Prince of Persia Trilogy (PS3)

 






 


Note générale


Sortie du jeu : novembre 2010
Développeur : Ubisoft
Adaptation : Ubisoft
Editeur : Ubisoft
Genre : compilation (beat-them-all / aventure)

Support : 1 Blu-Ray ou en téléchargement sur PSN
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 3.8Go (install)
Définition HD : 720p
Difficulté :
Compatible 3D : oui
Compatible Move : non

Multi-joueurs : non
Abréviations : PoP HD - PoP Trilogy
Titres alternatifs : Prince of Persia Trilogy HD / Prince of Persia Trilogy 3D
Prix au lancement : 40€


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Prince of Persia

Trilogy



Si le nom de Jordan Mechner ne vous dit rien, sachez que c'est l'homme derrière Prince of Persia. Nous sommes en 1989, sur Amiga, et le succès est au rendez-vous. Vite devenu culte, ce titre sera ensuite adapté à bien des supports, des plus populaires comme la Mega Drive et la Super Nintendo, aux plus récents comme la PlayStation 3 et la Xbox 360, en passant par des machines pas très à-même de l'accueillir comme les supports iOS. Presque 15 ans plus tard, Ubisoft remet au gout du jour ce superbe jeu (ou superbe prise de tête selon le point de vue). On oublie le temps imposé d'une heure et son gameplay 2D de profil, savant mélange d'adresse et plate-formes, mais on garde l'esprit du jeu originel : les pièges, la PF, un design savoureux et bien entendu quelques coups de gueule tant les combats sont chiants au possible. Malgré tout, Les Sables du Temps fut un grand succès, un succès qui emmènera 2 suites : L'Ame du Guerrier et Les Deux Royaumes, mais aussi un pseudo spin-off (Assassin's Creed) ainsi qu'un reboot en 2008 (pas génial il faut le dire) et un dernier épisode, Les Sables Oubliés, un 2e reboot de la série. Tout ça pour dire que lorsqu'Ubisoft tient un filon, ils ne lâchent pas prise jusqu'à avoir totalement essoré une licence (il n'y qu'à voir les Lapins Crétins). Et c'est vrai qu'après les 3 premiers opus en 3D, enchainées sur 3 années consécutives, la série commençait déjà à perdre l'aura acquise. Mais depuis 2 ans (2009/2010) est né une nouvelle vague de jeux : les remakes HD (Serious Sam HD, Sonic Adventure HD, Raystorm HD, WipEout HD…) et les compilations HD (God of War Collection, Splinter Cell Trilogy, Sly Trilogy ou encore Tomb Raider Trilogy). La formule est simple : faire revivre un ancien succès, juste en lui collant une skin HD. Généralement les pires défauts du jeu originel ne sont pas corrigés, prouvant que finalement, ces remixes haute définition, ne sont là que pour nous délester un peu plus de notre argent. Car ce genre de développement est assez simple à faire. Tout existe déjà (l'histoire, le doublage, les musiques, le gameplay…) et finalement seuls les graphistes et les programmeurs (pour adapter le code au support) travaillent vraiment. Si un Prince of Persia Trilogy existe déjà sur PS2, 7 ans après le premier remake du premier opus (5 ans après Les Deux Royaumes), Ubisoft nous sort une compilation regroupant justement les 3 grands hits de la PS2. S'installation copieusement sur le disque dur (ce qui n'empêche pas les loadings d'être longs… à se demander alors pourquoi on nous gratte presque 4Go d'espace disque), le développeur Franco-Canadien nous pond une compilation qui, pour un prix correct (40€), nous offre 3 aventures à la durée de vie conséquente. Résultat, entre la "HDisation" des graphismes, le support de la 3D en relief et le fait d'avoir 3 jeux en 1 pour un prix tout à fait honnête, cette compil' mérite d'avoir du succès. A présent, évoquons chaque jeu un peu plus en détail, dans leurs bons côtés comme leurs pires aspects.





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Les Sables du Temps


Le premier
Ce premier volet jouit d'une aura particulière
Prince of Persia jouit d'une aura toute particulière. En effet, c'est lui qui a remis la série sur les rails, bien avant qu'on trouve qu'Ubisoft tire sur la corde ou que la série parte dans d'étranges directions. On y découvre un jeune Prince qui, pour rendre fier son père, va voler la dague du temps et libérer les sables. De là part toute l'aventure, puisqu'une fois libérés, la dague et les sables du temps permettent de remonter le temps ou de le ralentir. Véritablement scindé en 2 parties, le gameplay se partage entre phase de plate-formes totalement empruntées à Tomb Raider, et d'un autre des phases de combats, plus proche d'un beat-them-all genre Onimusha. Plus agile que la belle Lara Croft, les phases de plate-formes sont franchement agréables. Le Prince peut courir sur les murs, éviter les pièges (qui sont très nombreux) et on appréciera par moment ces délicieuses petites sensations de vertiges. Mais tout le souci du jeu vient des combats ainsi que de la caméra. Une caméra qui fait véritablement n'importe quoi, surtout pendant les bastons où elle se place trop souvent sous un angle tout pourri où ne voit plus rien ! Mais là n'est pas le plus grave. Non le pire c'est que très vite dans le jeu, les combats deviennent extrêmement pénibles et difficiles. Le Prince est toujours entouré de 3 ou 4 ennemis et comme ils attaquent à tour de rôle, on en prend plein la gueule. Certes on peut contrer les attaques, mais rien que pour se relever une fois tombé à terre, il faut avoir un sacré bon timing. Plus fort encore, même si on presse le stick dans une direction précise, le Prince attaque l'ennemi qu'il veut, avec les combos qu'il veut, ce qui rend ces phases-là lourdes au possible.


Vous voulez
Les combats deviennent vite gonflants à cause d'ennemis trop coriaces et d'une caméra épouvantable
mieux ? Et bien les ennemis nous sapent toute l'énergie en quelques coups alors qu'il faut sacrément les bastonner pour en tuer un seul (en plus ils prennent un sale plaisir à parer nos attaques), il faut veiller sur les miches de Farah (le pendant féminin du jeu) sans quoi elle meurt (auquel cas on doit recommencer) et pour finir, il y a toujours trop d'ennemis ce qui rend ces passages fatiguants, stressants et lassants. Oui, tout le problème du jeu là et c'est bien dommage car quitte à faire un remake HD, autant en profiter pour régler les problèmes les caméras et surtout pour proposer un choix de la difficulté, avec ce que ça impose de mise à niveau des forces adverses. Après à côté de ça, on retrouve bien sûr la magie de ce jeu vraiment hypnotisant. La remise à niveau graphique profite agréablement au jeu, qui s'étoffe en plus de quelques effets bien gérés, de jolis reflets et d'animations très fluides. Encore une fois, l'actualisation aurait pu profiter à certains détails comme le fait que les protagonistes (hors cut-scènes) n'ouvrent pas la bouche en parlant ou que les bruitages manquent de peps. On peut aussi mettre le doigt sur des vidéos en CG vieillottes. Certes le grain d'image a été affiné mais on sent bien qu'elles ont pris de la bouteille, la 3D actuelle étant plus belle que ces séquences-là. Mais les Sables du Temps reste un sacré bon jeu. L'actualisation graphique lui a vraiment remis un coup de jeune, puisque la 3D est vraiment fine et agréable. Même si la qualité des textures est parfois inégale, difficile de trouver à redire sur l'aspect visuel. En conclusion, mettez vous bien en tête que seuls les bastons sont pénibles au possible. Pénibles au point qu'on en lâche le jeu… C'est du vécu, d'autant que cette fois on n'est plus sur PS2 et qu'on ne peut plus faire mumuse avec l'Action Replay pour se sortir d'une mauvaise passe. A part ça, les Sables du Temps reste un très bon épisode à la saga, le meilleur selon certains. De mon point de vue, il rate de peu le sans-faute et promis, je ne reviendrai pas sur ce seul petit rouage qui m'a autant fait rager.


Voir le test de Prince of Persia : Les Sables du Temps sur PlayStation 2.


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L'Ame du Guerrier


Sorti à
Fini le bon prince, le fils à papa, place au guerrier
peine un an après Les Sables du Temps, L'Ame du Guerrier (Warrior Within pour le reste du monde) pose un changement radical d'ambiance. Il faut dire que depuis qu'il a libéré les sables, le prince est continuellement poursuivi par le Dahaka, une sombre entité qui veut sa mort pour rétablir l'équilibre du temps. A scénario plus sombre, ambiance plus sombre, au point que l'aspect persique et très ensoleillé du premier opus, a quasiment disparu. Pour mettre tout ça en œuvre, on retrouve comme pour l'opus précédent, des vidéos qui vieillissent assez mal (normal étant donné la qualité du rendu d'origine avec en premier lieu des animations trop peu travaillées) et qui ont été tout juste upscalées. Le résultat est évident flou. Ensuite il y a les cut-scènes, sur lesquelles on ferme plus volontiers les yeux. Meilleures que dans l'opus précédent, elles sont dynamiques et assez bien mises en œuvre, même si on peut regretter la disparition pure et simple de la narration. L'ambiance est donc devenue noire à souhait et propose 2 univers : le présent et le passé. Afin de trouver la prêtresse qui créa les sables du temps et de la tuer pour que le Dahaka lui fiche la paix, le prince devra jongler entre les 2 époques en ayant aussi droit à 2 types de décors. En effet, dans le passé les lieux sont flambants neufs avec une ambiance plus ou moins claire et revers de la médaille, des mécanismes de défense en parfait état de marche. A l'inverse, dans le présent le temps a délabré la zone, en offrant une ambiance très sombre, limite glauque, et des pièges qui généralement ne fonctionnent plus (c'est au premier changement temporel qu'on retrouve le célèbre et bien pratique pouvoir de remonter le temps). Entre les 2, il est sûr que ça tranche radicalement avec le premier Prince of Persia, laissant son aspect quasi poétique au profit d'une aventure plus nerveuse, plus violente et pourtant, toujours aussi maitrisée. Notre héros est devenu un vrai guerrier, bien poilu et bien sauvage. Son visage s'est assombri, il affiche quelques balafres, sa voix est devenue grave (d'ailleurs son râle lors des combats fait bien comprendre à qui on a à faire, même si on peut déjà regretter qu'il n'est pas été doublé par la même personne) et sa gentillesse s'est envolé au profit d'un prince plus mature. Moi je trouve ça bien (ça ne doit pas être drôle d'être poursuivi par un Dahaka) car le soft essaie de ne pas être une simple suite, en proposant une réelle évolution du personnage et de son univers. PoP 2 est donc un jeu plus violent et plus puissant, à présent plus proche d'un Devil May Cry (gueule de minet, pose "j'me-la-pète", violence) puisque le jeu affiche quelques giclées de sang (absente du premier épisode) et autres découpages de têtes en bon et due forme. Graphiquement, à sa sortie le titre était une grosse référence du genre. Aujourd'hui il a évidemment perdu de sa superbe mais le rehaussement de la définition lui redonne une seconde jeunesse.


Comme pour
Les musiques rock collent bien à l'ambiance gothique
le précédent jeu, certaines textures sont bien travaillées, d'autres sont floues, faites à l'arrache et certaines mécaniques de jeu et animations, trahissent leurs origines. Pourtant j'ai été une 2e fois séduit par les graphismes du jeu, car au delà de sa réalisation, il pose une atmosphère particulière qui m'a beaucoup plu. Evidemment les ralentissements d'autrefois ne sont plus d'actualité mais comme Ubisoft ne s'est pas donné la peine d'arranger les petits défauts, on se retrouve une nouvelle fois avec une caméra mal gérée, quelques bugs et même des chargements à rallonge, assez inexplicables puisque ni le lecteur ni le disque dur travaille... Pour le son pareil, s'il y avait bien un sujet sur lequel Ubisoft se devait de rectifier le tir, c'est bien sur ces bugs là. Tout d'abord la plupart des bruitages sont repris du précédent opus (donc ils manquent toujours autant de punch) et pire, si l'environnement sonore était autrefois riche, désormais il semble bien vide. En effet lorsque le prince saute, cours sur les murs ou même certains pièges ne font aucun bruit ! Pendant plusieurs secondes, c'est le silence total. Que ça officie sur PS2 je ne dis pas mais entre temps, il est clair que les développeurs se devaient de corriger le tir. Ainsi sous prétexte de nous offrir "l'œuvre telle qu'elle était à sa sortie", Ubisoft nous livre un jeu qui n'était pas fini à l'époque, et qui ne l'est toujours pas. C'est franchement la honte ! Ensuite les voix, il faut le dire, sont moins bonnes. En effet le doublage FR, sans être de piètre qualité, accuse tout de même un petit je-ne-sais-quoi qui fait regretter l'excellent travail du précédent volet. Les ennemis par exemple, nous lancent quelques phrases vides de sens et possèdent en plus un timbre parfaitement ridicule. Pareillement, le prince a changé de voix et ses élocutions sont loin d'avoir le charisme d'antan et d'atteindre le travail voxographique d'autrefois. Et question bugs (oui, encore), il n'est pas rare qu'un ennemi (ou le prince lui-même) parle et s'interrompt brutalement. C'est un bug inadmissible sur console (puisqu'on ne sait pas ce qu'il voulait dire), et qui s'ajoute à la disparition de certains bruitages. Fainéantise quand tu nous tiens... Enfin au rang musical, il y a les détracteurs et les adorateurs. Si lors du premier opus les musiques étaient toujours dans le ton de l'ambiance, bercées de sonorités orientales (bien que toujours en sourdine et rarement très rythmées) dorénavant les musiques sont plus trash. Et oui le jeu étant ce qu'il est devenu, les musiques ont suivies en offrant des sonorités Hard-Rock voire Metal, lors des phases de combats (ce qui rapproche la bande-son d'un Quake II... vous voyez le genre ?). Ces musiques donnent une atmosphère particulière aux bastons, un rythme certain. Personnellement j'adore ! A contrario, lors des phases de plate-formes ce sont quelques "musiquettes" ou vagues sonorités qui font timidement leur apparition, en posant une ambiance plus feutrée. Vous l'aurez compris, le son aussi joue la carte de l'évolution. Côté gameplay ça s'étoffe, avec avant toute chose un choix de la difficulté (ça manquait jusque-là). Comme les combats sont plus présents, plus violents, une énorme panoplie de combos vient maintenant parachever le contrôle du bellâtre.


Tout d'abord
Le gameplay s'est largement étoffé et l'aventure est plus équilibrée niveau difficulté
le prince se la joue sauvage en embarquant 2 armes blanches (au lieu d'une) dont la seconde peut être changée à tout moment ou même lancée sur un adversaire. D'ailleurs à cette arme secondaire, lui est adjointe un jauge de durabilité. Mais il n'y pas que les combats qui profitent de changements puisqu'avec ce nouvel opus, notre héros se découvre quelques nouveaux mouvements comme descendre à terre en plantant une lame dans un rideau (façon Indiana Jones). Le jeu est plus rapide ce qui offre aussi aux joueurs, des combats plus dynamiques. Les joutes deviennent vraiment passionnantes et quelques ralentis très "bullet-time" viennent égayer le tout. Mais à ce sujet, les combats peuvent parfois paraître pénibles. En effet plutôt que de multiplier les opposants, UbiSoft a cette fois préféré nous opposer à des ennemis à la fois coriaces, virulents et acharnés (ils font tout leur possible pour vous crever). Résultat, certains combats deviennent trop longs et peuvent lasser. C'est dommage et c'est en partie à cause du fait que la protection accuse une étrange latence : le prince met un petit laps de temps pour se mettre en position défensive, ce qui le rend vulnérable. Mais contrairement à ce que je pensais du titre lors de son test sur PS2, je trouve la difficulté plus équilibrée, ce qui vous évitera quelques crises de nerfs. Si la liste des combos est trop longue pour qu'on l'apprenne par cœur (on ne retiendra que les 2, 3 coups qu'on aime le plus), le jeu propose aussi des affrontements contre des boss énormes. Façon David contre Goliath, notre prince ne joue pas que du cimeterre contre eux, mais use aussi d'intelligence (comme celui où il faut taper les jambes pour qu'il s'agenouille et qu'on puisse monter sur dos pour frapper la tête). Pour ce qui est du Dahaka, c'est une sorte de monstre fantomatique et tentaculaire proche dans l'attitude d'un certain Nemesis puisque ce bourrin, voulant à tout prix nous tuer, traverse les murs et se veut très agressif. Solution : la fuite ! Ca ne vous rappelle rien ? Enfin, à la façon du premier opus, on obtient le pouvoir de contrôler le temps. Cette fonction est d'ailleurs devenue indispensable à certaines phases de plate-formes, puisqu'on peut ralentir le temps, sans ralentir le prince (c'est aussi très pratique pour certaines bastons). S'il n'avait pas ses quelques défauts récurrents, L'Ame du Guerrier serait sans doute le meilleur épisode de la série. L'évolution du gameplay, le choix de la difficulté, le prolongement de l'histoire originelle... sont autant de bons aspects qui doivent être mis en confrontation avec les bugs graphiques, sonores et les problèmes de caméra. Sans ça j'ai adoré cette bande-son qui divise les foules, au moins autant qu'un aspect moins oriental et plus poussé vers le gothique. A l'heure de ce test et avec les Sables du Temps, il reste mon épisode préféré.


Voir le test de Prince of Persia : L'Ame du Guerrier sur PlayStation 2.


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Les Deux Royaumes


3e et dernier
La trilogie se clôture admirablement avec ce 3e opus qui réunit le meilleur de ses précédesseurs
épisode des aventures de ce même Prince de Perse, le 3e en 3 ans, cet épisode clôt admirablement une trilogie débutée tambours battants. Si à l'époque j'avais la crainte qu'Ubisoft fasse de son Prince of Persia une série à sortie annuelle (ce qui aurait tué la licence), heureusement celle-ci s'est arrêtée ici. Avec la sortie des consoles qui ont suivies la PS2, Ubisoft Montréal a tout de même profité de son acquis pour nous offrir une nouvelle licence (Assassin's Creed) mais aussi de nouveaux Prince of Persia, d'abord avec un reboot un peu raté, puis avec Les Sables Oubliés, qui tente de renouer avec l'ancienne formule à succès. Vient ensuite ce remake HD et 3D, il est donc temps de finir ce qui a été commencé. Après 4 semaines de voyage sur un bateau, notre bon Prince (devenu grand guerrier de son état) s'en retourne chez lui, à Babylone en compagnie de Kaleena, la prêtresse du temps (si vous avez trouvé tous les bonus de L'Ame du Guerrier, la vraie fin se dévoile, et vous comprendrez mieux ce qui s'est passé). Mais en arrivant, c'est une cité à feu et à sang que vous découvrez. Un boulet déchirant votre esquif, vous êtes séparés de votre bien-aimée. Lors de votre réveil, vous vous apercevez qu'elle s'est faite enlevée et plus tard, qu'elle sera tuée par le Vizir (celui du premier épisode) afin qu'il obtienne la vie éternelle. C'est à cet instant que vous récupérez la dague du temps pour la 3e fois et que votre vie va encore basculer. Basculer parce que lorsque les sables se libèrent une nouvelle fois, nombre de monstres rôdent dés lors dans les rues de la ville. Mais les sables vont également vous toucher vous ! Frappé de plein de fouet, vous subirez une sorte de mutation temporaire. Plus tard dans le jeu (vers le premier tiers), vous retrouverez la belle Farah qui veut aussi se venger du Vizir... Certes le jeu se veut moins noir que le Warrior Within mais tout de même, il garde une atmosphère particulière de mort et de sombres histoires. Pour la mise en scènes, on retrouve bien entendu les cut-scènes en 3D qui ont pris un gros coup de vieux et les vidéos en images de synthèses. Pour ces dernières, contrairement aux 2 autres jeux de cette compilation, elles vieillissent pas trop mal. La qualité des animations, la finesse du grain... j'ai été étonné du résultat. Bien entendu elles n'ont pas étés retouchées, tout juste lissées, ce qui trompe vite leur âge. Techniquement le jeu est calqué sur le précédent. Dans le détail, tous les mouvements sont les mêmes, le moteur 3D est identique, la maniabilité est en tout point clonée sur la précédente et le gameplay, on peut le dire, n'a presque pas évolué. Le Prince use des mêmes coups, des mêmes combos et des mêmes mouvements.


La différence
Cet épisode-là offre des vidéos de bien meilleure qualité
entre L'Ame du Guerrier et Les Deux Royaumes est bien moins flagrante qu'entre Les Sables du Temps et L'Ame du Guerrier. Mais je vais rassurer tout de suite ceux que ça inquiète, car il y a tout de même du neuf. Quelques nouveaux mouvements font leurs apparitions : monter ou descendre entre 2 murs étroits et planter la dague comme un outil pour accéder à certains passages. Ensuite il y en a 2 autres bien plus sympas : le meurtre furtif (on se pointe en douceur dans le dos du gars et on le massacre en 2 coups) et la transformation en Dark Prince. Le Dark Prince n'est autre que le pendant maléfique (suite à l'exposition aux sables) du Prince. Avec ce nouveau personnage (si je puis dire) les combats et aux autres phases de plates-formes ont leurs "petits plus" bien à eux puisque le Dark Prince n'utilise pas d'armes secondaires mais une sorte de chaîne/fouet. D'ailleurs l'impression de plagiat est grande puisque ça oscille entre Castlevania et God of War, à la fois pour la violence et l'utilisation du-dit objet. Ces phases apportent un réel renouveau au jeu et surtout un regain de patate aux scènes de combats, le Dark Prince étant bien plus puissant. Graphiquement le jeu a subi son lifting HD, comme les 2 autres. Les décors renouent avec l'ambiance du palais des milles et une nuits du premier épisode, en offrant aux joueurs des bâtiments d'une beauté Musulmane rare. L'animation est toujours aussi fluide (peut-être même plus) et les nouvelles textures nous offrent un jeu plus détaillé, même si encore une fois la qualité de ces dernières est très inégale. La modélisation a obtenue un soin particulier (sauf peut-être pour la jonction des bras du Prince, étrangement fines) donnant aux cut-scènes un petit plus par rapport à L'Ame du Guerrier. Et le son non plus n'est pas en reste avec une qualité toujours croissante dans cette série. En effet si le doublage était moyen dans le Warrior Within, ici il est magnifiquement retranscrit. Pour preuve c'est le doubleur Français de Pierce Brosnan (James Bond) qui assure la voix du Prince. Un gage de qualité et d'émotions dans les moments opportuns. Les bruitages aussi ont subis un petit lifting. Usant dans le détail et le réalisme, ils sont plus variés : débris, choc des lames, giclée de sang, flèches... le moindre détail se fait entendre (et nous évite les coupures de l'épisode 2), même si pour la 3e fois, je regrette que certains d'entre eux ne soient pas plus dynamiques lors des combats. Quant aux musiques, elles sont plus calmes que celles de L'Ame du Guerrier. Elles ne sont plus aussi véloces mais apportent une atmosphère plus feutrées que le Metal d'autrefois.


De grande
L'ambiance et les combats sont revenus à des normes plus classiques
qualité, elles furent composées par un orchestre de renom, ce qui sied admirablement au jeu même si je regrette le rythme pêchu et un peu underground du précédent opus. Pour en finir avec ce chapitre son, Les Deux Royaumes signe le grand retour de la narration. En effet c'est Kaleena qui conte votre histoire à la façon du premier opus. Un joli retour aux sources. Plus objectivement, si la transformation en Dark Prince est une excellente chose, on aurait aimé pouvoir se transformer à sa guise. En effet les scènes "du côté obscur de la force" sont bien délimitées, ce qui est un peu dommage. Le jeu intègre quelques passages originaux comme la course de char. Plus encore, notre Prince devra aussi se battre contre des boss. Et si vous trouviez les boss de PoP 2 imposants, ils n'étaient rien comparés à ceux des Deux Royaumes ! Ici ils sont tellement grands que la caméra est obligée de faire un sacré zoom arrière pour qu'on puisse avoir une vue d'ensemble. Ces scènes sont à la fois flippantes (vu l'engin, ça se comprend) et jubilatoires. Et question difficulté, comme pour le second opus, elle est plutôt bien équilibrée. Avec ce 3e épisode, les développeurs d'Ubisoft Montréal ont voulus réaliser un retour aux sources tout en gardant le meilleur du précédent chapitre. C'est ainsi qu'on revient à une ambiance générale plus claire (un grand nombre de levels sont des extérieurs ensoleillés), la musique est revenue à des normes plus classiques et moins décalées, le Prince ne poussent plus des râles à tout va et si le jeu reste violent, il limite l'effusion de sang (comme le tranchage en 2 d'un ennemi, à la limite du gore). Il y a aussi le retour de la narration et de Farah (et donc de la coopération) et les décors sont plus "musulmans" que jamais. En fait PoP 3 n'est rien d'autre que le meilleur de Prince of Persia 1 et 2. Le jeu affiche donc quelques nouveautés, mais dans le fond, la formule ne change pas. De façon pessimiste et réductrice, c'est toujours la même rengaine : courir sur les murs, sauter partout, défaire de petites énigmes, de la baston "acrobatiques" et un jeu au final assez linéaire (un seul chemin possible). En conclusion, notre Prince of Persia 3 est sans doute l'épisode le plus abouti de la série, en proposant un scénario accrocheur et une réalisation de qualité. Malheureusement le manque de grosses nouveautés et la terrible impression de déjà vu, marqueront les joueurs des 2 précédents volets. Pourtant il faut être honnête, c'est un excellent jeu qu'Ubisoft nous propose ici. Jouant un peu sur tous les tableaux pour nous offrir le meilleur du Prince de Perse, le retour à la féerie des milles et une nuits, alliée à une réalisation technique quasi sans faille et un bon gameplay, font de ce titre une aventure culte à découvrir absolument.


Voir le test de Prince of Persia : Les Deux Royaumes sur PlayStation 2.


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Conclusion



Alors Note
qu'on nous sort des jeux qui peinent à durer au mieux 7 heures (Vanquish vous dites ?), pour 40€ au lieu de 70, nous avons à disposition une durée de vie assez énorme. En effet, Prince of Persia Trilogy HD c'est 3 aventures bien distinctes (même si les scénarios se suivent), mais aussi une actualisation des graphismes (avec rehaussement des textures) et même une compatibilité avec la 3D stéréoscopique (histoire de justifier les centaines d'€uros qui vous avez jeté dans ce bel écran 3D). Mais cette trilogie accuse aussi de gros défauts : soit par fainéantise soit par soucis de nous livrer l'œuvre telle qu'elle était à l'origine, rien n'a été retouché. Certes on ne subit plus aucun ralentissement mais refaire les textures, passer le jeu en HD et en 3D c'est bien, mais régler ce qui semble être une évidence, c'est mieux. Car les problèmes de caméra sévissent toujours (surtout sur le premier épisode), les petits problèmes de jouabilité aussi (notamment sur les 2 premiers jeux où le Prince frappe sans suivre les indications qu'on lui donne), de temps en temps on a d'inexplicables plantages (parfois même à l'écran de sélection), la difficulté est oscillante (tantôt c'est trop facile, tantôt on bute sur un passage particulièrement dur), les bugs sonores sont toujours de la partie (alors qu'il aurait été si simple de les corriger) et enfin, même si la HDisation fait du bien à ces 3 jeux, il n'est pas difficile d'y percevoir des origines un peu limitées par moment, avec par exemple des modélisations vieillottes, des vidéos techniquement dépassées, des décors parfois pauvres... en clair d'y voir que ce sont des jeux PS2 auxquels on a uniquement apposé une skin haute définition (et encore). Ces 3 jeux auraient mérités un peu plus d'investissement de la part des développeurs, que les bugs soient définitivement corrigés (admettez que les bugs de sons du second opus et les soucis de caméra du premier sont quand même pas mal irritants et ridicules de nos jours), ainsi donc on se retrouve avec des titres passablement optimisés et fignolés, alors que c'était justement l'occasion d'en faire des versions ultimes. De plus, je regrette qu'on ne puisse plus débloquer le Prince of Persia original (celui de Jordan Mechner) comme c'était le cas dans Les Sables du Temps (ne venez pas me dire qu'il n'y avait plus de place sur le Blu-Ray... surtout pour un jeu 2D qui pèse moins de 1Mo). Pourtant, comment ne pas craquer sur un tel concentré ? Sans parler technique, réunir les 3 Prince of Persia sur un seul disque, est déjà une bonne motivation d'achat. Alors ok, je suis le premier à dire qu'Ubisoft ne se la foule pas trop, qu'on attendait plus d'une telle compile mais personnellement, entre le prix, la qualité des jeux et l'excellente durée de vie, je ne me suis pas posé la question longtemps : j'ai acheté et depuis je m'éclate à redécouvrir ces perles de la génération précédente.



Test réalisé par iiYama

juillet 2011