inFAMOUS (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mai 2009
Développeur : Sucker Punch
Editeur : Sony Computer
Genre : action - openworld

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 1.3Go (install)
Moteur graphique : Deferred Rendering Engine
Définition HD : 720p
Difficulté :

Multi-joueurs : non
Titres alternatifs : inFamous - in Famous
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 2.8 Millions



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inFAMOUS









On le sait désormais,
Des cut-scènes ratées et des planches d'artworks ont bien du mal à nous dévoiler un scénario pourtant intéressant
les plus grosses licences sont partagées par tous les supports à-même de les accueillir, le but pour les développeurs comme pour les éditeurs, étant d'amortir les considérables coûts de production des jeux actuels. C'est plus ou moins Capcom qui a ouvert la danse, car le géant Japonais a compris depuis bien longtemps qu'il était préférable que les exclusivités ne restent que temporaires. Ainsi Resident Evil 4 (qui devait rester une exclue GameCube) a été adapté sur pas mal de supports, Resident Evil 5 a été adapté sur Xbox 360 et Lost Planet est passé sur PS3. Désormais, hormis les faveurs d'une machine plutôt que d'une autre, c'est véritablement les licences exclusives aux marques (Microsoft, Sony, Nintendo) qui peuvent faire la différence. Si Sony a perdu presque toutes ses exclusivités au profit d'un partage avec Microsoft, il reste quand même à l'ancien leader des titres dont il est propriétaire. Des jeux forts et synonymes de qualité, ceux-là même qui font vendre des PS3 plutôt que des Xbox 360. On peut nommer Uncharted, Metal Gear Solid 4 (pour combien de temps encore ?), Killzone 2, littleBIGplanet ou encore Gran Turismo. Dernier arrivage de cette liste non-exhaustive, inFAMOUS est né dans les bureaux de Sucker Punch, une petite boite connue pour la série des Sly sur PS2. Sly était plutôt coloré et décalé alors qu'avec inFAMOUS, les développeurs ont carrément virés de bord. L'histoire se déroule dans la ville d'Empire City, une cité qui sombre dans le chaos après avoir été victime d'une gigantesque explosion électrique. Cole McGrath était auparavant un homme ordinaire mais à son réveil il se retrouve doté de super-pouvoirs. Il va alors tenter de comprendre ce qui s'est passé, ce qui lui est arrivé et de juguler la terreur qui plane sur la ville, une terreur qui prend la forme des faucheurs. Dés l'intro, on sent bien que les développeurs se sont inspirés des Comics, la preuve avec cette mise en scène "à 2 vitesses" où d'un côté nous avons des artworks à peine animés, et de l'autre des cut-scènes. Mais il se pose là une première déception.


En effet
La jouabilité est une catastrophe ! Heureusement le gameplay est vraiment génial et sauve le jeu
les cut-scènes sont sobrement ratées parce que généralement il n'y a aucune action, que les protagonistes ouvrent à peine la bouche et surtout, que les animations semblent sortir d'un autre âge. Ensuite les BDs sont bien jolies mais question ambiance et mise en scène, on a vu bien mieux (après tout, on n'est pas dans un jeu dématérialisé !). Enfin le scénario mettra longtemps à être vraiment intéressant (vers la fin de la première zone) ou plutôt à nous accrocher avec un détail assez poignant. Il est vrai que c'est un peu lui qui nous pousse à poursuivre le jeu (je vous rassure, il y a d'autres bons côtés) et pourtant, Sucker Punch n'a pas réussi à tenir un fil constant. En résulte un développement scénaristique trop sporadique, dont les BDs et les misérables cut-scènes peinent à soutenir. C'est dommage car dans le fond, l'histoire est vraiment sympa. Jouissant d'une véritable ouverture de la carte, Cole pourra réaliser diverses actions, qui feront immanquablement penser à X-Men. Il peut gravir n'importe quelle paroi en mélangeant les styles façon Spider-Man, Yamakasi ou même Faith de Mirror's Edge. La grande classe. Comme tout jeu open-world qui se respecte, on a bien évidemment des missions primaires et secondaires, et lors de ces missions, on ne doit pas trop s'éloigner de la zone sous peine de reprendre du début. Autrement la ville est totalement ouverte. Certes elle n'est pas très grande si on la compare à Liberty City ou aux 3 zones de GTA : San Andreas, mais elle suffit amplement. A noter qu'à chaque mission qu'on réussit, on devient de plus en plus puissant, on gagne de nouveaux pouvoirs/mouvements et surtout, on créé de nouvelles zones sûres où bien évidemment, il n'y a pas d'ennemis. Car c'est un fait, Cole est l'ennemi numéro 1 dans Empire City (celui que les "méchants" veulent abattre) et il est difficile de se balader sans se faire canarder de tous côtés par les faucheurs (tout du moins au début). Ces mêmes ennemis sont d'ailleurs bien chiants à abattre. Ils ne sont pas spécialement résistants mais ce sont tous de vrais snipers (alors qu'ils sont équipés d'AK-47 sans lunette et qu'ils ne visent jamais) : ils nous shootent à plus de 400m et une fois au corps à corps, histoire de leur mettre une trempe, ce sont de vraies anguilles qui se faufilent tout à reculons (oui, c'est ridicule et irréaliste). Tout ça parce que Cole ne "locke" pas ses ennemis et qu'il finit souvent ses combos dans le vide (!). A côté de ça, les missions principales sont généralement sympas à faire (ce sont elles qui font avancer l'histoire) et se révèlent assez originales pour certaines.


Par contre
La réalisation ne paye pas de mine. Certe elle suffit mais la PS3 est clairement sous-exploitée
les missions secondaires (celles qui libèrent les parcelles de territoires) sont un peu toutes pareilles, certaines n'ont rien à voir (on ne se bat même pas, on réalise une mission complètement à côté de la plaque) et certaines sont pénibles à réaliser : jouer les guetteurs en suivant un gars sans qu'il nous repère ou pire encore ses passages bien cons où il faut éteindre des spots dans un temps très court… ces limitations s'avèrent vite gonflantes et on a tôt fait de recommencer du début. Et tout ceci est en partie dû à une jouabilité vraiment imprécise et à une gestion parfois catastrophique des cabrioles de Cole. Les développeurs ont cherchés à simplifier et à assister au maximum la jouabilité, étant donné que le gameplay s'avère très riche, mais n'ont visiblement rien pu faire pour l'imprécision du contrôle. Si la visée est tout juste correcte (disons qu'on s'en accommode avec le temps), les déplacements sont par contre très approximatifs, ce qui peut s'avérer vite gênant selon l'endroit (il y a aussi une mise à couvert mais elle tout simplement ratée !). Pire encore, il arrive que Cole refuse de s'accrocher à un rebord alors que c'est justement le but de la manœuvre. Si en haut d'un immeuble ça ne dérange pas, à contrario lorsque sous ses pieds il n'y a que de l'eau, c'est de suite plus frustrant car c'est la mort assurée ! Car Cole, suite à "son accident" s'est découvert diverses pouvoirs électriques, faisant de lui l'actionnaire majoritaire d'EDF (non je déconne :). Toujours est-il que le bonhomme est surchargé de courant et que c'est grâce à ça qu'il devient un super héros. En tant que pile sur pattes, il faut avant tout comprendre que son meilleur ami est le métal et que son pire ennemi est l'eau. Cole "energizer" McGrath peut donc tirer des éclairs, créer des ondes de choc pour balayer de gros objets ou plusieurs ennemis, voler, balancer des grenades électriques ou encore réaliser tout un tas d'actions assez sympas comme enclaver un gars, recharger une borne de courant ou slider sur un câble électrique, afin de passer sans problème d'un immeuble à l'autre. Evidemment comme il est chargé telle une batterie, à chaque utilisation spéciale, il se déchargera et pour refaire le plein il y aura une infinité de sources d'énergie puisque notre monde moderne vit essentiellement grâce à l'électricité. Ainsi Cole peut se recharger grâce aux transformateurs, aux ventilos d'immeubles et autre appareil à forte consommation électrique.


Plus suspect,
Malgré ses défauts, inFAMOUS accroche grace à son histoire et son gameplay riche et original
il peut aussi "aspirer" l'énergie des êtres humains. La neuro-succion a pour but de faire remonter son énergie mais fera de lui, un bad guy. En effet, le jeu dispose d'un aspect RPG sous forme eXPérience et de choix moraux. Faire le bien ou faire le mal change le karma du personnage et influe sur la suite du jeu et le ressenti de la population. Quand à l'XP, on peut la "dépenser" en s'achetant de nouvelles facultés et en upgradant ses pouvoirs et sa santé. Il est donc clair que la note de -Jouabilité & Gameplay- fustige une prise en mains désastreuse, qui heureusement est compensée par un gameplay tout à fait génial. Mais si le gameplay emballe, il faudra par contre faire-fi d'une réalisation qui n'est pas à l'honneur. L'aliasing pourrit littéralement l'image, les textures ne sont pas super travaillées et le clipping (qui consiste à économiser le moteur graphique sur les objets distants) fait mal son boulot. En version 1.0, des pans entiers d'immeubles apparaissaient, avec les textures qui vont avec. Heureusement, le patch 1.02 (le dernier en date) corrige cette faiblesse, d'autant que la plupart des données sont sur le disque dur, donc ça n'avait pas lieu d'être. Mais là où Sucker Punch n'a rien pu faire, c'est sur des graphismes vieillots à mon avis à l'origine créé pour la PS2. Les environnements sont loin d'être beaux (même si certains passages restent sympas visuellement) et surtout, les animations sont à la ramasse, comme si elles avaient stagné dans la génération précédente. Les personnages bougent de façon trop rapide et nette pour que le résultat donne un quelconque réalisme. En plus, le framerate n'est pas spécialement fluide. On le voit bien dans les zones les moins chargées, d'un coup le nombre d'images/seconde augmente, rendant le jeu nettement plus agréable à regarder. Mais ça reste rare. Seul bon point : les pouvoirs sont bien réalisés, surtout les effets électriques qui sont surprenants de naturel. Pour ce qui est du son, les bruitages sont classiques : pas spécialement dynamiques mais pas à côté de la plaque non plus. Par contre les musiques sont trop discrètes. D'abord elles sont trop rares et lorsqu'elles daignent tenter de poser une ambiance, on s'aperçoit qu'elles sont banales au possible, loin de ce qu'elles auraient pu donner entre de bonnes mains. Enfin le doublage est coussi-coussa. Doublé par Guillaume Orsat, Cole possède un très bon doublage français, une nouvelle preuve que l'homme fait bien son boulot. On reconnait également Odile Schmitt (la voix d'Eva Longoria dans Desperate Housewives) et puis les autres sont déjà 2 crans en dessous, notamment Jorge Garcia (Hurley de LOST), qui nous interprète un Zecke (l'ami de Cole) complètement bouffon. Vous me direz, ça va avec des cut-scènes misérables...



inFAMOUS Note
(infâme en français) est ce qu'on peut appeler un coup de cœur et comme tout jeu qui entre dans cette catégorie-là, il divisera. Il séparera les conformistes qui verront une réalisation indigne de la PS3, bouffée par l'aliasing, avec des textures pauvres et surtout des animations qu'on jurerait tout droit sorti de la PS2… et encore. Ils verront une bande-son peu travaillée, un doublage bof-bof, une mise en scène vraiment pas terrible et surtout, une jouabilité minable, totalement imprécise, avec à la clé des missions irritantes et redondantes. Après il y aura les optimistes (comme moi) qui verront en Cole le visage moderne de Zeus ou de Thor. Malgré une première impression pas géniale, Cole est un parafoudre sur pattes et son gameplay basé sur l'électricité et ses super pouvoirs façon X-Men, est attrayant. Et puis jouer à un jeu totalement ouvert a toujours quelque chose de fun. Le dernier titre de Sucker Punch ne manque donc pas d'attrait et c'est les doigts dans la prise que j'avoue m'être bien amusé. Car c'est bien ça qui ressort, malgré le paquet de défauts que se traine le titre. A vous d'en profiter maintenant mais attention, pensez à enfiler des gants en caoutchouc avant de prendre le pad, juste au cas ou...



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Test réalisé par iiYama

mai 2009 (mise à jour : janvier 2012)