Another World (SNES)

 







Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : 1992
Développeur : Eric Chahi / Delphine software
Adaptation : Interplay
Editeur : Interplay
Genre : aventure

Support : cartouche de 8Mb
Version testée : Américaine
Voix dans le jeu :
Textes à l'écran : US
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : AW - OOTW
Titre alternatif : Out of this World (USA) - Outer World (JAP)
Prix au lancement : 450 Frs

Aussi disponible sur :




Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

Another World








Une nuit d'orage,
La scène d'intro est très impressionnante pour un jeu de 92
Lester Chaykin, jeune chercheur en physique des particules, se rend à son laboratoire sous-terrain. Alors qu'il lance une expérience sur un accélérateur de particules, la foudre s'abat sur le labo et Lester est projeté dans un autre monde. Réapparaissant sur une terre étrangère, à la faune hostile dont il arrive à s'extirper, il finit par tomber dans les geôles d'une espèce humanoïde intelligente. Dans cette sorte de camp de travail, il fait la rencontre d'un compagnon, avec l'aide duquel il s'échappera... Dés le début, le jeu en met plein la vue. Et avec Another World, on associe forcément le nom d'Eric Chahi. Monsieur Chahi (à ce stade c'est un monsieur) a développé son jeu seul et ce n'est que par la suite, que Delphine Software apporta quelques retouches. Tout ça pour dire d'Eric Chahi est un grand parmi les grands puisque le gameplay, les énigmes, le scénario et cet univers si particulier, est l'oeuvre d'un seul homme. Initialement développé pour l'Amiga et l'Atari ST (2 micros aux hardwares identiques), Another World est sorti en 1991. Quelques temps plus tard, il voit le jour sur PC (sous DOS) puis sur Mac mais comme Flashback, il n'aura été vraiment connu qu'à sa sortie sur Mega Drive et Super Nintendo, des supports plus populaires que les micros d'antan. A la conversion on retrouve Interplay, qui a eu le bon goût d'ajouter des musiques au jeu. Maintenant qu'on a bien papoté du passé, Another World (nommé Out of this World aux Etats-Unis et Outer World au Japon) c'est quoi ? Pour faire simple, Another World est un jeu d'aventure axé plate-formes et action, très inspiré par Prince of Persia (le jeu culte de Jordan Mechner) et par la culture science-fiction. Il n'y a pas de scrolling, l'affichage des écrans est séquentiel, il n'y a pas non plus de barre de vie, ni même de compteur de vie. Démontrant la fragilité de la vie, de l'être humain, au moindre faux-pas c'est la mort. Immersif à un degré inexploré jusqu'alors, Another World est un jeu extrêmement difficile (surtout sur cette version console à la difficulté rehaussée afin de compenser le prix) car il faut apprendre chaque passage par coeur. Chaque saut doit être calibré, chaque action réfléchie sinon on perd avec aucun autre choix que de recommencer au dernier checkpoint, ce qui peut être pénalisant.


Cet apprentissage par
Quelques scènes atayent la faiblesse du scènario mais la fin est extrêmement décevante étant donné les efforts pour y arriver
l'échec est usant pour les nerfs, fatiguant. Mais il fallait bien ça car réellement, l'aventure ne dure que 45 à 60 minutes. Seulement pour arriver à visionner l'épilogue, vous mettrez bien plus de temps que ça (plusieurs heures), si la lassitude de buter sur une énigme ne vous a pas anéanti avant. Personnellement, j'ai trouvé le jeu trop difficile mais il est trop culte pour ne pas le connaître. Ajoutons qu'en plus de tout ce qui peut vous arriver (chutes, pièges en tout genre, éboulis, noyade) il faudra aussi faire gaffe à une faune peu accueillante (sangsues venimeuses, monstres entre le tigre et l'ours, tentacules). Et Another World n'est pas essentiellement régi par la plate-formes, il y a aussi des phases d'action. Au début du jeu Lester ramasse un flingue qu'il gardera avec lui tout au long de sa courte aventure. Cette arme qu'on doit parfois recharger, peut créer des champs de force, une sorte de bouclier de protection. Evidemment il possède un tir classique, mais aussi un tir chargé qui peut détruire certaines portes, certains murs et les champs de forces adverses. Mais encore une fois le jeu est très hardcore avec des combats très difficiles et bien souvent techniques. Mon regret dans tout ça, c'est qu'on ne dispose que d'une poignée de checkpoints (seulement 15), accessibles via des passwords. Et ils sont trop éloignés pour espérer profiter d'une quelconque clémence du jeu. Ainsi après s'être vautrer dans un trou, s'être fait tuer par un garde ou s'être fait bouffer par une bestiole peu aimable, on repart au dernier checkpoint. Avec ça, il faudra en plus déjouer des énigmes peu évidentes. Certes elles tiennent une certaine cohérence dans le fil de l'aventure mais bien souvent on comprend mal où Eric Chahi a voulu en venir. Ainsi pour arriver au bout de l'aventure (après avoir crevé 347 fois au moins), j'ai utilisé une soluce, car certains puzzles sont vraiment tordus, trop complexes. Car on a jamais le choix de son parcours ou de sa manière de faire. Ici il n'y a qu'une seule et unique façon d'arriver à passer chaque parcelle du jeu. Question jouabilité, on peut dire qu'elle est sacrément rigide. Le jeu n'est pas quadrillé comme Prince of Persia ou Flashback, mais impose une grande rigueur. La maniabilité est rugueuse, sèche, le jeu étant à l'origine développé pour un micro et donc jouable au clavier. Le pad Super NES s'en accommode tout même et seulement 2 boutons sont utilisés.


Techniquement,
Même si ça parait un peu vide, graphismes et animations sont bluffants...
Another World aura mis une grosse claque à tout le monde lors de sa sortie. Utilisant un ingénieux système de rotoscopie (on se filme avec une caméra puis on digitalise ses mouvements... Eric Chahi a réalisé lui-même ses digitalisations) et de polygones en aplat (polygones 2D), le jeu n'affiche que 16 couleurs simultanément. Le résultat est donc très pauvre en détails mais ça lui donne aussi un aspect peu commun, un cachet visuel original, étonnant et reconnaissable immédiatement. Et c'est loin d'être laid, il suffit juste d'avoir un esprit plus ouvert, de comprendre l'inspiration, la direction artistique, la singularité encore marquante qu'Eric Chahi a voulu donner à son jeu. Avec ça l'animation est d'une fluidité étonnante. Elle a même été une référence du genre, jusqu'à ce que Flashback ne vienne chambouler tout ça. Et on le voit bien, dés l'intro l'inspiration est déjà très forte. Avec des cinématiques pour chaque gestes particuliers (notamment les morts) et une intro aux prises de vue très cinématographiques, noter génie français (et oui, ça fait plaisir ^_^) a réussi le pari fou de créer seul, un jeu aux ambitions très élevées. Et on voit bien que le cinéma de science-fiction aura marqué ce jeune programmeur, notamment parce qu'il n'y a aucun texte ou voix (juste quelques mots dans un jargon extra-terrestre) et que les protagonistes se font très bien comprendre, juste avec une gestuelle appropriée. Enfin, le son n'aura pas été la priorité du développeur. Les bruitages sont simplistes et les quelques rares musiques mettent essentiellement l'ambiance, entre inquiétude, recherche et même stress par moment. Personnellement, je suis quelqu'un qui respecte énormément ce jeu et qui respecte son créateur parce qu'au départ, il n'y a qu'un homme, un passionné. Pas d'équipe de développement, pas de bêta-test, pas de moyens financiers énormes... juste un gars qui a déjà toucher du jeu et qui veut aller plus loin que les autres.




Le pari Note
est réussi et si Another World n'a pas eu un succès immédiat, il aura su s'imposer dans le temps comme une référence, un jeu culte que chaque gamer se doit de toucher au moins une fois dans sa vie. Et notre version SNES est parfaitement adaptée des versions Amiga/ST. La console est clairement moins puissante que les micros, du coup les développeurs ont dû ruser pour l'adapter au pauvre petit 65C816 de la Super Nintendo (voilà pourquoi on a des écrans loadings... oui vous avez bien lu !). Le jeu est donc un peu plus lent (il est aussi cadré de noir pour réduire l'affichage) mais ça n'empêchera en rien de profiter d'un jeu monstre. Bien sûr il n'est pas parfait (jouabilité rigide, très court, trop difficile, fin vite expédiée et qui laisse la voie à une suite) mais comment passer à côté d'une oeuvre pareille sans culpabiliser. Que ce soit sur Super Nintendo ou tout autre support, avec ses graphismes vectoriels, son ambiance et son univers unique, le hit d'Eric Chahi reste indémodable.



A savoir : cliquez pour ouvrir


Test réalisé par iiYama

avril 2014