Riddick Assault on Dark Athena (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : avril 2009
Développeurs : Starbreeze Studios / Tigon Studios
Editeur : Atari
Genre : FPS - action - infiltration

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Définition HD : 720p
Difficulté :
Multi-joueurs : 12 joueurs online
Abréviation : Riddick AoDA
Prix au lancement : 65€


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The Chronicles
of Riddick

Assault on Dark Athena


En 2004, Starbreeze créa l'événement avec la sortie de The Chronicles of Riddick : Escape from Butcher Bay sur Xbox, un jeu adapté de l'univers fantastique de Riddick et qui narrait la fameuse escapade de ce héros qui veut faire croire qu'il est méchant (alors que pas du tout), de cette prison réputée pour être la pire d'entre toutes. Avec une presse unanimement élogieuse, on a pu constater pour la première fois qu'une licence cinématographique pouvait faire un grand jeu. Devant l'engouement du public, le jeu a été porté sur PC dans une version Director's Cut qui apportait quelques babioles inutiles mais un jeu visuellement rehaussé par rapport à la version console. Et depuis février 2005, c'était un peu le calme plat, notamment avec un Vin Diesel qui s'est fait discret ces dernières années. Mais voilà que le brave Riddick refait surface, on entend parler d'un 3e épisode cinématographique et d'un nouveau jeu basé sur la licence. Etant donné la qualité du précédent essai, on s'est tous dit bingo ! Mais c'est un peu plus compliqué que ça. En fait Assault on Dark Athena est la suite directe du Escape from Butcher Bay et histoire de ne laisser personne sur le carreau, les 2 jeux sont inclus. Escape from Butcher Bay fait au passage peau neuve mais reste intégralement identique à lui-même. Depuis 2004, Vin Diesel a créé sa propre studio de développement (Tigon) et la licence a changée d'éditeur, passant de Vivendi/Sierra à Atari. Tous les espoirs étaient donc tournés vers Assault on Dark Athena seulement au lieu d'améliorer les quelques facettes qui n'allaient pas dans Butcher Bay, ils les ont empirées. C'était pas malin. Et qui est derrière tout ça ? Justement c'est la grande question. Si Starbreeze a créé le Escape from Butcher Bay d'origine et son gameplay authentique, à mon avis c'est Tigon qui s'est occupé de créer sa suite et de réactualiser l'ancêtre. Mais comme personne le sait, ce ne sont que des suppositions. Place au test et en 3 parties s'il vous plait.


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Escape from Butcher Bay


Escape from Butcher Bay
Le rythme est haché et les phases carcérales peuvent être rebutantes
est un jeu que certains affublent de "culte". Il est vrai que son gameplay est extrêmement varié, ce qui à l'époque avait séduit son public. Initialement sorti en exclusivité sur Xbox, le portage PC avait été acclamé car le travail de Starbreeze était quantifiable. Le jeu était infiniment plus beau que sur console, malgré un moteur 3D très gourmand en terme de ressources. Aujourd'hui, c'est avec un certain plaisir que j'ai revêtu une 2e fois le costume de Richard B. Riddick. En tant que fan des long-métrages, il est agréable d'appréhender le jeu comme un opus intègre à la trilogie. Dans cet épisode zéro, Riddick est le prisonnier de Johns, et ce dernier l'emmène à Butcher Bay (qu'on traduit par : la baie du boucher), la célèbre prison dont personne ne s'est jamais échapper. Mais comme on parle d'un homme exceptionnel et au vu du titre, c'est évidemment ce qu'on fera. Avant d'en arriver là, il y a aura tout de même un passage-clé dans cet épisode, celui où Riddick acquiert sa vision nyctalope. La grande force de ce jeu réside dans un gameplay qu'il renouvelle lui-même en permanence. On alterne des phases de shoot avec des armes à feu en petit nombre (4) mais puissantes, à de l'infiltration où il faut tuer un garde sans faire de bruit et planquer son corps pour éviter de se faire repérer. Mais le corps du jeu, c'est avant tout les phases carcérales qui sont bien plus longues et fastidieuses. Dans celles-ci, il faut en premier lieu se battre, toujours en vue à la première personne, ce qui donnait à l'époque un réalisme des combats saisissant. Une fois les combats gagnés, ce qui sera plus difficile qu'on ne croit, on aura à portée tout un tas de missions.


Les missions primaires
Vin est le personnage le mieux modélisé du jeu car il faut voir la tronche des autres...
vous permettent d'avancer dans le jeu, les missions secondaires rallongent considérablement la durée de vie. Elles portent toujours sur le même type d'action, à savoir parler aux détenus pour glaner des infos, aller descendre un gêneur pour le compte d'un autre, trouver des objets... tout ça dans le but de s'ouvrir les portes qui mènent vers la sortie. Pour ce qui est des passages d'explorations et de plate-formes, Riddick possède bien entendu sa fameuse vision nocturne qui lui permet de voir dans l'obscurité et pour tous les mouvements spéciaux et toutes les actions (appuyer sur un bouton, grimper sur des caisses, prendre une échelle) on aura une vue extérieure (à la 3e personne) qui permet d'apprécier une modélisation assez excellente de l'ami Vin (c'est un vrai prénom ça ?). On a aussi 2 passages à bord de Mechas surpuissants qui sont, à défaut d'être jouables, bien fun comme il se doit. Question défauts, on retrouve bien entendu la même panoplie qu'à l'époque. Sur le banc des accusés on a toujours quelques cut-scènes bizarrement menées, un scénario trop peu développé (même pour les fans), des ennemis qui nous repèrent de façon inhumaine, des phases carcérales assez lentes et qui peuvent finir par lasser (les zones sont parfois gigantesques à tel point qu'on ne sait pas par quoi commencer), une IA débile et par 3 fois, on repartira de zéro. En effet Riddick se fera choper 3 fois et on perdra à tous les coups nos armes. S'il reste un FPS/jeu d'infiltration très sympa, de part son ambiance, sa mise en scène ou l'attrait de contrôler un personnage ultra charismatique, il faut quand même reconnaître que Escape from Butcher Bay commence à sérieusement vieillir, la faute à une réalisation technique certes revue, mais seulement en surface. Reste toute la puissance et l'ingéniosité d'un gameplay qui joue beaucoup sur l'alternance des phases de jeu...


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Assault on Dark Athena


Assault on Dark Athena
Le scénario n'est qu'un prétexte, mal développé en plus. Dommage...
reprend exactement là où Escape from Butcher Bay s'est arrêté. Le scénario de l'ancien jeu n'était déjà pas génial et ici, ce sera tout simplement pire. Dans les faits, la trame se résume en quelques mots : le vaisseau où Riddick et Johns étaient en hibernation, est appréhendé par le Dark Athena. Le caisson de Johns est dérobé mais Riddick réussi à ne pas se faire prendre. Ce dernier découvre que le Dark Athena est une drôle de machinerie qui convertie les humains en drones asservis et idiots. On fera la connaissance de nouveaux détenus et d'une petite fille nommée Lynn. Riddick arrive à s'échapper du vaisseau mais laisse la petite (devenue orpheline) derrière lui, en se promettant de revenir la chercher. En arrivant sur la planète New Venice, il découvre une terre de désolation où la population, principalement constituée de mineurs, est décimée par les drones de Revas, la capitaine du Dark Athena. Voyant ça, New Venice n'était finalement pas une terre d'asile pour ce fugitif. C'est alors que Riddick décide de retourner sur le Dark Athena, qui est justement à quai. Une fois à bord il s'occupe de la fillette et part droit vers Revas, pour en finir une bonne fois pour toute. Une fois la capitaine morte, le jeu se finit comme une merde, dans un épilogue qui dure à peine 20 secondes. C'est hyper décevant car on pensait légitimement que la fin du jeu rejoindrai le début de Pitch Black (le film). Au lieu de ça, on nous laisse choir comme des cons, les développeurs n'ayant même pas pris la peine de créer un véritable épilogue. Et encore une fois, certaines questions restent en suspend, la plus grosse d'entre elles étant : qu'est devenu Johns ? Pour ce qui est du jeu en lui-même, il est un peu plus court que Escape from Butcher Bay mais il en reprend presque toutes ses facettes. Je dis "presque" car si on apprécie toujours le jeu des questions/réponses et des missions diverses, on ne retrouve ce passage-là qu'une seule fois dans tout le jeu.


Si j'étais le premier
Prendre le contrôle des drônes est sympa
à trouver ça trop long dans le précédent épisode, ici c'est carrément trop court ! Le jeu gagne donc en nervosité et en action, ce qu'il perd en infiltration et en investigation. Ça fera toujours plaisir aux détracteurs d'Escape from Butcher Bay mais je suis le premier à trouver ça vraiment dommage, car le titre perd ainsi de son originalité. Malgré tout, on retrouve le même système de combats à mains nues ou équipé d'une arme de fortune (batte, couteau) et c'est ici que Riddick trouve les Ulaks (ses fameuses lames incurvées). Petite nouveauté, on peut se servir de l'arme d'un drone mort, son corps servant de bouclier humain. Avec ce sac à viande dans les bras, il est difficile de se déplacer mais au moins on ne passe pas les 3/4 du jeu sans arme à feu. A ce propos, Riddick peut porter plus d'armes qu'avant : on retrouve le même fusil à pompe et le même fusil d'assaut, agrémenté d'un nouvelle mitrailleuse et d'un fusil à mines impulsives assez sympas, qui servira un temps pour quelques énigmes légères et certains boss. On entrera à nouveau dans un mecha de combat (un passage sympa) et même dans la peau d'un drone, ces derniers étant contrôlable à distance. Avec ça oubliez totalement l'infiltration car si l'IA est exactement la même (c'est à dire débile), les ennemis vous repéreront toujours de façon impossible (un gars de dos vous calculera tout de suite, c'est n'importe quoi). On retrouve encore quelques phases de plate-formes mais toujours aussi peu d'interactions avec le décor. Au final les puristes du gameplay si particulier d'Escape from Butcher Bay vont se sentir trahis par tant d'action, les détracteurs au contraire apprécieront ce changement. Mais là où tout le monde sera mécontent, c'est sur le scénario. La trame est hyper légère (il ne se passe guère plus de choses que dans le résumé que je vous ai fait) et avec la fin, on est en droit de se demander si les développeurs se foutraient pas de nous...


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Réalisation technique


On peut le dire,
Que l'effet lenticulaire sévice en vue nyctalope je ne dis pas non... mais tout le temps c'est chiant !!
Escape from Butcher Bay commence à sérieusement vieillir. Il est vrai que le moteur a été remis au goût du jour, mais sous une carrosserie neuve, il reste toujours le même châssis. Les textures ont été actualisées mais restent un peu faibles en comparaison des jeux actuels, on a toujours beaucoup trop de mouvements de tête (ce qui est dérangeant), l'effet lenticulaire est assez désagréable et on a toujours d'énormes fluctuations de lumière... finalement comme dans le jeu d'origine. Car cette édition 2009 ne change absolument rien au jeu de 2004, si ce n'est de remettre les graphismes aux normes. Malgré tout, Escape from Butcher Bay possède sa propre patte graphique, un cachet visuel unique et très vite reconnaissable. Et comme le jeu d'origine était déjà très beau, ça ne gâche rien. Les corps sont persistants, les effets d'ombres et de lumières sont toujours aussi saisissants, l'ombre de Riddick est toujours aussi fidèle (ça me rappelle F.E.A.R), bref c'est pas mal. C'est pas mal pour un jeu de 2004 à sa sortie sur Xbox. Car finalement ce qui trahit le plus le titre de Starbreeze et Tigon, c'est des explosions minables, des modélisations qui ont vieillies pour certaines, des animations tantôt exceptionnelles de réalisme et tantôt bizarres ou encore des effets pour le moins dépassés. Lorsqu'un monstre éclate en gros morceaux comme les ennemis de LEGO Star Wars, ou encore qu'un garde ouvre une porte sans toucher la manivelle, c'est médiocre. Techniquement, les 3 versions existantes accusent des bugs. Sur PlayStation 3 (sans doute la pire des 3) les graphismes accusent un étrange grain d'image, l'aliasing est omniprésent et les pixels sont grossiers. La version Xbox 360 (plus proche de celle sur PC) est légèrement plus fine, mais dévoile un peu les mêmes tares. Enfin la version PC est la plus détaillée des 3 mais elle accuse de vilaines saccades. Testé sur un ordinateur qui fait tourner des jeux nettement plus gourmands (Far Cry 2 ou Crysis avec quasiment toutes les options à fond) on en conclut donc une très mauvaise, voire inexistante, optimisation du code. Autant dire que le jeu est vraiment très gourmand pour ce qu'il offre, ce qui me rappelle dans une certaine mesure, le fiasco d'Halo 2 (dans sa version PC).


Quant à la partie
Comme lors du contrôle des drônes, les meilleurs passages sont toujours trop courts
son, c'est celle qui bien évidemment, vieillit le mieux... voire pas du tout dans notre cas. La musique est discrète mais sait toujours être en accord avec l'ambiance du jeu, les armes sont timides mais suffisantes et on retrouve avec plaisir la voix rocailleuse et impressionnante de Vin Diesel, ainsi qu'une sympathique synchro labiale. Pour ce qui est d'Assault on Dark Athena, je ne reviens pas sur le son, c'est exactement pareil (c'est à dire très bon) ni sur les problèmes du moteur graphique. C'est un fait, Assault on Dark Athena n'est pas la réactualisation d'un jeu existant, donc il souffre moins des maux du temps et profite mieux du moteur 3D. Tout d'abord le jeu est bien plus beau (notamment New Venice qui pose un décor splendide, baigné d'une lumière chaleureuse et bordé d'une mer très réaliste), et on a quelques nouveautés. On peut citer que les mains de Riddick se tâchent de sang lorsqu'il cogne sur un bagnard ou un drone, certains objets sont joliment destructibles et le jeu semble globalement mieux fait, en nous évitant quelques démonstrations d'un passé révolu. On retrouve le même type de doublage et de cut-scènes mais si les visages sont nettement mieux fait, je regrette à contrario qu'ils manquent pas mal d'expressions faciales (la gestuelle est par contre très convaincante). Ensuite j'ai trouvé bizarre que la modélisation de Vin Diesel soit si bâclée dans cet épisode, alors que les PNJs sont très bien fait. A croire qu'ils ont repris l'exact sprite du vieux Butcher Bay... On assiste aussi à des mises à mort automatiques particulièrement violentes (et jubilatoires) mais un coup de couteau ne défigurera jamais un ennemi. Dommage. Assault on Dark Athena s'en sort donc mieux que Escape from Butcher Bay d'un point de vue visuel et on peut conclure en disant qu'il gagne en graphisme ce qu'il perd en variété de gameplay et en originalité.


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Conclusion



La conclusion Note
n'est pas facile à rédiger et pour cause, cette mini-compilation comprend un ancien jeu revu graphiquement (Escape from Butcher Bay), un chapitre entièrement nouveau (Assault on Dark Athena) plus quelques modes multijoueurs assez sympas et jusque-là absents. Difficile donc d'avoir un avis totalement objectif sur le sujet. Escape from Butcher Bay reste un FPS marginal à la patte graphique tout aussi singulière, mais il commence à accuser les années : il est court, difficile, rebutant par moment et mal fait par endroits. En plus de ça, l'infiltration est totalement gâchée par des ennemis qui vous détectent de façon irréaliste. On finit par jouer bourrin et point barre. D'ailleurs jouer bourrin, c'est ce que propose Assault on Dark Athena, dont les graphismes sont nettement meilleurs et où l'action a pris le pas sur les autres formes de gameplay. Décevant ? Oui et non en fait. Bien sûr c'est décevant car c'est ce qui faisait l'attrait du Butcher Bay, et non parce que justement Butcher Bay était assez chiant avec ça par moment. Mais ce qui est regrettable par dessus ces considérations, c'est que le scénario global est véritablement décevant. Déjà trop mince sur le Butcher Bay, Assault on Dark Athena nous livre une trame encore plus réduite ainsi qu'une fin honteuse, qui ne clôture même pas l'aventure et qui ne fait aucun lien avec les films. Mon conseil est donc le suivant : ce jeu peut être un achat valable pour celles et ceux qui veulent connaître la licence ou celles et ceux qui ont véritablement adorés la première version. Quant aux autres passez votre chemin, il y a sûrement mieux à trouver ailleurs...



Test réalisé par iiYama

juin 2009