DOOM (SAT)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mars 1997
Développeur : id Software
Adaptation : Rage Software
Editeur : GT Interactive
Genre : FPS

Support : 1 CD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : -
Textes à l'écran : US

Moteur graphique : id Tech 1
Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs en splitté (selon la version)
Prix au lancement : 350Frs
Score des ventes : 10 Millions (PC)


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DOOM









C'est avec DOOM que
Cette version Saturn est fidèle à l'original PC mais le framerate est chaotique, ce qui nous gâche les retrouvailles
j'ai découvert le monde sulfureux des FPS et je dirais même mieux, c'est avec DOOM sur PlayStation que j'ai commencé à aimer le genre. En effet DOOM est sorti en 1993 et a littéralement bouleversé le monde vidéo-ludique. Dans la période qui s'est écoulé jusqu'à la sortie de cette adaptation, DOOM fut adapté à pas mal de supports plus ou moins à-même de l'accueillir : Super Nintendo (épaulée d'un SuperFX2), Jaguar, Mega Drive 32X, 3DO, Macintosh et surtout PlayStation. Entre temps id Software a surfé sur le succès de sa licence avec un DOOM II prévisible et juste après un Ultimate DOOM qui finissait de gonfler la grosse liste de maps que comptait le jeu original. Notre version Saturn n'est pourtant sortie qu'au début de l'année 1997 (développée par Rage Software) alors que la PlayStation en jouit depuis novembre 1995. Pourquoi un tel décalage ? Ceci dit, les consoles de salon sont équipées de processeurs de plus en plus puissants, ce qui amenuise peu à peu l'écart entre consoles et PC. Première génération de consoles vraiment basée sur la 3D, les PlayStation, Saturn et Nintendo 64 ont eu droit à leur version de ce fabuleux jeu (encore que, la version N64 a été développée spécialement pour le support). Ainsi DOOM sur consoles 32bits, n'a presque rien à envier aux versions PC et je dirais même mieux, elles font office de best-of. Dans cette adaptation Saturn du célèbre hit d'id Software (dont le contenu est similaire à celui de la version PSX), sous le simple titre de DOOM, les développeurs ont inclus Ultimate DOOM (la version mise à jour) et DOOM II. Si c'est pas énorme ça ! Maintenant qu'on a bien posé les bases du test, reprenons depuis le début. Littéralement, DOOM veut dire "destin funeste" ou "damnation". Il est considéré comme la suite spirituelle de Wolfenstein 3D (les 2 jeux n'ont scénaristiquement parlant rien à voir), mais DOOM a largement amélioré le concept ainsi que le moteur graphique, tout en proposant un gameplay plus riche et une jouabilité moins restrictive. Ainsi DOOM alla plus loin dans les fondements du genre et de nos jours, plus que son prédécesseur, il est reconnu comme étant le pionnier des graphismes en 3 dimensions, du jeu immersif (vue à la première personne) et des modes multi-joueurs en réseau. Véritable succès, DOOM s'est vendu à plus de 10 millions d'unités sur PC. Alors quoi de plus normal de le retrouver presque à l'identique sur nos consoles... Bien avant GTA, les graphismes de DOOM, ses rituels sataniques et sa violence, ont fait de lui un sujet de polémiques dépassant le milieu du jeu vidéo. Malheureusement, le scénario n'est décrit que dans le manuel. C'est bien dommage d'avoir cette vieille recette (même si la tartine est sympathique à lire) et je regrette tout particulièrement que les développeurs n'aient fait aucun effort sur ce plan-là.


En effet le DOOM
La jouabilité est "à l'ancienne", ce qui peut dérouter
original tenait sur 4 malheureuses disquettes (soit environ 6Mo). En passant sur Saturn et son support CD-Rom, la moindre des choses était de créer une intro ou au minimum un texte explicatif avec des images fixes. C'est vraiment regrettable mais au moins on ne pourra pas venir râler qu'on n'a pas l'exacte conversion du hit PC. Le joueur prend le rôle d’un Space Marine sans nom, qui a été déporté sur Mars après avoir assailli un officier supérieur qui avait ordonné à ses soldats de massacrer des civils sans défense. Il est alors forcé de travailler pour l’Union Aerospace Corporation (UAC), un complexe militaro-industriel interplanétaire traitant des déchets radioactifs. Depuis 4 ans, l’armée utilise le site pour mener des expériences secrètes sur les voyages interdimensionnels et la téléportation, entre Mars et ses 2 lunes (Phobos et Deimos). Cependant, les portes spatiales sont un jour devenues instables, ouvrant un large passage aux créatures de l’Enfer. Les militaires qui y sont envoyés sont frappés de folie et des monstres envahissent la base. Depuis quelques heures, Mars reçoit des hurlements de détresse provenant de Phobos et peu de temps après s’ensuit la disparition des radars de Deimos. Une nouvelle troupe est immédiatement envoyée sur Phobos pour secourir leurs camarades. L’équipe infiltre l’intérieur de la base pendant que notre Space Marine surveille les alentours. Tous mourront dans les heures suivantes comme le révèle leurs cris, les tirs et le silence soudain à travers la radio. Seul avec son courage, notre héros part alors à l’assaut du bâtiment... Un scénario bidon vous dites ? Certes mais en 1993, ça suffisait. Ultimate DOOM est originellement composé de 4 chapitres (Knee-Deep in the Dead, The Shores of Hell, Inferno et Thy Flesh Consumed) mais notre version Saturn se contente de récupérer et d'enchaîner les meilleurs levels. Petite déception à nouveau, l'adaptation ne prévoit aucun chapitrage donc ne comptez pas voir les mini-fins de chacune. Pire, le jeu enchaîne directement sur les maps DOOM II, sans qu'il y ait la moindre transition. Par contre, c'est au niveau du nombre de maps qu'on y gagne au change ! Ultimate DOOM se compose de 30 niveaux, DOOM II possède 24 niveaux et on a même 5 maps bonus, uniquement accessibles via les passwords. Notre DOOM compte donc pas moins de 59 maps ! Etant donné la difficulté de certaines, vous allez y passer des heures. Au rang des options on retrouve les grands classiques des jeux de cette époque, dont un menu de passwords, comme je viens de l'évoquer. Premier petit souci, DOOM ne prend pas en compte la gestion des sauvegardes, ce qui fait qu'on ne pourra pas sauvegarder son avancement ou même conserver le remappage de ses touches (il est d'ailleurs un peu pénible qu'on ait pas accès à ce menu en plein jeu). En plus de ça, on n'aura pas non plus de quick-save (même volatile) ce qui peut rendre certains passages plus tendus que sur PC.


Autre point sensible,
Le support CD n'a pas été utilisé pour offir "enfin" une mise en scène. Dommage mais...
la manette 3D Pad (la version analogique) n'est pas compatible. Résultat, on a une jouabilité à l'ancienne et sans "free look". En somme on se déplace et on tourne avec la croix directionnelle, les gâchettes servant au "strafe" (pas de côté) et les boutons servent à tirer et à l'unique action du jeu (ouvrir les portes ou actionner un interrupteur). Autant dire qu'on est loin des jouabilités actuelles, ce qui vous demandera un petit temps d'adaptation. Malgré tout on s'y fait vite et ainsi on retrouve exactement les sensations de la première version PC. A ce propos le jeu nous aide quand même un petit peu, avec une grosse assistance à la visée (il vise sur les hauteurs et les contre-bas automatiquement et rectifie même un tir mal négocié). Enfin dernier petit soucis, d'ordre visuel cette fois, très souvent les décors sont trop sombres (plus encore que sur PC) ce qui rendra certains passages assez contraignants (même si ce n'est qu'un détail). Sur la question du gameplay nous sommes en présence du quasi-fondateur du genre alors il ne faudra pas trop en demander. Pas de saut (on reste désespérément scotché au sol), pas de marche accroupie, pour survivre il faut devenir le roi du -strafe- (pas de côté). En plus, notre Marines marche déjà hyper vite et c’est encore rien en comparaison du mode course où il avance comme une fusée ! Les ennemis sont en petit nombre, ce qui fait qu'on croisera toujours les mêmes têtes. Par dessus ça, DOOM a posé les fondations du genre avec par exemple les bidons explosifs, les pièges, les labyrinthes, les cartes d'accès, les ascenseurs ou encore les téléporteurs. Ca parait rien mais les FPS actuels usent encore des mêmes routines, même si bien sûr, les concepts ont beaucoup évolués. En contre-partie, on dispose d'un mode 2 joueurs : soit en coop soit en deathmatch. Evidemment le deathmatch manque cruellement de sel. De plus, ce mode 2 joueurs n'est pas disponible sur tous les territoires (par exemple, il est absent des versions US). L'arsenal est reprit de Wolfenstein 3D (pistolet, pompe et surtout la grosse Gattling) et en ajoute quelques unes de plus (fusil à plasma, lance-grenades) dont les fameuses BFG 9000 et la tronçonneuse. Basé sur l'id Tech 1 (le moteur graphique conçu par John Carmack et qui a servi à Wolfenstein 3D, DOOM et DOOM II) il faut bien comprendre que le rendu est salement pixellisé. Quoi de plus normal sur une console qui affiche une résolution maximale de 640x480 et que dés le départ, le jeu affichait déjà ses pâtés de pixels.


Et l'id Tech 1
... cette version nous offre les meilleurs niveaux de DOOM et DOOM II, ainsi qu'une nouvelle bande-son. Autant dire la classe :)
se prête bien à l'exercice de transposition, sauf que sur Saturn, le frame-rate est épouvantable ! En effet, lorsqu'on avance le jeu saccade souvent (et sans raisons apparentes) mais le pire c'est lorsqu'on ouvre une porte et qu'il y a beaucoup d'ennemis derrière ou qu'on tourne sur soi. Le nombre d'images par seconde dégringole, rendant cette édition particulièrement inconfortable, et même injouable par moment ! Etonnant quand on sait que la version PlayStation fonctionne à merveille ! D'autant que la console de SEGA n'a rien à prouver en matière de FPS avec des jeux très réussis techniquement, comme Alien Trilogy ou Exhumed. Ici les éclairages sont basiques au possible et même certains ennemis semblent avoir été transposés à l'arrache. Comment, après tant de retard par rapport à la concurrence, la console de SEGA se retrouve-t'elle si mal dotée ? Sur la question de l'ambiance, si DOOM a autant su faire parler de lui, c'est pour elle : des mecs pendus, d'autres qui sont empalés avec encore des spasmes de douleurs, des têtes de mort partout, des morceaux de chair pendants du plafond, des sacrifices, des représentations du Diable, des macchabées tous les 10 mètres, de la bidoche collée aux murs, des monstres qui nous assaillent de partout, des pentacles... c'est sûr id Software n'a pas lésiné sur le macabre pour nous offrir une atmosphère chargée. Autrefois au format MIDI, les musiques sont dorénavant de grande qualité. Lues directement sur le disque, elles nous offrent une alternance de pistes inquiétantes et d'autres qui sont plus tristes. Ainsi on sent bien la désolation de ce monde, la douleur des âmes en peine, la folie des Marines qui s'y sont perdus et le peu de chance d'en sortir vivant. Les bruitages, repris à l'exact, sont efficaces bien qu'un peu irréalistes. Alors voilà, je crois qu'on a fait le tour de la question.



Sur Saturn comme ailleurs, Note
retrouver DOOM est toujours un grand moment mais au rang des regrets on mentionnera des sprites en 2D bien vilains de près, une jouabilité un peu lourde, des passwords au lieu d'utiliser le système de sauvegarde ou encore un scénario qui n'est même pas développé. Mais tout ceci n'est que détails car en reprenant les 54 meilleurs niveaux de DOOM et de DOOM II, le contenu est conséquent ! Son action est ultra nerveuse et difficile, les labyrinthes qui vont faire chauffer la boîte à cerveau et le rendu graphique est assez proche de l'original. Ajoutons à ça des cheat-codes pour aider les malheureux qui galèrent, une plage sonore remixée de bien belle manière et surtout la fabuleuse ambiance de DOOM. Et c'est vrai que j'ai une tendresse particulière pour ce jeu-là car il est mon tout premier FPS (le suivant fut Alien Trilogy). Difficile donc de bouder son plaisir, DOOM est un jeu culte qu'on se doit de découvrir... mais peut-être sur une autre plate-forme. C'est triste à dire, mais croyez-moi, sur Saturn son framerate misérable va vite vous donner mal aux yeux et à la tête, et vous trouverez l'aventure finalement assez désagréable. Je suis le premier à regretter cet état de fait et même si j'adore ce jeu, les saccades sont vite insupportables et je ne saurai que trop vous conseiller de jouer à DOOM sur un autre support.



Test réalisé par iiYama

avril 2013