Resistance 2 (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : novembre 2008
Développeur : Insomniac Games
Editeur : Sony Computer
Genre : FPS

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 300Mo (install) + 304Mo (maj)
Moteur graphique : Insomniac Engine 2.0
Définition HD : 720p
Difficulté :

Multi-joueurs : 2 à 8 en co-op - 60 joueurs online
Titre alternatif : Resistance : Fall of Man 2
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 2.45 Millions







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Resistance 2









Véritable succès de la PS3 avec plus de 4 Millions de jeux vendus, le premier Resistance (une licence toute fraiche) était à la sortie de la PS3, le plus gros jeux de son line-up. A l'heure de ce test, le titre demeure encore 4e meilleure vente de la console et on peut le dire, avec Ridge Racer 7 et MotorStorm, il était le seul titre vraiment valable le 23 mars 2007. Aujourd'hui la donne est bien différente. Techniquement, la PS3 est toujours derrière la Xbox 360 car elle est plus difficile à programmer et les jeux multi-supports trahissent cette faiblesse. Heureusement que pour elle, la console peut compter sur quelques exclusivités (sans doute les dernières puisqu'elles ont presque toutes fuient vers le multi plate-formes) pour prouver que la dernière de Sony en a dans le CELL. 20 mois plus tard et avec un budget de 20 Millions d'€uros (et oui, quand même), Insomniac Games nous ressert son plat de "Resistance". Au menu du classique mais aussi une efficacité à toute épreuve pour un jeu plus varié, plus complet et qui tourne sous Insomniac Engine 2.0, pour un rendu graphique d'un autre niveau. Malheureusement le premier contact avec le jeu est assez frustrant et pour cause. Resistance 2 s'installe à hauteur de 300Mo sur le disque dur (et non 300Go comme l'indique la notice... belle faute de frappe) et la mise à jour pèse pas moins de 304Mo. En serait-on arrivé à l'heure où les jeux consoles sortent sans être finis, comme sur PC ? Et si on n'a pas le Net, comment fait-on ? Pour finir, la notice est franchement minable (4 pages, de qui se moque-t'on ?), ce qui finit d'achever une première impression très mitigée. Heureusement pour lui, Resistance 2 reste un gros blockbuster parfaitement mené et même si certains détails agacent, croyez-moi, le jeu en vaut la chandelle...


Développement scénaristique

Scénario : cliquez pour ouvrir

On retrouve Nathan Hale,
Les cut-scènes sont pas mal dynamiques et servent un scénario léger mais prenant
le héros du premier opus, exactement là où l'avait laissé en ce jour du 14 juillet 1951, dans une histoire parallèle où la Seconde Guerre Mondiale n'a pas eu lieu et où à la place on a eu droit à une invasion extra-terrestre (Hitler ou les Chimères ? Un monstre face à un autre, le choix est difficile). Dans un petit prologue qui nous familiarisera avec les commandes du jeu, on nous livrera un premier contact graphique absolument ahurissant. Fini la narration via des images fixes, fini la belle voix de Magalie Barney en off, cette fois on fait dans le grand classique avec des cut-scènes en 3D, souvent d'un point de vue subjectif, cut-scènes qui s'efforceront de faire avancer un scénario de plus en plus noir et de nous en mettre plein la vue au passage. Par contre on garde les renseignements à trouver sur les armes (pour certains, le texte est intégralement repris du premier opus, ils se sont pas foulés) et les personnages. Nathan Hale, même s'il est rarement seul, reste l'un des espoirs de l'humanité, une humanité un peu dépourvue face à une invasion Chimièrienne de plus en plus puissante. Condamné à combattre ce qu'il est lui-même entrain de devenir, on trouve dans le scénario un côté ironique, presque poétique. D'ailleurs sur le dernier tiers du jeu, on verra la transformation de notre héros, qui ressemblera peu à peu à un Helgast sans masque. Tout au long de l'aventure, on croisera aussi des radios où un gars raconte son histoire, ce qu'il vit au quotidien. Pour lui aussi c'est la descente aux enfers, et sa voix n'est pas sans rappeler celle de Daniel Prévost, le ton étant quand même plus dramatique que les envolées rarement hilarantes de l'humoriste français. La fin sera par contre extrêmement décevante. Comme on en a malheureusement l'habitude, elle dure à peine plus d'une minute et c'est de suite les crédits de fin. Autant dire que c'est du vite torché. Entre temps, le jeu réserve quand même quelques surprises scénaristiques comme l'origine de la Terre et de ses habitants ou encore le nouveau mode de transformation des hybrides (suite à la destruction des fermes de transformations dans Fall of Man). Tout ça pour dire que même s'il reste encore un peu léger et qu'il prône l'action à la réflexion, le scénario est très honnête et sert bien sa cause.


Jouabilité & Gameplay

On n'en a que très peu parlé
Peu de changements si ce n'est la jauge de santé et le nombre d'armes transportables limité à 2 seulement
lors du test de Fall of Man, mais il y avait bien entendu un mode multi-joueurs. Evidemment de retour et en force s'il vous plait, les modes classiques comme le "Team Deathmatch" peuvent désormais se pratiquer jusqu'à 60 ! Un record absolu, surtout sur console et pour l'avoir testé personnellement, je peux vous dire qu'il fonctionne parfaitement et sans lag. Une prouesse. Pareillement, le jeu est praticable en mode co-op' à 2 sur la même console et jusqu'à 8 online, pour une campagne spécifique. Question options, c'est avec un grand plaisir que pour la seconde fois j'ai pu configurer mon pad à ma guise. Une option qui manque à la plupart des jeux. A ce propos, les développeurs ont cherchés a corriger toutes les petites erreurs de la première itération. Par exemple le lock accroupi est désormais d'actualité et le zoom se désactive lorsqu'on lâche la touche. Mine de rien c'est un vrai plus. Petit défaut quand même : lorsqu'il marche, Hale est vraiment lent, ce qui nous oblige à courir pour le moindre déplacement. Le premier gros changement de gameplay se situe au niveau des armes. Avant on pouvait en porter 8 (tout son arsenal en fait), ce qui était peu réaliste mais bien pratique. Désormais Hale ne peut porter que 2 armes et on a toujours quelques imbécillités comme le fait qu'on ne puisse porter "que" 16 cartouches de fusil à pompe maxi. C'est idiot mais l'avantage c'est qu'on changera souvent de pétoire. A ce propos, l'armement s'est étoffé. On a cette fois 12 armes et donc quelques nouvelles, comme la seule arme de poing qui tire des balles de 357 explosives (sympa), un sniper Chimièrien sacrément efficace ou encore un lanceur de lames de scies sanglant. On retrouve bien sûr nos armes favorites comme la mitrailleuse classique, le Nettoyeur Chimièrien, le lance-roquettes ou le Foreur. Et quand je disais qu'Insomniac a cherché a rendre son jeu le plus agréable/efficace possible, j'ai comme exemple le Foreur justement, qui nous permet de voir nos cibles à travers les murs. Une option autrefois manquante et qui rend bien service. Par contre, je trouve idiot qu'au changement de niveau on modifie notre arsenal. On a beau se mettre une énorme gattling de côté, rien à faire, le jeu nous impose de repartir avec des armes imposées. Je trouve ça frustrant et totalement idiot. Pourquoi ne peut-on pas choisir son équipement avant de partir accomplir sa mission ? Comme ça on pourrait se mettre quelques grenades de côté au lieu de partir à chaque fois les poches vides. J'espère que ce défaut se réglé, si 3e opus il y a...


2e gros changement
Le jeu nous en met régulièrement plein la gueule. Mais c'est face à des monstres gigantesques que vous prendrez le plus votre pied
de gameplay : le système de santé a totalement été revu. Dommage, j'aimais bien le fait de trouver des fioles fluo pour se revitaliser même si c'était moins immersif, plus "vieille école". Dorénavant Hale retrouve sa santé en se mettant à couvert mais on ne sait jamais où en est exactement. De toute façon le jeu possède une nouvelle fois une difficulté très bien dosée et les checkpoints sont désormais plus nombreux. Ce n'est pas un mal. Sur la question épineuse de l'Intelligence Artificielle, qui n'a d'intelligence que le nom, les Chimères ont toujours les mêmes réactions ou presque. En surnombre, elles campent leurs positions et lorsqu'il n'en reste plus que quelques-unes, elles nous foncent dessus dans un dernier espoir de vaincre. Par contre, les autres ennemis sont plus stressants. Les "Petits Gris" ou les "fourchus" n'ont que nous pour cible, alors que les autres les arrosent copieusement. Une fois de plus c'est complétement absurde. Pire encore, il n'est pas rare que nos alliés avancent dans les lignes ennemis sans même avoir tué tout le monde et les Chimères font comme si de rien n'était. Autant le dire, l'IA assume quelques lacunes qui font tâche. Par contre, pour ce qui est de l'ambiance, les développeurs ont bien planchés leurs scripts (on s'en doute, le jeu est linéaire et très scripté, au service de l'immersion et du spectacle). On a rarement une seconde de répit, souvent avec des batailles digne d'un Call of Duty, le jeu nous fout régulièrement la pression avec des phases de jeu stressante et jubilatoire, et si les ennemis sont toujours en surnombre, cette fois ils ont le bon goût d'être moins résistants. L'action y est que plus survoltée. L'attaque des Petits Gris (ou des hybrides, parfois on ne sait pas trop ce que c'est) n'est pas sans rappeler la frénésie et la folie sanguinaire d'un 28 Semaines plus Tard (le film). Stressant à souhait. Bien plus immersif qu'avant, en plus des nouvelles armes, on a aussi de nouveaux ennemis et quelques phases de jeu très sympas, empruntées à d'autres titres. Par exemple, seul dans le noir avec pour soi une lampe pourrie qui éclaire que dalle et des monstres qui cherchent à nous bouffer par alternance, on a vite fait de penser au très bon Dead Space. Ou encore en pleine jungle, avec des ennemis équipés de camouflage mimétique, là on pense de suite à Predator (le film avec Schwarzenegger). Tout ça sans compter sur des bastons d'une intensité démente et une réalisation qui suit cette tendance. Et encore ce n'est rien face à des scènes totalement épiques où on affronte des colosses de plusieurs dizaines de mètres de haut. Les bastons contre le Marauder, le Titan ou le premier Goliath, nous laissent sur le cul, les yeux écarquillés. Sensations fortes garanties ! Donc on peut le dire : chapeau bas l'artiste.


L'image

Comme je le disais en intro,
Absolument splendide, le jeu alterne avec brio plusieurs thèmes graphiques et le design est encore plus soigné qu'auparavant
Resistance 2 tourne sous Insomniac Engine 2.0, une révision du moteur qui a sévi sur Fall of Man et qui a été inauguré avec le très beau Ratchet & Clank : Opération Destruction. Et si le jeu ne tourne toujours pas en 1080p, ça n'empêche que graphiquement, il est méconnaissable. Je vais même vous dire mieux, s'il n'y avait pas notre héros aux yeux dorés, les armes ou les Chimères, on pourrait croire que c'est un autre jeu. La première chose à savoir, c'est qu'en jouant aux modes multi, le jeu perd énormément. En effet pour gérer 60 joueurs sur des maps immenses, il a bien fallut faire des concessions. Du coup c'est bien moins beau, tout en restant quand même du niveau du premier opus. Ensuite, le titre d'Insomniac n'est pas sans reproche. Si le plus grand défaut de l'image (selon moi) est abordé au chapitre du son, il reste quand même quelques parcelles de textures pas bien finies, quelques animations sont encore robotisées, à certains moments l'aliasing ou des scintillements montrent le bout de leurs nez (ils sont très intermittent, selon ce qu'il y a afficher) et on a quelques bugs de physique. Rien de bien méchant, c'est sûr. Après, rien que le premier niveau va vous en mettre plein la gueule ! Si autrefois on l'affrontait à bord d'un Stalker, ce coup-ci on sera aux pieds du Goliath et croyez-moi, on se sent tout petit. Ce titan de métal est vraiment impressionnant et même en mouvement, le jeu ne ralentit jamais. La grande classe. Même s'il reste quelques bugs, la physique est globalement mieux gérée, les animations sont plus réalistes, la plupart des cadavres sont persistants (un vrai plus pour le titre car la concurrence ne le fait que rarement de nos jours) et l'aventure est bien plus variée : ville, base militaire, jungle, vaisseau spatial alien... Et en plus d'énormément varier les décors, le jeu s'efforce aussi de varier ses situations. Ainsi on assiste jamais 2 fois à la même scène, ce qui fait qu'on peut avaler les 8 à 10h que dure l'aventure, sans aucune lassitude. Si Resistance 2 est souvent mis côte à côte avec Gears of War 2 (sorti exclusivement sur Xbox 360), c'est parce que les 2 jeux sont sortis au même moment, que ce sont 2 grosses licences exclusives et que les Chimères sont désormais très proches des Locustes du point de vue du design. Personnellement ça ne me dérange pas puisque j'adore le hit d'Epic et si ça ne saute pas immédiatement aux yeux, on finit par y venir. Et puis globalement, Resistance 2 est bien plus beau que son prédécesseur. Les extérieurs sont somptueux, les textures sont hyper détaillées, les Chimères sont plus affreuses que jamais et le bestiaire a largement été étoffé, pour qu'on n'ait plus l'impression d'affronter une armée de clones. Non vraiment, Resistance 2 fait très fort.


Le son

Je l'évoquais
Un gars qui parle sans ouvrir la bouche, ça fait tache. Heureusement la qualité du son est excellente
lors du précédent chapitre, l'image liée au son accuse un gros défaut : bien souvent nos interlocuteurs parlent sans ouvrir la bouche. Et ouais, c'est minable. Minable parce que le moteur graphique est surpuissant et n'a pas besoin de s'économiser sur ce genre de détail. En plus, ça n'arrive pas tout le temps. Lorsque le jeu "comprend" que vous regardez votre allié droit dans les yeux, d'un coup il se met à ouvrir le bec. C'est vraiment n'importe quoi ! Après ce petit coup de gueule, il faut quand même reconnaître que le son aussi, a fait un sacré bond en avant. Le doublage, puisqu'on parlait de lui, est de grande qualité. D'accord certaines phrases sonnent un peu faux mais globalement c'est du très bon travail. Une fois encore Patrick Bethune prête sa voix (il est décidemment partout ces derniers temps, en doublant cette fois Capelli) mais je regrette quand même que Nathan Hale n'ait plus la même voix. En plus, sa nouvelle verve ne lui va pas très bien et son doubleur n'apporte pas ce froid (presque calculateur) qu'il avait lors du Fall of Man. C'est un peu dommage mais n'empêche que ça reste très bien comme ça et qu'on appréciera aussi une agréable synchro labiale, même en Français. Seul bémol, lorsqu'il court Hale fait un bruit de bœuf. Ce n'est peut-être qu'un détail mais c'est assez choquant la première fois. De toute façon, en prenant une vision plus globale, on sent vite que le son est plus travaillé. Avec son ambiance de débarquement où ça explose de tous les côtés, si les musiques sont assez discrètes (soit on ne les entend pas, soit on n'y prête pas cas), c'est surtout les bruitages qui prennent les devants. Les armes possèdent les mêmes effets pour certaines (c'est-à-dire très bons) et les explosions sont toujours aussi dynamiques. Finalement, à part son problème de bouche fermée au moment où il faut l'ouvrir, Resistance 2 fait très fort ici aussi.


Note générale

Un peu plus d'un et demi après le très sympathique Fall of Man, Resistance revient et assène un très grand FPS à la concurrence. Avec ce genre de jeux, on se rend vite compte que finalement, la PS3 excelle dans ses exclusivités. Plus proche d'un Call of Duty, avec quelques passages frissons et d'autres à grand spectacle, Resistance 2 fut le meilleur FPS exclusif de la PS3, en ce Noël 2008. D'ailleurs on reconnaît à peine le jeu tant il a mûri. Le moteur graphique explose avec des textures détaillées, un design fabuleux, des colosses époustouflants, et en plus d'énormément varier les ambiances graphiques, il n'est que très peu buggé (quel jeu ne l'ait pas ?) et ne souffre d'aucun ralentissement ou effacement de plaquage. Un vrai travail de pro. Et hormis son problème de bouche fermée alors que notre interlocuteur est juste en face, le son a aussi pris du galon, tant sur le qualitatif que le quantitatif (comme le fait qu'un ricochet ne fasse pas le même bruit selon la surface). Plus immersif, plus beau, plus scénarisé et finalement plus en phase avec son temps, Resistance 2 fut le plus grand FPS de la console... jusqu'à l'arrivée de KILLZONE 2 bien entendu. N'empêche que s'il nous fait vivre une aventure finalement assez classique, celui qui a perdu son sous-titre au profit d'un chiffre, n'a rien à envier aux grands noms du genre. Si avec Fall of Man on ne savait pas trop s'il fallait considérer Resistance comme une nouvelle licence phare de la gamme PlayStation, je crois que c'est désormais chose faite...


Test réalisé par iiYama

novembre 2009