Medal of Honor (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : octobre 2010
Développeur : Electronic Arts (studio Danger Close)
Editeur : Electronic Arts
Genre : FPS

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 2.7Go (install)
Moteur graphique : Unreal Engine III (solo) - Frostbite Engine 1.5 (multi)
Définitions HD : 720p - 1080p
Difficulté :

Multi-joueurs : 24 joueurs online
Titre alternatif : Medal of Honor 2010 - Medal of Honor : Opération Anaconda
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 5.8 Millions (tous supports)


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Medal of Honor









Il est toujours
Reboot de la série, cet épisode là laisse enfin tomber la 2e Guerre Mondiale. Il était temps...
intéressant de connaitre le passé, car il permet de mieux comprendre le présent. C'est pourquoi je commence toujours mes articles un peu de la même manière, en vous présentant les bases, les origines, l'histoire de certains jeux. Depuis quelques temps, il sévit sur la scène ludique un étrange phénomène. De plus en plus en manque d'idées nouvelles, les développeurs ressortent d'un passé qu'on croyait révolu, quelques vieilles gloires au succès retentissant. C'est l'assurance de faire plaisir aux plus vieux des gamers qui retrouvent une ancienne icône, un personnage et une ambiance qu'ils n'avaient pas revue depuis des lustres, et pour les plus jeunes, c'est l'occasion de leur faire découvrir l'un de ses joyaux d'antan. Et ce phénomène tend à s'amplifier, en premier lieu avec des gameplays qui se veulent plus simples, plus accessibles, visant à offrir des jeux aux sensations retrouvées, des jeux 2D qu'on n'aurait jamais imaginé retrouver sur la précédente génération de machines. Et on le voit bien avec des titres comme Sparkster, Perfect Dark, New Super Mario bros, Sonic 4 ou Bionic Commando Rearmed... une réalisation de premier ordre sur un ancien gameplay et la formule marche plutôt bien. C'est le phénomène du "reboot". Et ce "reboot" fonctionne aussi avec un autre phénomène actuel : une licence déjà en 3D et qui a déjà eu son succès, repart de zéro avec de toutes nouvelles bases. On peut citer Prince of Persia qui en 2008 faisait table-rase du passé pour essayer de séduire à nouveau, Wolfenstein (2009) ou encore Need for Speed Shift, qui a voulu que la célèbre série reparte sur de nouvelles bases. Après cette intro un brin longue (je sais), je voudrais à présent vous parler d'un autre reboot, celui de la série Medal of Honor (MoH). Tout le monde ne le sait pas mais Medal of Honor est né sur PlayStation (et non sur PC comme certains le prétendent). Développé DreamWorks Interactive, la filiale de la société d'effets spéciaux et de films d'animations de Steven Speilberg (et devenue EA Los Angeles quelques années plus tard), c'est eux qui étaient derrière le projet. Mais là où les bruits de couloirs rejoignent la réalité, c'est que le premier gros succès de la série est arrivé en 2002, sur PC cette fois, avec le très bon Débarquement Allié. Malheureusement l'histoire est ensuite moins rutilante puisque les développeurs de Medal of Honor estimaient que la licence n'était pas assez respectueuse des faits et qu'elle n'allait pas assez loin, ainsi certains membres démissionnèrent et fondèrent Infinity Ward, à qui on doit les Call of Duty (COD), le concurrent direct.


La suite
On incarne à tour de rôle plusieurs personnages. Une formule connue mais un scénrio très maigre
on la connait, Call of Duty 2 écrase les nombreuses et platoniques suites de Medal of Honor, avec un point culminant en 2007 et la sortie d'un côté de l'épisode Airborne et de l'autre Call of Duty 4 : Modern Warfare. Marre de la Seconde Guerre Mondiale, qui aura sévie pendant plus de 6 ans, les joueurs veulent désormais du moderne et les ventes s'en ressentent, on veut passer à un "autre sujet" car l'antique guerre lasse. Et depuis la sortie de Modern Warfare, véritable consécration pour Infinity Ward, Medal of Honor faisait un peu le mort. Dévoilé succinctement en aout 2008, et reboot oblige, on a très vite su que la Guerre de 40 était évincée puisqu'elle ne fait plus recette, au profit d'une guerre moderne, voire même bien réelle. En effet le jeu se déroule durant l'actuel conflit entre les Etats-Unis et l'Afghanistan/Al-Qaida/Talibans (suite aux attentats du 11 septembre 2001, je ne vous refais pas l'histoire), une guerre très décriée où les Russes se sont déjà cassés les dents dans les années 80, et dont on ne sait pas si elle est légitime (puisqu'il parait que Ben Laden aurait travaillé pour la CIA) et que tout ça aurait pour but unique le contrôle des ressources pétrolières du coin. Tout ça ne m'étonnerait de toute façon pas, les amerloques étant assez cons et dingues pour faire un truc pareil mais là n'est pas le sujet. Opérant directement sous les ordres du « National Command Authority » (l'autorité militaire suprême aux Etats-Unis), il existe une entité de combattants qui sont appelés pour des missions hautement sensibles. Ce sont les Opérateurs du Tier 1. Ils sont sélectionnés parmi les meilleurs, ils sont l'élite, au-dessus même des Forces Spéciales. Leur nombre, même s'il n'est pas officiel, est de l'ordre de quelques centaines. Ce sont des "armes de guerre" vivante, d'une extrême précision, experts dans le déploiement maitrisé de la violence. Notre nouveau Medal of Honor a été développé en collaboration avec des Opérateurs du Tier 1 et il s'en inspire. Déployé dans les conditions impitoyables et hostiles de l'Afghanistan d'aujourd'hui, le joueur contrôle l'un de ces combattants dans la lutte contre un nouvel ennemi.


La campagne solo
Les situations sont très variées et il est difficile de s'ennuyer
se déroule en 2002. Ayant pris leçon du passé et copiant généreusement ceux qui les ont relégués au rang de petits développeurs, on retrouve "la formule Call of Duty" qui vise à nous faire endosser alternativement plusieurs rôles. On aura donc les commandes d'un opérateur de la DEVGRU connu sous le nom de code "Rabbit", le rôle d'un tireur d'élite de la Delta Force connu sous le nom de code "Deuce", celui d'un artilleur à bord d'un Apache, le capitaine "Hawk" et enfin Adams. Et il est vrai que très vite on retrouve la griffe Call of Duty, avec une mise en scène assez musclée, un jeu hyper scripté et cloisonné au possible. Car cette recette qui dit "script = spectacle", est bien l'apanage d'Infinity Ward, tout du moins jusqu'à l'époque où ce nom voulait encore dire quelque chose (étant donné que la plupart des employés ont été virés comme des malpropres par Activision, il est clair que le visage de cette ancienne gloire du FPS va beaucoup changer). Pour ce qui est de la mise en scène, on reste dans le classique et le spectacle Hollywoodien, avec des vidéos, des cut-scènes, un conflit moderne et tout ce que ça implique de matériel hi-tech. En marge d'une mise en scène assez réussie, on peut déjà regretter que le scénario soit si peu étoffé. Le jeu n'explique pas les origines du conflit et une fois l'aventure finie, on s'aperçoit qu'il n'était qu'un prétexte à tuer des Talibans... rien de plus, rien de moins. Ça fait sérieusement léger et c'est bien là l'une des grosses différences avec Call of Duty. En effet dans ce dernier le conflit est fictif, ce qui permet d'avoir plus de marge de manœuvre, en ne respectant pas toujours le réalisme ou des événements historiques. De plus on trouve une scénarisation forcément décousue (ça c'est le problème quand on incarne plusieurs personnages, on s'y perd un peu) et c'est loin d'être révolutionnaire. Le jeu propose 3 modes principaux : campagne (le solo), le mode Tier 1 (refaire le solo avec des objectifs de temps et de performances au combat) et bien entendu le multi-joueurs. En parlant de lui, sachez que le multi a été développé par DICE (qui appartient lui aussi à EA), celui-là même qui nous a éclaté début 2009 avec son excellent Bad Company 2. Autant dire que le multi est bien carré comme il faut, bien que très proche des Battlefield (normal vous me direz). Le mode solo joue la carte du changement. Comme dans un COD récent, on alterne les personnages jouables mais aussi les situations et on varie assez souvent les plaisirs. Ainsi le gros plus, c'est qu'on assiste rarement aux mêmes événements : tantôt c'est bourrin à souhait, l'action est omniprésente, ça pète, ça explose, ça pulse, tantôt l'ambiance est radicalement différente.


Généralement on doit
Bon doublage et bruitages puissants, pas de doute, on est en plein dans l'ambiance
être silencieux, abattre les ennemis sans faire de bruit et s'infiltrer sans se faire repérer. Et personnellement, j'ai bien aimé ça. A côté de ces actions, nous avons également quelques séances de ciblage, des ballades en véhicules vues 100 fois (mais ça fait toujours plaisir et ça varie bien le jeu) ainsi qu'une séance de tir aux pigeons en hélico particulièrement réussie et jubilatoire. Pour le reste, il faut le dire, même si le jeu est sympa, il manque de finitions. En premier lieu l'IA est un peu dans les choux avec des ennemis qui nous tournent le dos. Qu'ils ne nous voient pas la première fois, ok ça peut arriver mais quand c'est tout le temps, c'est bien la preuve qu'il y a un problème. Pareillement, un ennemi lance une grenade au pied d'un allié, ça explose tranquille et le type ne bouge même pas. D'ailleurs les grenades, comme dans bien des jeux, ont une efficacité très aléatoire : tantôt c'est dément, en faisant voler les ennemis à travers la map, tantôt c'est pas plus efficace qu'un pétard à mèche. En parlant d'explosions, ce n'est pas toutes les bonbonnes de gaz ou les citernes d'essence qui peuvent exploser, uniquement certaines. C'est un peu frustrant et on peut aussi signaler que quasiment rien n'est destructible alors que ça aurait apporté pas mal de cachet à l'aventure. C'est vrai qu'on va couper quelques arbres, certains abris peuvent partir en miettes mais généralement on ne bousillera rien hors script (tirer au fusil à pompe sur une lampe à huile et vous verrez bien !). Pour le reste il y'a pas trop à se plaindre. Certes un peu classique (faut dire qu'il n'est pas facile de débarquer avec les Modern Warfare et les Bad Company), le jeu n'en est pas moins très agréable à parcourir et à finir, puisque la difficulté est bien dosée. Je viens d'en parler, c'est DICE qui est derrière le mode multi et avec lui, on retrouve leur moteur maison, le Frostbite Engine. Issu des jeux Bad Company, le rendu est très propre, voire même c'est beau. Pour le solo par contre, Danger Close (le studio d'Electronic Arts en charge du mode campagne) a utilisé le célèbre moteur d'Epic Games, l'Unreal Engine III. J'ai d'ailleurs beaucoup de mal à comprendre pourquoi il n'est pas présenté en intro, contrairement au moteur de DICE.


Si on retrouve
Malgré un sérieux manque de finitions et quelques bugs, le jeu réserve quelques jolis passages
des mécaniques issues des FPS de DICE, question rendu on retrouve tout autant la patte Battlefield. Tout le monde trouve les graphismes très sans plus... personnellement j'ai apprécié. D'accord on a vu bien mieux mais faut pas non plus se plaindre à tout va. C'est déjà bien au dessus du lot et d'un Airborne qui n'allait pas bien loin. Ok il subsiste quelques bugs de collisions (notamment d'enchevêtrement des pieds dans le sol) et ici aussi, il y a des manques de finitions. Par exemple l'eau prise en 2 dénivelés de boue, assume un joli reflet mais c'est loin d'être réaliste. Il n'y a aucune vaguelette lorsqu'on marche dedans, aucun reflet de notre personnage et pire, aucun reflet du décor direct (c'est d'autant plus vrai dans un hangar où la flaque reflète le ciel au lieu du toit). A part ça, difficile d'être totalement déçu. Les décors ne sont pas mauvais, assez détaillés (surtout les montagnes qui sont superbes), les animations sont la plupart du temps correctes (un peu plus de souplesse serait quand même la bienvenue), les effets sont réussis et on appréciera une synchro labiale que le studio a essayé de respecter autant que possible, que ce soit en jeu comme lors des vidéos. Ça fait plaisir à voir. Tien en parlant de doublage, sachez qu'il est de bonne qualité : très immersif et professionnel (les effets sont, là aussi, superbement gérés), j'ai par contre regretté qu'il soit si vulgaire et si haineux envers les ennemis. D'accord ils ont des raisons d'avoir les boules mais je rappelle que "ce n'est qu'un jeu". Ce doublage qui enorgueillit les soldats et pisse sur les Talibans, doit certainement faire plaisir à un public américain endoctriné aux valeurs de la guerre, mais c'est moins sûr chez nous, puisqu'après tout, ce n'est pas notre guerre. Quant aux musiques, même si elles essaient de souligner la plupart des temps forts du titre, généralement elles sont bien trop en retrait. Il y a même un paquet de moments où c'est le vide absolu. Difficile de trouver un quelconque souffle épique dans ces conditions-là. Par contre j'ai particulièrement apprécié les bruitages. Ils sont très percutants, ce qui rend les armes que plus puissantes. Un vrai plus pour le dynamisme des combats.



Medal of Honor Note
n'est pas un ratage, c'est un FPS honnête. En fait, ce jeu subit un peu trop la comparaison de Modern Warfare 2 et Bad Company 2 (moi-même je les ai beaucoup cités). C'est vrai qu'il en reprend certaines facettes et pas toujours avec le même de talent, d'accord, mais à quoi bon toujours faire ce genre de comparatif ? Ne peut-on pas prendre les jeux tels qu'ils sont ? Ainsi les critiques ont été dures avec lui, alors que selon moi, ce n'est pas toujours justifié. Danger Close n'a pas le talent d'Infinity Ward ou de DICE et pourtant, ils nous livrent un jeu sympa comme tout. Certes l'histoire est très controversée, ça manque vraiment de finitions par endroits, mais d'un côté nous avons une action assez prenante, de l'autre des séances de "snipe" grisantes et à l'atmosphère radicalement opposée. Malgré ses défauts, j'avoue avoir apprécié ce reboot de la licence culte. Petit coup de cœur personnel (comme un Singularity boudé alors qu'il est sympa), je ne peux m'empêcher de penser à TimeShift, très bon FPS de 2007 que la presse a descendue alors que c'est un bon jeu. Et si la presse, cette même presse blasée qui ne jure que par quelques titres qu'elle chouchoute envers et contre tous, n'est pas foutue d'y voir ses qualités, espérons que vous serez plus intelligent(e) qu'elle.



PS : si cette version PS3 reste graphiquement un cran en dessous de celles sur PC et Xbox 360, en contre-partie elle offre le jeu Medal of Honor Frontline gratuitement et en exclusivité (connu chez nous sous le nom de Medal of Honor : En Première Ligne, paru sur PS2 en 2002). C'est sympa non ?


Test réalisé par iiYama

janvier 2011 (mise à jour : janvier 2012)