Splinter Cell Double Agent (PS2)

 







Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale



Sortie du jeu : octobre 2006
Développeurs : Ubisoft Montreal
Editeur : Ubisoft
Genre : infiltration

Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Support : 1 DVD
Moteur graphique : Unreal Engine 2.5
Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs
Titre alternatif : Splinter Cell 4
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 1.2 Millions (tous supports)


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Splinter Cell

Double Agent


Après 3 épisodes
La qualité des vidéos est décevante
en plus ou moins 3 ans, il était temps qu'Ubisoft renouvelle sa fameuse licence. Certes Chaos Theory était l'apogée d'une excellente "formule", cependant à chaque nouvel épisode, cette même formule ne faisait que s'améliorer, elle n'évoluait pas. Avant toute chose, il faut mettre au point plusieurs détails. Double Agent fut cette fois développé non pas pour la Xbox, puis transposé sur les autres supports, mais a subi un double développement. Car il faut bien distinguer la version PS2/Xbox/GameCube/Wii (que j'appellerai version 6e gen, par rapport à la génération de consoles) et la version Xbox 360/PC/PlayStation 3 (que j'appellerai version 7e gen). On notera que pour cet épisode, le PC profite du portage de la version Xbox 360, et non Xbox. Les graphismes s'en ressentent. Pour Double Agent, Ubisoft a fait appel à 3 de leur studios et il est à noter que cet opus a réellement 2 visages. Pas mal de choses changent, comme l'interface (reprise du Chaos Theory sur la version 6e gen) ou encore du contenu exclusif comme un caméo spécial sur Xbox et 2 missions supplémentaires sur PS2. Autre détail, sur la version 6e gen, Fisher nous fait vivre ses souvenirs quand la version 7e gen nous fait vivre l'instant présent. En somme, les 2 versions diffèrent mais heureusement le fond lui, reste identique et à hauteur de chaque support : les notes restent donc les mêmes, sauf sur Wii qui écope de 2 notes dédiées. Avant de commencer, il est à noter que la version Wii (adaptée vite fait de celle sur GameCube) est sortie 2 mois après les autres, quant à la PS3, étant donné que la console n'est sortie qu'en mars de l'année suivante (2007), il est naturel de ne voir le jeu arriver qu'à cette date-là. Double Agent aura quand même mis 18 mois à voir le jour, contre une année calendaire jusque-là. Ce petit regain de temps aura profité à Ubisoft pour revoir un peu son jeu, revoir la progression dans l'aventure, le gameplay, etc.


Personnellement,
Même si le fond reste le même, Double Agent existe en 2 versions : celle pour consoles de 6e génération et celle pour consoles HD et PC
si j'ai abordé les 3 précédents volets de façon sereine, étant donné que je connaissais déjà plus ou moins l'intrigue de départ de cet épisode-là, j'admets avoir été quelque peu inquiet. Cette dualité, cet aspect "double face" allait casser les codes de la série et personnellement, après le vif succès du Chaos Theory, je n'étais pas spécialement enthousiasmé. Bref, Sam Fisher reprend du service. Suite à une mission qui se passe assez mal (un coéquipier se fait tué), la descente aux enfers continue avec la mort de Sarah (sa fille), apparemment renversée par une voiture. De là notre héros perd les pédales et puisqu'il n'a plus rien à perdre, il se voit confié la plus difficile et dangereuse mission de sa vie. Pour ça il se fait incarcérer dans une prison, prend contact avec Jamie Washington avec qui il s'échappera pour rejoindre les rangs de la JBA (John Brown's Army), un groupuscule armé et révolutionnaire. Sam va donc devenir un agent double à la solde de la NSA, en infiltrant la JBA de l'intérieur… Il est clair que pour une fois, le scénario va plus loin. Maitre Clancy s'est sorti les doigts du fondement pour nous écrire un synopsis attrayant et rondement bien appliqué. Ca nous change des menaces nucléaires et toxiques, ainsi que des guerres mondiales qu'il faut à tout prix éviter. De plus on aura des choix moraux à faire, ce qui pourra influer sur l'une des 3 fins accessibles. Le seul bémol à tout ça, c'est que les vidéos ne sont qu'à peine meilleures que lors du Chaos Theory et l'épilogue n'est pas du tout gratifiant... la fin est même particulièrement merdique ! En contrepartie, nous avons aussi (et c'est bien une première) des cut-scènes, certes qui ne vont pas très loin mais qui prouvent que le développeur a cherché à diversifier sa mise en scène. A partir de là, beaucoup de choses ont changées par rapport à la première trilogie… et d'autres ont stagnées. Les chargements sont en autre très longs mais en contrepartie, nous avons des petites vidéos avec voix-off, qui font office de briefing (7e gen).


Si le jeu dispose
Le gameplay, en grande partie repris du Chaos Theory est toujours aussi bon
toujours d'un mode multi (dont je ne parle jamais puisqu'à mes yeux, Splinter Cell ne s'y prête pas), nous avons aussi le glorieux retour des didacticiels. Dans un décor d'un blanc épuré, très inspiré par les Missions VR de Metal Gear Solid, on peut aussi y voir les prémices de ce que sera l'Animus d'Assassin's Creed. Certes un peu concis dans le gameplay de base, je regrette également que certains rudiments doivent s'apprendre sur le tas comme le forçage des coffres ou le système de piratage, qui sont au demeurant simples mais dont une petite note explicative n'aurait pas fait de mal. Comme d'habitude, Sam pourra pirater certains terminaux, passer certaines portes autrement bloquées mais aussi forcer les ordinateurs qu'il croise. Si cet aspect recherche reste toujours aussi agréable, il est par contre très con que le défilement du texte se fasse automatiquement. Personne ne lit à la même vitesse et déjà que le défilement automatique est pénible en soi, le fait qu'il revienne tout seul en haut de page rend la lecture particulièrement chiante. Heureusement, ce désagrément n'est valable que pour les textes longs. Double Agent s'articule autour de 2 types de missions : soit nous sommes au sein même de la JBA, soit on est en extérieur. Au cœur de la JBA, nous devons réaliser certains objectifs prioritaires, comme récupérer des documents ou pirater un terminal. Tout le truc, c'est que le jeu nous impose une double jauge de confiance (JBA d'un côté et NSA de l'autre) et qu'il ne faut pas se faire repérer dans les zones qui nous sont interdites. Comme les dirigeants de la JBA sont méfiants, il est clair qu'ils veulent nous cloisonner mais pour véritablement infiltrer les lieux, il faudra se mouiller et braver les interdits. Mais moi ce qui m'ennuie dans ces phase de jeu, c'est que le temps est limité. Dans ce temps imparti, il faut absolument réaliser les objectifs principaux (généralement trouver des renseignements pour la NSA) et s'il nous reste du temps, on pourra ensuite réaliser les objectifs secondaires.


Et personnellement,
Les ennemis nous repèrent trop facilement. Il faut dire que les missions se passent presque toutes de jour
je n'aime absolument pas qu'on me presse au cul comme ça ! Avoir cette épée de Damoclès sur la tête est vraiment quelque chose que je déteste, surtout dans un jeu. Ceci dit le temps est toujours suffisant si on avance de façon raisonnable, même si j'aurai préféré faire ça à ma vitesse et à ma façon. Après, la JBA nous assigne des missions en extérieur et là, heureusement pour nous, le temps ne jouera plus contre nous. On lâche cet aspect open-world que peut avoir la base de la JBA, pour retrouver une dimension connue de la série, à savoir un parcours nettement plus linéaire et une ambiance plus classique. Personnellement, je préfère. Je reviens 2 minutes sur la jauge de confiance, qui est une source de stress, elle aussi. Si on se fait choper à fouiner dans les locaux de la JBA ou si on ne réalise pas certains objectifs, cette jauge dégringole et il est évident qu'une fois à zéro, la confiance est perdue et la mission est terminée. Du côté de la NSA, c'est un peu le même topo. Il faut réaliser les missions qu'on nous ordonne, sans quoi la confiance n'est plus et la NSA croit que nous avons tourner notre veste. Ainsi les actes et conséquences peuvent avoir une influence directe sur la confiance des 2 parties, le but étant de rester en bon contact avec les 2 (l'un vis-à-vis de l'employeur, l'autre pour ne pas gâcher sa couverture). Après dans le fond, ça reste du Splinter Cell, avec ce que ça insinue d'infiltration. Plutôt exigeant, comme le jeu se passe surtout de jour, les infiltrations sont désormais plus délicates. La difficulté par l'échec reprend ses droits et si au fil des épisodes la licence avait tendance à s'ouvrir et à se faciliter un peu, Ubisoft a resserrer l'étau un bon coup. Quelque part on retrouve l'aspect un peu élitiste de l'infiltration pure et dure, même si au fond on s'en sort très bien. Donc, fini les zones bien sombres où on était invisible, il faut dorénavant la jouer super fine, ce qui est quand même pas mal frustrant. Ce changement est déjà assez pénible en soi mais en plus les ennemis nous repèrent un peu trop facilement, parfois même de façon inhumaine et improbable. Et ça, c'est sacrément chiant. Du coup on passe son temps à sauvegarder le moindre pas, plutôt que d'avancer naturellement comme ce fut le cas avec l'excellent Chaos Theory qui, de son côté, était plus équilibré.


Comme ce 4e épisode
La qualité du son est exceptionnelle : musiques évolutives, excellents bruitages et doublage de très bonne qualité
est le premier à être à cheval sur 2 générations de machines, les différences se font remarquer et pas seulement au niveau des graphismes. En effet sur les supports les plus récents (7e gen), nous avons un radar qui positionne l'emplacement des ennemis (pratique) mais en contrepartie nous avons une vision nocturne particulièrement moche et désagréable. Les anciennes consoles conservent la vision nocturne classique (ce qui n'est pas un mal) ainsi qu'une interface plus proche de ce qu'on connaissait. La jauge de bruit a disparue mais les ennemis pourront quand même nous entendre si on ne fait pas attention. Il y a quelques nouveautés comme se planquer sous un bureau, sous un lit ou dans un placard mais pour compenser cette jolie nouveauté, la caméra est souvent trop proche de Sam Fisher : on ne sait plus ce qu'on fait et ça rend la progression parfois lourde. Notre héros se voit également doté de nouveaux gadgets (mais pas de nouvelles armes) et surtout, il ne rate plus aucun tir. Entre nous il était grand temps et on en attendait pas moins d'un agent secret (à ce propos, la visée sniper est nettement plus stable et le souffle plus long… Sam semble avoir arrêté l'alcool et là aussi, ce n'est pas un mal). Maintenant pour justifier les notes de la décevante version Wii, sachez que les déplacements se font avec le Nunchuck, les actions et la caméra se gérant via la Wiimote. Tout semble normal or il n'en est rien ! En fait si le jeu semble de prime abord bien adapté à la Wii (en réalité reprise de la version GameCube), il faut reconnaître que la jouabilité est très imprécise voire même bordélique ! Lorsqu'on sort une arme, c'est la croix et la bannière pour viser, la caméra part dans tous les sens, les actions contextuelles sont chiantes à placer... résultat on se fait repérer, puis tuer ! Et tout le problème est là : la jouabilité de la version Wii est complètement ratée, elle est CA-TAS-TRO-PHI-QUE, ce qui rend le jeu injouable et impraticable ! Pour les autres versions, il est clair que tout a été repris du Chaos Theory : il y a de maigres améliorations, des trucs qui se sont alourdis, en clair du bon et du moins bon. Pourtant il ne sera pas difficile de noter que le titre manque sérieusement de finitions.


Par exemple
Quelque soit la version, Double Agent est un beau jeu
lorsqu'on dépose un cadavre, parfois Sam va le jeter comme un vieux tas de viande, parfois on voit des plantes qui bougent comme si elles étaient au vent… alors qu'on est à l'intérieur (!), certaines bouches ne s'ouvrent pas lorsque les PNJs parlent ou encore elles s'ouvrent de façon complètement bizarre, comme si Fisher jouait les ventriloques avec l'ennemi qu'il menace de son couteau. Ainsi j'en viens tout naturellement à parler des animations. Si notre personnage est toujours aussi fluide et irréprochable, les PNJs eux, sont souvent animés à l'arrache. Pire, lors des missions, nous affrontons une armée de clones : il suffit de tous les attraper à la suite pour s'apercevoir qu'ils ont tous la même tête… ou presque. Pareillement, les expressions faciales ont presque disparues. Autrefois un type kidnappé avait la trouille de mourir, là on dirait qu'il s'en fout complètement ! Finalement, seul Fisher s'en sort avec les honneurs : modélisation top niveau, expression faciale de qualité, animations hyper réalistes. Après, quelque soit la version, Double Agent est un beau jeu. Encore une fois la version PS2 est le parent pauvre avec des graphismes très ternes mais dans l'ensemble, ça tient parfaitement la route. Les versions Xbox/GameCube/Wii (qui sont presque identiques) sont d'un très bon niveau, quant aux versions X360/PC/PS3, elles sont en toute logique un cran au dessus, la HD faisant son bout d'effet et la puissance des supports aidant à afficher plus de détails (comme le grain de peau ou la finesse d'une petite cicatrice). Enfin le travail sur le son est admirable. Sans dire que nous avons d'excellentes musiques (elles restent assez banales finalement), on notera par contre qu'elles évoluent en temps réel afin de donner plus de tension au joueur, lorsque le stress monte ou qu'on approche un ennemi. Les bruitages aussi bénéficient d'un nouveau rendu très propre et enfin le travail voxographique est admirable. Au rang des célébrités on notera les habituels Daniel Beretta et Antoine Tomé pour les voix de Fisher et Lambert, et on reconnaitra quelques sommités du doublage français comme Philippe Catoire (le Maire Clayton de RAGE), Damien Boisseau (la voix attitrée d’Edward Norton et de Matt Damon), quelques apparitions de Patrick Bethune (la voix de Jack Bauer dans 24h Chrono), Hélène Bizot (qui double entre autre Naomi Watts) ou encore Marc Alfos (qui double Russell Crowe, Ron Perlman et qu'on entend de plus en plus dans nos jeux). Bref du gros linge et un doublage d'excellente facture, qui rend hommage à la qualité du jeu et de sa mise en scène.



Splinter Cell : Note
Double Agent est un excellent titre. Evidemment on met instantanément la version Wii de côté, qui est totalement ratée. 100% reprise de la version GameCube, à laquelle on aurait ajouté une jouabilité exclusive à la Wiimote (pas de prise en charge du pad), cette version est injouable, voire même irritante à l'extrême. Il faut véritablement "se battre" contre la jouabilité pour avancer, or le jeu impose déjà assez de challenge comme ça. Cette édition Wii est donc à éviter à tout prix et si vous n'avez que cette console-là, achetez la version GameCube et jouez à la manette, conseil d'ami. Ensuite nous avons d'un côté une version PlayStation 2/GameCube/Xbox qui est d'excellente facture mais qui se révèle un poil différente de celle sur Xbox 360/PC/PlayStation 3. Reste que dans le fond l'histoire est identique et si je ne saurai que trop vous conseiller d'acheter la version HD. L'autre n'est pas en reste et prouve que malgré la sortie de la relève, les vieilles consoles avaient encore du répondant. Pourtant, il est clair que Double Agent ne fera pas autant l'unanimité que Chaos Theory. Certes il a réussi le pari (un peu fou) de renouveler la licence et de faire le grand écart entre 2 générations de machines, mais à côté de ça on sent bien un certain manque de finitions et même s'il reprend beaucoup du précédent opus, il n'en améliore pas le gameplay ou la prise en mains, mais s'alourdit de petits détails à peine compréhensibles. Il n'empêche que Double Agent et sa double identité, sa double quête et je dirai presque son double visage (avec d'un côté les zones de la JBA et son irritant chrono qui nous pousse au cul et de l'autre des missions plus classiques) m'a agréablement surpris. J'étais un peu inquiet de savoir comment Ubisoft allait gérer cette dualité et au final ça passe très bien. Un bien bon jeu qui ne sera cette fois supplanté que par l'épisode Conviction, qui ne sortira que 3 ans et demi plus tard.



Les -

  • Les missions JBA sont chronométrées
  • Les vidéos sont un peu limite
  • Les ennemis nous repèrent
    de façon surnaturelle
  • Encore beaucoup de bugs
  • Les +

  • Jolis graphismes, quelque soit la version
  • La version PS2 contient 2 missions
    supplémentaires
  • Toujours aussi efficace et grisant
  • Excellent travail sur le son


  • Test réalisé par iiYama

    juin 2007 (mise à jour : septembre 2012)