Devil May Cry 4 (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : février 2008
Développeur : Capcom
Editeur : Capcom
Genre : beat-them-all - action

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 4.8Go (install)
Moteur graphique : MT Framework
Définition HD : 720p
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : DMC4
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 2.9 millions (tous supports)


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Devil May Cry 4








Lorsque j'ai téléchargé la démo en février dernier, un constat s'imposait de suite : ça arrache !! Sorti simultanément PS3 et sa console concurrente (qui a la fâcheuse tendance à voler les exclus Sony sans partager de son côté) Devil May Cry 4 fait suite à un excellent épisode 3 qui, s'il ne changeait toujours pas une équipe qui gagne comme on dit, a su entériner une formule rôdée au travers d'une mécanique de jeu bien huilée et d'un gameplay peu innovant mais efficient. Ce nouvel épisode pose donc une nouvelle pierre à l'édifice avec une nouvelle fois un jeu efficace en tous points. Premier épisode à sortir sur les machines de 7e génération, on espérait tous en secret que l'évolution de la saga soit à l'image d'un rendu graphique éblouissant. Une question se pose alors : cet épisode est-il à la hauteur de nos espérances de gamers ?


Développement scénaristique
Scénario : cliquez pour ouvrir


Pour la première fois
Des modélisations magnifiques et des animations hyper travaillées au service d'une mise en scène époustouflante. Le scénario lui, est déjà plus banal...
dans un Devil May Cry, ça parle un peu d'amour. Il était temps, la saga étant plutôt violente et bourrine, alors un peu de mélancolie et de finesse ne font pas de mal. Le développement scénaristique se fait pour la première fois entièrement via des cut-scènes 3D d'une beauté sans pareille dans la série. Il faut dire que le moteur graphique est super performant, ce qui a laissé le champ libre aux développeurs pour nous faire des scènes complètement énormes où le je-me-la-pète, marque de fabrique de la série, va bon train. Elles sont donc hyper dynamiques, toujours parfaitement coordonnées ou simplement belles à regarder à l'image de l'intro. Comme on peut le lire un peu partout, cet épisode 4 fait suite au premier dans la chronologie des aventures de Dante, et on y revoit les deux plus belles filles des épisodes 1 et 3 : Lady et Trish. Evidemment la modélisation fait ici des miracles et nos belles assument une beauté planturale. Plus sérieusement, Devil May Cry 4 nous pose là un nouvel héros, j'ai nommé Nero. Comme tout DMC qui se respecte, Nero aussi aura son côté obscur de la Force, un regain de puissance démoniaque légué apparemment par Sparda (Dante et Nero seraient-ils frères ?) et qu'on ne pourra profiter qu'à partir du niveau 6. Le jeu se compose de 20 levels et même si jouer Nero au lieu de Dante peut s'avérer décevant, on peut dire qu'il a presque tout hériter du frérot, de la grande classe pendant les combats à la verve sarcastique, en passant par une puissance dévastatrice. Même si je suis le premier à regretter que Dante soit (un peu) évincé, on retrouve avec ce nouveau héros une copie assez conforme. Et pour faire plaisir aux fans, notre anti-héros préféré sera tout de même jouable, des levels 12 à 18, histoire de finir le boulot inachevé de Nero. Il faut quand même signaler que Capcom n'a pas dévalorisé son héros habituel, puisque Dante est plus puissant, plus rapide et surtout plus classe que Nero. Un juste retour des choses. Enfin petite anecdote, lors du générique de fin, il faut protéger Kyrie pendant 90 secondes pour voir le véritable épilogue, sinon le jeu se termine directement sur le statut final. Et il serait dommage de rater ça...


Jouabilité & Gameplay

On ne change
Evidemment jouer Nero au lieu de Dante peut s'avérer frustrant mais le petit jeune assure finalement bien
pas une équipe qui gagne, tel est le maitre-mot du jeu. Parfaitement jouable en toutes circonstances, j'ai vite retrouvé mes marques par rapport aux anciennes versions. 4e aventure des j'me-la-pète-land, comme je disais lors du précédent chapitre c'est un peu décevant de jouer Nero à la place de Dante. En fait, on joue Nero sur les 2/3 du jeu, et Dante sur un malheureux tiers. Mais, énorme défaut de la part de Capcom, preuve parfois ils sont bien fainéants, on fera le jeu 2 fois. Avec Nero on parcourra toute la région et une fois ce dernier pris au piège, on jouera Dante sur le même parcours mais en sens inverse. Bien sûr les énigmes n'ont plus lieu d'être (d'autres, plus simples prennent parfois leurs places), le parcours s'en trouve simplifié mais quelle faute de goût ! Encore que, étant donné qu'on ne fait que survoler les endroits, y'a pas trop à pester. Là où par contre on pourra se lâcher, c'est sur les boss. Nero les tuent une première fois, Dante s'occupent de les renvoyer en enfers une 2e fois et lors de l'interminable affrontement final, on se les retape une 3e fois avec encore Nero. Ils se sont pas foulés ! Le manque d'inspiration sans doute. Lorsqu'on joue Dante, pour environ 3 heures sur les 9 que dure le jeu, on aura le même gameplay que dans l'épisode 3. Avec la croix on choisit un style (classique, gun, parade ou épée), on aura plusieurs armes disponibles et l'infinie classe de notre héros Spardien préféré. En jouant avec Nero il en est tout autre. Nero ne possède qu'une seule épée (la Red Queen), qu'un seul flingue (la Blue Rose) et ne pourra acquérir aucun nouvel équipement, et ne servira de la Yamato (l'épée de Virgil) que sous sa forme de démon. C'est décevant mais on a des compensations.


Comme Dante il
Avec le Devil Bringer, on découvre une autre façon de jouer à DMC
sera possible de faire des emplettes. Avec les orbes rouges on achète les objets (comme les artéfacts qui remontent la santé) et avec les âmes fières (plus rares) on pourra débloquer de nouvelles techniques et ainsi upgrader ses capacités (bien que ça serve à peine, la puissance brute n'évoluant que très peu). La Red Queen (l'épée) peut être chargée pour faire plus de dégâts (elle est équipée d'un mécanisme mais finalement ça tient plus du gadget qu'autre chose) et on pourra avoir par exemple, le tir chargé pour le flingue (lui aussi une fois upgradé, sa supériorité est grandement mise en doute). La vraie innovation c'est que Nero possède le Devil Bringer, un bras démoniaque qui lui permettra de faire tout un tas de trucs dont Dante est incapable. On peut littéralement lancer le bras pour attraper un item ou un ennemi, et avec on pourra aussi se déplacer via des points d'ancrage. Mais le Devil Bringer est aussi une arme très puissante qui fera beaucoup de dégâts auprès de vos adversaires. C'est (un peu) original, et ça nous change du gameplay habituel de Dante. Et ce qu'on a acheté, peut-être remboursé (satisfait ou remboursé ?), pour par exemple profiter à Dante. Le jeu nous propose bien évidemment de nouveaux gadgets comme le ralentissement du temps (seulement à des endroits bien précis) et diverses énigmes assez simples, même si sur le coup on ne comprend pas toujours l'énoncé. Et dans ce ballet de lames, on retrouve aussi la fameuse récompense de style, histoire de se la jouer le plus -funky- possible. Mais malgré les divers combos réalisables, le jeu reste très bourrin. Niveau de difficulté, le level normal est "faisable" (comprennez pas trop dur) ce qui nous change du premier et du 3e opus, qui étaient horriblement durs. Toujours aussi guidé, le joueur pourra croire en arrivant au château, qu'on lui laisse une certaine liberté. En fait c'est tout le contraire, comme à son habitude le jeu est hyper dirigiste et cloisonné par des murs invisibles (une ineptie de nos jours).


Petite nouveauté
Les combats ont toujours une sacrée pêche !
bien pensée, une mini-carte s'invite à l'environnement graphique et nous propose une agréable vue succincte du lieu (un vue d'ensemble est aussi disponible dans le menu pause) et nous évite ainsi de nous perdre. Entre 2 combats, on retrouve les éternelles phases de plate-formes, partie intégrante de la saga. Une nouvelle fois assez simples, à part 2~3 passages un peu plus délicats, elles ne sont là que pour varier un peu les thèmes. Evidemment la jouabilité excelle dans son imprécision et la gestion de la caméra est toujours un peu cripsante (heureusement, on peut la recaler avec le stick droit). Et oui, "formule DMC" oblige, les sauts sont très approximatifs et la caméra passe souvent sous un angle très mal choisi. Heureusement, ça ne gêne finalement pas notre avancée dans l'aventure. Autre point largement amélioré par rapport à ses prédécesseurs, le lock automatique fait enfin son boulot. C'est pas encore parfait (on finit parfois ses combos dans le vide) mais généralement Nero (comme Dante) vise juste, se tourne automatiquement pour toucher un autre ennemi, bref, pour la première fois on ne pourra rien dire là dessus et les combats y ont gagnés en dynamisme. Et ce ne sera pas de trop contre des boss énormes et agressifs, dont le dernier (le Sauveur) impose une taille de titan. C'est impressionnant ! Mon préféré reste tout de même le premier (Berial), une sorte de Balrog vraiment magnifique et intimidant. Evidemment les techniques de jeu restent à peu prés identiques à celles de DMC 3, avec juste quelques petites modifications comme le double-saut avec appuie sur un mur. On retrouve aussi les missions secrètes (sacrément difficiles à faire) qui vous rapportent toujours un objet précieux. En parlant d'objets, il faut savoir qu'à présent beaucoup d'objets du décor sont destructibles et permettent d'obtenir des orbes (les mêmes que dans les opus précédents, pas besoin d'expliquer). Le jeu s'ouvre sur un didacticiel assez sympa et lorsqu'un niveau est terminé, on peut le refaire à sa guise (une fois le jeu fini, on peut refaire l'aventure avec le perso de son choix).


L'image

La réalisation est comme toujours énorme.
Une fois de plus, Devil May Cry pose un design somptueux et des graphismes de toute beauté
Je me souviens encore de mes yeux écarquillés devant le premier Devil May Cry sur PS2 avec son ambiance gothique, ses boss énormes et avec ce 4e épisode, j'ai un peu retrouvé ça (surtout dans le niveau du château). Les décors sont vraiment splendides et on retrouve tout le charme du premier opus dans un design structuré vraiment impressionnant. Au moins sur le plan graphique, on ne peut pas dire que les versions next-gen déçoivent, même en terme d'aliasing ça reste très propre avec des effets d'escalier très légers. Nos consoles étant limitées en RAM (512Mo je le rappelle), le jeu passe son temps à charger les données, voilà pourquoi on aura de temps en temps quelques bugs sur les ombres et quelques textures tardives mais rien de méchant, ça reste splendide notamment grâce au fameux HDR qui dynamise les effets lumineux. Avec son goût prononcé pour l'exagération (Lost Planet ?), Capcom fait encore preuve d'un certain désordre visuel notamment contre des boss titanesques, avec tout de même une maîtrise de leur folie destructrice (c'est un peu moins le bordel, ça reste visible). Enfin les modélisations sont tout bonnement excellentes. Kyrie est belle à mourir (je veux bien être digitalisé si ma femme est aussi belle), et le trio Gloria/Trich/Lady est "too much sex" !! Et j'en remets une couche sur le fait que les cut-scènes déménagent sévère...


Le son

Depuis 3 épisodes on
Un son de qualité mais une plage musicale assez banale
est désormais habitués, le son fait dans l'alternance de musicalités. D'un côté nous avons du gothique bien glauque pour ce qui est de la plate-formes et de l'exploration, et d'un autre on a de l'Electro-Metal pour les combats (un peu répétitive d'ailleurs, d'autant qu'elle intervient souvent). Un duo musical déjà-vu 3 fois. Le doublage (toujours US chez Capcom) est bon, plein de petites blaguounettes et d'arrogance de la part de nos héros. Question bruitages, peu de changements avec toujours du très bon travail, du très efficace et explosif. Malheureusement, si la qualité est comme toujours de mise, on regrette que la formule n'avance jamais (pas même un tout petit peu) et finalement, c'est tellement déjà-vu qu'on trouve ça banal. Pas mauvais, toujours dans le ton mais banal.


Note générale

Du grand spectacle, comme toujours ! Voilà ce qu'il faut attendre de ce jeu. Muni d'un simple (mais énorme) flingue et d'une épée, Nero possède ses propres atours face à un Dante plus classique, notamment avec son bras droit qui lui octroie quelques pouvoirs maléfiques assez balèzes. Capcom signe donc le grand retour d'une de ses plus grandes licences, autrefois exclusive à la PS2. Personnellement je ne suis pas fâché de partager avec les "Microsoftiens" les licences exclusives aux consoles Sony, à condition qu'ils fassent de même (je veux du Gears of War sur ma PS3 !). Toujours axé sur le grand spectacle, le gros fun et la j'me-la-pète-attitude, la licence Devil May Cry trouve ici l'apogée de sa formule, je dirais même l'apogée de son "ancienne formule", qui finalement n'a que peu évolué depuis le premier épisode. On peut aussi en dire long sur une difficulté parfois déséquilibrée, comme lors du second jeu de l'oie (à la fin du jeu) qui est particulièrement long et lourd-dingue puisqu'il s'efforce de faire inutilement durer le plaisir et nous ressort les boss déjà affronté 2 fois. Et c'est également ici que se trouve la seconde grosse critique du jeu : refaire la même aventure à l'envers, même si on joue le puissant Dante avec quelques variantes qui égayent le tout, marque le manque d'inspiration des développeurs. En bref, on ne change donc pas une équipe qui gagne et Capcom sait faire perdurer sa série au détriment des grosses nouveautés. Mais une fois de plus, l'ambiance et la réalisation ont raison de nous et on s'éclate comme des bêtes, faisant de Devil May Cry 4, le meilleur jeu (actuel) de sa catégorie. C'est tellement puissant et tellement beau que finalement, on veut bien fermer (une dernière fois) les yeux sur ses défauts (comme un scénario prétexte et un peu simpliste). Bref un très bon jeu, tout simplement.


Test réalisé par iiYama

février 2008 (mise à jour : aout 2012)