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Insomniac Games a commencé comme développeur sur Disruptor, un FPS futuriste très sympa datant de l'époque de la PlayStation. Puis laissant le créneau à d'autres, ils se sont mis à la plate-formes/action avec les Spyro sur PSOne et plus tard avec les excellents Ratchet & Clank sur PS2. Retour aux sources pour le développeur avec Resistance : Fall of Man, un FPS faisant parti du line-up Européen de la PlayStation 3, prouvant aussi bien les capacités de la console que leur goût pour une action nerveuse limite old school. Véritable benchmark de la nouvelle console de Sony, Resistance manque un peu de finitions mais en aucun cas d'action et d'attrait. Il est vrai que j'ai ce jeu depuis que j'ai acheté ma console le 23 mars dernier et que je ne l'avais pas encore testé, car les vieilles habitudes sont tenaces. Elles sont du genre "un FPS n'est jouable que sur PC" ou encore "je n'arriverai à rien parce que ce sera trop difficile". Et pourtant, Fall of Man est l'un de ces FPS royaux qui me prouvent que j'ai tort.

Certes un peu léger de prime abord, le scénario de Resistance se veut aussi très efficace. Servant à merveille une action soutenue, la trame se développe via de nombreuses séquences à images fixes sous une voix off assez impliquée, celle de Magalie Barney (la voix Française d'Alyssa Milano). Quelques cut-scènes en 3D égayent un peu les coupures mais il est tout de même regrettable qu'avec l'espace disque dont disposent les Blu-Ray, on ne nous offre pas de véritables vidéos en HD. En plus de ça, le scénario est un peu léger mais qu'à cela ne tienne, le résultat tient déjà fort bien la route et divers documents trouvés en chemin, étayent un peu plus cet état de fait.

A la manière d'Halo et comme c'est de plus en plus le cas de nos jours, notre personnage aura le don de recouvrer la santé s'il se met à couvert un instant (instant qu'on trouve parfois long). La jauge de vie est coupée en 4 paliers mais vous ne pourrez prétendre reprendre que 25% d'énergie, soit le palier supérieur. Ainsi le jeu vous force à la jouer plus subtil que bourrin en se mettant à couvert et en descendant les hordes de chimères peu à peu plutôt que de front. D'ailleurs, avec un minimum de tactique, il ne sera pas trop difficile d'arriver à la fin du jeu, ce que j'ai fait et pourtant je suis un bille dans le genre. Comme quoi, si j'y arrive, pourquoi pas vous ? A disposition nous avons 8 armes, dont la plupart défouraillent sévères. De la grosse carabine qui tire des douilles de 44 au fusil alien en passant par le sniper, le pompe ou le lance-roquettes, y'a de quoi faire. Côté armes originales, nous avons le foreur dont les tirs traversent les murs ou encore le grêleur qui lance des centaines d'aiguilles rebondissantes. Une arme pour acuponcteur mais qui fait mal. 
Nathan Hale, héros malgré luiToutes les armes ont une attaque secondaire qui permet de tirer 2 cartouches (pompe), de lancer une mini-roquette (fusil de base), de coller un traceur ou même de créer un bouclier de protection (foreur). On a aussi 3 types de grenades : fragmentation (classique mais efficace), des "hérissons" qui jettent des aiguilles meurtrières ou encore une qui diffuse un gaz inflammable. Autant dire que les Chimères ne rigolent pas tous les jours. Niveau options, on n'a pas beaucoup de choix, les checkpoints sont imposés mais on peut entièrement configurer son pad (ça c'est génial et ça manque à 90% des jeux actuels) et régler la sensiblité des sticks analogiques.
Autres originalités, la conduite de véhicules nous change de la marche à pied. Parfaitement jouable (ce qui n'est pas le cas de tous les FPS), nous avons la jeep avec un gars qui s'occupe de la tourelle, le tank qui sera un véritable régal tant sa puissance est énorme ou encore le Stalker, sorte d'araignée mécanique géante, bien entendu chimèrienne. Mais comme tout jeu qui existe, Resistance a son lot de détails qui agacent. Ultra scripté, on avance dans des décors assez grands mais au parcours très cloisonné. On affrontera le plus souvent des ennemis qui ont tous la même tronche et lorsque vous serez épaulé par des alliés, ils ne feront pas long-feu, vous aidant finalement que très peu. Les chimères apparaissent souvent de nulle part et seulement lorsqu'on franchit une ligne imaginaire, un peu à la façon de DOOM 3. L'IA est parfois débile car il suffit de reculer pour que vos assaillants arrêtent de vous pourchasser. Ainsi avec le bon angle ou la bonne distance, on peut les shooter en tout impunité. 
Un gameplay simple mais efficaceSi la plupart des objets ne sont pas destructibles (ce que je regrette), il faudra prendre gare à ne pas trop rester derrière des voitures qui peuvent exploser ou des barricades qui finissent pas céder. Sympa. Nous avons aussi une belle persistance des cadavres, ce qui est un plus car j'ai toujours trouvé débile de voir les morts s'envoler sous notre nez. Mais la grande force de Fall of Man, c'est de proposer un jeu à l'action soutenue et sans temps morts. La jouabilité au pad est très bonne, confortable même (je m'étonne d'écrire et de penser ça) et je peux même dire que si le jeu est très basique tout au long de l'aventure, j'ai pas moins pris un pied d'enfer tant ça pulse et ça cartonne dans tous les sens.

Comme je le disais, Fall of Man est un peu le benchmark de la nouvelle console de Sony et on peut le dire, pour un jeu line-up, c'est vraiment pas mal ! Il est vrai qu'au début du jeu on a rien de spécial à se mettre sous les yeux mais l'investigation des installations chimèriennes nous dévoile un côté science-fiction très prenant. Plus tard, de retour à Londres, la ville sera sous la neige (parfois le blizzard) et le rendu est somptueux. Mais le jeu atteint son paroxysme lorsqu'on pénètre dans la tour finale où on est littéralement plongé dans un futur métallique et malsain. Certains angles sont mal dégrossis, certaines textures manquent de finition mais le moteur 3D, le Insomniac Engine, fonctionne bien. La gestion de la physique est bonne, celle des sources lumineuses aussi et il se permet même d'user du HDR, qui rendra certaines surfaces particulièrement gluantes ou brillantes. S'il est vrai que les bidasses ont presque tous le même visage ou qu'on affronte toujours les mêmes sales gueules, la modélisation tient la route et les animations sont très convenables. Usant de tons sépia dans la plupart des décors extérieurs, nous avons une 
L'Insomniac Engine a bon un potentiel et même s'ils paraissent un peu tristounets, les décors sont beaux pour la plupartatmosphère mélangeant 2 univers bien distinct (les années 50 et le futur) et pourtant ça tient la route. Les intérieurs sont très sombres et les extérieurs sont immenses, proposant un champ de vision très étendu où parfois une végétation assez naturelle laisse place à de vrais champs de batailles façon Call of Duty. En plus, le game-design est plus que satisfaisant dans ce tout qui concerne les chimères (armes, bâtiments, technologie, véhicules, monstres) et quelques sprites -humains- ont étés imaginés pour l'occasion (comme les hélicos). Tout ceci nous donne un agréable mélange de Medal of Honor et d'Half-Life² grâce à un moteur 3D polyvalent et efficace, qui nous offre un jeu de plus en plus beau au fur et à mesure qu'on avance, même si ce n'est clairement pas avec Resistance qu'on va s'exploser la rétine.

Quelques musiques viennent donner un ton dramatique à l'action sans pour autant être véritablement géniales. Finalement, seul le récurrent thème principal est bon. Mais Insomniac n'a pas fait l'erreur d'Irrational Games pour Bioshock en nous proposant des musiques du style "années 60" qui nous écorchent les oreilles. Ici nous avons du militaire, 
Rien à redire : bon doublage, bons bruitages, musiques de circonstance...parfois du symphonique mais rien de vomitoire. Car la partie sonore de Resistance a méritée toute l'attention des développeurs. Ainsi la plupart des armes possèdent un excellent bruitage, bien dynamique comme j'aime, ce qui donne une certaine ampleur aux combats. L'ambiance sonore est très travaillée, notamment lorsque tout l'environnement est sous le feu ennemi (dont les mortiers) donnant un peu dans le débarquement du futur. Enfin, le doublage Français est de bonne facture. Au début on croit que les paroles de chimères sont incompréhensibles mais en fait, elles déblatèrent des mots bien de chez nous avec une voix à vous glacer le sang. Et si Hale ne parle presque jamais, le phrasé des alliées est bon et la narration est assez impliquée pour tenir en haleine.

Avec son subtil mélange de science-fiction et de seconde guerre mondiale, revivant sous une certaine forme une attaque alien mélangée à un débarquement de Normandie, on retrouve une Angleterre saccagée aux décors parfois apocalyptiques. Dans cette autre version de "La guerre des Mondes", l'action ne lâche jamais prise, à tel point quelle en devient grisante, notamment grâce à des armes bien conçues au pouvoir destructeur qui donnera le sourire aux fanas d'FPS. Même si Resitance : Fall of Man subit les affres de son jeune âge, à cause d'un impératif de sortie imposé, le travail Insomniac Games sur l'ambiance ou le design reste remarquable. Poussé par un bon moteur 3D qui ne dévoilera que de petites faiblesses et proposera finalement de très bons graphismes pour un jeu line-up, contrôlé par une jouabilité que même moi j'ai apprécié, Fall of Man est à mes yeux l'un des meilleurs FPS console auquel j'ai joué. Autant dire que la PS3 part du bon pied car lorsqu'on y repense, pratiquement tous les jeux du line-up de la console sont d'excellents titres et niveau action, c'était bien celui-ci qui prime sur les autres.