Alien Resurrection (PSX)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : décembre 2000
Développeur : Argonaut Games
Editeur : Fox Interactive
Genre : FPS

Support : 1 CD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR - US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Titre alternatif : Alien Resurrection
Prix au lancement : 350Frs



Les sites partenaires :





_________________________________

Pages vues (depuis avril 2016)




Visiteurs uniques (depuis avril 2016)

Alien

La Résurrection


Est-ce que
Le scénario reprend tout le début du film... la classe ! Malheureusement la scénarisation s'arrêtera plus ou moins là
le nom d'Argonaut Games vous dit quelque chose ? Allez, réfléchissez un peu... Non, toujours rien ? Et bien chers lecteurs à la mémoire courte, Argonaut était un studio anglais, et il était le co-développeur du fameux chipset SuperFX, celui-là même qui a permis à Nintendo de créer son fabuleux Starwing. Ahhh ça y est, vous les remettez ? Et bien sachez qu'ils sont aussi des développeurs. Si on voit leur nom apposé sur pas mal d'adaptations, ils sont aussi derrière de sympathiques jeux comme Starglider (Atari ST, Amiga et consorts), Starwing (forcément), Vortex (SNES), Croc (PSX) ou le très bon Urban Chaos : Violence Urbaine (qu'ils ne finiront jamais puisqu'entre temps le studio a fermé et c'est Rocksteady qui en a retiré tous les bénéfices en terminant le développement). Tout ça pour en arriver à vous parler d'Alien : La Résurrection (Alien Resurrection en anglais), non pas le film mais le jeu vidéo. Sorti uniquement sur PlayStation (une version haute définition devait sortir sur DreamCast mais avec la chute rapide du support, ça ne s'est pas fait... dommage), on ne peut pas dire que le jeu ait surfé sur le succès du film. En effet, le film du français Jean-Pierre Jeunet (réalisateur entre autre de La Cité des Enfants Perdus ou Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain) a vu le jour en 1997 (et oui, déjà) alors que le jeu n'est sorti qu'à la toute fin de l'année 2000. Au bas mot 3 ans de développement, pour un jeu PlayStation c'est énorme (la moyenne était généralement de 1 an), et ça traduit bien les difficultés qu'a rencontré le studio. Bref, même si ce 4e épisode est très controversé (personnellement, si on omet la fin qui est ridicule, j'estime que c'est un bon film), en tant que fan de la licence et fan de l'excellent Alien Trilogy sorti en 1996 (développé à l'époque par Probe), je ne pouvais pas passer à côté de cet événement ludique. D'ailleurs précisons de suite qu'Alien Resurrection n'est pas un pseudo Alien Trilogy 2 puisqu'il suit le 4e film et uniquement lui. D'ailleurs l'intro en reprend les premières scènes (refaites en images de synthèses pour des questions de droit, enfin je suppose), jusqu'au moment où tout part en vrille, en somme au moment où le premier alien se libère de sa cage. C'est évidemment à ce moment du film que tout s'accélère et que de notre côté, on prend les raines de la belle Ripley.


Le jeu se
A l'époque elle était déroutante, en réalité la jouabilité était surtout avant-gardiste
déroule sur le vaisseau d'expérimentation USM Auriga et en reprend les passages les plus marquants, tout en s'arrangeant la sauce, comme on pouvait s'en douter. En effet si on refaisait exactement le film, pas sûr que ce serait passionnant. Argonaut a donc volontairement mis de côté les autres survivants, pour ne garder que Call (incarnée par la très belle Winona Ryder) et quelques membres qu'on reconnaitra facilement (comme le mec infecté qui porte des lunettes, la retranscription de son attitude est d'ailleurs assez bluffante). A ce propos, au gré d'un scénario réécrit pour les circonstances, à la fin du niveau on passera parfois d'un personnage à l'autre. D'abord Call, puis DiStephano et enfin Christie : si ça sert l'écriture et une certaine cohérence dans l'imposition des missions, croyez-moi qu'un personnage plutôt qu'un autre n'y change rien. Pas de plus-value (genre plus de résistance, courir plus vite, une lampe de meilleure qualité), tout juste a-t'on des armes différentes... bref qu'on joue l'un ou l'autre ne modifie pas le gameplay. Par contre, on apprécie un jeu tout en français (à part quelques cris de PNJs qui sont restés en anglais mais ça reste rare) : l'ordinateur de bord de l'Auriga est sensiblement le même que dans le film et ça, c'est génial. Mais ce que vous apprécierez moins, c'est qu'hormis l'Auriga, personne ne parle. J'entends par là qu'on a parfois des dialogues avec des personnages secondaires, mais ils secouent la gentiment tête (ahhh la PlayStation, qu'elle belle époque...) et en bas de l'écran nous avons du texte, tel un sous-titre écrit à l'arrache. Idem pour les discutions à travers les intercoms du vaisseau. Admettez que c'est idiot d'avoir fait autant d'efforts pour l'ordinateur de bord, et absolument rien pour le reste ! Car personnellement, j'aurai vraiment apprécié de retrouver les voix françaises de Sigourney Weaver et Winona Ryder. Bref, c'est une déception et en plus de ça, il faudra ajouter qu'on a aucune mise en scène, quasiment aucune cut-scène en 3D (et encore moins de vidéos en images de synthèses), bref entre le début et la fin du jeu, à part réaliser des missions idiotes, il ne se passe rien ! Après c'est vrai, on aura quelques clins d'oeil comme le fait que Ripley veuille détruire ses 7 clones antérieurs, mais ça reste quand même léger. D'ailleurs, en parlant d'anecdotes, Ripley et Call ne ressemblent absolument à leurs actrices (c'est très net lors des vidéos). Encore une fois, y'a-t'il eu des problèmes de droits ?


Venons-en au coeur du jeu,
Le jeu est vraiment très très très difficile !!
son gameplay. Mes premiers griefs envers lui seront sa longueur et sa difficulté. En effet, si la sauvegarde vous dit que vous avez joué 3 heures, il n'en est rien. La vérité c'est que l'aventure compte 10 niveaux interminables où il faut presque 2 heures (chacun) pour en venir à bout ! On en veut toujours pour son argent et bien là on est servi, cependant je trouve que personnellement, c'est trop long ! Etant donné la répétitivité du titre, on finit par se lasser. Il faut dire aussi que le jeu est extrêmement dur et ce, pour plusieurs raisons. On commencera par le fait que les aliens sont très rapides (trop peut-être) alors que nous, on traine misérablement la patte. Les aliens guerriers sont déjà chiants mais le pire reste sans équivoque les facehuggers (vous savez, ces saloperies d'araignée qui ont la fâcheuse tendance à sauter au visage des gens). En effet les facehuggers sont petits et donc difficiles à viser, mais en plus ils sont extrêmement rapides et donc, ils nous chopent. Bonjour le traumatisme, la scène est particulièrement dégueu' et petit bonus, le salopard vous laisse un cadeau dans les entrailles. Aïe là c'est pas bon, car une fois infecté, vous n'avez que quelques minutes pour trouver un "module automédic" et pour irradier l'alien en vous, sans quoi vous mourrez ! L'idée est bonne, géniale même mais le problème c'est que les facehuggers pullulent (mais pas les items pour se soigner) et surtout que ça manque de cohérence. En effet, ces saletés n'iraient jamais s'attaquer à Ripley pour des raisons évidente de parenté, et encore moins à Call puisque c'est un androïde (façon Bishop). Allons, chez Argonaut on n'a pas révisé ses classiques ou quoi ? Le pire étant que ces infâmes bestioles, en plus d'être super flippantes, nous prennent toujours par surprise et sortent souvent d'on ne sait où. Autant dire que c'est l'angoisse...


Pour se défendre,
L'aventure est vraiment trop longue et répétitive...
on retrouve naturellement l'armement du film (qui est quelque peu différent du film Aliens 2) : smart-gun, fusil à pompe à double-canon (celui de Vriess, incarné au ciné par Dominique Pinon), le simple flingue (à la puissance minable), le lance-grenades (puissant !) et bien entendu l'inévitable lance-flammes (bien qu'ici vous ne l'utiliserez jamais tant il est inefficace, c'est désœuvrant). Malgré des armes qu'on croirait puissantes, sachez que les ennemis sont bien trop résistants. Il faut voir ce qu'il faut leur mettre dans le buffet avant qu'ils ne rendent l'âme ! Et comme en général ils perdent de l'acide et viennent toujours au contact, croyez-moi qu'au moindre combat, la jauge de santé en prend pour son grade. Mieux encore, des oeufs apparaissent par magie. Comprenez que vous ouvrez une porte, il n'y a rien mais au script suivant, quand vous revenez, 1, 2, parfois 3 oeufs vous attendent, avec toujours le "kinder surprise" à l'intérieur. Moi ça me dépite de voir ça, car les oeufs ne se baladent pas tout seul. Soit il faut un mécanisme, soit une reine qui rôde dans les couloirs. Bon sang un peu de logique ! Afin d'alourdir encore un peu plus l'expérience, les bornes de sauvegardes sont beaucoup trop espacées (parfois on joue plus de 30 minutes sans pouvoir sauvegarder) et pire encore, la lampe fait des siennes. Déjà que le jeu est extrêmement sombre (question d'ambiance), la lampe ne dure que quelques secondes avant de s'éteindre pour se recharger. Pourquoi faire ? Pourquoi les développeurs, devant un jeu déjà si dur à arpenter, sont-ils en plus aller nous imposer ce qu'il y a de plus pénible dans l'équipement d'un héros ? Pourquoi ? On ne souffrait pas assez comme ça ? Avant de passer à quelque chose de plus... disons de plus optimiste, il faut aussi signaler l'inutilité du radar. Déjà on n'y voit rien sur ce fichu radar et surtout il nous prévient trop tard ! Il bipe quand l'ennemi est déjà sur nous, ou mieux encore, il ne bipe pas du tout alors qu'on voit clairement un bestiau se balader sous nos yeux. Arf... même dans le futur la technologie nous fait défaut... encore un sous-produit made in China ! Enfin dernier point sensible : le jeu nous faire beaucoup trop d'allers-retours. C'est pénible de toujours devoir aller chercher une carte pour ouvrir une porte, trouver une autre carte qui ouvre une autre porte. Même si ce procédé prend d'autres formes (un interrupteur ?) on finit par se lasser de toujours faire pareil, d'autant plus que l'Auriga n'est pas le lieu le mieux adapté à la diversité (et comme tout se ressemble, en plus on se perd). Un peu d'optimisme ? D'accord !


Si on sauve
C'est vraiment dommage qu'on ait aucune musique, ça aurait dopé une ambiance déjà géniale
Alien Resurrection de l'acide xénomorphe dans lequel on aimerait parfois le jeter, c'est aussi et surtout pour son ambiance. Une ambiance léchée, bien pesante, bien glauque ainsi que la parfaite retranscription de tout ce qu'on aime dans Alien : les ennemis (alien guerrier, facehugger, oeufs, androïdes détraqués et bien entendu reine), les balades dans les conduits d'aération, le radar (dés qu'il bipe, on flippe !), des cris de PNJs horrifiés puis mutilés, des jets de vapeur brulante, des sas par dizaines (trop peut-être), des attaques surprises et bien entendu, la claustrophobie qui se dégage des lieux. Bref, si souvent il y a un peu trop d'ennemis au détriment de l'ambiance, je tiens à souligner la qualité de l'atmosphère, le fait que l'univers d'Alien 4 (le film) soit si admirablement bien retranscrit. Je sais, lors de ma première incursion dans le monde d'Alien Resurrection (c'était en 2005), limite j'ai détesté le jeu. La faute à une jouabilité dont je n'étais pas habitué. Pour les FPS, bien avant qu'Halo ne me convertisse aux joies du pad, j'étais "PC" pour la simple raison que j'étais "souris" ! Mais qui peut se targuer d'avoir une souris PlayStation, d'autant plus qu'on ne joue pas à une console (le fessier au fond d'un fauteuil) comme on joue à un PC (le fessier sur une chaise de bureau, face à son écran). Résultat j'ai dû jouer au pad, et s'il y a quelques années je détestais ça, depuis j'ai révisé mon jugement. C'est d'ailleurs ce qu'auraient dû faire les journalistes de l'époque : comprendre que cette jouabilité, c'était l'avenir ! En effet, hors souris, on ne peut jouer que de 2 façons : soit à l'ancienne avec déplacements et strafe sur la croix (gâchette pour lever/baisser les yeux) soit avec une DualShock, auquel cas on retrouve ce qui se fait actuellement. A l'époque, les gens n'étaient pas prêts pour ça mais aujourd'hui, qui voudrait revenir en arrière, à la jouabilité façon DOOM, Duke Nukem 3D ou Alien Trilogy ? Personne évidemment. Ainsi, c'est clairement plus de 10 ans après sa sortie, que j'ai enfin apprécié la jouabilité d'Alien Resurrection, même si elle n'est pas parfaite. C'est sûr, on ne peut pas comparer celle-ci avec par exemple celle d'Aliens vs Predator sorti en 2010, ça n'aurait pas de sens.


On notera
Difficile à contredire : les graphismes sont admirables pour de la PlayStation
d'ailleurs qu'à l'époque ils adoraient inverser le sens de visée (allez savoir pourquoi, heureusement une option arrange le problème) et faire en sorte que la vue revienne toujours à sa position initiale : trop haute comme toujours et de toute façon c'est pénible que la vue remonte ou redescente sans votre consentement. Heureusement là aussi une option permet de désactiver ça, au prix qu'il n'y ait plus de réticule. C'est un mal pour un grand bien, question de confort. On notera, avant de passer à la réalisation, que Resident Evil 3 a donné quelques leçons car il suffit de presser R3 pour faire un demi-tour rapide et croyez-moi, on s'en sert souvent. Techniquement, le jeu ne déçoit pas, au contraire ! En effet Argonaut nous propose un moteur graphique de toute beauté : de jolis effets, pas un seul sprite en 2D (même les ennemis sont réalisés en "formes pleines"), des couleurs ambrées pour un design somptueux et des textures détaillées comme jamais. La PlayStation crachait ses tripes et ce fut au prix de quelques baisses de framerate, pas bien méchantes. Dans tous les cas, difficile de ne pas être impressionné car hormis des jeux à écrans fixes comme Final Fantasy VII, on ne trouvera que difficilement plus beau et détaillé sur la première console de Sony. Malheureusement il y a quand même un hic à toute cette débauche, c'est que le jeu est extrêmement redondant. Je l'ai déjà dit, tout se passe sur l'Auriga (sauf le dernier level qui se passe sur le Bety), avec toujours le même type de décors, le même design et comme le jeu est très long, forcément ça lasse. Mais en restant fidèle au film, pouvait-il en être autrement ? Enfin le son est d'un bon niveau. Bien sûr je ne reviens pas sur le fait que la voix de l'ordinateur de bord est bluffante et que malheureusement ce sera la seule (sauf à la fin, nous avons une seule phrase de Ripley/Sigourney Weaver, en réalité de Tania Torrens, sa doubleuse officielle), et à côté de ça nous avons de bons bruitages et des cris d'aliens plutôt bien retranscrits. Un bémol quand même, après la fabuleuse bande-son d'Alien Trilogy, j'espérais secrètement retrouver des musiques similaires. Et bien tout faux, Alien Resurrection ne possède quasiment pas de musiques ! C'est donc le vide acoustique, fait uniquement de cris et de bruitages. Quand on sait à quel point des musiques ciselées peuvent apporter à l'ambiance, c'est vraiment dommage.



Alien Resurrection Note
aura déçu à sa sortie à cause de sa jouabilité avant-gardiste mais aussi et surtout de sa redondance et de sa difficulté. Pourtant, force est de reconnaitre qu'on tient là un excellent jeu. Certes il n'est pas aussi fun à jouer qu'un Duke Nukem 3D, il n'est pas aussi parfait qu'un DOOM ou ne possède pas une ambiance aussi admirable qu'un Alien Trilogy, et pourtant, nous tenons entre nos mains l'un des meilleurs FPS de la console. Il contient son lot d'erreurs et d'errances, son lot de détails bien pénibles (comme des niveaux trop longs, des bornes de sauvegardes trop éloignées, des ennemis parfois trop nombreux ou encore ces facehuggers plus fourbes que jamais) mais je l'avoue, 7 ans après mon premier test, mon avis s'est totalement révisé. Alors en marge des FPS cités, qui lui sont sans aucun doute supérieurs, je vous conseille quand même l'un des derniers jeux d'Argonaut, car son ambiance et sa réalisation admirable, peuvent (si vous êtes patient(e)) vous faire passer un très bon moment.



Les -

  • Une grosse durée de vie, peut-être même un peu trop
  • Des ennemis trop rapides et trop résistants
  • Pas les visages des acteurs principaux
  • A part l'Auriga, on n'a aucun doublage
  • Pas de musiques, dommage...
  • Une scénarisation trop faible
  • Le coup de la lampe, pffff...
  • L'inutilité du radar
  • Vraiment difficile
  • Très répétitif
  • Les +

  • Une ambiance vraiment flippante, miam-miam :)
  • L'infection alien : traumatisante et réaliste
  • Une réalisation vraiment impressionnante
  • Une excellente retranscription du design
  • La grosse voix de l'ordinateur de bord
  • Une jouabilité avant-gardiste
  • L'armement du film
  • Une fin sympa


  • Test réalisé par iiYama

    novembre 2005 (mise à jour : mars 2013)