Metal Gear Solid 4 (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juin 2008
Développeur : Kojima Productions (Konami)
Editeur : Konami
Genre : action - infiltration

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 4.6Go (install par chapitre) / 9.1Go (install complète)
Version logicielle : 1.0 (test d'origine) / 2.0 (relecture)
Définition HD : 720p
Compatible 3D : non
Difficulté :

Multi-joueurs : jusqu'à 16 joueurs avec Metal Gear Online (le service n'est plus disponible depuis juin 2012)
Abréviation : MGS4
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 6 Millions (PS3)







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Metal Gear Solid 4

Guns of the Patriots



Quand j'ai ouvert le site il y a de ça bientôt 4 mois, j'ai commencé à tester une série dont je ne soupçonnais pas la force ludique et scénaristique. Testé sur PlayStation, tout d'abord pour enrichir le site et pour ma propre culture, jouer à Metal Gear Solid m'a fait prendre conscience qu'une quadrilogie culte était à ma portée. Déjà impressionnant pour l'époque, même si aujourd'hui la partie technique commence à franchement vieillir, le premier MGS m'aura fait vivre des émotions comme aucun jeu. Puis tout s'est enchaîné avec son remake Twin Snakes, absolument fabuleux, et les 2 versions PlayStation 2 : Sons of Liberty et le marquant Snake Eater. Chaque épisode va plus loin dans la scénarisation, plus loin dans un rendu graphique dépassant les espérances. Je ne sais pas si Kojima a pensé dés le départ au scénario global, ou s'il a écrit peu à peu les trames des différents opus, mais chaque fois des zones d'ombres subsistaient. C'est pourquoi Hideo Kojima, ce héros bien réel qui aura su tant me faire vibrer, a décidé de faire de ce 4e épisode, un épilogue comme on ne pouvait l'espérer. Episode un peu best-of de la série, Metal Gear Solid 4 surfe sur plusieurs vagues sans jamais mettre à mal son identité, et fait plaisir aux fans avec des passages anthologiques et surprenants. Véritable joyau, admirablement travaillé par la main d'un artiste, Metal Gear Solid 4 offre à la PlayStation 3, son plus grand jeu.


Développement scénaristique

Synopsis : L'histoire se déroule 5 ans après l'incident de Manhattan (MGS2), en 2014, dans un monde où les interventions militaires en pays étrangers se sont restreintes, provoquant l'émergence de sociétés militaires privés (SMP). La guerre et son économie sont contrôlées par le "Système", une intelligence artificielle qui régit chaque soldat et chaque arme grâce aux nanotechnologies. A la tête des 5 plus grandes SMPs, Liquid Ocelot compte détourner le Système pour pouvoir lever une insurrection contre les Patriotes et poursuivre les desseins idéalistes de Big Boss. Malade et vieillissant, Solid Snake est le seul à pouvoir l'arrêter. Ce sera sa "dernière mission"...


Retrouvez le scénario complet dans le spoiler "A savoir", en fin d'article. D'ailleurs, si vous ne voulez pas vous gâcher le plaisir de découvrir le scénario par vous même, passez directement au chapitre suivant.

Depuis Metal Gear Solid 2,
Malgré son âge, Snake assure
les vidéos ont laissées place exclusivement aux cut-scènes. Les avantages sont nombreux, tout d'abord parce que ça prend moins de place sur le disque et surtout parce qu'il n'y a pas de différence entre la scène et le jeu lui-même. Pari réussi pour l'équipe de production, la formule a superbement fonctionné jusqu'ici. Et pour la 4e fois, Hideo Kojima, assisté de Shuyo Murata (qui a aussi travaillé sur MGS3) nous livre une trame profonde, un scénario catastrophe riche et prenant, qui se paye en plus le luxe de combler les manques. On y retrouve un héros (Solid Snake) affaibli, vieilli, qui se sent comme un animal en proie à son destin, qui sent que la fin est proche. L'écran titre s'ouvre sur cette scène, un tableau qui nous dépeint dans un vague souvenir (la fin de MGS3 avec les pétales qui volent), un héros au pied d'une tombe, un héros à bout et qui veut en finir. Mais il est encore trop tôt, Snake doit avant ça récolter les graines du chaos qu'il a semé. Et une fois encore, la moitié de l'intérêt du jeu réside dans sa scénarisation extrême. On passe presque 50% de l'aventure devant ces films à acteurs virtuels, des films où la mise en scène est tout simplement fantastique. Prises sous motion-capture, il sera désormais difficile d'égaler la perfection dont témoigne chaque scène du jeu. Il est vrai qu'il subsiste encore quelques longueurs, des passages aux dialogues pas toujours intéressants et qui rendent, forcément, le dynamisme plus mou. Mais c'est dans ces interludes qu'on pourra vraiment apprécier la qualité des modélisations, le réalisme poussé à l'extrême de chaque scène. En plus, il est désormais possible de les mettre une pause. Enfin ! Elles durent parfois longtemps, très longtemps et il était jusque-là pénible d'être obligé de mettre sa vie en suspend pour ne rien rater. Autre nouveauté : à des moments donnés, lors des cut-scènes, on pourra presser X afin d'y voir un flash, un souvenir du passé. Pas très bien fait, il est au contraire plus agréable de presser L1 selon le script, pour voir la scène des yeux de Snake.


Entre 2 niveaux,
Cet épisode voit le retour de tous les grands personnages de la série
on assiste au briefing de mission, une scène qu'on pourra généralement voir sous 2 angles différents, avec la possibilité d'avoir soit un double écran, soit le choix de l'une ou l'autre caméra. Et comme l'autre vision provient du MkII (un petit robot téléguidé), il est aussi possible de le diriger. Une bonne manière d'encaisser des briefings un peu mous où les dialogues semblent interminables. Dommage aussi que Kojima n'ait toujours intégré quelques QTEs à certaines scènes bien nerveuses, comme le fantastique combat opposant Raiden aux Gekkos ou à Vamp (quoique, avec le recul, vu que je déteste les QTEs... c'est finalement mieux ainsi). Autre point sensible, l'intro offre une séquence pour le moins déroutante. On peut zapper entre plusieurs chaînes, y voir une propagande pour la guerre et la nano-technologie. Laissant un goût bizarre, le véritable prologue s'en suit, celui qui ouvre l'aventure. Toujours est-il qu'on peut légitimement se demander à quoi peut bien servir cette étrange cinématique. Metal Gear Solid 4, en plus de nous livrer les réponses à toutes les questions restées jusque-là en suspend, assure un fan-service démoniaque avec le retour des figures emblématiques encore vivantes, qu'on n'avait pas revu depuis très longtemps : Raiden, la belle Meryl, Naomi Hunter, Mei Ling, Rosemary, Colonel Campbell, Vamp, Akiba (le gars qui a toujours la courante dont on voit pour la première fois le visage) et bien sûr Ocelot (ici sous la forme Liquid Ocelot). On prendra même de gros flashs lorsque Snake rencontrera certains personnages connus et qu’on en apprendra beaucoup sur son passé. Il est d'ailleurs sympa de souligner que, pour la première fois, ce n’est pas Ocelot qui clôturera le générique de fin (au lieu de ça Kojima nous réserve une sacrée surprise). Je vous laisse le plaisir de le découvrir par vous même. Les derniers moments jouables ont des relents d'apocalypse, l'ampleur dramatique du scénario atteint des sommets insoupçonnables et Kojima nous livre une fin triste, qui voit la mort d'un mythe, alors que les mythes sont censés vivre éternellement. Tout ça pour dire que vous pourrez chercher aussi loin que vous voulez, vous ne trouverez nulle part un jeu qui possède une telle aura, une telle qualité de mise en scène au service d'un scénario gigantesque et prenant. Bien des films n'en font pas même la moitié...


Jouabilité & Gameplay

Fini l'aspect survie de Metal Gear Solid 3,
Pour la première fois dans un MGS, on visitera plusieurs lieux
il n'y a plus de recherche de nourriture, ni de système de guérison. C'est un peu dommage mais on a d'autres avantages, car le jeu est cette fois divisé en 5 chapitres. Finies les aventures qui se déroulent dans un seul et même endroit, désormais on visitera 5 lieux différents. Et pour la variété, ce n'est pas un mal. Par contre, on garde plusieurs facettes du précédent opus, comme le sac à dos. Toujours aussi peu réaliste, Snake porte une besace où sont entassés des dizaines de fusils, un lance-roquettes, un bazooka portatif, des armes de poings et tout ce qu'il faut pour se restaurer. Balèze le mec. En ouvrant le menu principal via le bouton Start, on devra choisir parmi tout cet attirail : 5 objets et 5 armes à "utilisation rapide". Là déjà, c'est un peu plus crédible. Point non négligeable du réalisme, nos ennemis laissent leur armes en mourrant et on pourra enfin les ramasser (il était temps). Comme chaque arme possède une ID, certaines seront lockées, d'autres utilisables de suite. Et c'est là que Drebin entre en jeu. Pour résumer, Drebin joue le même rôle que le vendeur d'armes de Resident Evil 4. Evidemment tout se monnaye, et l'argent c'est Drebin lui-même qui nous le fournit. En récoltant des armes qu'on possède déjà, on les revend automatiquement au marchand d'armes qui nous donne en échange des DP (Drebin Points). Avec ces DP, on pourra se payer le déverrouillage de certaines armes, acheter des munitions et même des upgrades pour nos armes acquises (par exemple, acheter une poignée pour le M4 améliore la stabilité). De même, les silencieux sont toujours aussi fragiles et il faudra régulièrement s'en payer d'autres si on veut rester discret. On peut d'ailleurs en prendre plusieurs d'avance, Snake ayant l'intelligence de le changer tout seul dés qu'il casse. Seul problème à tout ça : on a accès au magasin n'importe où dans le jeu. C'est complètement débile d'acheter des balles ou des armes "à distance". Je veux bien que ça reste un jeu, que ça complémente agréablement le gameplay, mais un peu de réalisme bon sang ! Pourquoi ne pas avoir des points bien précis où Drebin nous attendrait et où on pourrait faire nos emplettes ? Sur cette facette du jeu, on se croirait retourné à l'âge de pierre du gameplay ouvert. Après nous n'avons que quelques améliorations, plus ou moins nettes, du gameplay de MGS3. La première qui me vient à l'esprit, c'est que Snake peut enfin marcher accroupi. Dit donc, il était temps ! Ensuite, il a enfin cesser de se coller à la moindre paroi histoire de se planquer. C'était pénible et c'est une faute enfin réparée puisque la moindre action contextuelle, se fera via le bouton triangle. Un icône apparaît en bas de l'écran, nous indiquant qu'elle action est réalisable. Ainsi monter sur une caisse ne sera plus la prise de tête d'antan. Idem, Snake grand maître du CQC, aura plusieurs actions possibles via le même bouton. Sans parler de mettre un mercenaire en joue et de pouvoir le fouiller, on peut se servir de son corps comme bouclier, on peut l'endormir, l'égorger... avec une étonnante facilité.


On peut toujours
Dans cet épisode, la jouabilité est parfaitement calibrée
déplacer les corps, même si ça sert peu dans cette aventure (et on n'est d'ailleurs plus obligé de ranger son arme pour le faire, c'est automatique), corps qui nous délivreront certains items. J'aurai préféré, à l'image de la mise en joue, une vraie fouille mais bon... Toujours plus accès sur l'action, on aura cette fois le bonheur de retrouver un Snake moins idiot que d'habitude. Le premier bon point c'est que la visée automatique (désactivable, ça peut aussi servir) sert enfin à quelque chose. Snake vise juste et surtout, il vise l'ennemi, pas un collègue. Ensuite, lorsqu'on se met en joue, la vue passe en caméra à l'épaule (comme beaucoup de TPS ces derniers temps) avec l'option non négligeable qu'on peut se déplacer. La vue à la première personne est toujours accessible et il faut reconnaître que la nouvelle configuration des touches est bien plus ergonomique qu'auparavant (on peut aussi recharger son arme manuellement). Une belle mise à jour. Et il est vrai que l'action à peu à peu pris le pas sur l'infiltration. Dans le premier Metal Gear Solid, tuer un garde était synonyme de problèmes. Dorénavant, on mitraille comme des malades et si on se fait choper, un passage au vert (planqué sous un camion ou dans un conduit d'aération) rétablira le trouble. Il faut être bien clair sur le sujet, si on peut toujours se la jouer infiltration dans la plupart des cas, la majorité des situations se débloquent aussi avec de l'action. Un gage de variété pour la série mais aussi une petite perte d'identité. Petite aparté : jouable via le PlayStation Network, Metal Gear Online (disponible en bonus) propose des combats tactiques jusqu'à 16 joueurs. La jouabilité est essentiellement tirée de MGS4 et incite les joueurs à travailler en équipe. MGS Online contient 5 modes et 5 cartes (des extensions sont attendues par la suite). Retour au solo : gadget innovant mais dont les vieux de la vieille se serviront peu, le Mk.II est un petit robot contrôlable à distance (Snake a un pad SixAxis pour le contrôler, joli clin d'oeil). Avec lui, on peut aller fouiner un peu partout et voir la position des gardes. Sa portée est très limitée mais aux niveaux plus avancés, on aura le Mk.III dont la portée est bien plus longue. Les Mk ressemblent à des Metal Gear Rex miniatures. Sympa comme fan-service, d'autant que ces mimiques sont mignonnes. Afin de se faire à l'étendue des possibilités de Snake, une salle d'entraînement a été prévue. Finie les vidéos non-interactives de MGS2 et 3, place à l'action avec un didacticiel : d'abord on lit les commandes, ensuite c'est à nous de les appliquer si on le souhaite. La salle fait penser aux missions VR, les protagonistes étant virtuels. Les armes sont toutes débloquées (et on s'aperçoit vite que le jeu en compte beaucoup), on peut donc toutes les essayer.


En cours de jeu,
Le Mk. II n'est qu'un gadget mais il permet d'avoir une approche subtile des lieux
on récupèrera des musiques pour son iPod (Otacon est aussi équipé d'un Mac Book... en avant la pub). On s'équipant du lecteur Mp3, on pourra écouter les musiques des différents opus de la série. C'est carrément génial même si dans le feu de l'action, on délaissera cette fonction. Episode best-of comme je l'ai déjà évoqué, MGS4 nous fera vivre de très grands moments et même, nous rappellera certains passages des autres jeux. Le premier niveau nous livre une guerre sans merci dans un Moyen Orient dévasté par la guerre (ça rappelle Call of Duty 4). Le sentiment d'insécurité y est constant, les bombes explosant aux 4 coins de l'écran. On peut d'ailleurs prendre part au conflit comme rester neutre. Le second niveau nous replonge dans la guerre mais en Amérique du Sud cette fois. Un niveau où on retrouvera les sensations de MGS3. L'acte 3, en Europe de l'Est, change complètement la donne avec un niveau court, aux graphismes totalement opposés, la nuit et l'urbanisme y étant pour beaucoup. Prise de filature (ça rappelle Metal Gear 2 lorsqu'on doit suivre un béret vert), le niveau se finira comme s'est clôturé Snake Eater, avec une course poursuite à l'arrière de la moto d'Eva. Le niveau 4, pour moi le meilleur d'entre tous, nous ramène à Shadow Moses. La base est presque déserte, on n'y visitera que quelques endroits mais pour le fan que je suis, c'est un gros frisson que de retourner là-bas, avec les graphismes actuels. Trop court à mon goût, ce niveau n'en est pas moins génial et proposera une séquence finale mémorable. Enfin le dernier niveau n'est que très peu interactif. On y joue quelques minutes et on avale plus de 2 heures de cinématiques. Si le côté survie de MGS3 est passé à la trappe, le système de camouflage a par contre été conservé et même, grandement amélioré. Fini les années 60, place au futur avec l'Octocamo. Si la combinaison de Crysis était impressionnante, celle-ci le sera tout autant. Permettant de maintenir notre vieux Snake en état d'accomplir sa destinée, l'Octocamo est un puissant outil de camouflage mimétique. En se plaquant contre un mur ou au sol, la combinaison prend automatiquement l'apparence du revêtement, tel un caméléon. C'est énorme et du coup, ce sera un réel plaisir de sniper comme un dingue et de feindre le mort pour que les gardes nous évitent. Bien sûr on peut la modeler de façon manuelle mais ce n'est jamais aussi efficace. Avec ça on retrouvera la fameuse jauge de camouflage et même quelques masques (il y a aussi le Facecamo dont les propriétés sont identiques à celle de la combi). Et les masques nous permettront de jouer avec un Snake rajeuni, avec ou sans bandeau. Le luxe.


Si on regrette toujours
Le camouflage mimétique est impressionnant
que la jouabilité ne soit pas progressive (seulement 2 vitesses de déplacement), le Solid Eye se présente aussi comme un gadget de choix. Son autonomie n'est pas infinie, il faudra donc le laisser de côté de temps en temps pour qu'il se recharge mais il servira souvent. En effet, il permet d'avoir un puissant zoom, la vision nocturne/infra-rouges (dans un mixage des 2 techniques) et fera office de remplaçant du Soliton (le fameux radar, même s'il ne s'avère pas aussi efficace que ce dernier dans cette fonction). Kojima aime toujours autant jouer avec ses fans. Par exemple, le magasin de Drebin offre 20% de réduction si on joue les mercredi et dimanche. A Shadow Moses, à l'endroit même où on devait à l'époque changer de disque, Otacon nous demandera de changer de Blu-Ray... avant de s'apercevoir qu'il n'y en a pas besoin. Dernier exemple : un ancien membre emblématique de Fox Hound nous demandera de poser notre pad au sol pour qu'il le fasse bouger. Si on a un DualShock 3 ok, mais si on a un SixAxis, le gars pétera les plombs. Kojima aime toujours autant briser le 4e mur et ces touches d'humour sont fréquentes dans le jeu (comme Akiba qui a toujours la courante ^^). Snake subit un vieillissement prématuré, ce qui fait qu'il a à peu près le même âge qu'Ocelot (alors qu'en théorie, ils ont environ 20 ans d'écart). Notre héros subit donc involontairement les affres du temps, avec par exemple de fréquents maux de dos (qu'on peut soulager avec des compresses). Ça n'empêche pas notre héros de garder son charisme légendaire. Enfin, il y a quelques nouveautés supplémentaires qu'on va explorer succinctement. Tout d'abord l'anneau de menace (lorsqu'on est assis ou couché) est un gadget totalement inutile (je me demande même pourquoi ils ont inclus ça) puisqu'il est trop petit pour apporter une quelconque alerte de proximité. Globalement, le jeu est plutôt facile. Le mode "easy" porte bien son nom et avec lui, il sera difficile de perdre, même une seule fois. Pour les habitués, préférez au moins le mode normal, les ennemis y sont un peu moins débiles et aveugles. Et pour finir, Snake possède 2 nouvelles jauges : le taux stress et la jauge psychologique. Le stress grimpe au fil des combats, de la chaleur ou du froid. La jauge psychologique est l'endurance mentale de Snake. Le psychisme affecte aussi ses capacités et sa précision de tir. Le niveau de stress détermine la vitesse à laquelle la jauge diminue. Pour l'améliorer (et aussi remonter sa jauge de vie sans prendre de ration), il faut se cacher et prendre du repos.


L'image

Tout commence par une
Par 5 fois Snake se craquera "une longue clope" de plusieurs minutes...
installation qui dure presque 10 minutes, où pour nous faire patienter, Snake se craque une clope. La scène est impressionnante de réalisme mais l'installation nous croque quand même 5Go sur le disque dur. A mon avis, c'est juste là pour écourter des chargements qui auraient durés trop longtemps. Après tout, on commence à être habitué qu'un jeu s'installe, on n'ira pas crier ô rage ô désespoir pour ça. Seulement l'aventure est divisée en 5 chapitres et entre chaque chapitre, une nouvelle installation s'effectue. On se moque de nous là ? Sans déconner, l'installation du début ne suffit pas ? C'est bien que les développeurs en général, Kojima Productions avec, ne font aucun effort d'optimisation. Les jeux Xbox 360 sont aussi beaux que ceux sur PS3 et n'ont pas besoin de disque dur pour fonctionner. La facilité aura toujours ses raisons, ces mêmes raisons qui gonfleront les joueurs parce que les développeurs ne font pas leur travail. Et c'est d'ailleurs à ce point nommé qu'on comprend les limitations de la machine. 256Mo de RAM vidéo, 256Mo de RAM centrale, étant donné la puissance de la console, il est clair que c'est trop peu. Au prix de la RAM, même à la sortie de la console, qu'est-ce qui empêchait Sony de mettre un gros Giga ? De toute façon la console était vendue à perte et si Sony s'était vraiment donné les moyens d'enterrer la Xbox 360, il aurait opté pour plus de RAM. Comme un PC, un système n'a jamais assez de RAM embarqué. Résultat, le jeu passe son temps à charger ses données. Le pire passage est lors de la fuite avec Eva, où on a un chargement toutes les minutes. Et c'est là, précisément là, que ce grand jeu perd des points...


Mais on pourra pester
Le moteur graphique nous offre un spectacle sans commune mesure sur une PS3 souvent mal jugée
autant qu'on veut sur des problèmes de réalisation qui auraient pu être contournés, Metal Gear Solid 4 offre un spectacle comme on en aura vu peu. Le temps de l'installation sera propice à lire une notice vraiment superbe, où est insérée une sympathique BD. En jeu, les décors sont vraiment splendides, les détails sont innombrables et l'éclectisme est pour une fois de mise avec 5 environnements totalement distincts. Le plus impressionnant reste la modélisation des divers personnages. Les filles comme Meryl, Naomi ou Laughing Octopus sont modélisées à la perfection. Elles en sont que plus belles, rendant le jeu que plus attractif. D'ailleurs, il n'y a plus de posters salés comme dans MGS2 ou 3, ici c'est directement Snake qui jouera les lubriques en essayant de mater les filles. Dans le même état d'esprit, on pourra même feuilleter les Playboy (y'a pas de pub, c'est pas vrai), avant de les laisser à terre pour détourner l'attention des sentinelles. Pour revenir sur le sujet du paragraphe, on pourra enfin détruire certains objets comme les sources lumineuses (dommage que ça n'aille pas plus loin avec les véhicules par exemple) et le rag-doll (chute de corps) fera son bout d'effet. D'ailleurs la physique est admirablement bien gérée, les corps subissant les effets gravitationnels adéquats. Et malgré quelques faiblesses (aliasing, quelques baisses de framerate), le moteur 3D assure un spectacle permanent, comme des arbres qui s'écroulent sous le feu ennemi ou encore des feuilles qui bougent sous le souffle d'une balle. La richesse des textures nous dévoile un véritable grain de peau, le niveau de détails est impressionnant et l'animation, crée sous motion-capture, est la plus réaliste qu'il m'est été donné de voir dans un jeu (réalisme des mouvements, morphologie... c'est parfait). En plus, le tout est sublimé par un HDR très bien maîtrisé. Du grand Art, du très grand Art !


  • Version 2.0
    En vu de tester le dernier épisode en date, Metal Gear Solid V pour ne pas le citer, j'ai pris plaisir à rejouer à la série. Et c'est là que mon jeu s'est updaté en version 2.0 (la mise à jour pèse environ 500Mo), avec ce que ça a apporté de nouveautés. Tout d'abord il faut savoir que les serveurs de Metal Gear Online ont été fermés en juin 2012 (le service n'aura donc durée que 4 ans... ce qui est déjà pas si mal). A l'heure de cette relecture, nous n'y avons donc plus tout accès. A côté de ça, le mode solo y a beaucoup gagné, avec tout d'abord la possiblité d'installer son jeu en une fois et unique fois ! L'installation fait tout de 9,1Go, mais on n'aura plus ces interminables interludes où Snake se craque une clope et ce, 5 fois dans toute l'aventure (sans parler que si vous repreniez la sauvegarde d'un autre chapitre, il fallait d'abord l'installer pour pouvoir y jouer !). Le plus gros déboire de Metal Gear Solid 4 est donc derrière nous. Cette mise à jour apporte son lot de Trophées et de correctifs puisqu'en jouant, je n'ai subi absolument aucun bug. La fluidité semble avoir été amélioré (aucune chute de framerate à signaler) et la résolution était en 1080p, alors qu'à l'origine, il est conçu pour du 720p. A noter également que les temps de chargement semblent avoir été optimisé puisque les plus longs n'excèdent pas les 10 secondes. Suite à l'installation complète, le lecteur Blu-Ray semble être sollicité, le jeu utilisant au mieux les capacités (assez lentes) du lecteur, qui arrive malgré tout à tenir un flux constant. Faut dire que la plupart des cinématiques (comme les briefings) sont assez lentes, ce qui a sans doute limité les données installées sur le disque dur (car je ne m'attendais pas à installer "seulement" 9Go, je redoutais une installation d'au moins 15 ou 20Go puisqu'autrefois, il y avait 5 installations de 5Go...). Enfin un dernier mot pour préciser que Metal Gear Solid 4 était techniquement très en avance sur son temps (un constat en parti dû à son statut d'exclusivité PS3). Si aujourd'hui la PS4 a déjà 2 ans, il est clair que ce titre-là m'a scotché une nouvelle fois ! Les performances sont si élevées, les cut-scènes sont si précises et le jeu est si beau, si finement détaillé, que bien des jeux de la nouvelle génération n'arrive pas (encore) à l'égaler. Pour être tout à fait franc, même Ground Zeroes (en version PS4) n'est pas aussi performant ! Et ce, sans parler du fait que désormais il affiche un 1080p constant et sans bug. Comme quoi, 7 ans après la sortie du jeu, 9 ans après la sortie de la console, la PS3 nous reserve encore de bien bonnes surprises.



  • Le son

    Comme c'est
    Les cut-scènes sont parfois longues, mais question bruitages et doublage, c'est de l'excellent boulot
    le cas depuis MGS2, les musiques se font de plus en plus discrètes... quand il y en a. Encore une fois je trouve ça regrettable, la musique apportant toujours un énorme plus, dans l'émotion de la scène. Ceci dit, les quelques musiques que compte le titre (toujours composées par Harry Gregson-Williams) sont vraiment superbes, avec un coup de coeur pour le thème Old Snake (celui de la page d'accueil) qui est particulièrement mélancolique. Il faut aussi préciser que l'iPod nous permet d'écouter les musiques qu'on veut. Ça peut être un plus, d'autant que les principales pistes des 3 précédents opus sont incluses. Reste qu'il vaut mieux faire le bon choix pour ne pas se retrouver avec une musique qui n'a rien à voir avec ce qu'on vit à l'écran. Question bruitages il n'y a rien à redire, la perfection sonne encore à la porte de la série. Les armes, le moindre plissement de feuilles, les éboulis, les explosions... difficile de trouver à redire sur tant de réalisme. Seule petite bizarrerie, après un Metal Gear Rex qui faisait un cri de T-Rex (d'où le nom je suppose) et un Metal Gear Ray plus proche de Godzilla, on a cette fois des Gekkos qui font un bruit... de vache ! Etrange je sais, ces ennemis bio-mécaniques beuglent comme des bovins (?). Et puisqu'on parle des voix, je regrette une nouvelle fois qu'on soit obligé de lire ses satanés sous-titres. Faut pas venir me la faire, en France on a aussi d'excellents doubleurs et un grand professionnel comme Patrick Bethune, qui double habituellement Jack Bauer dans la série 24h Chrono, aurait été parfait pour jouer le rôle de Solid Snake. Ceci dit, une fois encore le doublage US mérite son lot d'acclamations (sauf peut-être pour des Arabes qui parlent Anglais sans même avoir un accent, quitte à avoir un jeu sous-titré, autant avoir les voix du pays d'origine). C'est encore David Hayter qui double Snake et il le fait avec un très grand savoir-faire. Chaque voix de chaque personnage semble sortir d'un véritable film, tant dans l'intonation que les expressions alliées à des phrases cultes qui témoignent d'un façonnage de titan. Un travail entériné par une synchro labiale qui faisait jusqu'ici défaut. Les doubleurs sont donc les mêmes, jusque dans les troublantes élocutions de Vamp, ce qui rend hommage à la saga et au charisme de chacun. C'est du très beau boulot !


    Note générale

    Je sais, les cut-scènes sont longues, pas toujours dynamiques, elles sont même quelques fois interminables... mais à ce qui peut être une critique (notamment parce que jouer à MGS4 c'est passer presque 50% du temps à regarder des cut-scènes) moi je réponds, et alors ? Jouer à un Metal Gear, c'est aussi signer pour ça ! Maintenant il est sûr que Metal Gear Solid 4 est à réserver aux fans, ceux qui connaissent bien l'histoire (même si Kojima nous a affirmé le contraire) sous peine de ne pas saisir le fond d'une immense histoire qui a débuté il y a plus de 20 ans. Dans MGS4 on retrouve un héros qui se fait vieux avant l'heure, fatigué, désabusé, pitoyable même par moment. Mais il reste un personnage légendaire de par son charisme et son humanité. Solid Snake, héros de déjà 3 jeux (4 en prenant à la louche l'épisode 2), va enfin pouvoir prendre une retraite bien méritée. Paré d'un moteur graphique époustouflant, qui nous livrera des modélisations en tout point parfaites, on vivra pour la première fois une aventure scindée en 5 chapitres. Certes ce 4e opus n'est pas parfait (le peu de réalisme du magasin de Drebin, les "autrefois" 5 installations et le fait que sur 10/12h que dure l'aventure on en jouera que 6), cependant en jouant sur plusieurs niveaux, Kojima s'est efforcé de nous faire vivre au moins 4 Metal Gear différents. Un épisode best-of comme je me prête à le dire, qui relit toutes les autres aventures en un point central. On y retrouve gameplay peaufiné, plus actuel, et surtout MGS4 éclaircit les ombres laissées par ses prédécesseurs. Avant même d'atteindre Outer Haven (à ne pas confondre avec Outer Heaven), Kojima ne pouvait pas nous faire plus plaisir qu'en jouant 9 ans plus tard, le remake de Shadow Moses, même si en tant que fan absolu on trouve forcément le niveau trop court (un niveau qui se clôturera par une scène dont on aurait jamais eu espoir mais ô combien jubilatoire). Et on pourra dire ce qu'on veut : rien ne nous préparait à ce qu'on allait vivre dans ce 4e opus. Même si le début n’est pas génial, très vite on reprend ses marques et la puissante machine Metal Gear prend sa place en nos coeurs de joueurs, soumis au charisme de Snake, à la beauté féline de certains personnages, à la cruauté de certains autres (le passage à tabac de Snake est assez dur à voir). La magnificence de la mise en scène dépasse celle des meilleurs films, et même si c'était déjà le cas avec un Metal Gear Solid 3 génialissime, ce 4e épisode apporte en plus un rendu visuel sans commune mesure. C'est majestueux, tellement puissant et bien réalisé, que même inactif (devant d'innombrables cut-scènes) on reste béat de gratitude. Les superlatifs me manquent pour arriver à vous faire comprendre que Metal Gear Solid 4 est un diamant, un bijou façonné par la main d'un orfèvre. Après c'est sûr, il est difficile de vivre pleinement une autre aventure après être revenu d'un jeu comme celui-là...



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    Test réalisé par iiYama

    septembre 2008 (mise à jour : octobre 2015)