Conflict Denied Ops (PS3)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : février 2008
Développeur : Pivotal Games
Editeur : Eidos Interactive
Genre : FPS

Support : 1 Blu-Ray
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Espace disque nécessaire : 3Mo (saves)
Moteur graphique : Puncture Tech
Définitions HD : 720p - 1080p
Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs en co-op - 16 joueurs online

Abréviation : Conflict 5
Titre alternatif : Cross Fire
Prix au lancement : 70€
Score des ventes : 400.000 (tous supports)


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Conflict

Denied Ops



La série des Conflict a démarré très fort avec le premier Desert Storm sur PC en 2002 et depuis, elle n'a cessé de décroître. Autrefois en vue à la 3e personne (TPS), les développeurs essayent ici de redonner un second souffle à la saga, en passant en vue à la première personne (FPS) et en réduisant l'équipe à 2 soldats. Seulement ce revirement de situation ne suffira pas à faire oublier le massacre progressif de la licence et Denied Ops doit s'imposer sur la génération HD de consoles, pour reprendre du peps. Testé en avant-première 2 semaines avant sa sortie (grâce à une démo américaine), ça fait un peu plus d'un an que je garde une bonne impression de ce jeu. Pourtant, à la vue des notes finales, vous vous doutez bien que le pari n'est pas tout à fait réussi, notamment parce que graphiquement on a vu mieux, que la construction scénaristique est antédiluvienne et que finalement, à part son binôme, il ne propose rien d'original. Malgré tout, il reste un FPS bien sympa, en offrant une alternative agréable aux jeux du genre : le co-op'.


Développement scénaristique

Dans Denied Ops
La mise en scène est médiocre
on joue Lang et Graves, 2 agents paramilitaires de la CIA. Mais les originalités s'arrêtent là puisque le scénario est vu et revu, à base de conflits, de menace nucléaire et d'investigations musclées à mener soi-même. Le scénario est en plus très mal développé (par exemple on ne sait pas vraiment pourquoi on débarque dans le premier niveau) avec principalement des vidéos d'une qualité vraiment médiocre (bien qu'elles passent mieux sur consoles que sur PC), et quelques rares cut-scènes pas géniales non plus. A croire que les développeurs se sont crus dans une époque lointaine.


Jouabilité & Gameplay

Tout le gameplay
D'une simple touche, on switche d'un personnage à l'autre
tourne autour de notre duo de soldats, qui sont complémentaires puisque les 2 compères sont armés de fusils diamétralement opposés : Lang est équipé de base d'une M60 et Graves d'un fusil de sniper (les 2 protagonistes possèdent aussi des 9mm à silencieux). Comme dans Kane & Lynch ou Army of Two, c'est cette dualité qui fait la richesse du jeu. De plus, en pressant simplement une touche, on "switche" d'un combattant à l'autre (d'ailleurs j'ai apprécié "l'effet voltige" lors du changement) et les réactions ne sont pas dénuées de sens. Si le premier est gravement touché, on prend les commandes de l'autre et on doit aller le soigner (un peu à la façon des jeux nommés), lorsqu'ils sont proches et que l'un recharge ou se ravitaille, l'autre monte la garde, etc. On a aussi un système d'ordres très simplifié qui nous permet d'indiquer où se positionner, quelle cible abattre ou qui protéger. Certes l'IA de notre coéquipier prend peu de décisions mais il ne se laisse pas bêtement shooter, sait se mettre à couvert et nous couvre si on le demande. Avec le système d'ordres, on peut même échafauder de véritables plans d'attaque lorsque la situation le permet. Par exemple on peut poster Graves en hauteur pour qu'il snipe tout ce qui bouge, pendant qu'aux commandes de Lang on sera plus au corps à corps tout en indiquant quelles cibles sont prioritaires (ou encore on peut entrer dans une pièce par 2 endroits différents). En plus, la plupart des niveaux sont légèrement ouverts (notez l'adjectif qui minorise) puisqu'on pourra procéder de plusieurs façons, notamment parce que certaines zones sont accessibles via 2 ou 3 chemins différents. Bien sûr on nous impose des missions et des objectifs très simples, ce qui nous évite les prises de tête de certains titres. Et comme nos 2 acolytes ne sont pas armés de la même façon, on a en plus 2 méthodes d'approche : subtile ou bourrine. Avec Graves on peut se la jouer infiltration alors qu'avec Lang on a tendance à rentrer dans le tas, la M60 ne faisant pas dans la dentelle. A noter tout de même qu'il faudra bien faire gaffe à Lang lorsqu'on veut la jouer fine car dés qu'il voit un ennemi, il tire (et pose les questions après), ce qui gâchera votre approche en douceur (bien que certains passages nous imposent soit la discrétion, soit d'être plus primitifs).


Après le premier niveau,
Le travail d'équipe est primordial étant donné que les 2 personnages ne possèdent pas le même armement
on nous laisse le choix de notre destination sur les 3 zones de conflits (Russie, Amérique du Sud et Afrique), même si ça reste gadget puisque tous les niveaux sont à faire de toute façon. Par contre, c'est un peu gonflant que tous les levels se finissent de la même manière, avec à chaque fois des dizaines d'ennemis qui nous assaillent pile sur la zone d'extraction. A chaque fin de niveau, notre tandem aura quelques upgrades de leurs armes de bases comme Graves qui récupère un module de calibre 12 et un silencieux pour son snipe ou Lang qui chope un bazooka et un chargeur haute capacité pour sa mitrailleuse. Dommage par contre que les armes soient imposées (quoique, c'est aussi ce qui fait l'attrait et la dualité du jeu) puisqu'on ne pourra jamais ramasser une arme ennemie ou même ramasser des chargeurs ailleurs que dans les caisses de ravitaillement. L'action est très soutenue (c'est même un peu exagéré à chaque fin de level), voire même explosive notamment grâce à l'omniprésence de bonbonnes de gaz et autres bidons d'essence, ce qui dynamise bien l'action. Question jouabilité, Conflict : Denied Ops pose un maniement souple, à l'image de Resistance : Fall of Man ou d'un Halo 3. Dernier bon côté du jeu, on peut prendre en mains les armes fixes et on conduira quelques véhicules (blindé, tank, hydroglisseur) ce qui nous fera retrouver un peu les sensations exaltantes de Frontlines : Fuel of War. Mais dans un soucis d'objectivité, il faut aussi évoquer les mauvaises facettes du jeu et je commencerai par le fait que les armes secondaires (véhicules ou mitrailleuses sur trépieds) ont une visée par à-coups extrêmement désagréable et imprécise. D'ailleurs nos propres armes manquent de précision (surtout la M60) et le jeu n'est pas du tout réaliste puisqu'à moins de tirer dans la tête, les ennemis encaissent trop de balles. De plus, l'IA qui les gère est simplement idiote et pour moi un mec qui prend 3 bastos dans le corps et se relève sans broncher, prêt à vous tirer dessus, encore une fois c'est loin d'être crédible. Dommage, cette facette peu reluisante du titre nous gâche un peu l'expérience.


L'image

Nommé Puncture Tech,
Le jeu n'est pas moche, loin de là mais il y a bien mieux
le moteur 3D de Denied Ops nous livre des graphismes très corrects. Je ne reviens pas sur la piètre qualité des vidéos (oui ce sont des vidéos et non des cut-scènes gérées par le jeu) et je déplore pareillement une qualité en dents de scie. Certains passages sont clairement au dessus du lot comme la banquise de Sibérie ou les passages caverneux, mais globalement il n'y a pas de quoi s'exploser les yeux. Nos 2 protagonistes principaux sont pas trop mal détaillés mais les autres ont des animations un peu hachées et se ressemblent tous (trop peu de modèles différents). Le jeu manque clairement de finitions puisque la gestion des collisions n'est pas bonne, certaines textures sont grossières et les PNJ n'ont aucune expression (avec en plus des morts ayant les yeux ouverts). En plus de tout ça, on assiste aussi à des bugs graphiques, certes pas bien méchants mais présents. Heureusement tout n'est pas blanc tout n'est pas noir, Denied Ops a aussi de bons côtés. Le jeu n'est pas super beau certes mais visuellement il reste agréable, la vision nocturne est particulièrement bien faite, certains détails sont bien travaillés (traces de pas dans la neige, impacts de balles) et la plupart des objets sont joliment destructibles (pans de murs, caisses, barricades, statues...) ce qui donne, avec des explosions assez omniprésentes, un jeu suffisamment dynamique pour accrocher. A noter aussi que cette version PS3 est légèrement différente de celles sur X360 et PC (qui elles, se ressemblent beaucoup). Sur la console de Sony on a un aliasing très prononcé (la maladie de la console), une option manquante (on ne peut pas doser la luminosité du jeu, ce qui peut être pénalisant) et les effets de stries lors des explosions ou lorsqu'on tire, sont plus prononcés. A noter aussi que les loadings sont les plus longs des 3 versions mais aussi que le jeu est étrangement plus rapide. Si l'un dans l'autre cette version est s'en sort avec les honneurs, ces détails peuvent jouer dans la balance, entre acheter une version plutôt qu'une autre. Après c'est sûr, si on commence à le comparer à un Call of Duty 4, alors Conflict : Denied Ops passe pour le vilain petit canard. Faut comparer ce qui est comparable...


Le son

Ce qui m'a tout de suite séduit,
De très bonnes musiques accompagnent l'aventure. Les bruitages sont bons et le doublage est correct
c'est la qualité des musiques. Des musiques qui se font de plus en plus rares dans les FPS et qui ici, prennent des enlevées mémorables. Très cinématographiques dans l'âme, elles s'accordent en plus avec l'environnement (choeurs pour la Russie, rythmes légèrement tribaux pour l'Afrique) et reste toujours dynamiques, ce qui donne du corps à l'aventure. Un vrai plaisir. Autre facette bien agencée de la partie sonore : les bruitages sont percutants et assez réalistes, ce qui favorise l'action. Ensuite, on reconnaît bien les voix de certains doubleurs de séries TV ou de jeux récents. Le doublage est parfois inutilement surjoué mais garde une certaine crédibilité tout au long du jeu. Par contre, il est idiot que tout ce beau monde profite un peu trop des mêmes voix et surtout que les dialogues ne soient pas accordés au pays. Qu'ils soient Rwandais, Russes, Américains ou Sud Américains, ils ont tous une voix occidentale. C'est regrettable et c'est ce qui ampute la note du chapitre d'au moins un point. A noter enfin que lors des vidéos, la synchro labiale est à l'ouest alors qu'elle est très bonne lors des dialogues "in game" (à ceci près que les PNJs ouvrent à peine la bouche, même pour hurler).


Note générale

Conflict : Denied Ops n'est pas un mauvais jeu, c'est juste qu'il aurait du sortir quelques mois avant Call of Duty 4 pour ne pas souffrir injustement de la comparaison avec l'un des FPS de référence de ces dernières années. Tout à fait dans la trempe d'un Soldier of Fortune : Payback ou d'un BlackSite (il est peut-être même meilleur que ces 2 là) tout en lorgnant sur une double personnalité façon Kane & Lynch, il reste un jeu sympa à parcourir mais qui ne restera pas dans les livres d'histoire. La faute à un flagrant manque de finitions, une jouabilité pas toujours carrée, des graphismes en deçà des attentes et une histoire déjà vue, à des années lumières d'être originale. Malgré tout certains le trouveront assez fun, surtout s'il est pratiqué en co-op, sa réalisation n'est pas aussi pitoyable qu'elle parait et le son a été bien travaillé. Il y a donc des plus et des moins mais au final, s'il était sorti quelques mois auparavant, il aurait (selon moi) été mieux accueilli. Difficile de le comparer aux autres titres de la série Conflict mais il reste un jeu sympa si on le prend comme il est et qu'on ne le paye pas trop cher.


Test réalisé par iiYama

février 2008 (mise à jour : mai 2009)