Dragon Age II (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mars 2011
Développeur : Bioware Corp.
Editeur : Electronic Arts
Genre : RPG - aventure

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 3.3Go (install)
Moteur graphique : Lycium Engine anciennement Eclipse Engine)
Définitions HD : 720p
Difficulté :
Compatible Move : non
Compatible 3D : non

Multi-joueurs : non
Abréviation : DA2
Titre alternatif : Dragon Age 2 : Rise to Power (US)
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 2.5 Millions (tous supports)


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Dragon Age II








Dragon Age II
Comment peut-on expliquer qu'en France le jeu ait été décrié alors qu'il a été apprécié partout ailleurs ?
est l'un de ces titres que l'on attend parce que son grand frère nous a fait rêver. Rappelons-le, Dragon Age Origins (sorti en 2009) aura été un renouveau bien vu et bien mené d'un genre justement difficile à étoffer (du moins pas sans rendre compacte ou sans s'attirer les foudres des conservateurs et de leurs inverses). Pour sa suite, nous nous attendions donc à voir ce phénomène se poursuivre de plus belle, même si le court temps de développement en aura surpris plus d'un. Voyons donc ce qu'il en est. L'histoire de Dragon Age II nous plonge dans le corps d'un/une rescapé(e), Hawke de son petit nom, de l'enclin (mis en déroute dans Dragon Age Origins). On y vit alors sa fuite (accompagnée de sa petite famille) sous forme de prologue. Hawke pouvant être mage, guerrier(ère) ou voleur(euse), ce choix aura une incidence sur qui survit à ce court passage : dans le premier cas ce sera le frère, Carver, dans le second la soeur, Bethany. Bien que l'on ne choisisse pas le passé de notre protagoniste, d'autres choix viennent renforcer les prises de décision du départ : à la manière de Mass Effect, la façon dont vous parlez changera la personnalité de Hawke (à travers 3 styles : sympathique, rieur/moqueur ou salopard), sauf pour les réponses que vous formulerez (et auquel cas vous pourrez donner vous même l'ascendance de votre choix). Le personnage adopte alors un tempérament et des attitudes adaptés. Après ces premiers éléments de jeu, on met les pieds dans la ville de Kirkwall. Là, on y vivra l'ascension dans les strates politiques de la ville, jalonnée de choix, combats et autres joyeusetés. La ville en question, de taille très honorable et nourrie d'un design soigné, manque certes un peu de vie, mais pas de charme ni de quêtes à dénicher et à remplir. Ce sera là le fer dans lance de l'aventure : Kirkwall étant le cœur du soft. On peut la parcourir de jour ou de nuit, et même visiter ses environs directs. Il faut avouer que cela donne une impression de confinement au soft qui n'est pas forcément du goût de tous, puisqu'on ne visitera donc jamais qu'une ville et 2~3 contrées voisines. Pire, les décors n'auront jamais rien de magnifiques (sauf brillant d'un vide végétal étonnant), et iront jusqu'à être repris plusieurs fois (pas une ou deux, mais PLEIN de fois) pour illustrer les différentes quêtes du jeu. C'est un aspect qui, personnellement, m'a poussé à me demander si on se foutait pas un peu de ma gueule, surtout quand la carte du jeu ne semble même pas se donner la peine de cacher les passages "bloqués" pour l'occasion (renforçant la conclusion final sur le sujet qui est "j'suis déjà venu 5 fois ici nan ? ah, nan, c'est vrai, c'est juste pareil...").


Ceci étant,
Dragon Age II est clairement plus orienté action. D'ailleurs la dimension RPG en a subie les conséquences
la trame scénaristique suivie dans Dragon Age II est séduisante et sort un peu du carcan d'un Origins qui se reposait sur un scénario de départ ultra classique. En effet, ici la rivalité entre les mages et les templiers (ces derniers, je le rappelle, ayant pour tâche d'endiguer la liberté des mages afin d'éviter qu'ils foutent le bordel en perdant le contrôle de leurs sorts) atteint son paroxysme. On doit alors prendre, à plusieurs reprises, partie ou pas pour les uns ou les autres, et de la fin dépendra ces choix. Si les impacts de ces choix et les changements qu'ils opèrent dans l'histoire est bien moins poussé que dans Origins, le tout reste vraiment très correct et peut également affecter la composition du groupe suivant Hawke dans ses péripéties. Parlons-en de ce groupe. Il est peut-être plus haut en couleurs que ne l'a été celui d'Origins (un mage possédé et présent dans l'extension de Dragon Age Origins), une pirate (vu dans Dragon Age Origins), une elfe mage de sang (idem), un esclave imprégné de Lyrium...), mais les interactions sont moindres. Bien que les dialogues inter-personnages ont été conservé lors des phases d'exploration, la gestion des relations avec eux a été quant à elle grandement modifiée. Plus de cadeaux à offrir, les réponses que l'on offre à certains choix accroissent la rivalité ou l'amitié avec chacun. Ils ne peuvent plus nous quitter par désaccord, mais nous apprécier de ces deux façons différentes (façon Ken le Survivant, avec son concept étrange de l'amitié issu de la rivalité). Ca débouche sur des scènes, de romance essentiellement, très différentes, et ceux avec un même personnage. Des romances il y en a encore (même plus qu'avant) mais elles ont simplement le mauvais goût de n'évoluer que par paliers et d'avoir des limites (on ne peut avoir qu'une liaison et on doit respecter l'évolution des actes pour avancer dans celle-ci). Ces limites ne m'ont pas gêné (je suis du genre à jouer une lesbienne fidèle), mais pour certains (notamment les gigolos) c'est plus ennuyeux (après tout, ils n'ont qu'à être plus respectueux, ah ah :). Les personnages secondaires sont assez nombreux et certains d'entres eux peuvent ne jamais vous rejoindre (si vous ratez une quête clé, comme moi qui n'ai jamais eu Fenris dans mon groupe pour le simple fait que je n'ai pas voulu me mêler d'une affaire très secondaire de contrebande), ou vous quitter définitivement suite à vos choix. Mais l'aspect le plus ennuyeux selon moi, bien qu'il est son explication logique, est encore le fait qu'une partie de l'équipement allié (armure, bottes, gants) n'est plus modifiable (sauf via quelques runes à y glisser, mais qui sont déjà prédéfinies et prévues pour tel ou tel personnage). En effet, afin de conserver un aspect qui leur est propre, nos compagnons conservent leurs propres armures (bien que celle-ci puissent changer une fois ou deux durant l'aventure selon le cas). Donc bon, c'est logique et sympa quelque part (compagnons uniques, etc...), mais gênant aussi car modifier l'équipement des alliés reste un aspect plaisant dans un RPG pour une majorité de joueurs. Le jeu a changé sa composition initiale pour intégrer plus d'action et moins de tactique.


En effet,
Le jeu n'est pas moche mais certains passages sont vides et Bioware a étrangement recyclé les maps jusqu'à l'overdose
le premier constat qui saute aux yeux est la brutalité et la vitesse des combats : ces derniers sont vraiment agréables et rythmés, les personnages effectuant des mouvements furieux et convaincants (et pas forcément réalistes, cela dit). Malheureusement ça se fait au dépend de la tactique de combat. Si on a toujours accès à la table des IAs afin de configurer à notre souhait l'attitude de nos compagnons, il faut bien admettre que ces combats survoltés permettent moins d'en tirer partie, et surtout de superviser le combat. Il y a cela dit plus d'interactions entre les classes (ou du moins elles sont plus utiles et donc notables), notamment via des effets de capacité : par exemple, une attaque de voleur qui inflige plus de dégâts sur une cible étourdie, un état propre aux guerriers… Pourtant le nombre de ces dernières aura été revu à la baisse. Exit les 15 techniques de voleurs jonchant la barre d'aptitude du personnage (enfin, fallait choisir quoi), ici on bataillera avec 3 ou 4 d'entres elles et ça suffira. Comme elles ont toutes de grandes différences au niveau du temps et de l'espace de la surface de bataille, on les choisira tout naturellement en fonction des situations. Finalement on ne regrettera que le "cooldown" (temps de réutilisation) du seul soin magique du jeu, qui ne permet son utilisation qu'une fois par combat (ce qui est clairement un parti pris, pas un oubli). Niveau prise en main, c'est un sans-faute à mes yeux. Le menu est efficace, les arbres de talents tout autant. Les icones d'objets ne sont pas fidèles à ces derniers (puisque très génériques et iconisés) mais ça reste efficace et classe. Les statistiques des personnages sont toujours aussi évidentes, pas de flou nous est imposé. Puisque le personnage développe moins de compétences actives que dans le premier volume, on peut mieux gérer celles-ci (surtout pour ce qui n'ont pas l'habitude de gérer une barre d'aptitude entière et pleine comme c'est le cas dans certains jeux). Donc c'est bien vu, et surtout cela sert bien l'aspect nerveux du soft (quitte à l'être, autant l'être bien). Niveau visuel, ce n'est pas la panacée, mais ce n'est pas la crise non plus. Certains décors sont récursifs et pas forcément super bien bossés, voir même parfois un peu vides en détails (genre une falaise dénuée de végétation au delà de 10 m de décor, c'est pas super). Mais le tout sert très bien l'aventure et ne gêne que si l'on y cherche à poser son attention. Les personnages sont eux, bien animés, que cela soit durant les combats (avec des chorégraphies percutantes) ou dans les dialogues avec une gestuelle tout à fait appréciable (Hawke tire une tronche qui dépend essentiellement du caractère que vos réponses ont forgées). Les effets visuels, pour les sorts notamment, ne sortent pas de l'ordinaire mais n'ont rien perdu depuis Origins. Bref, tout ça est agréable, bien que sans génie.


Niveau sonore,
La partie sonore reste constante et propose une qualité tout à fait honorable
Dragon Age II est un peu plus discret que Origins, mais les thèmes et l'ambiance se retrouvent bien et contribuent de signer la série d'une emprunte audio unique et intéressante. Pas de petites chansonnettes tristounettes et épiques, mais bien quand même. Les voix sont de bonne facture, même en français, elles collent aux situations et aux personnages (et ceux qui s'en plaignent cherchent vraiment trop loin selon moi, il faut arrêter de se plaindre quand le doublage est bon sans quoi on se retrouvera comme avec les certains titres : plus de localisation du tout !). Ce qui m'aura clairement surpris au final, c'est la différence d'avis lisibles sur le Net. On y note un clair refoulement de la part des testeurs français, alors que les testeurs internationaux (anglais par exemple) ont su apprécier le jeu à sa "juste valeur". Alors, les français sont-ils plus cons que la moyenne ou simplement des enfants gâtés ? Bonne question, en tout cas je ne goûte pas de ce pain là. Les points critiqués ont été, grosso modo, assez variés. Si certains sont très justifiés, d'autres le sont bien moins. D'une manière générale, les gens ne semblent pas comprendre la difficulté qu'ils auront à l'avenir pour trouver un titre innovant à 100% (puisque les possibilités déjà exploités sont énormes et couvrent presque tout ce qui est intéressant) car au delà de ce qui existe déjà, on se retrouverait avec des cas à chier, tel que des personnages moitié poubelle et des scénarios chiants. Non parce que, chacun son point de vue, mais je préfère une histoire assez basique (une guerre, des gens à convaincre...) pour nourrir ma passion du RPG (puisque c'est là un cadre l'utilisant à 100% de son potentiel) plutôt qu'une histoire tortueuse, super bizarre, partant dans des chemins obscurs de sens et d'intérêt, et au final gâchant peut-être même un bon gameplay (ça c'est déjà vu). Bref, apprécier les nouveautés de goût c'est un fait, saquer l'inverse c'est juste être incroyablement naïf (surtout que dans le cas de Dragon Age II, c'est parfois injustifié : par exemple, les personnages ne manquent pas de profondeurs, arrêtez de boire !).



Dragon Age II Note
n'est pas le jeu de l'année, mais il n'est pas non plus la bouse infâme que certains veulent bien nous faire croire. Certes, le soft a clairement des lacunes sur des points difficiles à pardonner (surtout concernant ses lieux répétitifs et repris jusqu'à plus soif), certes le développement aurait sans doute pu être allongé pour permettre de gommer ça ou de le réduire au maximum, mais l'aventure vaut le détour. Pour ses personnages profonds, son scénario tempéré mais efficace et ses combats ultra dynamiques. Enfin, le changement de style n'est pas si gênant du moment que l'on accepte de voir la saga sous un autre aspect. Personnellement, si je préfère la sauce Dragon Age Origins que celle de Dragon Age II (après tout je suis un RPGiste de vieille souche), moi je dis que tout ça reste avant tout une affaire de goût. Et je viens de vous donner mon avis sur la question...



Video test de Dragon Age Origins et Dragon Age II




Test réalisé par Aquel

septembre 2011