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A l'image des 
Le scénario est assez classique mais la mise en scène est impressionnante. Merci Kojima :)pays du monde entier, c'est une tendance de plus en plus en vogue, les grands éditeurs sous-traitent leurs productions (voici quelques exemples : Dark Voïd et Bionic Commando, développés par GRIN et non par Capcom, Wolfenstein développé par Raven et non par id Software ou encore F.E.A.R. 3 qui est en développement chez Day 1 Studios au lieu d'être produit par Monolith lui-même). Bref, même le Japon s'y met, en particulier Konami (après tout, même nos consoles ne sont plus fabriquées au Japon mais en Chine). En effet l'éditeur Japonais est surtout connu pour 2 grosses licences, Silent Hill (désormais aux mains de Double Helix et de Climax) et bien entendu Castlevania (il y a aussi Metal Gear Solid mais c'est un sujet bien à part qu'on rattache plus facilement à Kojima Productions). Jusqu'à aujourd'hui, la licence a eu beaucoup de mal avec la 3D. S'il est vrai que j'ai apprécie les épisodes PS2 (Lament of Innocence et Curse of Darkness), ça reste 2 petits jeux, loin de l'envergure, de l'aura dont profite la série. Alors en marge d'un Castlevania HD qui m'a laissé un peu froid, cette fois le projet a été confié à MercurySteam (oui, le nom est accroché), qu'on connait déjà pour le sympathique Clive Barker's Jericho. Ainsi Konami s'assure de donner du sang neuf (de vierge de préférence) à une licence qui s'est peu à peu embourber dans la masse des petites productions... malgré toutes ses bonnes intentions. Et MercurySteam a mis les bouchées doubles pour remettre Castlevania sur les rails, en s'associant par exemple à la prestigieuse team de Kojima Productions, qui a supervisée le développement du jeu et a bien entendu travaillée sur la mise en scène puisque c'est eux les grands manitous du style (et puis faire parler du jeu en apposant un tel label, ça aide forcément à en vendre plus). En l'an 1047, le joueur incarne Gabriel Belmont, un membre de la Confrérie de la Lumière. Gabriel perd sa femme, assassinée par des adorateurs de l'ombre. Il décide alors, un an après sa mort (il est lent à la détente) de se mettre en route et de la ramener dans le monde des vivants. Il part à la recherche d'un mystérieux artefact, un masque doté de pouvoirs immenses dont celui de ramener les morts à la vie (le masque de lumière). Malheureusement, le masque est brisé en 3 morceaux qui ont été confiés aux seigneurs des ombres...
Tout de suite, 
Ce LoS est un melting-pot de plusieurs inspirations, sans pour autant qu'il en perde son identité. Joli tour de passe-passeça donne envi non ? Il faut ajouter à ce "plot" de départ, que la mise en scène, très Hollywoodienne, est évidemment de grande qualité (label Kojima oblige) et que les développeurs, afin d'affiner un peu plus le fond du scénario, nous distille des textes avec voix-off lors des chargements. Ca fait patienter et on en apprend un peu plus. Si ça fait plaisir d'enfin re-incarner un Belmont (ça faisait bien longtemps que ce n'était pas arrivé), la série a un lourd passif de jeu bof-bof dés qu'il s'agit de passer à l'action. Et bien notre gaillard (qui ressemble fortement Josh "Sawyer" Holloway de la série LOST) utilise une sorte de croix (qui à son tour ressemble à la Croix de Béatrice de l'excellent Dante's Inferno), avec pour fonction de faire un parfait pieu mais aussi un sacré fouet. Là aussi le retour aux origines est salvateur, même si avec sa super allonge, le lien avec God of War est vite établi. On retrouve bien entendu la panoplie de combos qui va bien, et à chaque ennemi tué on gagne des XP. Ces points sont ensuite utilisable dans le "carnet de voyage", qui nous permet à la fois de connaitre chaque technique mais aussi d'en acheter de nouvelles. En pleine baston, une bonne gestion des esquives est primordiale et MercurySteam nous propose quelques QTE assez originales dans la forme. De la bouche même du producteur, grand fan de Super Castlevania IV, on dispose également d'objets de lancés (tels que les couteaux) qui sont sacrément puissants. Si le titre est violent (et sanglant par moment), il se pare aussi de phases plus originales comme des séquences de plate-formes/grimpettes à la Uncharted ou même des bastons monumentales à la Shadow of the COLOSSUS. Malheureusement vient à point nommé le seul réel du jeu : la caméra. En effet, elle est gérée automatiquement et pas toujours sous un bon angle. En plein combat on prend souvent des coups car on n'a pas les ennemis en face (ils se cachent sur les bords de l'écran) et pour les phases de plate-formes c'est pire, l'angle préconisant les sensations à un point de vue pratique, il faudra recommencer souvent ce type d'action, au demeurant toute bête. Heureusement il n'y a pas là de quoi nous décourager et nous gâcher l'expérience, d'autant que l'histoire accroche et que la durée de vie excelle : l'aventure dure en moyenne 15 à 20 heures.
C'est énorme quand 
Techniquement impressionnant, LoS est le premier Castlevania en 3D a valoir le coup graphiquementon sait que la plupart des grosses productions actuelles arrivent difficilement à tenir un quota de 8 heures (bon d'accord, il y a 10 ans, on aurait trouvé ça normal mais les temps ont changés). La partie technique donne enfin tout son potentiel. Après les épisodes N64 et PS2 (les seuls à être vraiment en 3D), qui n'étaient pas spécialement réussis, nous voici enfin face à une production qui en jette ! L'aliasing est assez présent (très présent même par moment) mais la qualité des décors est indéniable. Franchement éclectiques (même si on reste toujours dans le carcan d'environnements sombres et gothiques), certains sont vraiment magnifiques, les effets lumineux sont superbes, la pluie est plus vraie que nature et le bestiaire a été très bien étudié. Ce dernier propose tout un parterre de gueules d'amour à frémir d'horreur, dont les inspirations sont diverses et bien mises en valeur. Enfin le son reste assez classique au genre avec les habituels morceaux symphoniques qui sied bien au genre (la qualité est quand même un cran au dessus avec des compostions souvent très belles, comme celle de l'écran titre), les bruitages donnent bien et le doublage est de qualité. Comme toujours chez Konami on n'a pas de doublage en Français (et c'est toujours aussi emmerdant de rater une superbe cut-scènes juste pour lire des sous-titres) mais après tout MercurySteam est espagnol et ils n'y ont pas eu droit non plus. Tout le monde est au même niveau mais il serait quand même temps que l'éditeur Japonais s'y mette (SEGA l'a bien fait lui !). Lords of Shadow est donc le tant attendu renouveau d'une série qui a perdue tout son éclat depuis sa naissance sur NES en 1988. C'est vrai, les inspirations sont facilement notables (God of War en tête de liste puis Uncharted, Shadow of the COLOSSUS, Dante's Inferno dont les histoires ne sont pas si éloignées) mais étonnamment, le jeu n'en perd pas en crédibilité, en charisme et en identité. Fort d'un gameplay bien dosé (et d'une difficulté bien dosée elle aussi, ça nous change de tous ces opus inaccessibles aux "humains"), d'une bonne mise en scène et d'une réalisation somptueuse, ce nouveau Castlevania devient le concurrent le plus sérieux à tous les beat-them-all actuels. Je vais même vous dire mieux, pour cette fin d'année 2010, il est le meilleur jeu du genre.

