Red Faction Guerrilla (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juin 2009
Développeur : Volition
Editeur : THQ
Genre : TPS

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 1.7Go (install)
Moteur graphique : GeoMod 2.0
Moteur physique : Havok
Difficulté :
Multi-joueurs : 16 joueurs online

Abréviation : RFG
Titre alternatif : Red Faction III
Prix au lancement : 65€
Score des ventes : 1.6 Millions (tous supports)


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Red Faction

Guerrilla



Volition a un parcours assez peu typique. Cette petite entreprise américaine fut fondée lorsque Parallax Software (connu pour Descent) s'est divisée en 2 parties. Volition a ensuite travaillé sur Freespace mais leur premier véritable succès fut Red Faction. En effet, lors de l'année 2001, la petite société a développée son premier GeoMod, un moteur graphique qui permettait d'obtenir une belle dégradation du décor. Et c'est sans doute ça qui aura marqué les esprits car finalement, même s'il reste très sympa, Red Faction était un FPS au concept sous-exploité. Initialement c'était donc un jeu PC/PS2 mais Red Faction II, sorti 2 ans plus tard, a d'abord vu le jour sur consoles de 6e génération avant d'être adapté sur PC. Mais énorme déception cette fois, malgré quelques phases de destruction assez sympas et quelques maigres originalités, la médiocrité du titre poussait au questionnement, à tel point qu'on s'est tous demander si on ne se foutait pas de notre gueule avec cette suite. Car après 2 ans de gestation, le scénario était plus mauvais, les graphismes étaient plus laids et le GeoMod, non content de nous offrir une 3D à peine nommable (surtout sur PC), se permettait d'être encore moins exploité que lors du premier essai. Depuis, la formule de destruction massive a été réinjectée dans des jeux parfois brillants. On peut citer Stranglehold ou encore Battlefield Bad Company. Mais Volition a finalement pris leçon et après 2 très sympathiques Saints Row, voilà que le développeur revient à son grand amour et pour le coup, ils nous sortent un GeoMod 2.0 très en forme. Mais est ce vraiment suffisant ?


Développement scénaristique

L'histoire de cette
Le scénario est vraiment décevant car une fois lancé, le jeu n'en dévoilera pas plus. Vraiment dommage...
séquelle se déroule 50 ans après celle du premier Red Faction. Mars a été terraformée (l'air y est respirable) et la vie s'y est installée avec plus ou moins de succès. Seulement la planète est toujours contrôlée par l'EDF (l'Earth Defense Force, rien à voir avec la compagnie d'électricité) et ses sbires mettent toujours autant la pression à la population locale, généralement constituée d'honnêtes travailleurs. C'est pour ça que la Red Faction s'est formée. C'est un noyau d'indépendantistes qui luttent contre la répression et qui vise à libérer Mars, la débarrasser de l'EDF. Notre personnage, Alec Mason, est un mineur (un clin d'œil au premier épisode). Il débarque sur Mars pour travailler mais son frère se fait tuer par l'EDF à peine 10 minutes plus tard. Il s'enrôle donc dans la Red Faction, puisqu'il n'a plus rien à perdre. Mais déjà ici, il y a plusieurs petits regrets car une fois le jeu lancé, son postulat de départ mis en place, on n'a plus rien à se mettre sous la dent ! On participe à la libération de Mars, on a quelques bribes de dialogues ça et là, et tout juste 2 pauvres vidéos au milieu de l'aventure. Autant dire qu'entre le début et la fin, c'est vraiment les vaches maigres !! Et c'est vraiment dommage car justement le contexte, l'univers proposé et déjà fort d'un certain passif, aurait pu donner quelque chose de vraiment intéressant. Et puis les dialogues avec les PNJs étant inutiles, on réalise alors ses missions sans avoir de liant scénaristique entre les épreuves. Il reste quand même quelques sympathiques clins d'œil (comme lorsqu'on visite les ruines de la base d'Ultor ou la première zone qui se nomme Parker, comme le héros du premier opus) et une nouvelle faction fait son entrée : les maraudeurs. Mais eux aussi ne sont que survolés, l'histoire les liant à Guerrilla n'étant disponible qu'en DLC (Démons des Badlands).


Jouabilité & Gameplay

Hormis sa
Le jeu est "open world" et le meilleur moyen de rallier un point à un autre, c'est de prendre un véhicule. Par contre, c'est vrai que la jouabilité est limite...
destruction massive (on y revient plus tard), ce 3e épisode aborde quelques nouveautés, ma foi très sympa et bien vues. On commencera par la vue, qui passe d'un FPS (à la première personne) à un TPS (à la 3e personne). Le jeu y gagne en souplesse et en réactivité. Les 2 autres bonnes grosses nouveautés, c'est que la map où se déroulent les événements, est immense et entièrement ouverte. Et qui dit map ouverte, dit forcément véhicules. Ainsi, ce concept repris de Saint Row (dont on retrouve bien les bases), lui-même plagiant GTA, nous permet de jouer à notre vitesse, de réaliser les missions comme on l'entend. La zone est délimitée en 6 secteurs et chaque secteur recèle un certain nombre de points stratégiques (des missions en fait). Pour relier chaque point, les développeurs ont eu la bonne idée d'implanter une sorte de GPS qui nous flèche la trajectoire d'un point à l'autre. C'est bien pratique car sur Mars, tout se ressemble. Une fois au point de rendez-vous, la mission peut être de diverses sortes : voler un véhicule pour le ramener à la base, rapatrier des otages, détruire un bâtiment, occuper l'ennemi pendant que la Red Faction mène une mission ailleurs... Pour relier un point à un autre, comme dans tout jeu "open world" qui se respecte, on peut emprunter n'importe quel véhicule. Du pot de yaourt qui n'avance pas et qui fait un bruit de mobylette, au bulldozer des chantiers de construction, en passant par les véhicules militaires ou des 4x4, même s'ils ne vont pas très vites, les véhicules permettent de rallier 2 points plus rapidement qu'à pieds. On peut donc rapprocher le gameplay de Guerrilla à celui de Far Cry 2. D'ailleurs, à l'image de GTA San Andreas, on a aussi un indice de recherche quand on met la misère à l'EDF, à la différence qu'ici l'EDF nous lâche vite, ce qui le rend moins gonflant sur la longueur. Et au pire, si certains trucs nous échappent, des vidéos explicatives sont là pour nous aider et la carte du monde est suffisamment détaillée pour trouver ce dont on a besoin. Si on est libre de faire ce qu'on veut sur Mars (comme détruire des bâtiments de l'EDF pour faire baisser leur emprise), le jeu est quand même guidé par les missions. Les objectifs principaux, on l'a vu, sont de diverses sortes mais il y a aussi des objectifs secondaires, souvent chronométrés, matérialisés par des défis (par exemple démolir un ancien site de la Red Faction ou détruire des antennes de l'EDF).


Mais ce
Grace à son moteur graphique et physique, on peut tout exploser, tout réduire en miettes : quel pied !
qui est un peu débile, c'est que lors de ces attaques, on nous impose l'armement et un temps limité (ce n'est heureusement pas le cas des missions principales). A quoi bon nous faire suer à nous forcer à démolir tout un bâtiment au marteau et en moins de 30s, ou encore devoir rapatrier un véhicule volé en un temps donné ? Le pire, c'est que le jeu en perd souvent toute crédibilité. En acceptant une mission, notre arsenal disparaît contre celui imposé par la mission, ou bien il apparaît des trucs qui n'étaient pas là avant comme une tourelle lance-missiles ou un tank. Et ce, sous nos yeux, comme ça, comme par magie. Le réalisme des situations prend un sacré coup sur la nuque et ça aussi, il faudrait leur dire à Volition : ça ne se fait plus ce genre de truc, on n'est plus dans les années 80-90 où les objets tombaient du ciel sans qu'on y porte cas. Puisqu'on y est (à râler) autant finir le boulot. Si j'ai trouvé sympa qu'on est "la santé" d'un véhicule lorsqu'on le pilote, sympa aussi qu'on meurt s'il nous explose au museau, j'ai par contre trouvé que les comportements routiers sont assez bizarres : à la moindre bosse on perd tout contrôle et on s'envole dans les airs. C'est super réaliste ça aussi. Autre détail agaçant, lorsqu'on est à pied il n'est pas rare de se faire littéralement écraser par des chauffards (des connards du volant oui !). Déjà que lorsque l'EDF s'y met, on en prend plein la gueule, si les PNJs classiques en rajoutent, alors c'est la mort assurée. Je signale quand même qu'au pad, la jouabilité des véhicules est bien meilleure qu'au clavier du PC. Disons qu'au pad on perd en précision de visée ce qu'on gagne en confort de conduite... il fallait s'en douter. Dernier point à montrer du doigt, les interactions sont assez limitées. Attention je ne parle pas de démolition, mais on ne peut parler à personne (ou presque), la moindre ballade finie à chaque fois en fusillade et comme je le disais lors du précédent chapitre, le développement scénaristique a été bâclé. Autrement dit, à part les missions et chiner du métal (on gros la "monnaie" du jeu), on n'a rien à faire. A côté de ça attention les yeux, car y'a du gros fun en vue ! Ca fait maintenant 8 ans qu'on nous promet de la destruction de masse mais avec les 2 premiers opus, on n'avait qu'effleurer le truc. Aujourd'hui chaud devant, avec son nouveau moteur graphique et physique, Volition compte bien casser la baraque (et c'est rien de le dire). En effet, tous les objets sont destructibles ! La moindre bâtisse, le moindre véhicule, on peut tout péter, et ça, c'est le pied total !!


Pour se
Pour faire un carnage, rien de mieux que de prendre le contrôle d'un bipode...
faire on a plusieurs solutions. Prenons le cas d'un bâtiment : on peut bousiller les fondations pour qu'il s'écroule, on peut le torpiller au lance-roquettes pour en faire des miettes, on peut poser des mines explosives, on peut même déplacer des bonbonnes de gaz pour économiser ses munitions. Autant dire que c'est l'aspect le plus poussé du jeu, le mieux réalisé aussi, car le moteur physique fait un travail admirable et c'est véritablement impressionnant de faire écrouler un immeuble de 5 étages suite à l'explosion minutieusement programmée du rez-de-chaussée. Et là pour le coup, c'est vraiment fun. On devient très vite expert en démolition, on se met à miner tout ce qui bouge, exploser le moindre bâtiment de l'EDF… tout détruire sur son passage a rarement été aussi jouissif et simple !! Vous me direz, c'est un peu le leitmotiv de la licence et je vous répondrai que c'est bien la première fois qu'ils y mettent autant de talent et de cœur, pour nous permettre de réduire Mars en gravillons. Les véhicules aussi en prennent pour leur grade et il n'est pas rare d'être tenté par un bidon d'essence ou une citerne de gaz. Autre point à aborder : les outils de démolition. Mason ne peut porter que 3 armes, en plus de son énorme marteau de mineur. Un marteau dont on ne peut se débarrasser, cependant il est absolument génial. On écrase la tronche des vilains de l'EDF à coup de masse avec une telle violence, que souvent les armes sont moins efficaces. Et puis le marteau est très polyvalent : avec un peu de patience, on peut démolir tout un bâtiment avec. A côté de ça, on a les traditionnelles armes de tout jeu d'action (lance-roquettes, pompe, mitrailleuse, simple flingue) mais aussi d'autres objets plus atypiques comme un fusil à arc électriques, un lanceur de disques et surtout, le fusil à nanites qui décompose les objets (l'effet est saisissant de réalisme). Tout au long de l'aventure, démolir des bâtiments, des véhicules ou autre, vous permettra d'amasser du métal. C'est un peu la monnaie du jeu et cet argent nous permettra (via les magasins qui se trouvent dans les planques), d'acheter de nouvelles armes, des armures, des gadgets (radar, jetpack...) et bien sûr d'améliorer son matos. Il est juste un peu dommage que cet aspect n'ait pas été un peu plus poussé mais le cœur du gameplay, vous l'aurez compris, n'est pas là. Derniers points, en marge du mode histoire, on a quelques bonus. Il y a le mode online (pour se fritter à plusieurs) et le mode Equipe de Démolition (des missions bonus chronométrées où il faut par exemple démolir le plus de bâtiments possible en temps record). Bref, avec ses centaines de missions, Volition ne s'est pas moqué de nous en matière de contenu.


L'image

Dopé au GeoMod 2.0,
Le jeu est peu varié et n'a en surface, rien d'extra-ordinaire. Mais ça, c'est sans compter sur une destruction massive qui elle, est particulièrement impressionnante !!
Red Faction Guerrilla nous propose un graphisme sympa, oui juste sympa. Faut dire que les modélisations sont affreuses (poupées de plastique) et que Mars est peu propice à l'éclectisme. En passant d'une zone à une autre le décor varie sensiblement mais ça reste toujours dans les mêmes tons. A côté ça, les décors extérieurs sont quand même fort réussis. On croirait presque qu'on arpente la planète rouge. En plus, le design général est très bon (surtout pour les véhicules à disposition, tous plus originaux les uns que les autres). Mais pour nous gâcher le plaisir, les animations des PNJs font peine à voir et bien souvent les bâtiments tiennent encore debout grâce à 3 bouts de ficelle (heureusement ça ne dure pas, la physique finit par faire son travail). A contrario, bon point pour le framerate qui, s'il n'est pas à toute épreuve, reste tout de même assez constant. Par contre, si le champ de vision est assez étendu, le clipping officie encore et il n'est pas rare de voir une montagne entière apparaître d'un coup (bien que ça reste rare). Compte tenu des éléments qu'on a, les graphismes mériteraient 12 voir 13/20. Or c'est sans compter sur toute l'efficacité, toute la puissance de la destruction massive des décors. C'est ici que le jeu gagne le plus de points car le résultat est tout bonnement époustouflant ! Chaque objet, chaque bâtiment est conçu avec des pièces dissociables, un peu comme un château fait avec des LEGO. Ainsi le moteur physique a tout loisir de dissocier chaque pièce lors d'une explosion, d'un bon coup de marteau ou si on joue les furieux à défoncer les bâtiments avec une bagnole. Bien sûr il reste quelques détails qui clochent comme le fait que les matériaux ne soient pas très solides ou qu'une fois écroulé, il ne reste pas grand-chose d'un bâtiment (la plupart des pièces disparaissent : c'est compréhensible, le moteur est assez surchargé comme ça). Mais à côté de ça… quel spectacle !! J'ai réellement pris mon pied à poser des charges, à tout faire péter, à finir le boulot au marteau, à pilonner une caserne au lance-roquettes… tout réduire en miettes est le nerf du jeu. Si les 2 premiers Red Faction n'avaient qu'effleuré le phénomène, si des jeux plus récents et plus ambitieux ont tentés de nous donner tout le plaisir que ça procure, c'est bien avec ce titre-là que Volition repend sa place de Roi de la déstruction car hormis le décor (les rochers, les montagnes), tout, absolument tout peut être détruit. Et ça c'est vraiment jouissif !


Le son

Mason a pour
La qualité du son est là, Volition a bien planché sa copie
doubleur français Adrien Antoine, celui qui offre sa voix à Zachary Quinto (Heroes, Star Trek) ou Sam Worthington (Avatar, Terminator 4). Une voix qui va bien au personnage. D'ailleurs lors des vidéos, l'intonation est assez juste, pareillement pour les principaux protagonistes du jeu, qui possèdent les voix les plus connues du métier. A côté de ça, la qualité s'amoindrie avec les divers PNJs mais rien de méchant finalement. Question bruitages, il fallait bien que le son accompagne l'image. C'est le cas, le fracas d'une bâtisse qui tombe en miettes est percutant de réalisme et les armes donnent suffisamment de pêche pour qu'on prenne notre pied à tout démolir. Enfin les musiques sont assez sympas. Tant qu'on est au vert, on a droit à des mélopées, il faut l'avouer, sacrément tristounettes (un peu comme doit être la vie sur Mars en fait) mais une fois que ça chauffe, c'est nettement plus rythmé. En clair, Volition a fait du bon travail.


Note générale

Red Faction Guerrilla est un jeu franchement défoulant. Vous vous êtes éclaté à refaire le décor dans Stranglehold, à tout démolir dans Frontlines, à tout casser dans Battlefield Bad Company ? Alors Guerrilla est fait pour vous ! Je dirais même mieux, il surclasse tous les autres jeux (et de loin) quand il s'agit de faire de nous les rois de la démolition. Et c'est vraiment un régal de voir comment les développeurs ont réussis à construire de véritables châteaux de cartes, qu'on prendra un malin plaisir à défoncer à coup de marteau ou d'explosifs. Y'a pas de porte, un mur vous gêne ? Faites un mega-trou dedans et vous pourrez passer ! D'ailleurs je tiens à féliciter Volition pour nous avoir offert des armes promptes au concassage en règle, et plus encore au fusil à nanites, brillant chef-d'œuvre de l'armement virtuel. A côté de ça, il faudra bien sûr faire avec quelques anicroches. Finalement très proche de Far Cry 2 dans son déroulement, le jeu impose aussi les mêmes tares à savoir qu'il n'y a presque pas de scénario, que le jeu peut être lassant à la longue, qu'à part les missions il n'y a rien à faire (on n'est pas dans GTA, je sais) et qu'il est assez hardcore par moment (surtout sur la fin). Heureusement l'EDF finit par lâcher prise si on fuit (on ne dirait pas, mais c'est important) et niveau contenu, Volition ne s'est pas foutu de nous. Ok les missions secondaires tournent vite en rond mais elles sont en très grand nombre. Vouloir écumer 100% du jeu c'est prévoir de passer un paquet d'heures devant l'écran. En plus la carte est bien fichue, l'environnement ouvert est bien travaillé et malgré quelques faiblesses, le jeu est quand même assez joli. Red Faction est donc de retour et on peut le dire, il fracasse bien ! Encore imparfait, si ce n'est pas le jeu de l'année, Guerrilla reste le meilleur épisode de la série, un titre extrêmement fun et le meilleur jeu de destruction massive. Vivement une suite qu'on touche enfin la cime du jeu d'action…


Test réalisé par iiYama

décembre 2009 (mise à jour : février 2013)