Resident Evil 2 (PSX)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : août 1998
Développeur : Capcom
Editeur : Capcom
Genre : survival horror

Support : 2 CDs
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : RE2
Titre alternatif : Bio Hazard 2
Prix au lancement : 350Frs
Score des ventes : 6.71 Millions (tous supports)


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Resident Evil 2








En 1996, contre toute attente, Capcom et son producteur Shinji Mikami, réussissent un coup de maitre en sortant Resident Evil. Si le genre survival horror avait déjà son instigateur (Alone in the Dark), c'est bien le jeu de Capcom qui aura lancé le phénomène, à tel point que même SEGA s'y est mis (avec les House of the Dead) et que les films de zombies ont trouvés une seconde jeunesse. Suite à son annonce, Resident Evil 1.5 était donc très attendu. Il faut dire que les fans se sont vite multipliés et que Capcom nous a promis un jeu enrichi, plus fort, plus beau, plus angoissant. Mais alors que le développemement entre dans son dernier tiers de conception, Shinji Mikami décide de tout reprendre à zéro, ce dernier jugeant son jeu insatisfaisant. Nous sommes alors au beau milieu de l'année 97 et il est alors clair que Resident Evil 1.5 ne sortirait pas cette année-là. Afin de faire patienter les fans, en fin d'année Capcom sort Resident Evil Director's Cut, qui propose une version améliorée de l'opus originel, ainsi qu'une démo du futur Resident Evil 2 (ça a sans doute aidé les ventes). Car d'une version 1.5 on est passé à 2.0 et le jeu est désormais prévu pour tenir sur 2 Cds au lieu d'un. Finalement Resident Evil 2 sort l'été de l'année suivante et hormis quelques décors et Leon S. Kennedy (l'un des 2 protagonistes principaux), cette version n'a plus grand chose à voir avec la 1.5. Le développement aura donc duré 2 ans au lieu d'un mais au final, le jeu est-il meilleur ?


Développement scénaristique

Dans Resident Evil 2,
Très bon scénario et excellente mise en scène. Cette fois pas d'images réelles, que des images de synthèses
tous les personnages sont nouveaux. Même si certaines vidéos de préversion nous faisaient miroiter que Barry serait de retour, ce n'est pas le cas. Le jeu tient sur 2 CDs et propose de jouer 2 personnages principaux : Claire Redfield et Leon Scott Kennedy. Pour ceux à qui ça dit quelque chose mais qui ne se rappelle pas, Claire est la soeur de Chris Redfield, le héros du premier Resident Evil, mais aussi l'héroïne du Code Veronica. Quant à Leon, il est le grand héros de Resident Evil 4. Entre les 2 scénarios il y a pas mal de différences : Claire n'aura pas le même parcours que Leon et vice-versa. Commencer par jouer Claire ou par Leon, modifie également certains événements mais il faut faire les 2 scénarios pour voir la vraie fin du jeu. Avec Claire on fait la rencontre de Sherry (qu'on contrôlera 2 fois dans des passages très courts et très faciles) et avec Leon, c'est un autre emblème de la série qu'on découvre : Ada Wong (notamment vue dans Resident Evil 4 et qu'on contrôlera aussi 2 fois). Ada dont on a déjà entendu parler lors précédent volet, dans le labo sous-terrain du manoir (son nom servait de password). D'ailleurs, même si tous les protagonistes sont nouveaux, certains noms remontent à la surface comme un vieux souvenir : William Birkin (celui qui créé le virus-G -une nouvelle saloperie- et qui a répandu le virus-T sur la ville), Hunk (dont on entend parler mais qu'on ne voit jamais vraiment), Brian Irons (le chef de la police) ou encore le prototype de ce que sera le véritable NEMESIS de Resident Evil 3. On retrouve la même mise en scène que lors de l'opus original, à savoir que les grandes séquences (comme l'intro) sont en images de synthèses (cette fois pas de vidéo à base d'acteurs réels), et d'une qualité impressionnante pour l'époque. En jeu nous avons bien entendu des cut-scènes gérées en temps réel, où les protagonistes remuent la tête pour simuler le dialogue (ça m'a toujours fait rire ça). En marge des scènes, où les cliffhangers s'enchainent pour qu'on reste scotché à notre pad, on retrouve bien entendu tout un tas de rapports, de coupures de presse et autre journaux intimes, afin d'étoffer un scénario une nouvelle fois très bien écrit, et qui suit à la lettre le background laissé par le premier épisode.


Jouabilité & Gameplay

Faisant exactement
Rien n'a changé depuis le premier Resident Evil, la jouabilité et le gameplay sont à l'indentique
suite au premier Resident Evil, on retrouve aussi sa jouabilité, si raide et si précise soit-elle. C'est d'ailleurs un peu dommage que Capcom n'ait pas cherché à améliorer la prise en main. Certes elle est fiable, mais on ne peut toujours pas configurer les touches à sa convenance et certaines mises à jour auraient été le bienvenue comme pouvoir faire demi-tour rapidement (là c'est toujours aussi lourd à entreprendre), pouvoir recharger son arme sans passer par l'inventaire ou encore pouvoir changer d'arme à la volée. C'est une petite déception mais le pad PlayStation reste bien adapté à l'exercice. A côté de ça, on retrouve tout ce qui a fait le charme de Resident Evil avec des machines à écrire pour sauvegarder, des coffres pour entreposer ses items, de nouveaux monstres (plante-zombies, les Ecorchés...) mais le même inventaire, dont on a étrangement perdu la fonction "observer" où on pouvait scruter un objet sous toutes ses coutures, pour un affichage 2D sans grand intérêt. En contre-partie, nous avons une certaine variété des décors : la ville, la RPD, les égouts, les sous-terrains et enfin le labo, ça nous change du manoir même si l'ambiance diffère un peu. A ce propos, il faut une fois de plus féliciter Capcom pour l'agencement, absolument génial, des maps. Certes, une nouvelle fois on fait beaucoup d'allers-retours, mais ça favorise la durée de vie et très vite on retrouve cette vieille maladie qui nous incite à bien fouiller chaque recoin de chaque pièce. La partie exploration reste donc l'une des grandes facettes du jeu, ce qui laisse transpirer au mieux une ambiance géniale, à couper au couteau, d'autant que la mise en scène a été bien travaillée. Et dans tout ça ne vous inquiétez pas, l'action fera également parler la poudre, en plus d'être violente et souvent grisante. Si les 2 protagonistes ont chacun leur 9mm (chargeurs de 13 balles pour Claire, 18 pour Leon), certaines armes leur sont exclusives.


Claire aura droit à l'arbalète,
2 Cds pour 2 personnages jouables
au lance-grenades et au fusil plasma, alors que Leon aura le Magnum, le fusil à pompe et des pièces d'améliorations pour le pompe et le 9mm. Il y a même une mitrailleuse type Uzi, ainsi qu'une sacoche permettant de porter 2 items de plus, qu'on peut prendre ou laisser au second personnage (lors du 2e scénario). Et il est vrai qu'il y a pas mal de différences entre les 2 aventures. Dans le premier scénario c'est assez facile (très facile même), les monstres n'étant pas en grand nombre. Par contre pour le second, c'est un peu différent. Tout d'abord on n'arpente pas les locaux de la RPD (le premier vrai level du jeu) de la même manière (dans le 2e scénario on arrive de l'autre côté), ce qui rend l'avancement un peu différent. Les énigmes ne diffèrent pas mais il y a des passages exclusifs à chaque personnage. Par exemple, c'est lors du second scénario que des molosses indestructibles viendront pimentés le jeu. Sorte de NEMESIS-like (c'est en fait des prototypes), faut pas se retrouver sur leur chemin. Autre exemple, Leon n'a pas de passe-partout (pas le nain, le crochète-serrure) alors il doit trouver des clés pour ouvrir les bureaux. Leon visitera une partie des égouts que Claire ne verra pas et cette dernière fera la rencontre du chef de la Police lorsque Leon sera ailleurs. D'ailleurs, dans le second scénario il y a plus d'action car il y a plus de monstres, notamment des zombies. Tout ça pour dire que le jeu reste fun et intéressant à faire dans un sens (début Claire, fin Leon) comme dans l'autre (début Leon, fin Claire). De toute façon, Resident Evil 2 est moins difficile que son prédécesseur, notamment parce qu'il n'y a pas de serpent géant pour nous malmener ou encore de Hunters pour nous pourrir la vie. Pour ce qui est de la durée de vie, comptez environ 5 à 6h par scénario, ce qui nous donne 10 à 12h de jeu. C'est fort honorable pour un survival horror.


L'image

Difficile de passer
Excellente réalisation, avec des éclairages mieux maitrisés, des décors magnifiques et des animations encore plus fluides. Superbe !
après un premier épisode en tout point parfait. Il faut dire que le manoir Spencer nous a décalqué la rétine, tant en terme d'architecture que de qualité graphique. Une grosse partie du charme, de l'ambiance, de l'envoutement de ce titre phénoménal vient de là. Ce n'était donc pas tache facile pour Mikami, que d'arriver à retrouver cette essence, de retoucher cet équilibre parfait entre le macabre et le fascinant. Comme vous l'avez sans doute compris dés intro, le développement de Resident Evil 2 n'a pas duré 2 ans mais une seule année. Cette rapidité de production vient en partie du fait que les développeurs ont repris la technique du premier opus, une technique que l'ancienne équipe a mis 3 ans à peaufiner. Ainsi le résultat est le même avec des décors précalculés en images de synthèses et des sprites en 3D par dessus. Il faut quand même reconnaitre que les éclairages sont mieux gérés (les personnages se fondent mieux au décor), le jeu est un peu plus rapide qu'auparavant (même en 50Hz) et certains détails sont vraiment sympas. Par exemple, Sherry cherche toujours à tenir la main de Claire ou encore nos 2 héros tournent la tête pour regarder ce qu'il y a à voir (un personnage, un monstre, un objet...). Ce n'est qu'un détail mais pour un jeu de 98, ça surprend. D'ailleurs, les animations sont une nouvelle fois impressionnantes. Les mouvements sont très fluides, c'est bien détaillé et très réaliste. Un plaisir. Evidemment, lorsqu'on reteste un jeu 12 ans après sa sortie, on le trouve très amoindri. En passant d'une télé CRT 31cms à une télé HD de 82cms, forcément ça pixellise grave. Mais dans notre tache (j'ose pas dire dans notre métier...) il faut arriver à voir les choses avec les yeux de l'époque et avec l'humilité de circonstance. Et excusez-moi du peu mais Resident Evil 2 possède des graphismes magnifiques ! Les décors sont en prime bien plus variés qu'autrefois, même si on garde ce sectionnement invisible en chapitres. D'accord ça n'a pas le côté hypnotique du manoir mais y'a pas à dire, RE2 n'a pas à rougir de la comparaison et la RPD possède son charme propre. Croyez-moi, en 1998 ça a fait son bout d'effet ! On notera enfin que les nouveaux ennemis sont pas mal (cette fois il y a des zombies femmes) et qu'une fois de plus, on retrouve la technique de la porte qui s'ouvre pour faire patienter le temps des loadings. Des loadings qui sont par ailleurs un poil plus courts qu'avant. Resident Evil 2 est donc une réussite graphique et technique... mais qui en doutez.


Le son

Si depuis tant d'années
La qualité du son est exceptionnelle ! Bruitages excellents, bon doublage et musiques angoissantes à souhait
l'ambiance est restée intacte, c'est parce qu'à l'époque, la génération des 32/64bits ont un sacré bon en avant en termes de technologie. Loin des sons cracheux ou fadasses de nos poussiéreuses 16bits, la PlayStation possède des capacités sonores qui allait au délà de tout ce qu'on avait pu entendre à l'époque. Le résultat est encore là, plus de 10 ans après la qualité acoustique n'a quasiment pas vieillit. On a encore quelques décalages son/image (mais moins prononcé quand le premier épisode), ce qu'on explique difficilement étant donné que lorsqu'on tire (par exemple), le synchro. Mais à côté de ça, comment ne pas rendre hommage à un travail méticuleux et parfaitement orchestré. Une nouvelle fois le son a été hyper travaillé, avec par exemple un bruit de pas qui change selon la surface du sol (métal, carrelage, plancher en bois, moquette et même lorsqu'on marche sur des gravats ou du verre) et un effet de reverb bien géré, qui donne du volume à la pièce dans la laquelle notre personnage est. Prenant note des (petites) critiques du précédent opus, les musiques ne se coupent net mais s'estompent en fondu. D'ailleurs les compisitions sont une nouvelle fois splendides, plantant fiérement une atmosphère angoissante et chargé. Les DSP de la console font un travail admirable et la qualité est toujours au rendez-vous. Et on pourra en dire autant sur des bruitages, eux aussi, sacrément dynamiques. Les armes détonnent bien et le moindre bruitage a été parfaitement étudié pour donner à notre "horror movie" un accent le plus réaliste possible. Enfin le doublage est lui aussi d'excellente facture. D'accord nous avons encore une fois un doublage entièrement US (avec sous-titres FR) mais si c'est pour en arriver au résultat d'un Metal Gear Solid, on préfère passer notre tour (il faut dire que le doublage Français a commencer à être de qualité qu'à partir des années 2000). Resident Evil 2 reste donc comme son prédécesseur, un jeu perfectionné dans le moindre détail, ce qui fai qu'aujourd'hui encore, il n'a que très peu vieillit.


Note générale

Il aura su se faire désiré, il aura même totalement changé en cours de route mais Resident Evil 2 ne déçoit pas. Certes il reste un (petit) cran en dessous du premier épisode et pour cause, 2 ans séparent les 2 jeux et presque rien n'a changé : même jouabilité, même gameplay, même évolution scénaristique, même façon d'arpenter l'aventure... certains diront que c'est mieux comme ça (pourquoi changer une recette qui marche ?), d'autres comme nous auraient aimer quelques améliorations comme le fait de pouvoir recharger son arme sans entrer dans l'inventaire. Peut-être dans l'épisode 3, qui sait. Toujours est-il qu'ancienne formule ou pas, le fait d'avoir 2 disques pour 2 histoires totalement imbriquées, ça a quelque chose de génial. Qu'on commence l'aventure avec Claire ou avec Leon donnera la même finalité, mais pas mal de subtilités viendront taquiner les fans et les inciteront à finir le jeu plusieurs fois, dans un sens comme dans l'autre (de toute façon il faut faire les 2 scénarios à la suite pour voir la vraie fin du jeu). Posant un superbe scénario qui fait exactement suite à celui du manoir Spencer, on retrouve la même mise en scène (vidéos et cut-scènes) au service d'une écriture puissante. Les fans du premier opus seront peut-être un peu déçus de ne revoir aucun ancien personnage, mais tous les nouveaux ont un lien plus ou moins fort avec les anciens protagonistes. Et tout ça ne serait rien sans une réalisation, une fois de plus, impressionnante. On sent bien que Capcom maitrise son sujet avec des décors (précalculés) somptueux et des sprites en 3D toujours plus souples. Idem pour le son, qui est d'une qualité admirable, que ce soit pour des musiques angoissantes au possible, un très bon doublage ou d'excellents bruitages. Resident Evil 2 est donc une perle, un jeu sacrément fun et à l'ambiance presque palpable. Une bombe du survival horror, qui restera l'épisode le plus vendu jusqu'à la sortie de Resident Evil 5...


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Test réalisé par iiYama

octobre 2005 (mise à jour : mars 2010)

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