Haze (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mai 2008
Développeur : Free Radical Design
Editeur : Ubisoft
Genre : FPS

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 5Go (install)
Moteur graphique : Haze Engine
Moteur physique : PhysX
Définitions HD : 720p

Difficulté :
Multi-joueurs : 2 à 4, jusqu'à 24 joueurs online
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 1 Million





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Haze








Free Radical Design
Si on peut touver le scénario sympa, on ne pardonnera pas une mise en scène déplorable
est connu pour avoir offert à la PS2 l'une de ses meilleures licences : TimeSplitters. Mais à la façon d'un IO Interactive (connu pour Kane & Lynch et surtout Hitman) qui a bien du mal à se démarquer depuis l'avènement des consoles HD, ce développeur Anglais a été en liquidation suite à la sorite de Haze en mai 2008. Formée par d'anciens membres de Rare Software, des gars ayant déjà bossés sur GoldenEye et Perfect Dark (on a fait pire comme CV), Freed Radical Design a été racheté par Crytek (le géniteur de Far Cry et de Crysis), pour devenir Crytek UK. Donc, si on comprend bien le déroulement des choses, cette chute est dû à la qualité de leur dernier jeu (à l'heure de cette relecture, 2 ans et demi plus tard, ils n'ont toujours rien sortis de nouveau). Haze est ce qu'on appelle un jeu de commande et c'est Ubisoft qui est derrière le projet. Le développeur Franco-canadien a sorti sur Xbox 360 le très bon (bien que très imparfait) Far Cry : Instinct Predator et pour marquer le coup et offrir à la PS3 son exclue FPS bien à elle (et pour pas qu'il y ait de jaloux), ils sont licenciés Free Radical Design pour développer Haze. Pourtant comme nous allons le voir, les 2 jeux ont beaucoup de points en commun et à cette époque-là, si Haze est restée une exclue (tout comme ce Far Cry), c'est uniquement parce que les développeurs n'avaient encore pris la "conscience actuelle" qui vise à rentabiliser les développements couteux, et qui impose ainsi de sortir le titre sur le plus de plate-formes possibles. Si Haze a beaucoup déçu, par-dessus sa réalisation et les centaines de défauts qui l'animent, c'est aussi parce qu'on nous avait promis monts et merveilles. Dévoilé à l'E3 2006, Ubisoft a créé un énorme buzz autour du jeu, notamment suite à plusieurs reports de sa sortie, ce qui n'est jamais bon signe. Et on le sait, plus on attend un titre, et plus il lui est facile de nous décevoir (le contraire se vérifie également, un titre dont on attend rien, peut se révéler être une très bonne surprise). Tout commence par une copieuse installation qui nous bouffe 5Go d'espace disque, plus ensuite une mise à jour de 66Mo, qui mettra pas mal de temps à se télécharger selon votre connexion. Ça commence bien.


Dans Haze nous avons
Le Nectar n'est malheureusement qu'un gadget, en plus très mal mis en avant. Dommage, l'originalité du jeu reposait là dessus
le contrôle du sergent Carpenter, qui vient de rejoindre le Groupe Mantel. Nous sommes en 2048, les gouvernements délèguent désormais toutes les opérations militaires à des Corporations Militaires Privées (CMP), dont Mantel Global Industries est le leader mondial. Leurs soldats utilisent les dernières technologies, dont le Nectar, un "médicament" qui démultiplie leurs performances. Le but de Mantel est tout d'abord de faire régner la paix mais très vite on s'aperçoit que le Nectar altère la perception des choses et surtout, qu'il créé des effets secondaires désastreux. Heureusement pour notre ami Carpenter, il prendra assez vite conscience du mal qu'il fait en bossant pour le mauvais camp... Le scénario de Haze n'est pas désagréable, bien au contraire. Pour un FPS, il est assez bien écrit et se révèle même intéressant, notamment pour ses petits retournements de situation. Non, le problème n'est pas là mais plutôt dans la qualité (complètement médiocre) de la mise en scène. Bon point pour lui, lors des cut-scènes le jeu en profite pour charger ses données et ainsi nous abstenir de loading. Problème, on ne peut pas les zapper. Mais le plus grave dans tout ça, c'est de voir la tronche du résultat. Les mercenaires semblent gogols mais ce n'est rien à côté de la milice de Mantel, qui transparait des attitudes d'étudiants américains, le jour de la remise des diplômes. Ils sont "à fond la caisse", surexcités comme une bande de midinettes de 14 ans à un concert de Patrick Bruel (les gamers des années 90 savent de quoi je parle :) et entre nous, ça ne ressemble à rien ! C'est ridicule ! Une fois que Carpenter se rend compte de certaines choses, ça s'améliore un peu mais ça reste vraiment en dessous des attentes, il y a trop de mouvements de caméra (ce qui est vite pénible) et au final ça gâche un scénario au demeurant simple, mais bien écrit. Pour ce qui est de la jouabilité et du gameplay, on déplorera en premier lieu une visée assez imprécise (et aucune option pour réduire la vitesse de celle-ci afin de l'améliorer) et un fond de commerce finalement bien pauvre. On ne peut porter que 2 armes au choix mais celles-ci sont extrêmement banales, que ce soit dans leur comportement ou leur design (sniper, pompe, fusil d'assaut, flingue, gattling... que d'originalité, il y a même un lance-flammes mais c'est tellement moche, tellement mal fait que je ne m'en suis jamais servi). Nous avons aussi des grenades de plusieurs types mais soyons clair, comme dans beaucoup de titres, leur efficacité est vraiment assujettie au bon vouloir du jeu. Après, notre gaillard est plutôt empoté. Il ne sait pas courir, il fait des sauts de puces, il est incapable d'ouvrir une porte hors script... évidemment ça limite le champ d'action et ça cloisonne le joueur à cette ligne directive imposée.


Pour varier un peu les plaisirs,
De temps en temps on prendra les commandes d'un véhicule totalement injouable. Que du bonheur...
qui sont souvent identiques, on pilotera quelques véhicules (jeep, quad...) mais rien de bien palpitant car on se contentera d'une seule et unique place (c'est soit conduire, soit tirer et on ne peut pas switcher entre les positions). En plus de ça, la conduite est assez catastrophique, les véhicules étant tous injouables. Cette idée reprise de Halo et Far Cry, est donc ratée. Mais vous me direz, la vraie nouveauté du titre, c'est le Nectar. Substance étrange et jaunâtre, qui rappelle sans mal la gelée royale des abeilles (la couleur et les formes en nid d'abeille aidant), le Nectar s'injecte directement dans les veines des soldats afin de doper leurs capacités : voir plus loin, marcher plus vite, récupérer plus vite sa santé, visée stabilisée, meilleure détection des ennemis (ils apparaissent en surbrillance), meilleure résistance aux balles... bref c'est le produit miracle. En fait, pas si miracle que ça puisqu'on ne s'en servira qu'une partie du jeu, dans l'autre on sera sevré et on y aura plus droit. De toute façon le Nectar n'est qu'un gadget, un effet de promotion pour attirer l'œil sur le jeu car en réalité, il ne sert à rien. Personnellement, même lorsque j'y avais droit, je ne m'en servais pas (les seules drogues que j'accepte c'est le sexe et les jeux vidéos, rien d'autre !). Autre petit regret, lorsqu'on ne possède plus la combinaison de Mantel, on perd aussi le gros zoom du casque, et ça par contre, ça vient vite à manquer. Enfin il faut ajouter un level-design plat au possible, sans génie et linéaire, une IA purement et simplement débile et enfin un multi et un coop' jusqu'à 4, ultra classique. Utilisant un moteur spécialement développé pour lui (que la profession a finie par appelée le Haze Engine puisque Free Radical Design n'a pas été foutu de lui donner un nom), nous sommes en présence d'un jeu qui bizarrement, ressemble beaucoup à Far Cry : Instinct Predator. On affronte toujours une armée de clones (et souvent, dans notre propre équipe on a 2 gars strictement identiques, c'est trop laid) et on retrouve quelques protagonistes qu'on jurerait issu du 2e chapitre de ce dernier. Graphiquement, Haze a quelques bons moments, comme la plage, les mines, la jungle, les marécages et sans dire que c'est hyper beau, on peut trouver ça joli. Seulement voilà, les autres décors sont moches à pleurer (surtout les intérieurs) et les modélisations sont vraiment vilaines. Je dirais même que par rapport à ma précédente comparaison, selon le passage on jurerait le même jeu, à la différence qu'on dézingue des mecs en combinaisons au lieu du tee-shirt et du short d'autrefois (ils sont d'ailleurs des cibles qu'on repère facilement avec leur placard fluo sur le dos).


Je reviens également
S'il y a quelques jolis passages, la réalisation fait surtout peine à voir et les détails ont été blaclés
sur les modélisations, où seul Merino est bien fait. Les autres sont affreux au possible, trop peu détaillés et le pire dans tout ça, c'est évidemment les animations qui sont franchement minables. En résulte des cut-scènes datées qui nous gâchent la scénarisation. Dernier point, je déplore aussi un flou cinétique (flou de mouvement ou en jargon technique le "motion blur") trop usité et qui devient vite pénible pour les yeux, ainsi que des objets et des corps qui apparaissent et disparaissent sous nos yeux. Qu'ils s'effacent dés qu'on a le dos tourné, ok c'est une bonne idée, ça évite de surcharger le moteur graphique mais que ça s'efface comme ça, devant nous, là je dis non ! C'est même plus laid à ce stade... c'est se foutre de nous ! Et le pire, c'est que ces mêmes sprites sont capable d'apparaitre contre toute logique. Prenons un exemple : on roule en jeep, il n'y a personne à l'arrière et paf, d'un coup on se retrouve avec 2 coéquipiers. Pareil pour les ennemis, qui nous font la triste surprise d'apparaitre aux coins des murs. Et plus on avance dans le jeu, plus ce genre de détails agacent et deviennent flagrants (comme cette M60 qui tire sans que la chaine de balles avance). Abordons à présent le dernier sujet de notre test, celui qui arrive presque toujours avant la conclusion, le son. Avec Haze je comprends mieux les intégristes du VOST. Peu inspirés voire ridicules par moment, les dialogues manquent de crédibilité, façon série B à la Française (du style "poubelle la vie"), et c'est bien dommage. En plus nos coéquipiers passent leur temps à beugler, à débiter les mêmes âneries, encore et encore ("n'oubliez pas votre promesse à Mérino"... combien de fois j'ai pu entendre cette connerie !), au point qu'on en vient presque à couper le son. Quand on se fait entendre la même phrase 10 fois par minute, croyez moi c'est lassant. En pleine cut-scène on appréciera quand même un doublage mieux travaillé (c'est pas toujours le cas mais un effort a été fait) ainsi qu'une synchro labiale potablement respectée. Je suis toujours aussi étonné que ce soit les pires jeux qui s'attachent à ce genre de détails, quand un Call of Duty passe complètement à côté. Toujours est-il qu'on retrouve notre professionnel Xavier Fagnon au doublage de Carpenter, et Marc Saez mais dans une prestation de bien moindre vertu. Egalement dans les bons points, les bruitages sont de bonne qualité. Les armes notamment, sont bien dynamiques comme j'aime, ce qu'on ne pourra pas dire de musiques totalement mise en arrière et qui ne soulignent jamais l'action (il n'y a bien que dans les marécages qu'elle a servie à quelque chose).



On nous a Note
bassiné pendant des mois avec Haze, comme quoi c'était l'une des grandes exclusivités de la PS3 (abandonnant par la même le portage sur Xbox 360 et PC), la killer-ap', le must-have dont avait besoin la console et maintenant qu'il est là, on s'aperçoit que le pétard était mouillé. Mainte fois repoussé afin d'être remanié, il fallait y voir un sérieux problème de conception et de programmation du casse-tête PS3 plutôt que le perfectionnisme des développeurs. S'il était sorti au line-up de la console, en mars 2007, on aurait pu être plus indulgent à son égard, même si le vieux Resistance fait largement mieux. En effet, le Nectar n'est qu'un gadget à peine survolé et qui n'est plus accessible à la moitié du jeu, le gameplay est basique au possible malgré quelques bonnes idées (qui elles aussi, sont sous-exploitées, comme la pose de mines), les graphismes sont loin des standards de la console et le doublage fait vraiment peine à entendre, sans parler d'une mise en scène simplement ratée. Haze est donc une déception, qui en plus, tombe bien mal. Passer après Rainbow Six VEGAS 2, Unreal Tournament III et surtout The Orange Box et Call of Duty 4, évidemment la comparaison est très dure, ce qui justifie cette note quelque peu assassine. Si je pensais à l'époque que Haze pouvait s'avérer être un choix sympathique à condition de le payer vraiment peu cher, aujourd'hui que je viens de le finir, je peux vous dire qu'il est l'un des rares jeux que je vais m'empresser de revendre. Certes il a ses bons moments, le scénario est sympa, ce n'est vraiment pas difficile et la durée de vie est correcte (8 heures), mais même si vous êtes en manque d'FPS sur PlayStation 3, je suis sûr que vous pouvez mieux investir votre argent (avec un bon titre PSN par exemple). Il n'y a aucun miracle (pourtant j'y ai cru jusqu'au bout) et même s'il s'est vendu à 1 Million d'exemplaires (y'en a qui ne savent pas ce qu'ils achètent), la réalisation est tellement minable que je ne peux absolument pas vous conseiller ce jeu...



Test réalisé par iiYama

mai 2008 (mise à jour : janvier 2011)