Heavenly Sword (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale

Sortie du jeu : septembre 2007
Développeur : Ninja Theory
Editeur : Sony Computer
Genre : beat-them-all

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 2.1Go (install)
Définitions HD : 720p
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 1.6 Millions





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Heavenly Sword









Alors que la
Nariko est vraiment superbe et elle se bat comme une tigresse
Xbox 360 a déjà commencée sa carrière, Sony s'est efforcé de créer un maximum de buzz autour de sa PS3, afin de créer l'envi et de faire attendre au maximum les fans de la marque. Et les 2 plus grosses killer-ap que Sony avait annoncé pour sa nouvelle console, n'était rien d'autres que KILLZONE 2 (qui est finalement sorti 2 ans après la machine) et le sujet du jour, Heavenly Sword. Un jeu qui a créé un énorme buzz, avec une montagne de promesses un peu comme le fait si bien Peter Molyneux pour ses Fable. Car si le jeu est bon, il est loin d'assumer les fantasmes que ses développeurs ont fait naitre en nous. L'heavenly sword est une épée divine, forgée il y a de nombreux siècles. Selon une ancienne prédiction, le clan qui en a la garde aura un jour ou l'autre à faire face à un énorme fléau et le fils du chef devra utiliser l'épée pour le déjouer. De nombreuses années plus tard, lorsque l'épouse du chef met au monde une fille, Nariko, elle est rejetée car considérée inapte à faire face à la menace annoncée par la prophétie. Pourtant quand le Roi Bohan se lance à la conquête du pays et qu'il anéantit le clan de Nariko, celle-ci décide en dernier recours de se saisir de l'épée. Mais n'étant qu'une humaine, son énergie vitale est aspirée par l'épée, l'affaiblissant à chaque coup porté… Jouer Nariko touche directement au fantasme les plus primaires. Loin de la petite fille fragile, c'est une farouche guerrière rousse dont les longs cheveux flottent légèrement dans l'air (ça rappelle l'écharpe de Shinobi). Un peu comme Lara Croft (dont le physique n'est pas si éloigné), Nariko va au-delà de la simple icône sexuelle avec bien entendu un caractère bien trempé. Si l'intrigue de départ est bien sympa, étrangement la pression redescend assez vite. La faute a un sérieux manque de travail sur certaines scènes. Des mouvements pas super étudiés et surtout un doublage souvent limite. Acerodon, le Roi Bohan (et d'une façon générale les soldats) débitent des âneries à tour de bras, dans une élocution digne des meilleures œuvres de Gulli (la chaine pour enfants). Autant dire que certains passages sont bien ridicules comme il se doit, alors que justement le ton n'est pas à l'humour. Le doublage français n'est donc pas terrible, surtout pour les ennemis (les "gentils" sont plus crédibles). De son côté, le gameplay est évolutif et pas du tout mauvais. Au début on est limité à quelques combos mais très vite ça s'enrichie, notamment lorsque Nariko empoigne l'heavenly sword, où elle dévoile tout son potentiel destructeur.


Il y a bien sûr
C'est dommage que la difficulté soit si inconstante, avec notamment des boss chiants à battre
les coups normaux, mais en pressant L1 on réalise les attaques à distance. Ces coups sont très inspirées des chain-attack de Kratos. On garde une certaine distance entre notre personnage et les ennemis, mais la puissance est au rabais. Au contraire, en pressant R1 on réalise les coups puissants. Avec ces 3 combinaisons (plus carré pour les attaques légères et triangle pour les attaques lourdes) on a tout un panel de combos à réaliser. A force de cogner, on remplit également une jauge qui nous donne accès à des attaques spéciales (en pressant rond), qui malheureusement ne tuent en général qu'un ennemi à la fois au lieu de faire le ménage autour de soi. Nariko a aussi le bon gout de se protéger automatiquement des attaques "normales" si on ne touche plus au pad. Une bonne idée même si n'est pas forcément évident, dans l'état d'esprit, de se laisser aller pour se protéger. Mais tout le problème de ce gameplay qui semble rôdé, vient un peu de là. En fait comme nous, les ennemis peuvent se protéger, d'ailleurs ils s'en privent pas (même des attaques lourdes, ce qui est un peu chiant) et surtout ils ont 3 types d'attaques : normales, lourdes et imblocables. Pour parer une attaque lourde, il faut presser R1 (comme si on voulait faire nous-même en faire une) et comme son nom l'indique, les attaques imblocables ne peuvent pas être parées, il faut donc les éviter (les esquives se font via le stick droit ce qui veut dire que la caméra n'est pas réglable). Et tout le problème est là : 3 types d'attaques, 2 types de parades (une où on presse R1, l'autre où on ne touche pas au pad), l'esquive, les combos… résultat on s'emmêle les pinceaux et on ramasse. Autres défauts, Nariko ne sait pas sauter (disons qu'elle ne saute pas de façon manuelle, en pressant X par exemple), on est tout le temps submergé par des groupes d'ennemis (il arrive qu'on affronte plus de 20 gars en même temps, ce qui n'est pas évident à gérer et donc c'est vite pénible) et le fin du fin, ce sont les boss. Déjà ils sont surpuissants, pour les achever il faut réaliser une série de QTEs… qu'il ne faut pas rater ! Le timing est trop serré et à la moindre erreur, c'est Nariko qui prend et le boss retrouve son énergie (c'est super normal ça aussi). Le jeu n'est pas spécialement difficile mais ces passages-là demandent beaucoup de patience et des nerfs d'acier, un peu comme l'a fait le premier God of War en 2005. Et le problème est un peu là. En 2007, à la sortie de God of War II, les beat-them-all se sont ouverts, sont devenus un peu moins chiants et élitistes mais les développeurs d'Heavenly Sword ont dû oublier les tendances.


En marge de l'aventure,
Graphiquement, le jeu est magnifique. Une vraie démo technique des capacités de la PS3
on a également quelques phases de tirs (dont la visée est sur le stick gauche… c'est nul et anti-confortable) tantôt bien chiantes, tantôt bien explosives comme on aime. Enfin, le jeu propose pas mal de contenu à débloquer au fil du jeu : artworks, making-off… Sur un plan purement technique, Ninja Theory (dont c'est le premier jeu) a tenu ses promesses. Si le premier niveau n'a rien de transcendant, très vite on s'aperçoit que le moteur arrive à gérer des dizaines de sprites sans sourcilier. Et arrivé au niveau 2, on prend une grosse claque dans la gueule. Si la PS3 a toujours été seconde sur les jeux multi plate-formes dans la guéguerre qui l'oppose à l'Xbox 360, c'est bien sur les exclusivités qu'elle nous démontre tout son potentiel. Les décors sont réellement somptueux, cette fois plus envoutants et plus proches d'un Tomb Raider. Ça n'empêche pas le jeu de nous proposer quelques séquences scriptées de haute-volée (encore des QTEs, mais cette fois faciles à réaliser). Si les objets destructibles sont une bonne idée, je regrette par contre qu'ils ne disparaissent pas avec le temps (car on finit pas marcher au milieu d'un véritable foutoir) mais là où il n'y a rien à redire, c'est sur la qualité des modélisations. Evidemment Nariko a fait l'objet d'un soin tout particulier (hormis peut-être ses cheveux, qui ont parfois une drôle de réaction), avec une très belle plastique. Difficile de ne pas craquer pour cette enveloppe charnelle taillée dans les plus beaux fantasmes qui soit, ou ce visage d'ange. Tiens en parlant de visage, pour tous les protagonistes on y appréciera un grain de peau bluffant, un niveau de détails jusqu'alors inégalé et même des expressions faciales. Ninja Theory a bien planché sur ses graphismes, faisant d'Heavenly Sword un véritable tour de force visuel, une référence du genre (même les chorégraphies de notre héroïne sont impressionnantes d'efficacité). Je ne reviens pas sur le fait que certaines cut-scènes auraient méritées plus de travail, tout comme le doublage qui les accompagne. Pourtant tout n'est pas à jeter. Certaines scènes sont bien faites et certains pans du doublage sont bons (pourquoi en France, faut-il toujours que les ennemis aient des voix ridicules ?). On appréciera aussi une synchro qui, la plupart du temps, est pas trop mal respectée. Pour les bruitages, on obtient une dynamique tout à fait correcte mais je regrette que les musiques, au mieux sympatoches au pire nulles, n'aient pas le souffle épique dont auraient eu besoin certains passages. C'est un peu dommage.



Se positionnant Note
entre un Devil May Cry et un God of War, Heavenly Sword est bien meilleur que l'adaptation "chaude-froide" de Genji. Pourtant, le premier grand beat-them-all de la console ne fait pas l'unanimité, malgré des pages de promesses. S'il est vrai que la réalisation est très impressionnante (animations superbes, moteur performant, modélisations somptueuses, décors démentiels par moment), on le sait, des graphismes ne font pas un jeu. Et il est vrai qu'on nous offre un gameplay riche, un gameplay plaisant malheureusement gâché par des parades un poil trop serrées et des combats contre des boss vite irritants. Résultat, Heavenly Sword perd assez vite la sympathie qu'on lui offre volontier. Au final, c'est super beau, assez complet mais la mise en scène est parfois gâchée par des animations peu crédibles et un doublage à la rue, et le manque de choix de la difficulté, qui est justement très oscillante, est dommageable. Beaucoup de promesses et voilà le résultat, un jeu sympa mais loin des attentes mirobolantes qu'on a placé en lui. Reste un beat-them-all loin d'être mauvais, une claque graphique avérée, une héroïne sexy et charismatique. Peut-être pas la killer-ap attendue mais une exclue qui aura marquée les esprits.



Test réalisé par iiYama

septembre 2007 (mise à jour : juillet 2011)