vieille borne de Data East sortie en 1984, et non Street Fighter II apparu bien après). Mais du côté des joueurs, le mal était fait et Fighter's History était devenu une curiosité : "le jeu qui copiait le hit de Capcom" ! Dans les séries policières, on aime bien nous répéter qu'un suspect est présumé innocent tant qu'on a pas apporté la preuve de sa culpabilité. Pour ce test, je vais donc enfiler mon imper de Columbo et je vais essayé de m'en tenir aux faits, histoire de ne pas directement taxer Data East de vil copieur (ce qui, vous le verrez, est très difficile !!). Et déjà, ça commence plutôt mal, puisque le point de départ de Fighter's History est, je vous le donne en mille… un célèbre tournoi international d'arts martiaux ! Il est organisé tous les ans par un énigmatique personnage que l'on surnomme "K" et qui a pris pour habitude de remporter à chaque fois son propre tournoi. Malgré cela, les combattants les plus forts et les plus prestigieux de la planète font à chaque fois le déplacement pour se mesurer les uns aux autres. Certains cherchent la gloire et la reconnaissance, alors que d'autres visent uniquement la fortune. Cette année, 9 experts "es-torgnoles" ont rempli leur bulletin d'inscription, et ils sont d'horizons plutôt divers.


Mc Dougal
Reprenant la jouabilité de SFII, on retrouve vite ses marques
(un détective venu de Los Angeles qui est présenté comme le perso principal du jeu), Makoto Mizoguchi (un lycéen délinquant originaire d'Osaka), Liu Feilin (une actrice chinoise dont le coup de poing est du genre meurtrier), Ryoko Kano (une lycéenne japonaise qui, depuis l'âge de 3 ans, pratique le judo avec son grand-père), Matlok Jade (un guitariste punk rock à la recherche d'une guitare légendaire), Samchay (un combattant d'origine thaïlandaise), Lee Diendou (un maître chinois qui participe au tournoi pour démasquer le meurtrier de son père), Jean (un gymnaste français venu aux arts martiaux pour parfaire sa force et sa grâce dans l'exercice de sa discipline) et enfin Marstorius (un catcheur professionnel, originaire d'Italie). Selon le schéma habituel, s'ils parviennent à se défaire de leurs 8 adversaires, ils devront ensuite en découdre avec 2 boss (contrairement à la version Arcade, ici on peut jouer avec les boss en versus). Le premier est Clown, un adversaire qui, comme son nom le laisse supposer, appartient à un cirque. Face à lui, la rigolade ne sera pourtant pas de mise puisque le gaillard adore prendre son adversaire pour un ballon et, un peu comme Gambit dans X-Men Mutant Apocalypse, il s'applique à lui jeter des cartes à la tête. Le second et déjà dernier boss du jeu, est l'organisateur du tournoi en personne (Mister K) qui n'est autre que Karnov, un personnage que l'on retrouve notamment dans un autre jeu Data East du même nom (Karnov's Revenge sur Neo-Geo). Si ce survol rapide ne permet pas de tirer de grandes conclusions sur le casting du jeu, quelques parties suffisent cependant pour comprendre ce qui a poussé Capcom au procès. En effet, que ce soit au niveau des illustrations entre les combats, de la morphologie des combattants, de leurs coups et autres prises, ou encore de la manière dont le jeu se prend en main, les similitudes avec Street Fighter II sont pour le moins troublantes, sinon flagrantes. Karnov, petit et trapu, se prend pour Dhalsim et transforme son adversaire en torche humaine. Marstorius est quasiment un clone de Zangief. Samchay, grand kick-boxeur thaï et cousin éloigné de Sagat, n'a pas son pareil pour envoyer des coups de pied dans la tronche. Ryoko, la judoka est quasiment un clone de Ryu, en version fille.


Quant à Jean,
La réalisation est correcte mais rien de bien transcendant non plus
il incarne un mix entre Guile et le très efféminé Vega… Je m'arrête là, mais vous avez compris l'idée. Pour qui connaît un peu le jeu de Capcom, il faut vraiment être aveugle ou de mauvaise foi pour affirmer que Street Fighter II n'a pas fortement déteint sur Fighter's History. En cherchant bien, on peut cependant mettre le doigt sur la petite originalité de Fighter's History : le système de "points faibles" (mais c'est bien la seule). Chaque personnage du jeu possède un point faible qui varie d'un combattant à l'autre. C'est toujours un vêtement ou un accessoire vestimentaire (un bandana, une ceinture, une veste, un masque…). En frappant à plusieurs reprises le point faible de l'adversaire, l'accessoire qui le représente se met à clignoter, pour finalement tomber au sol. C'est à ce moment précis qu'il faut agir : l'adversaire est sonné et vulnérable pendant un très court instant. Tout ceci ne peut se produire qu'une fois par manche, il faudra donc en profiter pour assener un coup qui fait bien mal. En extrapolant un peu, les fans de Capcom verront dans ce système de points faibles le même principe que celui de la griffe d'acier de Vega, et ils n'auront pas tort. Mais il faut cependant reconnaître que, dans Fighter's History, les points faibles s'appliquent à tous les persos et qu'ils ont une incidence bien réelle dans le gameplay. Enfin, si le parallèle entre Fighter's History et le jeu de Capcom est inévitable, c'est aussi en grande partie à cause des sensations qu'il procure une fois le pad en main. L'attribution des boutons est quasiment similaire à celle de Street Fighter II, avec 3 boutons dédiés aux coups de poing et 3 boutons dédiés aux coups de pied. Chacun de ces 2 coups est disponible en 3 niveaux de puissance (coup léger, moyen, fort) et des coups spéciaux style projection ou lancement de boules d'énergie sortent aussi si on triture croix directionnelle et touches. Pour peu qu'on ait pratiqué la série concurrente, on retrouve très vite ses marques (ce qui est plutôt positif), et ce, quel que soit le mode de jeu choisi. Outre les habituels modes solo (CPU battle) et 2 joueurs (Versus), on s'étonnera surtout de trouver dans Fighter's History un mode Survival que l'on peut pratiquer seul ou à 2.


Dans celui-ci,
En versus on peut jouer avec les boss. Belle option
chaque participant compose une équipe de 5 combattants et c'est celui qui parviendra à décimer toute l'équipe de l'adversaire qui remportera la partie. Plutôt efficace, ce mode présente malgré tout un défaut de taille : entre chaque combat, le perso vainqueur récupère une jauge d'énergie complète, ce qui tue complètement le suspens. Si on est un peu doué, on peut mettre KO les 5 combattants de l'adversaire avec un seul et même perso. Redonner seulement une petite quantité d'énergie à chaque combat remporté aurait été plus malin de la part des développeurs. C'est d'ailleurs ce que l'on retrouve dans plusieurs jeux SNK, et ça fonctionne particulièrement bien. Alors, pourquoi pas ici ? Si, comme nous venons de le voir, Fighter's History colle de près aux basques de Street Fighter II, faut-il pour autant le considérer comme un vulgaire clone à peine déguisé et sans intérêt ? Eh bien, je vais peut-être vous surprendre, mais pas forcément. Le jeu a beau manquer sévèrement d'originalité et de personnalité, il peut quand même compter sur une réalisation assez agréable. Comme le veut la tradition, les différents combattants ont droit à leurs propres décors. Kitsch (Versailles pour Jean, avec spectateurs en costumes d'époque !), très vides (lac de montagne pour Lee, désert brûlant pour Karnov) ou plus réussis (la fontaine partiellement animée du stage de Marstorius, ou l'intérieur d'un chapiteau de cirque pour Clown), ils sont suffisamment détaillés, et parfois même animés. On ne s'étonnera pas de retrouver, comme chez Capcom, des éléments destructibles placés de part et d'autre de chaque aire de combat et qui voleront en éclats au gré des coups et projections des 2 adversaires. Le scrolling au sol, bien que présent, ne saute pas aux yeux (c'était un des points forts du jeu de Capcom, quelque soit la version). Les sprites ont une taille appréciable, et leurs mouvements dégagent une certaine classe. On pourra notamment apprécier cet aspect du jeu quand, à la fin d'un combat, le vainqueur assène le coup de grâce à son adversaire, ce qui déclenche un ralenti. Malgré des bruitages suffisamment crédibles pour le bruit des coups, ou quand un des persos est projeté au sol, la bande-son est loin d'être l'un des points forts du titre. Des digits vocales différentes sont prévues pour chaque protagoniste, mais elles sont à chaque fois accompagnées d'un petit effet d'écho désagréable. La voix off du commentateur n'est pas, elle non plus, très motivante pour chauffer l'ambiance, et vu qu'on l'entend très souvent, plus de dynamisme et de pêche n'auraient pas été superflus…



Que ce soit Note
sur le Net francophone ou même sur le Net tout court, vous ne trouverez pas beaucoup d'articles sur ce premier Fighter's History. Ses suites (Fighter's History Dynamite, Karnov's Revenge) ont eu nettement plus d'écho auprès des joueurs. A la limite, le jeu est plus connu pour avoir été à l'origine d'un procès entre Capcom et Data East, que pour ses qualités ludiques. Pourtant, passé le cap de la curiosité et de l'interrogation (clone ou pas clone ?), on découvre un soft qui, objectivement, n'est pas si mauvais que ça. Sa réalisation est plutôt soignée et sa prise en main, à défaut d'être originale, est immédiate. Ce qui lui fait surtout défaut, c'est de la personnalité : associé à un chara-design plus travaillé et personnel, son système de "points faibles" aurait peut-être pu séduire les fans de jeux de baston. Au lieu de cela, cette timide et unique caractéristique originale est noyée dans un océan d'éléments repompés chez la concurrence, Street Fighter II en tête de liste ! La morale que l'on retiendra de Fighter's History ? S'inspirer de la concurrence, c'est bien et ça fait même progresser, mais au-delà d'une certaine limite, on perd toute crédibilité…



Test réalisé par Kenshiro

Lire l'article original sur La Memoire du Pad
aout 2014