Street Fighter IV (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : février 2009
Développeur : Capcom
Adaptation : Capcom
Editeur : Capcom
Genre : combats

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US/JAP
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 55Mo
Définition HD : 720p
Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs offline et online
Abréviations : SFIV - SF4
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 7 Millions (tous supports)


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Street Fighter IV









21 ans après le premier Street Fighter, Capcom s'est enfin décidé à remettre son titre phare sur les devants de la scène. En 21 ans et surtout après le succès retentissant de Street Fighter II, on en a vu des dérivés du jeu original. D'abord avec la série classique (Prime, Turbo, Super, Hyper), puis en spin-off avec les épisodes Alpha (Alpha, Alpha 2, Alpha 3), en 3D avec les EX (EX, EX2, EX3) sans compter les nombreux puzzle games (Puzzle Fighter, Super Gem Fighter), les compilations (Street Fighter Alpha Anthology, Street Fighter Anniversary Collection) ou encore les cross-overs (SNK vs Capcom, X-Men vs Street Fighter, Marvel vs Capcom, Capcom Fighting Jam, Tatsunoko vs Capcom). Ce fut à tel point que même les fans les plus assidus ont finis par être gavés. Vint ensuite l'âge du renouveau pour la série avec le très bon Street Fighter III, paru en 1997, le jeu-roi du dernier système Arcade de la marque (CPS3). Mais si Street Fighter III n'a pas reçu le succès escompté c’est parce qu’il était extrêmement difficile, que les persos de l'épisode 2 n’ont pas tous étés repris et que le gameplay a entièrement été revu, ce qui n'était pas au goût de certains. Après la 3e déclinaison de cet opus (Third Strike), qui a vu le jour en 1999, Capcom a enfin compris que sa poule aux œufs d'or avait besoin de repos, que sa licence ne faisait plus autant recette. Voilà pourquoi il faut faire un bond de 9 ans dans le futur pour enfin voir la tant attendue suite de Street Fighter. Sorti sur Taito Type X² (une puissante borne d'Arcade) en juillet 2008, Street Fighter IV a immédiatement enflammé les salles Nippones (sur ce support, il n'est sorti que là-bas). Et les fans auront encore attendu 7 mois de plus pour que cet épisode voit enfin le jour sur consoles, sans doute là où il aura le plus de succès. Mais l'attente n'aura pas été vaine puisque Capcom nous a concocté une version de folie qui, en premier lieu, est identique à l'Arcade, propose aussi de nombreux bonus ainsi que la possibilité de débloquer tous les personnages du jeu. Ça faisait longtemps qu'on attendait que Street Fighter renaisse de ses cendres mais rien ne nous préparait à ce qu'il allait nous faire vivre...


Développement scénaristique

Difficile de le nier,
En plus d'une intro à se décrocher la machoire (voir ci-dessous), Capcom nous livre une histoire pour chaque personnage. La classe :)
trop rares sont les jeux de combats qui nous offrent un véritable scénario. The King of Fighters (dont le XII n'est pas génial) est sans doute celui qui s'est montré le moins avare sur le sujet, celui qui a montré la voie mais le support Neo-Geo ne permettait pas non plus des trames recherchées. Quant aux Street Fighter, il ne fallait même pas y compter. En fait on avait quelques fins assez sympas selon le personnage mais rien de très concret. Avec Street Fighter IV, Capcom va plus loin que tous ses concurrents en proposant tout d'abord une intro comme on n'en avait jamais vu. Les chorégraphies sont divines, le design est fabuleux et c’est à tel point qu'on jurerait des Artworks animés. Avec son effet de grain ultra prononcé, son style peint comme un tableau Chinois et ses magnifiques thèmes, dés les premiers instants on est scotchés ! Cerise sur le gâteau, là où la plupart des intros durent à peine quelques secondes, ici on nous offre plus de 3 minutes de plaisir, comme si on savourait une bonne glace en pleine canicule. Les yeux restent rivés devant la perfection graphique, le son est excellent… autant dire que le premier contact met déjà une grosse claque. Et ça ne s'arrête pas en si bon chemin. Le jeu comporte pas moins de 25 personnages jouables et chacun aura un petit scénario bien à lui. De plus, certaines histoires s'entremêlent (comme les scénarios de Ryu et Sakura ou ceux de Viper et Chun-Li), ce qui donne une réelle profondeur à la forme, même si dans le fond ça reste assez léger : Seth organise un nouveau tournoi mondial en vu de collecter le plus d'informations possible sur chaque combattant et on apprend qu'en fait il n'est que la marionnette de Bison. Pour étayer tout ça, Capcom nous livre de véritables animés. Chaque personnage a donc sa petite intro et sa fin individuelle. Evidemment la qualité reste bien en deçà de la vidéo d'ouverture mais qu'elle classe ! On ne peut que féliciter Capcom qui fait enfin avancer le genre. Enfin on a une véritable trame dans un jeu de jeu de baston, ça nous change de ces titres où on se fout sur la gueule sans trop savoir pourquoi (KOF XII ?). A noter pour finir qu'on aura une petite cut-scène d'introduction lorsqu'on sera face à un rival spécial (comme lorsque Ryu affronte Sagat par exemple) avec tout de même une petite anicroche puisque Ryu envoie une lettre à Ken pour lui dire que l'heure de la revanche a sonné mais il ne l'affrontera pas. Ce n'est évidemment pas bien méchant et une fois encore, Capcom nous a livré un véritable travail de fond, comme le fait que les railleries d'après combat soient différentes selon l'adversaire. Que les autres développeurs en prennent de la graine.





Jouabilité & Gameplay

Comme c'est de
Vous n'avez qu'un pad classique ? Et bien sachez que Street Fighter IV a parfaitement adapté sa prise en mains. Une bien bonne nouvelle
plus en plus le cas, Street Fighter IV propose un rendu tout en 3D mais conserve son gameplay exclusivement 2D. Reprenant la jouabilité incisive de Street Fighter II, sans abandonner les nouveautés apportées par Street Fighter III, ce 4e épisode offre une prise en mains qui saura satisfaire tout le monde. Il faut dire que Capcom a particulièrement travaillé sa conversion avec en premier lieu, une parfaite adaptation de la jouabilité Arcade au pad PS3. Plus polyvalent que celui de la Xbox 360, il se révèle parfait pour ce type de jeux, puisque la croix numérique est à portée de pouce. Quand au pad Xbox 360, s'il est excellent pour presque tous les types de jeux (notamment les FPS) à contrario c'est une vraie plaie pour les jeux de combats. On l'a bien vu avec King of Fighters XII ou encore avec Super Street Fighter II Turbo HD Remix. Et bien pas cette fois ! Si jouer à la croix numérique reste d'un inconfort à peine nommable, Street Fighter IV est parfaitement jouable avec le stick analogique. Une véritable prouesse qui rend le jeu hyper maniable. On en attendait pas moins du père de Street Fighter, même si je reconnais que j'étais le premier à être sceptique (c'est sans doute pour cette raison qu'il s'est vendu plus de versions PS3 que Xbox 360, le pad de Sony étant plus confortable pour ce genre de jeux). Mais le summum de la prise en mains sera sans conteste de connecter à sa console le fameux "fighting pad" estampillé SFIV. Donc Street Fighter IV se classe sur le podium des jeux les plus maniables de tous les temps. Le moindre quart de cercle (la valeur sûre de la manipulation à coups spéciaux depuis l'épisode 2), les demi-cercles, les combinaisons en Z ou les manipulations complexes se feront avec une indécente facilité. Seul réel changement : on a désormais une touche pour les projections, ce qui change un peu le comportement des combats vis-à-vis des chopes (qui sont moins faciles à placer qu'autrefois). A ce propos, la seule raillerie que j'aurais à proférer envers ce chapitre, c'est qu'il est désormais possible de casser une attaque et d'enchaîner dans la foulée. Le jeu ne s'en prive pas et en profite pour nous faire des projections à répétition. C'est un peu pénible mais comme la difficulté est bien dosée, ce ne sera finalement pas vraiment contraignant.



Question modes de jeu,
On retrouve très vite ses marques et les combats sont d'une intensité rare. Ça rappelle le bon vieux temps
on retrouve le classique mode Arcade, celui-là même qui nous permettra de déloquer les persos cachés et de voir les différentes vidéos scénaristiques. Le mode Versus est quant à lui très complet, comme toujours chez Capcom (on peut aussi jouer Online), et le mode Training est particulièrement fourni. Enfin le jeu dispose d'un mode Défis assez sympa (combattre un max d'opposants en temps limité, jouer en mode survival...) ainsi qu'un très bon mode Galerie qui nous offre la possibilité de visionner toutes les vidéos déjà vues, les trailers officiels et même tout un pan d'Artworks. Niveau personnages, Capcom sait choyer ses fans avec tous les fighters originels (ceux de Street Fighter II') auxquels s'ajoutent quelques personnalités fort sympathiques issues des autres volets de la saga (Sakura, Akuma, Gen, Fei-Long...). Avec ça les développeurs nous servent 6 nouveaux personnages, dont le fameux Gouken, frère d'Akuma et maître de Ryu et Ken. Un personnage que les fans voulaient jouer depuis très longtemps. A la première partie, le score s'élève donc à 16 personnages jouables (une liste déjà honorable et qui nous évite quelques nullités comme Hugo, Twelve, T-Hawk et j'en passe) et on pourra en débloquer 9 de plus. Pour débloquer les persos cachés, il suffira de finir le jeu dans certaines conditions (sans perdre un seul round ou avec un personnage bien précis) et il est d'ailleurs agréable qu'en mode Arcade, on affronte aussi ces personnages-là. Seul Gouken est difficilement accessible et pour cause, les conditions à remplir sont un peu abusives. Avec un roster de 25 persos, c'est sûr il y a encore quelques personnalités qui sont absentes comme Alex (SFIII), Yun (SFIII) ou Guy (SFA). Idem, on pourra regretter la disparition des attaques SUPER (avec ses traînées violettes) qui sont bien sûr remplacées par d'autres, plus classiques. Mais après tout c'est déjà très bien comme ça, et qui sait, peut-être qu'on retrouvera du contenu téléchargeable. Mais entre nous, il y a déjà suffisamment de bons persos (18 sur 25 selon moi) que vous n'êtes pas prêt de tous les maîtriser à fond.


Les personnages : cliquez pour ouvrir


L'image

On ne sait pas si Capcom
Le moteur graphique est parfaitement fluide et nous offre des décors et des personnages splendides
a utilisé son moteur fétiche, le MT Framework (qui sévit sur Lost Planet, Dead Rising ou encore Resident Evil 5), toujours est-il que le rendu graphique est véritablement somptueux. Les 17 décors sont tous originaux (surtout pour la salle de training) et certains sont même déclinés en plusieurs versions (jour, nuit, avec ou sans spectateurs). Ces mêmes décors sont en plus très vivants. On peut par exemple citer l'Ecosse où les tonneaux s'effondrent suite aux secousses répétées des combats ou encore la nouvelle base militaire de Guile avec son énorme bombardier qui passe en fond (il est d'ailleurs sympa de voir que le perso qui nous fait coucou n'est jamais le même). Et la masse détails, que tout fan se fera un plaisir de remarquer, est conséquente comme le fait que Vega puisse perdre son masque et ses griffes (c'est la honte pour lui si vous lui mettez la tanné sans qu'il puisse les récupérer) ou encore que tous les protagonistes se suivent du regard. Ainsi on n'a plus l'impression de jouer avec des pantins de pixels. Et le plus remarquable reste la modélisation des 25 personnages. Tout le design a été repris à la source et certains "mâles" sont plus bodybuildés que jamais (Guile par exemple est un monstre de muscles). Les filles de leur côté sont vraiment superbes : Viper et Chun-Li assument des formes généreuses et des visages d'anges, tout en alliant classe, puissance, élégance et beauté. De quoi faire craquer les garçons. Abel, un français, a un bon style et le gras de Rufus est superbement flasque. Il faut ajouter à ce constat déjà énorme que les visages sont désormais très expressifs. Que nos héros prennent des coups ou en donnent, ils auront toujours la mimique adéquate (d'ailleurs c'est lorsqu'ils ramassent que les bouilles sont les plus hilarantes). Entièrement en 3D, perso comme décor, la miscibilité de l'un par rapport à l'autre est excellente, l'animation est hyper fluide et le cel-shading a été utilisé avec beaucoup d'intelligence. Du coup chaque protagoniste a un coup de crayon absolument fabuleux et son charisme propre. Les coups sont délicieusement violents, les attaques spéciales impressionnent et les effets (comme l'halo autour des Hadokens ou les flammes) sont somptueux. Enfin, on remarque qu'un soin tout particulier a été apporté à la gestion des collisions. En effet, même lors d'une prise au corps à corps, les sprites ne se mélangent pas, le moteur 3D respectant les volumes réels des personnages. On sent bien que Capcom a énormément planché sur son rendu et le résultat est là : Street Fighter IV est sans réfléchir le jeu de baston qui possède le meilleur design, l'animation la plus fluide... bref qu'il est le plus beau jeu de combats de ces dernières années.


Le son

Vous avez
Avec des remixes fabuleux, des voix superbes et (enfin) des bruitages qui claquent... Capcom a tout bon !
aimé les superbes thèmes de Super Street Fighter II Turbo HD Remix ? Et bien après le très bon travail de Backbone, c'est au tour de Capcom de nous livrer ses versions. S'il n'y a malheureusement qu'une seule bande-son, on retrouvera quelques titres originaux et surtout des très grands remixes des thèmes de Street Fighter II. Autant dire que le musicien qui est derrière l'oeuvre originale de 91, ne pensait sans doute pas que son OST survivrait si longtemps. Très Electro, très jeun'z dans l'âme, on reconnaît bien ses fabuleuses mélodies d'antan, bœufées au milieu de sonorités plus récentes et mouvementées. Si certaines séries n'ont jamais su apporter de grosses musiques, avec ses samples bien cheap mais accrocheurs comme on aime, Street Fighter a par contre toujours su nous offrir une excellente track-list. Mais cette richesse sonore s'accompagnait généralement de bruitages bien mous. La preuve encore avec Super Street Fighter II Turbo HD Remix ou Hyper Street Fighter II, qui n'avaient pas de bruitages percutants. Faisant résolument table-rase du passé, avec cette 4e itération, Capcom nous offre enfin ce dont la série avait besoin : des coups qui claquent ! Sans être aussi disproportionnés que sur Super Nintendo, les FX sont réellement dynamiques, percutants, ce qui encense toute la pugnacité des combats, la violence des coups portés. Enfin les voix digits sont comme toujours parfaites. Si on peut regretter que la synchro soit à l'ouest lors des animés, pour le reste c'est du très bon travail. Les cris, les annonces de coups spéciaux, les railleries... rien ne manque. Plus fort encore, les options sont bien fournies et nous proposent de choisir entre les voix Japonaises et Américaines (dans les 2 cas, les sous-titres sont en Français). Un vrai régal qui changera l'intonation de tous les protagonistes, que ce soit en jeu ou lors des vidéos. Mieux encore, Capcom nous propose de paramétrer les voix pour chaque personnage. Ça ne sert à rien mais c'est vraiment sympa. En bon résumé, la partie acoustique de Street Fighter IV va vous inciter à monter le son de votre TV...


Note générale

Street Fighter est de retour et pour de bon. Cet épisode IV est exactement comme on l'espérait, c'est le comeback qu'on attendait tous ! S'ouvrant sur une magnifique intro, le scénario est particulièrement bien développé pour le genre et pas moins de 25 personnages sont jouables. On retrouve toutes les meilleures têtes de la série depuis Street Fighter II, plus 6 nouveaux dont le très attendu Gouken. Graphiquement, Capcom nous livre un travail artistique admirable avec des décors très agréables, originaux, une animation parfaitement fluide, une gestion des collisions inter-personnages superbement gérée et surtout des protagonistes magnifiquement dessinés dont les expressions faciales sont une réelle nouveauté. Côté son on n'a que du lourd, avec de très bons remixes des thèmes qu'on connaît tous, de très bonnes voix et surtout d'excellents bruitages qui claquent comme il se doit. Un régal autant visuel qu'acoustique. En plus, grosse surprise, la jouabilité est très précise. Qu'on joue à la croix numérique ou au stick analogique, le pad s'accommode très bien aux maniements nerveux des personnages, ce qui fait de Street Fighter IV un jeu combat parfaitement jouable. Ainsi on retrouve toute la technicité et le dynamisme des affrontements de Street Fighter II. Et c'est bien là, la grande force de ce 4e opus : les développeurs ont réussis a réinjecter toute "la magie de SFII". On peut donc conclure que Street Fighter revient sur les devants de la scène et ce, de la plus belle façon qui soit. Il va rester pendant plusieurs années, comme à l'époque des opus Super Nintendo, un incontournable du fighting-game car il est le meilleur jeu de combats de cette décennie. Tout simplement...


Test réalisé par Lidwyne & iiYama

octobre 2009