Mortal Kombat II (SAT)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mars 1996
Développeur : Midway Games
Adaptation : Probe Software
Développeur : Acclaim
Genre : combats

Support : 1 CD
Version testée : Européenne
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : US

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs
Abréviations : MKII / MK2
Prix au lancement : 350Frs


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Mortal Kombat II









Dans l'univers
12 personnages jouables c'est pas mal mais on ne comprend que difficilement l'aspect incomplet de l'ancien casting
vidéo-ludique de l'âge d'or (j'aime bien cette expression), il est clair que Street Fighter II a régné en maitre. Il faut dire que la formule Capcom est si parfaite (soyons honnêtes) que personne ne peut oser la remettre en question. Pourtant ça n'a pas empêché les autres développeurs de sortir des alternatives, plus ou moins réussies, étant donné qu'il y avait là un énorme marché à prendre. SNK, ADK, Bandaï et bien entendu Midway, se sont lancé à fond dans une concurrence acharnée, ce qui a permis aux joueurs de l'époque, de profiter de jeux de bastons originaux et dont la plupart des noms résonnent encore dans la tête des vieux gamers. Dans le cas de Mortal Kombat II, formule "plus plus" oblige, Midway a cherché à gommer les imperfections d'un premier opus sympa mais parfois approximatif, et a bien entendu voulu à faire évoluer sa licence, développer ses idées premières, perfectionner, peaufiner son bébé de sang pour en faire un incontestable hit. Car si le premier opus a joui d'une certaine clémence, dû à l'originalité de sa réalisation et de son gameplay, récidiver sans chercher à améliorer les défauts serait à coup sûr se tirer une balle dans le pied. Mortal Kombat II est donc initialement sorti sur Arcade, plus ou moins un an après le premier opus (1993, alors qu'il venait de sortir sur consoles… cette alternance de sorties en quiconque Arcade/Consoles est calqué sur les autres éditeurs) et vient poser un sérieux concurrent aux jeux de mandales dans la gueule qui font recette. Pour la petite histoire, après sa défaite Shang Tsung est allé supplier son maître Shao Kahn d'épargner sa vie. Il lui redonne santé et jeunesse, et un nouveau tournoi commence. Viennent en plus se mêler les forces du Royaume du Mal, ce qui finalement peut se révéler dangereux pour la Terre. Bref, pour nous expliquer ça, nous aurons une petite intro, pour déboucher sur le panel des combattants. Proposant cette fois la bagatelle de 12 fighters (c'est 5 de mieux que précédemment), certains sont absents (Kano, Sonya) ce qui laisse plus de place aux petits nouveaux : Mileena, Kung-Lao, Kitana, Jax et Baraka. Petit plus, cette fois on pourra jouer avec Reptile (le perso caché de MK 1) et même avec Shang Tsung, qui a rajeunit et qui peut toujours se changer en n'importe qui d'autre.


Malheureusement,
Le jeu est nettement plus jouable même si on n'atteint pas encore la perfection. Par contre en solo la difficulté est injuste
si Goro a été changé en Kintaro (qui a la même forme mais qui est aussi moche et aussi agressif) et que le boss final est cette fois Shao Kahn (celui-là même qui vous observe selon le niveau, ça nous rappelle quelqu'un d'autre), et bien il sera impossible de jouer avec. Pourtant, les boss jouables sont à la mode mais chez Midway visiblement, un boss reste un boss. D'ailleurs, il existe cette fois 2 personnages cachés, Smoke et Noob Saibot, qu'on ne contrôlera pas non plus. Toujours est-il qu'avec le nombre enthousiasmant de personnages, il est toujours aussi idiot d'affronter son double. Au niveau de la jouabilité y'a pas à dire, un gros effort a été consenti. En effet, Mortal Kombat II est bien plus jouable que le premier. Les coups sortent plus facilement et même si ça n'a toujours pas la "légèreté" et l'aspect carré d'un Street Fighter, y'a pas à dire la différence se ressent vite. Ce n'est pas un mal. Côté coups spéciaux, la liste par personnage est un peu courte (généralement 3 chacun) mais les manipulations ont le mérite d'être originales. Après on retrouve la même base, comme lors du premier épisode. Au moins comme ça, on peut prendre n'importe qui, on est sûr au minimum de savoir faire une mitraillette, un uppercut et un balayette. A noter aussi que les fatalités font leur grand retour et ont même été doublées (il y en a 2 par perso). Histoire de pousser le concept plus loin, on retrouve même des babalities (transformation en bébé) et des friendships (coup amical). Ce côté délirant va jusqu'à même faire apparaitre des têtes de programmeurs sur un bord d'écran, accompagné de cris loufoques. Je ne suis pas fan de ce côté "super gros délire" car je trouve qu'il gâche un peu le sérieux de la licence, mais ce n'est pas non plus une grave faute de gout. Si le jeu, dans sa très rare version PlayStation, est très difficile, sachez que pour cette version Saturn il en est tout autre. En effet, la difficulté a été revue à des normes acceptables, et si finir le titre demande toujours de bien contrôler son personnage, au moins en solo on pourra en profiter un minimum. En mode "very easy" il est même relativement facile, ce qui laisse le champ libre à ceux qui veulent apprécier le jeu sans se prendre la tête (pour ceux qui veulent du challenge, il suffit de monter le niveau de difficulté, ils ne seront pas déçus). Malgré tout, malgré cet équilibrage, le jeu fait toujours des entorses à ses propres règles. Par exemple notre opposant se protège en position haute mais ne tombe pas suite à un coup de pied bas, il contre nos attaques les plus puissantes pour laisser passer les siennes… en clair il triche.


Du coup
La réalisation est très proche de l'Arcade et propose une version mieux finie que sur PlayStation
c'est très dur de finir le jeu (d'autant que les adversaires sont de vrais chiens enragés) car il arrive qu'on ne puisse pas en placer une. C'est dire s'il faut maitriser son personnage pour avancer car notre adversaire passe systématiquement prioritaire. Evidemment, ce contre-coup, cet aspect bien pénible ne vaut que pour le solo et comme chacun sait, le vrai cœur de ce type de jeux c'est évidemment les duels à 2 joueurs et du coup, ces considérations n'ont plus lieu d'être. Techniquement, on retrouve le même type de graphismes et d'animations qu'autrefois. Toujours motion-capturé, les personnages sont superbement animés et limite au maximum les mouvements irrationnels ou contre-nature. On notera également que les décors sont bien dans le carcan de la licence, avec en plus des personnages un poil plus grands et un poil mieux animés. On sent que l'équipe de développement maitrise bien son sujet (le design). Et si la version PlayStation n'est sortie qu'au Japon fin 1994, cette édition Saturn a vu le jour bien plus tard (mars 1996) mais fut distribuée dans le monde entier. Toujours est-il que la conversion est graphiquement très propre. En fait le jeu est très fidèle à l'Arcade avec des persos de la même taille, les mêmes animations, les mêmes décors... bref c'est comme si on avait la borne à la maison. Et toujours en comparant avec la version PlayStation, je me souviens que cette dernière faisait vraiment n'importe quoi en matière de loadings. C'est pas compliqué, la console chargait ses données pour tout et n'importe quoi, parfois même en plein combat ! Du grand n'importe quoi, voilà sans doute pourquoi le jeu n'a jamais quitté le Japon. Pour cette édition Saturn, rassurez-vous, ça n'a plus rien à voir ! Les loadings sont plutôt courts et il est clair que le jeu est bien optimisé et ne charge pas pour un oui ou pour un non. Enfin au niveau du son, on retrouve ses compositions un peu étranges, pas mélodieuse pour 2 sous mais qui collent extraordinairement bien à l'ambiance et aux décors. Il y a plus de commentaires (en plus des petits coucous délirants des créateurs), et globalement plus de voix digits (c'est surtout vrai pour Lu Kang, les autres partagent à peu près le même panel de digitalisations). Enfin les bruitages semblent un peu moins dynamiques, juste un cran moins violents. Rien de rédhibitoire mais on aurait quand même apprécié que cette version sur CD-Rom apporte une nouvelle bande-son. Or Probe ne s'est pas foulé, ils ont utilisés le DSP de la console en repenant le contenu de l'Arcade.



Mortal Kombat II Note
est meilleur que le premier, ce qui en un sens, n'était pas insurmontable. Mais alors pourquoi obtient-il la même note ? La raison est simple et s'appelle la concurrence. Aussi sympathique soit-il, la comparaison n'est pas toujours flatteuse pour le titre de Midway. La même année sur Arcade sont sortis d'énormes monstres comme Super Street Fighter II, Samuraï Shodown et Fatal Fury Special, pour ne citer que les 3 meilleurs (et encore j'évite les comparaisons peu flatteuses avec un Toshinden, tout en 3D lui). Contre le hit de Capcom il est clair que le nombre de personnages jouables (précisons car en réalité il y a 4 de plus) est encore à la traine, et face aux hits d'SNK, la réalisation a dû mal à suivre… que ce soit sur Arcade comme sur consoles. Notez enfin que la qualité de ce portage Saturn est excellente, c'est même l'adaptation la plus fidèle du jeu d'Arcade à laquelle j'ai joué ! Elle corrige les contraignants problèmes de la version PlayStation, à savoir une difficulté désiquilibrée et un jeu pas du tout optimisé qui passe son temps à charger ses données. Ainsi cette conversion Saturn est sans réfléchir la meilleure d'entre toutes ! Et puis Mortal Kombat II profite d'une aura particulière, la même qui a su séduire lors du premier opus. La réalisation, même si elle n'égale pas les grandes pontes du genre, a encore de quoi surprendre et le gore est un plus indéniable à la série. Un gore qui est ici exacerbé et qui, ma foi, fait encore recette.




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Test réalisé par iiYama

mars 2014