The Last of Us Part II (PS4) -- GRAVITORBOX

 


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Scénario
Mise en scène
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juin 2020
Développeur : Naughty Dog
Editeur : Sony Interactive Entertainment
Genre : infiltration / action

Version testée : française
Doublage : français
Textes à l'écran : français

Support : 2 Blu-Rays
Installation principale : 95Go
Mise à jour : 4.25Go
Version logicielle : 1.02
Moteur graphique : Naughty Dog Game Engine
Optimisation PS4 Pro : oui

Définition HD max : 1080p
Framerate annoncé : 30 fps
Compatible 3D : non
Compatible VR : non
Remote Play PS4/Vita : non

Difficulté :
Temps de jeu : 25h à 35h selon votre rythme
Compatible PS Move : non
Multi-joueurs : non disponible au lancement
Abréviation : TLOU2
Titre alternatif : The Last of Us 2
Prix au lancement : 70€



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The Last of Us

Part II



Une fois n'est pas coutume, notre article est d'une longueur jamais atteinte (ce test comporte plus de 8200 mots !). On s'est alors dit qu'il serait pertinent de vous proposer une sorte de "chapitrage" afin d'accéder directement au contenu que vous voulez lire. Bien sûr on espère que vous lirez tout, mais dans le cas d'une lecture morcelée, vous accéderez plus facilement à l'endroit où vous vous êtes arrêté(e). Ce test nous a demandé un long travail de rédaction et nous espérons, Chacha et moi, qu'il vous plaira. ^__^

01 : Introduction
02 : Polémiques
03 : Installation
04 : Options et violence
05 : Scénario
06 : Mise en scène
07 : Gameplay
08 : Inspirations
09 : Réalisation graphique
10 : Réalisation audio
11 : Conclusion



The Last of Us puissance 2 !


Naughty Dog
The Last of Us Part II est comme le premier opus pour la PS3 : l'un de ses derniers grands titres
est l'un des studios les plus prolifiques à la solde de Sony. Si leur début de carrière était éclectique, à la sortie de la première PlayStation, le studio domiciliée à Santa Monica s'est affilié à Sony et n'a par la suite développé des jeux que pour les consoles du géant de l'électronique. De Naughty Dog on retiendra des séries aussi cultes que mémorables, des jeux sachant être autant dans l'air du temps que techniquement parmi les plus aboutis de leurs supports : Crash Bandicoot, Jak & Daxter, Uncharted et dernièrement The Last of Us. A la sortie d'Uncharted 2 (sur PS3) le studio s'est scindé en 2 équipes : la première a travaillé sur Uncharted 3 et la seconde sur Last of Us, 2 grands jeux de la PlayStation 3. The Last of Us peut même être considéré comme la baroud d'honneur de la 3e console de salon de Sony, puisqu'il est sorti en juin 2013 alors que la PS4 a vu le jour à peine 3 mois plus tard. 13 mois se sont écoulés, le succès de la PS4 étant largement confirmé, The Last of Us revient dans une version Remastered d'excellente qualité, réunissant le jeu principal ainsi que son DLC (Left Behind), au sein d'un même Blu-Ray, profitant au passage d'un lissage graphique ainsi que d'un rehaussement technique en 1080p/60fps. Préférant la qualité à la quantité, le studio Naughty Dog n'est pas du genre à inonder le marché mais chacun de leurs jeux est généralement un grand succès. La PS4 a donc accueilli Uncharted 4 et ses quelques 16 Millions de ventes (!), ainsi qu'un spin-off plus modeste, The Lost Legacy, au succès lui aussi plus modéré (moins de 3 Millions de ventes mais c'est déjà pas si mal, ce ne sont pas tous les jeux qui se vendent aussi bien). Enfin le cas de The Last of Us est assez criant vis-à-vis de la qualité des jeux du studio et de l'accueil du public puisque le premier opus (vendu donc aussi bien sur PS3 que sur PS4) a trouvé preneur à hauteur de 17 Millions d'exemplaires, ce qui en fait leur plus gros succès. On comprend mieux pourquoi Sony a largement financé cette suite (qui est à l'heure actuelle le projet le plus couteux jamais financé).



Le dernier des nôtres...


The Last of Us Part II
On l'a attendu très longtemps cette suite (6 ans) mais les reports ont permis d'obtenir un niveau de finitions sans pareil
était d'abord pressenti pour Noël 2018, avant d'être finalement annoncé officiellement pour novembre 2019. S'ensuivirent un premier report pour le 21 février 2020 puis un second pour le 29 mai 2020, pour finalement voir le jour le 19 juin 2020. 6 ans de développement, de motion capture, de vilains spoils, de fausses annonces (histoire de brouiller les pistes et de laisser encore quelques surprises aux joueurs) et de "crunch" (pas la douceur au chocolat, l'autre :) final et éreintant, pour finalement nous livrer le plus gros jeu post-confinement. C'est aussi le plus gros jeu de la PS4 et une fois de plus, le baroud d'honneur d'une console Sony puisque la PlayStation 5 doit voir le jour avant la fin de l'année 2020. Vous n'êtes pas sans le savoir, la crise sanitaire du Coronavirus / COVID-19 a posé de nombreux problèmes, et si certains développeurs ont réussi à continuer leur développement en télétravail, pour les très gros jeux AAA c'était nettement plus tendu, une remarque qui s'applique aussi à Cyperpunk 2077 (développé par CD Projekt RED), l'autre très gros titre attendu pour la fin de l'année. Aussi en cause, il y a l'impression, la fabrication et la distribution des copies physiques, voulant laisser aux joueurs le choix de leur média (car en pleine pandémie les ventes physiques auraient été très limitées, sachant que bien des joueurs -nous les premiers- tiennent à leur copie matérielle). Il n'empêche que tout ce temps pris à peaufiner le jeu a permis au studio de nous proposer une aventure ciselée mais aussi une expérience unique, qui s'est vu bonifiée, optimisée, façonnée avec beaucoup de talent et d'amour pour l'œuvre. Maintenant soyons clairs dès le départ, si Last of Us 2 aurait pu être le chef d'œuvre ultime d'une console en fin de vie, ce ne sera malheureusement pas le cas. Si beaucoup de points sont très positifs et que la réalisation est juste parfaite, on ne peut pas en dire autant du reste...



Girl power !


Si cette suite
Jeu polémique par excellence, il a reçu un incompréhensible "review bombing", preuve que l'oeuvre divise et dérange, autant qu'elle fascine. Mais au final, la déception ne se situe pas dans ses prises de position...
se nomme "Part II" et non simplement "2" c'est uniquement pour se démarquer, car les raisons invoquées par Naughty Dog sont idiotes. Il n'empêche que ce Last of Us 2 (moi je l'écris comme je veux ^.^) est déjà annoncé comme un best-seller puisqu'il s'est vendu à plus de 4 millions d'exemplaires dans le Monde en un seul week-end (dépassant les autres prétendants au titre qu'étaient autrefois Spider-Man avec 3,3 Millions et God of War avec 3,1 Millions...). Et c'est bien cet insolant succès qui lui a valu un "review bombing" comme jamais. Le "review bombing" c'est lorsqu'une bande de lâches bien cachés derrière leur écran d'ordinateur ou leur Smartphone, votent massivement et négativement contre un jeu, afin de faire largement chuter ses appréciations. Alors certes, parfois c'est justifié (comme lorsqu'on s'insurge contre des protections telles que Denuvo) mais ce lynchage provient de personnes mal intentionnées qui n'ont généralement ni la console ni le jeu, et c'est juste écœurant. Et je ne vise ni le public Switch, ni celui de la Xbox, ni celui du PC... tout le monde est concerné. Moi même je joue à tout ce qui me tombe sous la main, j'ai un PC, des consoles Nintendo et Microsoft et tout à fait entre nous, ça ne me viendrait pas de faire une telle chose. Bref, le "review bombing" c'est la nouvelle méthode d'une poignée de gens méprisables qui, toujours de façon anonyme, protestent envers ce qui va à l'encontre de leur petite vision étriquée des choses. Car vous vous doutez bien que tout ceci n'est pas gratuit, si beaucoup d'écervelés se donnent tant de mal, c'est parce qu'au fond, ils ne comprennent pas les aspérités de l'œuvre. Tout ça pour quoi ? Parce qu'on joue une jeune fille de 20 ans lesbienne ? Parce que le courant LGBT les fatigue ? OK c'est vrai, la féminisation à outrance de ces dernières années est un peu pénible, cependant lorsqu'on joue une Lara Croft dans Tomb Raider, une Aloy dans Horizon, Claire ou Jill dans les Remakes de Resident Evil 2 et 3, Amanda dans Alien Isolation ou encore Emily dans Dishonored 2, bizarrement personne ne s'en plaint. Donc c'est quoi le problème, le fait qu'Ellie aime une autre fille ? Pourtant, on aurait facilement pu penser que justement, 2 filles qui s'embrassent, ça plairait aux beaufs... Mais soit, laissons aux imbéciles leurs guerres stériles, au final c'est comme tous les conflits inutiles, ils finissent toujours par se réguler et c'est les ventes du jeu qui finiront par leur faire fermer leur clapet, même s'il faut reconnaitre qu'en ce moment, cette excessive surféminisation devient lassante...



The Last of Oeufs (un jeu Matines)


The Last of Us Part II
Tenant sur 2 Blu-Rays, le jeu s'installe sur presque 100Go ! C'est énorme mais finalement pas si étonnant...
est un jeu extrêmement gourmand puisque son installation initiale sera de 95Go ! Vous avez bien lu, 95Go alors que le jeu est essentiellement solo (le mode multi devrait arriver plus tard) c'est juste énorme ! Le jeu est livré avec 2 Blu-Rays et contrairement à ce qu'on pourrait penser, il ne faudra pas installer les 2 disques. En insérant le premier des deux (c'est inscrit clairement dessus) la console décompressera les données et les installera copieusement sur le disque dur. La procédure se fait via l'interface console et prend pas moins de 20 minutes. Ensuite pour jouer, il faudra insérer le disque 2 qui lui, ne s'installera pas. On devine alors que ce disque servira aux données secondaires et aux cinématiques qui, bien que construites avec le moteur graphique du jeu, seront lues en direct (sinon à quoi bon insérer un autre disque ? pour une poignée de Gigas manquants ? j'en doute...). Le plus drôle, c'est que le même jour j'ai également racheté KILLZONE Shadow Fall, jeu du lancement de la PS4 et ce dernier s'installe à hauteur de 40Go en une poignée de minutes. Les choses évoluent... Ayant acheté ce Last of Us 2 le jour de sa sortie (il faut dire que ma femme, Chacha, est une grande fan du premier opus, on y a joué presque 10 fois et elle attendait cette séquelle avec beaucoup d'impatience), d'office il installera le patch "day one" 1.02 qui pèse pas moins de 4,25Go, qui se cumuleront aux 95Go de l'installation initiale pour un résultat final qui fait plus de 99Go ! Sur les modèles de base de PS4, avec leurs disques durs d'à peine 500Go (dont seulement 400Go sont disponibles), ça devient tendu !



Colosse Duty


Ainsi le jeu pèse lourd,
Suite au patch day one, The Last of Us 2 est techniquement parfait : aucun bug, aucun raté, tout en exploitant 120% des capacités de la PS4
très lourd (à l'image de certains titres récents tels que Red Dead Redemption 2, Final Fantasy VII Remake et Borderlands 3, tous les 3 faisant de base plus de 90Go), Last of Us 2 n'est pourtant pas le recordman en la matière puisque Call of Duty : Modern Warfare (le remake de 2019) avec toutes ses mises à jour et son Battle Royale, atteint les 190Go !! Ça devient vraiment n'importe quoi (surtout pour du Call of !) et même si je veux bien admettre que les textures soient plus fines, les jeux plus ambitieux, derrière il y a quand même un sérieux manque d'optimisation. Après il ne faut pas non plus se leurrer, que les jeux grossissent est tout à fait normal. Last of Us 2 pèse 100Go mais dès le lancement de la console, les premiers titres pesaient déjà entre 20 et 50Go (le premier Last of Us pèse 48Go et pourtant, il date de juillet 2014). Donc au final, une installation qui double de volume en 6 ans n'a rien d'étonnant. Souvenez-vous sur consoles 16-bits, les premiers jeux Super Nintendo faisaient 4Mb (soit 512Ko) et en fin de carrière ils faisaient 32Mb (4Mo, soit x8). Idem pour les jeux PlayStation qui au fur et à mesure ont multipliés les disques. Sur PS2 les premiers jeux tenaient sur des CD-Roms (700Mo) alors qu'à la fin, on avait des DVDs double couche (8Go), et parfois même plusieurs disques. Donc je ne suis finalement pas si surpris qu'un jeu si ambitieux soit environ 2 fois plus gros qu'un jeu de début de génération, je dirai même que c'est "presque peu".



Si tu prends ma place, prends aussi mon handicap...


Avant de réellement
Le jeu signe l'acte 1 de l'accessibilité pour tous tant les options sont nombreuses et permettent de s'y adonner, même en cas d'handicap
parler de ce Last of Us 2 (je sais, cette intro est interminable !), il faut préciser que la jaquette du jeu est vraiment moche à souhait, ce qui ne rend pas tellement hommage à la grandeur du titre (alors que la pochette du premier opus est très bien). Ensuite, The Last of Us Part II inaugure ce que sera le jeu vidéo de demain. Offrant une ribambelle d'options, allant de la plus pertinente à la plus inutile, ce jeu est l'ambassadeur de l'accessibilité pour tous avec le réglage de la taille de l'ATH, la configuration des couleurs, un réglage très poussé de l'audio et le cas échéant, on a même une synthèse vocale qui dicte les textes. On commence à entrevoir pourquoi le jeu pèse si lourd... ceci dit, toutes ces options sont une bonne chose car un handicap, quel qu'il soit, ne doit pas être un frein aux plaisirs ludiques et même si le jeu facilite son accès aux personnes ayant des problèmes moteur, audio ou visuels, je pense que ces options ouvrent également son audience à ces personnes qui n'ont jamais joué à un jeu de leur vie. Il ne faut pas croire, ce n'est pas parce que nous, les gamers de longue date, on dirige si facilement notre personnage et qu'on enchaine les "headshots" que c'est évident pour tout le monde. Ainsi en plus des 5 modes de difficulté (allant du mode "histoire" qui facilite au maximum l'aventure, jusqu'au mode réaliste pour ceux qui veulent un challenge masochiste), il est possible de paramétrer son jeu selon son niveau et/ou son handicap. Maintenant espérons que des joueurs ne profiteront pas de ces options pour rendre le jeu si abordable qu'ils pourront le rusher en une poignée d'heures. C'est ridicule et ça gâche évidemment le plaisir. Comme pour les parkings, si tu prends ma place, prends aussi mon handicap...



Si c'est trop violent pour toi... joue à autre chose !


Comme je le fais
Oui le jeu est très violent, mais lequel ne l'est pas ? Et puis le premier opus l'était déjà presque autant donc pas de quoi s'offusquer...
quasiment systématiquement, j'ai rejoué au premier opus avant d'attaquer le test de celui-ci et si beaucoup de gens restent choqués par la violence du jeu, dites-vous que le premier épisode aussi, était viscéral et particulièrement cru dans son propos. Au final qu'est-ce qui a changé depuis ? Et bien mine de rien en 6 ans, la "bien-pensance", le courant de pensée "mainstream" s'est peu à peu imposé, en faisant croire que nous vivons dans un monde bisounours, où "tout le monde il est beau tout le monde il est gentil". Pensant sûrement que les jeux vidéos sont trop violents, je rappellerai aux "fragiles" que d'autres titres sont mieux taillés pour eux (les Kirby et les Animal Crossing par exemple) et que notre média n'est pas forcément plus sanglant qu'un autre. Il suffit de regarder la majorité des films pour s'en rendre compte, et les livres ne font guère mieux. Même les contes pour enfants sont bien souvent glauques, nous faisant lire des horreurs à nos gosses avant d'aller se coucher (comme par exemple Peau d’âne, un conte populaire de Charles Perrault, parue en 1694 où un père veuf veut épouser sa propre fille et lui faire des enfants... ouep, dégueu à souhait !!). Bref, la violence n'est pas réservée aux jeux vidéos, elle est partout ! Impossible d'allumer sa TV, de consulter Facebook ou de visionner des vidéos Youtube sans y être confronté... l'être humain est ainsi fait, pas besoin de jouer les chochottes apeurées et choquées, ceux que ça dérange n'ont qu'à retourner à leur tricot.



Qui prépare sa vengeance, creuse 2 tombes...


L'histoire de Last of Us,
Malgré le choc qu'il nous assène, au départ ce scénario sur fond de vengeance est très accrocheur...
le premier opus, nous racontait le périlleux voyage de Joël (un père qui a perdu sa fille le jour où tout a basculer) et d'Ellie, une jeune fille de 14 ans qui d'un coup se révèle être un espoir pour l'humanité, étant donné qu'elle est immunisée contre le virus du Cordyceps qui a causé une pandémie mondiale et des milliards de morts à travers le monde. Une fois ce long et infructueux voyage accompli, quasiment un an après leur départ, Ellie et Joël sont devenus plus que des amis, presque un père pour cette fille qui n'a plus de famille. Ils retournent alors dans le Wyoming, chez Tommy le frère de Joël. Cette suite reprend l'histoire du premier épisode. Nous sommes 5 ans plus tard, vivre dans une communauté de survivants leur a permis de connaître la paix et la stabilité en dépit de la menace constante des infectés et des survivants désespérés. Mais lorsqu'un événement d'une violence extrême et d'un traumatisme inguérissable viennent troubler cette paix, Ellie se lance dans une sanglante quête de justice... Pour sûr, l'histoire du premier opus était marquante, très marquante et c'est avec plaisir qu'on va retrouver les principaux protagonistes qui ont donné corps à ce jeu mythique. Notez tout de même que suite à la crise du Coronavirus, il est presque ironique de faire la relation entre la pandémie de Cordyceps (un champignon entomopathogène qui infecte normalement les insectes mais qui, pour le coup, a décimé l'humanité) et celle que nous avons vécu. Bien sûr, moi le premier, je suis un peu frustré de jouer Ellie, alors que je m'étais attaché à Joël, ce père désabusé et badass qui a si bien tenu son rôle de protecteur. Maintenant sachez que ce n'est pas la première fois qu'on joue la jeune fille puisqu'un chapitre entier, plus un DLC, lui sont dédiés. Vous remarquerez aussi que les développeurs ne savent pas compter sur leurs doigts : si Ellie avait 14 ans lorsqu'elle a rencontré Joël, durant cet été 2033, que leur première aventure a duré approximativement un an (elle se termine au printemps 2034), et que nous sommes 5 ans plus tard, alors Ellie n'a pas 19 mais 20 ans. Mais soit, ce n'est qu'un petit détail.



L'Abby ne fait pas le moine


Maintenant je ne
... puis Abby entre en scène et on la jouera longtemps, beaucoup trop longtemps. L'idée de la rendre plus humaine, et non simplement une antagoniste, est une bonne chose mais c'est bien là que le jeu perd son auditoire !!!
sais pas si vous êtes au courant, mais la principale source de frustration du jeu, c'est qu'on ne jouera pas que Ellie. Ne vous en faites pas, je ne suis pas là pour spoiler le scénario cependant Abby, le second personnage, sera notre héroïne durant un long, très long, trop long moment !! En effet, l'aventure est très longue, sans doute l'une des plus longues pour un jeu exclusivement solo et plus ou moins linéaire. La durée de vie du titre est très oscillante, pouvant aller d'environ 15 heures si vous rushez, à plus de 30 heures si vous prenez le temps de fouiller les lieux, de jouer "infiltration" et de vous imprégner de l'ambiance. Et durant tout ce temps, dites-vous bien que vous jouerez Abby pendant environ 45% de ce temps ! Vous avez bien lu, moi qui pensais que la jouer nous apporterait des détails supplémentaires (ce qui fut le cas) et que sa présence faisait en sorte de rallonger l'aventure sans pour autant jouer Ellie tout du long, il y aura forcément un moment où vous vous direz : "au final, qui est l'héroïne du jeu ?". On joue tellement Abby qu'il n'aurait pas été choquant qu'elle trône aux côtés d'Ellie sur la pochette. Ainsi à l'image d'Halo 2 (et je vous le dis de suite, ce n'est pas mon épisode préféré !) où on alterne Master Chief et Arbiter au point que notre héros de toujours est même évincé de son propre jeu en fin d'aventure, ici on joue l'antagoniste presque aussi longtemps que l'héroïne !! Avouons-le, c'est original, c'est même couillu d'avoir osé faire ça et les développeurs ont parfaitement réussis leur coup : nous faire comprendre qu'Abby n'est pas qu'une salope bodybuildée, c'est aussi une personne avec un cœur, une âme et une conscience qui fera en sorte de se racheter de ses actes. Pour être franc, on finit même par l'apprécier... Cependant les développeurs ont beaucoup trop joué sur les nerfs des joueurs !!! Qu'on comprenne ses motivations, OK c'était une bonne idée même si dans cette seconde partie d'aventure, il faudra naturellement partir de zéro (puisqu'Abby ne va pas profiter des compétences acquises par Ellie, ça va de soi). Maintenant, lorsque les 2 filles se rencontrent, qu'on joue encore Abby, c'est extrêmement frustrant !



La vie est une question de point de vue et de choix...


En ayant joué
Avec son physique de bonhomme sous stéroïdes, on a en plus bien du mal à s'attacher à ce personnage qui prend trop la place de la vraie héroïne du jeu...
au premier jeu, on a forcément plus d'empathie pour Joël et sa quête, qu'Abby et sa vengeance. Il est donc naturel de préférer Ellie, de continuer son histoire, plutôt que de jouer une connasse vengeresse super moche au physique de forain (ou de camionneur), qui sort de nulle part. Même si on finit par apprécier le personnage pour ce qu'elle est, elle aura toujours tout un jeu, toute une aventure de retard en ce qui concerne l'attachement du joueur. Et croyez-moi, ce Last of Us 2 est parfois très rageant, ne pouvant pas laisser indifférent, il arrive qu'on soit crispé à son pad pour la simple raison qu'au final, la tournure des choses est certes singulière, mais bon sang elle ne va pas du tout dans le bon sens ! Et puis le jeu ne nous laisse jamais le choix : malgré ses très nombreuses cinématiques et les nombreux potentiels embranchements qu'on entrevoie, on suivra toujours le chemin tracé par les développeurs et les scénaristes, alors qu'il aurait été tellement agréable de choisir de faire ou ne pas faire tel ou tel acte. D'ailleurs le jeu propose un "new game +" qui permet de rejouer en conservant ses compétences, ses armes et son matos (une excellente chose en soi) car croyez-moi, une seconde lecture ne sera pas de trop. Et bien j'aurai apprécié que justement, les développeurs nous proposent à ce moment-là d'avoir le choix : faire l'aventure dans l'ordre chronologique (car il y a beaucoup de flashbacks et de timelines imbriquées), faire le choix de tuer (ou pas) telle ou telle personne (car on en revient à mon vieil adage, qui est plus vrai que jamais : "la vie est une question de point de vue et de choix"), choisir qui jouer à certains moment-clés de l'aventure. Malheureusement nous ne sommes pas dans un RPG et des choix, on n'en fera jamais ! On suit la ligne directive imposée par le studio, on garde la mâchoire bien serrée et on fait avec... Et tout ça, c'est de la faute à Naughty Dog : eux qui ont toujours réussis à nous offrir des scénarios vraiment sympas (à défaut d'être révolutionnaires) cette fois sur l'écriture, on se dit "qu'ils ont pétés un câble" ! En somme, à trop vouloir innover, on finit par faire de la merde ! N'ayons pas peur des mots...



La descente aux enfers d'Ellie...


Pour mettre tout
Si le scénario est une déception à laquelle nous n'étions pas préparés, à contrario la mise en scène est d'une perfection encore jamais atteinte !
ceci en scène, le studio a une nouvelle fois fait appel à la motion-capture et on retrouve nos acteurs et doubleurs de l'époque. Ainsi c'est une nouvelle fois Ashley Johnson qui joue le rôle d'Ellie (dont la voix française est celle d'Adeline Chetail), et on retrouve le très bon Troy Baker (toujours doublé par l'excellent Cyrille Monge) qui joue Joël (un acteur/doubleur qu'on connait pour ses performances de Ocelot dans Metal Gear Solid 5, Samuel Drake dans Uncharted 4, Pagan Min dans Far Cry 4, Booker DeWitt dans Bioshock Infinite, Jake Muller dans Resident Evil 6 et j'en passe). Quant à Abby, elle est jouée par Laura Bailey (dont la VF est assuré par Audrey Sourdive), qui travaille beaucoup dans le doublage mais dont la motion-capture n'est pas nouvelle pour elle puisqu'elle a déjà incarné Olympia Vale dans Halo 5 et Nadine Ross dans Uncharted 4. Et que dire de la qualité de la mise en scène, si ce n'est que celle-ci est juste parfaite ! Il est clair qu'un nouveau cap fut franchi, avec des animations d'une qualité irréprochable, des expressions faciales d'une précision encore jamais vu. Même en plein jeu, on pourra apprécier de très gros efforts d'expressions, et une superbe synchro labiale constante (plus lors des cinématiques plein écran, mais tout de même présente lors de nos voyages). C'est bien simple, ça reste certes un jeu vidéo mais le résultat est là : la mise en scène touche à l'œuvre d'art et ne laisse transparaitre aucun défaut. Tout cet étalage de technicité rend bien sûr hommage à cette perle d'émotion qui contraste des scènes d'une violence délibérément crue. D'ailleurs le rythme est volontairement décousu, afin de justement mieux souligner ce fantastique jeu d'acteurs. Car vous l'aurez compris, si je peste sur l'écriture (le scénario), de son côté la réalisation, la mise en scène et le nombre incroyable de cinématiques nous font prendre conscience de l'énorme travail des développeurs, qui justifie à la fois tant d'années de développement, et une installation aussi grosse. D'ailleurs j'apprécie beaucoup la façon dont le premier opus est résumé et même le suivi, la continuité du précédent lore comme la chanson de Joël, le robot de Sam, le mensonge, les blagues d'Ellie, son couteau pliant... Ceci dit, quitte à vouloir autant se rapprocher du cinéma, j'aurai malgré tout aimé que lorsqu'un personnage qu'on apprécie meurt, le jeu prenne le temps de ralentir (avec un slow motion par exemple) plutôt que de continuer à un rythme effréné, au risque de faire passer ça pour une (simple) formalité.




C'est Troy Baker (doublé par Cyrille Monge) qui joue Joël



Ashley Johnson joue le rôle d'Ellie (doublée par Adeline Chetail)



C'est Laura Bailey qui a tenu le rôle d'Abby (doublée par Audrey Sourdive)



La vengeance dans la peau (Ellie Bourne)


Abordons à présent
Le gameplay, repris et amélioré du premier épisode, est souvent jubilatoire. A quelques fausse notes près (comme la visée ou cet arbre de compétences un peu mal fichu) l'aventure est un régal
le gameplay, qui est naturellement repris du premier opus, avec bien entendu toutes les améliorations dont il avait besoin. Devenue adulte, Ellie sait désormais nager (Abby aussi, ça va de soi) avec ce que ça impose de phases aquatiques (bien qu'elles restent finalement assez rares). Le jeu nous laisse le choix lors des affrontements : on peut soit échafauder des plans d'attaque (en posant des mines), soit la jouer infiltration (avec ce que ça implique d'exécutions silencieuses) ou à l'inverse, jouer les grosses brutes et rentrer dans le tas. Se la jouer "action" est d'ailleurs mieux amené et plus gratifiant qu'autrefois, car bien souvent l'infiltration est gâchée par des ennemis soit totalement aveugles, soit trop clairvoyants. Dans tous les cas, la difficulté est tout à fait accessible pour ne jamais rebuter (tout du moins dans les modes les plus faciles). Pour justement la jouer en "infiltration", notre héroïne peut désormais se déplacer à plat-ventre, ce qui nous rend littéralement invisible (dans les herbes hautes, la position accroupie suffit à rester indécelable aux yeux des ennemis). Toujours aussi orienté vers l'exploration, il sera toujours gratifiant de bien fouiller les lieux, avec parfois le bon goût que certaines zones ne sont que difficilement accessibles (c'est là qu'interviennent les passages en cordes, qu'on peut généralement déplacer - c'est pas nouveau mais toujours bon à prendre). L'exploration permettra comme d'habitude de récupérer des pièces détachées qui permettront d'upgrader nos armes via les ateliers, et des stimulants qui permettent d'acquérir de nouvelles compétences. L'arbre de compétences est par contre très mal fichu : les branches se débloquent en trouvant des revues, mais on ne peut pas développer telle ou telle compétence sans upgrader les précédentes, qui sont parfois inutiles selon notre façon de jouer (par exemple, je n'ai personnellement jamais utilisé les fumigènes). Notez par ailleurs que le premier rush ne vous permettra pas d'upgrader toutes vos armes et de débloquer toutes les compétences, ce qui rend d'autant plus intéressant un second tour de piste. Après on retrouve avec plaisir ces objets à confectionner (medikit, cocktail molotov, surin, bombes, mines...) et même des flèches pour notre arc. D'ailleurs il est amusant de voir Ellie fabriquer des flèches explosives, exactement comme le fait Rambo dans ses films. Malheureusement, si bon et jubilatoire soit le gameplay, il n'est pas à l'abri d'incohérences.



L'Homme est un loup pour l'Homme...


On commencera
On retrouve avec plaisir l'upgrade des armes, beaucoup d'exploration, de crafting et même plusieurs approches possibles pour chaque zone
par le fait qu'on laissera de côté beaucoup d'objets (notamment des munitions), notre héroïne estimant qu'une poignée de balles par arme suffit. D'accord, ça nous force à changer souvent de tactique (et d'arme) mais lorsqu'on ne porte qu'une poignée de cartouches, sachant qu'à la prochaine zone on en aura potentiellement besoin, c'est un peu débile. D'autant que dans ce monde apocalyptique, les munitions sont rares et je doute fortement qu'on laisserait ce genre de trésor de côté. Le pire, c'est que la bougresse ne veut pas porter plus d'objets ou de balles, mais se permet d'emporter chaque feuille qu'elle lira... en sachant ce que pèse le papier ! Bref, c'est un non-sens. Il en est de même pour les armes de corps à corps, qui s'usent à une vitesse folle. Perso, je vois mal une barre-à-mine, une hache ou une machette se briser au 4e clampin qu'on occis. Ajoutons que le combat au corps à corps est assez pénible, et aussi mal foutu qu'imposé (notamment face à certains pseudo-boss). A grand coup d'esquive, d'attaque classiques et "éclairs", ces bastons remaniées sont l'héritage des Uncharted 3 et 4, même si on s'en serait volontiers passé, surtout lorsqu'on doit faire face à une petite horde qui n'a que nous pour cible. C'est vite la panique car les manipulations ne sont pas assez intuitives. Dernier détail, le système de visée est également sujet à quelques crispations. Selon les options choisies, on visera soit extrêmement facilement un ennemi mais impossible de régler manuellement sa visée (pour viser sa tête et le "one-shoter" par exemple) ou alors on est libre de sa visée et celle-ci est particulièrement imprécise (sans parler de cette perpétuelle bougeotte qui nous fait souvent rater notre cible). Au final, il n'y a pas vraiment de solution, l'un ou l'autre choix ne convient jamais parfaitement. Heureusement pour nous, l'exploration est toujours parfaitement mise en avant, les environnements permettent (la plupart du temps) différentes approches et tactiques (certaines maps sont d'ailleurs de jolis petits open-worlds mais ça reste rare, le jeu se voulant mine de rien assez linéaire) et les guns ont conservés une sacrée dynamique ! Avec un 357 Magnum, un fusil de sniper ou mieux encore un fusil à pompe (ou de chasse), on sent clairement la puissance dévastatrice de l'arme. Idem pour ce qui est des mines ou bombes (ces dernières sont d'ailleurs inspirées du premier Terminator, un bien joli clin d'œil pour cinéphile aguerri) qui feront du kebab des ennemis, avec la délicate attention que certains membres seront joliment arrachés au passage. A l'image du cocktail molotov, c'est aussi sadique que jubilatoire ! ^.^



The Last Walking of Us is Dead


Nous venons de le voir,
Très inspiré par Walking Dead, le post-apo n'a jamais été aussi bien retranscrit
les développeurs semblent aimer le cinéma d'action (comme nous tous, sauf bien sûr pour les cas désespérés qui critiquent sans regarder tous ce qu'Hollywood a à offrir), avec des flèches explosives inspirées de Rambo (ou du premier Predator, lorsque Schwarzy tente d'attirer l'extra-terrestre dans un piège, à voir), ou encore des bombes inspirées du premier Terminator (vous savez, celles que Kyle Reese fabrique dans le premier film, pour se défaire du T-800). Et bien autre détail intéressant, les fans de la série The Walking Dead ont sûrement remarqué que le jeu s'inspire beaucoup de leur série fétiche. La mort d'un personnage très important rappelle celle de Glenn par sa brutalité, Joël + Ellie rappelle forcément le duo Rick + Carl, les Wolfs, fouiller des maisons dévalisées dans un monde post-apo où l'être humain est devenu un plus grand danger que les infectés (qui ne sont finalement qu'une autre forme de zombie), les hordes, les Scars rappellent les Scavengers, les sifflements rappellent les "Sauveurs", le stade rappelle celui de Fear the Walking Dead, et le plagiat les inspirations vont si loin qu'un nouvel ennemi fait son apparition et s'appelle "le rôdeur". Autant dire que les développeurs sont clairement des amateurs du Comics et de la série créés par Frank Darabont et Robert Kirkman !



2e vague...


Reprenant le
Même si le chaos est peu propice aux jolis décors, The Last of Us Part II nous dévoile quand même de très jolis panoramas
performant moteur graphique d'Uncharted 4 (sorti en 2016), certains sont allés dire des âneries telles que : Last of Us 2 est moins beau que la 4e aventure de Nathan Drake. C'est évidemment complètement faux. En réalité, Uncharted 4 pose un univers contemporain, propre, souvent avec de très beaux panoramas et en effet, celui-ci aussi en met plein les yeux et il est, dans cette comparaison, difficile de donner tort à ceux qui affirment ça. Maintenant sachez que Naughty Dog n'est pas du genre à garder un middleware en l'état (si performant soit-il), et en passant d'un jeu majeur à l'autre, il est naturel que le moteur graphique soit upgradé, d'autant que 4 ans séparent les 2 jeux. Et pour ce qui est de la comparaison entre les 2 derniers gros titres du studio, sachez que Last of Us 2 fait montre d'une maitrise absolument parfaite de la PS4. Comme évoqué, la motion capture a permis de réaliser des prouesses lors des cinématiques, les expressions faciales sont impressionnantes de réalisme, nous avons une synchro labiale même sur la VF et nous avons une impressionnante gestion de la physique puisque le corps de notre personnage entre réellement en collision avec les éléments du décor. Il faut aussi voir avec quelle précision sont faites certaines séquences, comme la propagation d'une hémoglobine ultra réaliste (ce qui aurait sans doute fait plaisir à Dexter :) ou lorsqu'on voit Ellie jouer de la guitare comme le ferait une "personne réelle", placement des doigts, réaction des cordes et sonorités qui vont avec. Il est donc clair que nous n'avons pas affaire à de vulgaires cut-scènes à peine travaillées. S'il est évident qu'on trouvera Uncharted 4 plus charmant avec ses décors naturels et ses panoramas de carte postale, il faut savoir que Last of Us 2 propose lui aussi quelques décors où notre doigt est inexplicablement attiré par le bouton Share (histoire d'immortaliser certains moments aux décors vraiment remarquables) et son monde post-apocalyptique est également magnifiquement retranscrit. Encore une fois très inspiré par Walking Dead, le jeu est extrêmement varié dans ses situations, ses décors, ses scare-jumps (rares mais diablement efficaces ^.^), son alternance de scènes et les lieux que nous visiterons.



Joël + Ellie = Joëlie


Les meilleurs
Le jeu varie grandement ses lieux et il alterne parfaitement ses ambiances : tantôt calmes et posées, tantôt anxiogènes au possible
passages sont encore ces zones où la nature a repris ses droits, auxquels les développeurs ont apposé un grand soucis du détail comme cette fine neige qui tombe et les traces qu'on y laissera en marchant (ce qui rappelle Rise of the Tomb Raider), de véritables miroirs (qui sont encore très rares, même aujourd'hui), les chutes d'eau, la végétation... rien n'a été laissé au hasard et même si au premier coup d'oeil il est difficile de dire que c'est beau (il faut dire que le chaos ne l'a jamais été), Last of Us 2 brille finalement sur les détails et ce rendu quasi photo-réaliste d'environnements peaufinés à l'extrême. On apprécie aussi les zones infectées, plus flippantes et dégueu que jamais, les nuages de spores ultra travaillés, ainsi que de nouveaux ennemis plus détaillés et glauques que dans le premier opus. Un travail incroyable a été réalisé sur les graphismes, témoin du talent de ce studio mythique et de sa maitrise de la console. On sent que ce long temps de développement, plus les quelques reports, ont permis de peaufiner la réalisation, et d'y apporter un max de détails. Notez aussi que le patch "day one", qui était étrangement en v.1.02, fut le seul de toute ma longue cession de jeu. A l'heure où j'écris ces lignes, pile un mois après sa sortie, il n'y a pas eu d'autre patch et je n'ai subi absolument aucun bug ! Encore une fois, on sent que Naughty Dog a apporté un soin tout particulier à son jeu. D'ailleurs, si le premier chargement est très long, par la suite les "loadings" sont imperceptibles, l'aventure se déroulant d'une traite. Si le jeu s'affiche en 1080p, il est compréhensible que cette fois, il ne soit qu'en 30fps. Bien sûr les puristes vous diront qu'ils auraient préféré du 60fps avec un jeu moins beau, personnellement je privilégie la qualité graphique au framerate, étant donné que nous sommes sur un jeu d'action ultra narratif, et non un fast FPS ou un jeu de courses.



Dina Turner et Abby Schwarzenegger


On notera tout
Abby est l'exact inverse d'Ellie et avec son physique d'haltérophile, ce n'est clairement pas le genre de personnage féminin qu'on aime jouer...
de même 4 détails qui entachent (à peine un tout petit peu) cet étalage de perfection. D'abord, une fois le jeu lancé, votre PS4 jouera les sèche-cheveux non-stop. Même lorsqu'il est en pause, Last of Us 2 ne ménage pas la console qui visiblement, chauffe pas mal (plus encore que dans Horizon, où de temps en temps, le ventilo se calmait). Et le fait que le second disque soit dans le lecteur et que celui-ci ne s'installe pas, implique que le lecteur Blu-Ray tournera tout au long de votre session, ce qui peut (à terme) devenir problématique. Ensuite, on passera souvent, très très souvent par des interstices et c'est justement à ce moment-là qu'une cinématique se déclenchera. Que ça arrive une fois ou 2, pas de souci, la tuile c'est que les développeurs n'ont visiblement pas trouvé d'autre moyen pour que notre héroïne se fasse alpaguer par surprise, et sur la fin du jeu, on vient à redouter chacun de ses passages. Enfin, et c'est selon moi le pire, il y a quelques détails physiques qui, personnellement me gênent. Déjà il y a Abby, produit génétiquement modifié de l'union non-avouée d'une tournante organisée par Stallone, Schwarzenegger et Dwayne Johnson. A bien y regarder, je pense que les développeurs voulait un contraste fort entre Abby et Ellie : l'une est frêle, homo, brune, cheveux détachés, quand l'autre est blonde (foncée) avec une tresse, hétéro en mal d'amour avec une forte propension aux mélodrames, et surtout, avec un physique bodybuildé franchement dégueulasse ! Pourtant Abby n'est pas vilaine, mais lorsqu'elle est à bras nus, avec ses gros biscotos et sa carrure de catcheuse, tout à fait entre nous, elle donne la gerbe. Et le pire dans tout ça, c'est qu'en voulant pousser l'aspect "survie" et "post-apo" du titre, certaines filles (comme Dina et justement Abby) ont des poils sous les aisselles (heureusement, le jeu n'est pas en odorama !). Pourtant, c'est un consensus au cinéma, dans les jeux ou autres : les pilosités disgracieuses sont éliminées. Certes ça rend le tout plus crédible, plus réaliste mais franchement, c'est dégueulasse et ça rappelle Metal Gear Solid 2... pour de mauvaises raisons.




Que le jeu se veuille réaliste est une bonne chose mais les poils... non !!



La rage d'une fille


Terminons comme
Les bruitages sont d'une qualité irréprochable ! Quand à notre VF, elle profite d'un excellent casting et d'une superbe synchro labiale
d'accoutumé par la partie audio du titre. C'est avec plaisir que le casting vocal a répondu une nouvelle fois présent et chacun des protagoniste connus dispose (en version française) de la même voix. Ainsi Joël a toujours la voix du charismatique Cyrille Monge, ce doubleur de talent qui est la voix officielle de Kirk Acevedo et Steven Weber. Plus proche de nous, c'est la voix de Joseph Seed dans Far Cry 5 et New Dawn (un autre jeu à la surféminisation...), ou encore celle d'Artyom dans la trilogie Metro. De son côté, Ellie a retrouvé la voix d'Adeline Chetail, une doubleuse de longue date qui a un CV long comme le bras et qui double entre autre Vanessa Hudgens et Christian Serratos (Rosita de Walking Dead, comme le monde est petit :). Plus proche de nous, elle est la voix de Bhadra dans Far Cry 4, Marlène Wallace dans Final Fantasy VII Remake, Arana dans Horizon : Zero Dawn mais aussi et surtout Zelda dans Breath of the Wild. Quand à Abby, elle a la voix d'Audrey Sourdive, une actrice française qui ne s'est mis au doublage que depuis 2017 en participant elle aussi à Horizon, mais aussi à Spider-Man, Assassin's Creed Odyssey et Borderlands 3. Quant au reste d'un casting assez prestigieux et ample, nous retrouvons Kelly Marot (la voix régulière de Jennifer Lawrence, Dakota Fanning, Sophie Turner, et Hayden Panettiere - elle est la voix de Claire Redfield dans Resident Evil 2 Remake et prête ici sa voix à Dina), Thomas Roditi (la voix française de Robert Pattinson, Gilles Marini et d'Ian Harding, il prête sa voix à Jesse), Daniel Njo Lobé (qui est un gros doubleur avec entre autre à son actif Longinus de Far Cry 4, Marvin Branagh dans les Remakes de Resident Evil 2 et 3, mais aussi et surtout la voix de Geralt de Riv dans les The Witcher 2 et 3).



Ellie, diling, diling, gratte la guitare...


Enfin j'ai une
Une nouvelle fois, les compositions de Santaolalla apportent beaucoup à l'ambiance, qui se veut cette fois plus soutenue et mélancolique
tendresse particulière pour Jérôme Pauwels qui est la voix française régulière de Woody Harrelson, Jeremy Renner, Seann William Scott ou encore l'excellent Jon Bernthal (personnage important de Walking Dead, et acteur principal de la très bonne série The Punisher). On le connait aussi pour sa bonne prestation de Hurley (joué par Jorge Garcia) dans la série LOST. Vous l'aurez compris, le casting est 4 étoiles et aucune fausse note ne viendra vous sortir d'une poignante cinématique. On notera tout de même que le jeu est souvent très bavard (surtout en début d'aventure avec Ellie et Dina), mais pas avare en renseignements utiles. D'ailleurs je ne l'ai évoqué que succinctement mais divers courriers seront à lire tout au long de l'aventure, ce qui bien entendu apportera quelques détails de plus sur l'histoire, ou des infos intéressantes (comme le code d'un coffre fort qui cache souvent de bonnes ressources). Autre point appréciable : les problèmes de portée audio ont en grande partie été réglé. Déjà les options permettent un réglage assez fin de l'acoustique selon son matériel (5.1, casque, simple son de la télé...), mais en plus cette fois le jeu nous évitera de voir ce héros, seul dans son coin, répondre comme un con à une question posée qu'on n'a pas du tout entendu ! Si le jeu gère parfaitement l'atténuation dû aux parois (comme lorsque notre interlocuteur nous parle derrière un mur), globalement notre accompagnateur/trice sera toujours suffisamment près et le son suffisamment clair, pour qu'on comprenne ce qu'il/elle dit. Quant aux bruitages, ils sont d'un réalisme et d'un dynamisme qui fait plaisir à entendre ! Les armes à feu détonnent, confortant souvent leur puissance, les explosions sont particulièrement dynamiques et globalement, l'ensemble des bruitages est d'une qualité irréprochable. Enfin, accompagné de Mac Quayle, la musique a une nouvelle fois été composé par l'excellent Gustavo Santaolalla. L'homme aux multiples nominations et récompenses pour son admirable travail, nous livre une nouvelle fois une œuvre acoustique de grande qualité. Plus présente, plus mélancolique aussi, la musique sait autant souligner l'action, que porter aux nues une scène dramatique.




De gauche à droite : Neil Druckmann (producteur et co-scénariste), Halley Gross (co-scénariste...
oui oui c'est à cause de ces deux-là qu'on a droit à ce scénario de merde !!) et
enfin Gustavo Santaolalla, co-compositeur des musiques



Si le Note
remaster du premier épisode signait en quelque sorte le début de la superbe carrière de la PlayStation 4, cette suite signe son baroud d'honneur, sa sortie triomphale, exactement comme le premier opus l'a fait pour la PS3 (étonnant de se dire qu'au final, cette série est devenue si emblématique de la marque, en seulement 2 épisodes). Maintenant soyons honnêtes et ne nous voilons pas la face : The Last of Us Part II est loin d'être parfait. Si le titre ne mérite pas le "review bombing" dont il a été victime, il ne mérite pas non plus que des éloges et des notes systématiquement maximales. Et parmi les petits défauts qu'on peut lui trouver, c'est finalement le scénario qui sera le vrai problème de ce titre. Tout d'abord l'écriture est clairement moins bonne que lors du premiers opus et rendre Abby antagoniste n°1 en début de jeu fait qu'on la déteste au plus haut point. Puis la jouer si longtemps, apprendre qui elle est, une personne avec un cœur, une vie, une histoire, la rend forcément plus "humaine". Ainsi le jeu se veut moins manichéen qu'on aurait pu le penser, il n'y a pas les méchants d'un côté et les gentils de l'autre, il y a juste un monde dur, éprouvant et violent qui fait faire des choix dont on ne réalise pas de suite la portée ("une aile de papillon" comme dit le proverbe). Seulement voilà, quoiqu'est voulu faire Naughty Dog, nous n'avons pas aimé "cette formule", car on joue beaucoup trop Abby (au détriment de la vraie héroïne du jeu), presque autant qu'Ellie ! Dans le fond l'idée est bonne, même si elle divise et met parfois (souvent !) les nerfs en pelotes. Résultat on perd l'intérêt de cette double vision car la seconde partie de l'aventure nous fait perdre le leitmotiv originel, au lieu de justement apporter une plus-value au récit. C'est exactement ce qu'on a reproché au double visage d'Halo 2. Si vous avez joué et apprécié le premier épisode, cette suite peut en aucun cas vous laisser indifférent, tant elle est tantôt fascinante, tantôt stressante, tantôt particulièrement énervante, voire même déstabilisante ! A trop vouloir créer la surprise et faire le plus orignal possible, et en nous forçant à comprendre et aimer celle qui doit être tuée, Naughty Dog a perdu ses joueurs ! A mes yeux, le vrai problème du jeu est là, et nulle part ailleurs...


Si le scénario va vous mettre une grosse claque (et pas dans le bon sens du terme, soyez-en sûr(e) ! ), au contraire, la mise en scène est la meilleure jamais vu à ce jour ! Avec une précision encore jamais atteinte, un jeu d'acteur impeccable, un excellent doublage, une motion capture hyper travaillée... les cinématiques sont clairement les plus belles et les plus précises jamais conçues ! De même, comment ne pas apprécier ce gameplay largement amélioré, avec lequel on appréciera cette alternance d'affrontements et de moments plus calmes qui laisse une grande place à l'exploration et au crafting. Comment ne pas aimer cette bande-son mélancolique et ses bruitages d'une qualité irréprochable. Les inspirations de films et surtout de Walking Dead sont autant de preuve de l'amour des développeurs pour le cinéma et les séries, les lieux visités sont étonnamment variés, le post-apo n'a jamais été aussi bien retranscrit, la durée de vie est très longue pour un jeu solo et puis comment conclure ce test sans parler de la réalisation, sans réfléchir la plus belle de la machine, renvoyant ses plus grands jeux loin derrière. Il y aura donc clairement un avant et un après The Last of Us Part II, qui est une véritable leçon de mise en scène et de réalisation, gâché par un scénario qu'on n'aurait jamais soupçonné si mauvais. Mais après tout, on parle bien du studio qui a réalisé Uncharted 4 et dont le scénario est, une fois encore, un contre-sens à toute logique. Quitte à choisir, j'aurai préféré quelque chose de plus simple : retrouver Joël et Ellie (qui sait en alternance ou même en "partner zapping") plutôt que de prendre des crises de rage devant des événements sur lesquels on n'a aucun contrôle. Heureusement pour lui, la première moitié et les dernières heures du jeu sont vraiment sympas, et une fois qu'on a ingurgité ce scénario écrit par un maniaque qui aime malmener émotionnellement son auditoire (une grande première pour moi et pourtant, j'ai des milliers de jeux à mon actif) et avec un peu de recul, les bons côtés du titre remontent à la surface. Il nous est donc impossible de lui octroyer la note maximale, mais force est de reconnaitre qu'au milieu de cette atypique année 2020, The Last of Us Part II est sans doute l'un des meilleurs jeux de la PS4, sans réfléchir le plus abouti techniquement parlant, et question survie, plaisir de gameplay, exploration, et tout le reste... il n'a pas son pareil. Au final oui, on est déçus, forcément un peu, mais nous sommes aussi subjugués par la qualité de ce titre qui fut peaufiné à l'extrême. Un très grand jeu PS4, un nouveau chef d'œuvre du grand Naughty Dog... mais qui rate le coche de faire l'unanimité.



Les -

  • Le scénario prend des risques et il est tout sauf manichéen... mais on aurait sans doute préféré quelque chose de plus cartésien
  • On joue beaucoup trop Abby ! Au fond, qui est l'héroïne ? A ce compte là, elle aurait dû être sur la pochette
  • On laisse bien trop d'objets et de munitions derrière nous, c'est frustrant
  • Armes de corps à corps toujours trop fragiles
  • Combats au corps à corps un poil chiants
  • La PS4 joue au séchoir non-stop !
  • Arbre de compétences mal fichu
  • Système de visée perfectible
  • Parfois trop de blabla...
  • Les +

  • De grosses références au cinéma d'action (Terminator, Rambo) ainsi qu'à la série The Walking Dead
  • Une mise en scène d'une qualité encore jamais égalée ! C'est d'une telle précision, d'une telle perfection, qu'on reste ébahi devant cette prouesse technique !
  • Le cocktail molotov, toujours aussi sadique et jubilatoire
  • Une réalisation qui tire 120% des capacités de la PS4
  • Durée de vie très longue et un sympathique New Game +
  • Excellente dynamique des armes et des explosifs
  • La variété et l'originalité des lieux visités
  • Le libre choix entre infiltration et action
  • Bruitages d'un réalisme irréprochable
  • Du crafting à gogo et on adore ça !
  • Un gameplay diablement efficace
  • La qualité du doublage français
  • Les options d'accessibilité
  • Enormément d'exploration
  • Le leveling du personnage


  • Test réalisé par Chacha & iiYama

    juillet 2020