Splinter Cell (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mars 2003
Développeur : Ubisoft
Adaptation : Ubisoft
Editeur : Ubisoft
Genre : infiltration

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Unreal Engine 2.0
Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 5.35 Millions (tous supports)


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Tom Clancy's

Splinter Cell








Sorti pour
Le scénario est très bon mais la mise en scène est ratée. Dommage...
Noël 2002, Ubisoft aura profité de cette exclusivité temporaire pour faire le bonheur d'une console très puissante mais pauvre en hits : la Xbox de Microsoft. Et on peut dire qu'après Halo, Splinter Cell est bien la 2e grosse licence de la console. Ensuite, ce n'est qu'entre 3 et 7 mois qu'Ubisoft aura daigné sortir son jeu phare sur les supports concurrents, à savoir le PC, la PS2 et enfin la GameCube. Ce premier épisode prolifique pour le développeur franco/canadien a donc créé l'évènement, avec une splendide alternative aux oeuvres d'Hideo Kojima (Metal Gear Solid). Posant un excellent scénario et un gameplay d'infiltration riche en rebondissements et en sueurs froides, j'ai trouvé ce prologue aux aventures de Sam Fisher, à la fois passionnant et bien réalisé. Ecrit par le maître des apocalypses contemporaines, à savoir le romancier Tom Clancy, le scénario est assez basique en soi, surtout pour le bonhomme, mais accroche pas mal grâce à son approche. Seulement pour un jeu de fin 2002, j'ai trouvé les vidéos minables. Sorti au Japon en 2001, Metal Gear Solid 2 nous prouvait qu'on n'avait pas besoin de vidéos en images de synthèses pour faire de grandes scènes. Ici Ubisoft joue la carte de la facilité et nous offre des vidéos digne d'une PSOne. C'est mou, c'est moche, c'est très mal fait et heureusement, ce n'est pas trop long. La preuve avec une intro très inspirée de Mission Impossible (le film) mais aussi bien vilaine comme il faut. Reste que c'est le scénario qui sauve une mise en scène clairement arriérée et dévoilée surtout à base de communications audio et de fichiers texte à trouver. Qu'on le veuille ou non, le jeu débutera par un didacticiel assez complet. Sympa pour s'initier au maniement de Fisher. Les mouvements de notre héros sont assez étoffés et on retrouvera avec délectation le fameux grand écart entre 2 murs et les cultissimes lunettes tri-globes, avec vision de nuit ou vision infra-rouge. Même si Fisher est capable de faire tout un tas de mouvements, le gameplay a été simplifié au maximum. Soit Sam fait l'action tout seul (comme monter sur une caisse), soit on presse un simple bouton.


Dans certains cas à
Le gameplay est excellent mais souffre de lourdeurs incompréhensibles comme cet agent spécial qui n'est pas foutu de bien viser
choix multiples (ou à actions plus complexes), un menu s'ouvrira en haut à droite de l'écran avec au moins une possibilité exécutable. Ce menu, à actions prédéfinies, vous permettra de crocheter une serrure, mener un interrogatoire, passer un câble optique sous une porte avant de l'ouvrir, forcer un garde à vous ouvrir le passage, etc. En tout cas, ça n'empêche pas le gameplay d'être d'une grande richesse et je dirais même que c'est le point fort du titre. En tant que jeu d'infiltration, on ressent bien la tension qui règne lors des missions, parfois même trop (j'y reviens après). Afin d'être le plus à-même de rester cacher aux yeux des ennemis, une jauge de camouflage a été implanté, nous permettant en un instant de savoir si on est invisible ou pas. Idem, afin de ne pas alerter l'opposition, on aura la possibilité de transporter les corps afin de ne pas les laisser à vue. Plutôt linéaire, si plusieurs possibilités s'offrent à nous dans l'exécution de la mission, généralement il n'y a qu'un seul chemin pour y accéder. Dernier bon point du jeu, un système de checkpoints évite qu'on refasse tout le niveau en cas de perte, mais sur PC, on conserve un bon vieux système de quick-saves... ma foi encore plus pratique. Et maintenant qu'on a parlé "en bien" du jeu, voyons la longue liste des choses qui ne vont pas. Si sur consoles les checkpoints sont une bonne chose, ils sont parfois trop espacés et revenir en arrière est bien souvent rageant. C'est pas que le fait de perdre soit si gonflant que ça, c'est qu'à chaque fois qu'on perdra au début d'un niveau, il faudra se retaper le mini-briefing et ça devient vite incommodant. Comprenez bien que si on refait 15 fois le même passage, on se farcira 15 fois le briefing. Pire, dés qu'on s'arrête de bouger, l'ordre de mission réapparaît (dans une petite fenêtre en bas de l'écran), nous lançant toujours la même phrase tant que l'objectif n'est pas atteint. Ca aussi c'est bien chiant. La progression est donc très lente, l'apprentissage se fait à l'échec et se refaire le même passage plusieurs fois avant d'y arriver, peut devenir lassant. Car bien souvent Fisher doit accomplir certaines missions sous certaines conditions. La pire c'est d'être armé et de ne devoir tuer personne. Alors ça sert à quoi de se trimballer des armes ?


En plus,
Les lunettes tri-globes ont fait la renommée de la série et apportent un vrai plus au gameplay
les headshots ne sont pas tous concluants. On vise la tête bien comme il faut, et la balle passe à côté, alertant par la même le type visé. Du coup l'alarme sonne et bien souvent on est dans l'obligation de recommencer. Chez Ubisoft on aime bien emmerder le joueur et on sait bien faire notre boulot. Après tout pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer ? Car moi vous ne me ferez pas avaler qu'un ancien Marines, reconverti en agent spécial, n'est pas foutu de viser correctement... Dans la plupart des cas, pour faire mouche il faudra marquer un temps de pause, le temps qu'il focalise bien la cible. C'est vraiment n'importe quoi ! Bien sûr j'ai gardé le meilleur pour la fin : Sam n'est pas foutu de ramasser les armes ennemies (même lorsqu'il est à sec de balles), les ennemis nous détectent de façon parfois anormale ou pas du tout (!) et il faut voir de quelle façon s'ouvrent les portes. Notre agent infiltré touche la poignée et hop, la porte s'ouvre toute seule. Mieux encore, elle se referme également toute seule ! Non mais chez Ubisoft, comment le responsable en chef des animations a-t'il pu accepter ça de son équipe ? Mais c'est ridicule, ça n'a ni queue ni tête !! Et le ponpon, c'est lorsqu'on transporte un corps pour le cacher. Comme les portes se ferment d'elles-mêmes, bonjour les lourdeurs : on descend le type, on chope le cadavre, on le dépose le cadavre devant la porte, on effleure la poignée, la porte s'ouvre, on reprend son cadavre et seulement là on pourra passer. Mais on se foutrait pas un peu de nous là ? Oo? Sam n'est donc pas capable d'ouvrir la porte d'une seule main ? Alors oui, je reconnais un grand nombre de qualités au gameplay de Splinter Cell mais excusez-moi du peu, on est encore loin de la précision et de l'expertise d'un Metal Gear Solid. Techniquement, c'est une véritable prouesse technique que la Xbox nous a offert. Les graphistes de Ubisoft ont pensés à tout, les détails foisonnent, les textures sont superbes, et sur PC c'est évidemment au moins aussi beau. Reconverti sous Unreal Engine 2, le jeu est magnifié même si le PC en a vu d'autres. Maintenant quid des 2 autres versions ? Et bien contre toute attente, la PS2 est évidemment un cran en dessous avec notamment des couleurs plus fades, quant à la GameCube, elle est entre la Xbox et la PS2. Il n'empêche que même dans le pire des cas, Splinter Cell est un jeu magnifique à certains moments. Seul l'aliasing est prononcé (surtout sur PS2) et persistant, mais on y prêtera que peu cas.


Bien sûr il
Le jeu est somptueux ! De plus la gestion des éclairages, des ombrages et de la physique, ont de quoi impressionner
reste quelques erreurs de jeunesse comme des loadings un peu longs (même sur PC), quelques bugs persistants (la tête d'un gars qui rentre dans un mur) ou parfois une ombre qui fait n'importe quoi (c'est rare mais c'est voyant). Par contre, les décors n'ont rien d'extraordinaires. Enormément d'intérieurs, souvent cloisonnés, beaucoup de coins sombres (afin de se planquer), des bureaux, des ambassades, des couloirs, des parkings... Heureusement certains levels sortent du lot comme la plate-forme pétrolière. Malgré tout, certains effets demeurent très réussis comme les fumées et l'animation de Sam Fisher est très souple, fluide, bien qu'un peu raide. Mais moi, ce qui m'a le plus bluffé, c'est la gestion absolument démente des éclairages et des ombrages. Si sur PC on est habitué de la chose, c'est bien la première fois que je vois ça sur des consoles aussi vieilles. Pareil pour la physique. Des rideaux qui volent au vent, un drapeau, un drap... l'objet bouge de façon réaliste sur notre passage ou lorsqu'on tire à travers. C'est pas encore du PhysX, mais bon sang, ça m'a impressionné ! Le résultat est donc très convaincant, ce qui dévoile le gros potentiel d'une licence qui n'en est pourtant qu'à ses débuts. Côté son, Ubisoft s'est payé la voix de Daniel Beretta (le doubleur d'Arnold Schwarzenegger) pour faire celle de Sam Fisher. Une voix qui lui va bien (je trouve) mais on ne pourra pas en dire autant des autres. Lambert, doublé par Antoine Tomé, a par exemple une voix qui ne va pas du tout avec son physique (on n'y croit pas) mais il y a pire. Si certains acteurs ont fait correctement leur boulot, d'autres comme le présentateur télé semblent bêtement réciter un texte. Avec ça on nous sert des bruitages corrects et des musiques type série TV orientée action. Je ne reviendrai pas sur le comparatif avec MGS2 mais je regrette qu'on ait rien de plus épique. C'est un peu mou tout ça. Je regrette aussi que les voix soient si faibles par rapport au reste et que pire, certains bruitages (comme les caméras) soient très forts et très répétitifs. Au bout d'un moment, c'est un peu gonflant. Mais je dirai tout de même que la partie son est sauvé parce qu'on nous offre un doublage tout en Français, et qu'il nous évite de lire ces satanés sous-titres. Rien n'est plus pénible que ça, alors on reste finalement indulgent.



Aux yeux Note
de certains, Splinter Cell est une oeuvre vidéo-ludique, aux yeux des autres c'est un jeu tout juste moyen. Je serai plus nuancé que ces 2 partis opposés en disant qu'on a à faire à un jeu digne d'intérêt. L'aventure est longue (surtout si on joue pour la première fois et qu'on ne se sert pas d'astuces) mais cette durée de vie est en partie dû au fait qu'on doit parfois faire, refaire et refaire encore le même passage pour y arriver. Certains apprécieront ce côté intransigeant qui caractérise souvent le genre, d'autres (moins patients) se lasseront très vite. Splinter Cell a aussi pour lui une réalisation graphique étonnante : textures, souplesse de certaines animations, qualité globale de l'image, rien ne manque. Bien sûr si on le compare à Metal Gear Solid 2, le hit d'Hideo Kojima et bien c'est plus rude. La qualité du scénario et surtout de la mise en scène (ici avec des vidéos miteuses), met un coup au jeu d'Ubisoft. Malgré tout, Splinter Cell aura créé l'événement et rien que pour ça, pour son originalité donc, il mérite de remporter son quota de suffrages. Il réclame d'être patient et indulgent sur certains détails (un agent secret qui ne sait pas viser, des ouvertures de portes qui ne ressemblent à rien, un seul chemin possible...) mais derrière, il se montre grisant lorsqu'on joue vraiment d'infiltration, avec ce que ça apporte de sueurs froides et de frissons de plaisir. Finalement assez loin de MGS dans son approche de l'infiltration, les 2 écoles se valent mais il faut vraiment que le gameplay et la mise en scène soient améliorées dans les épisodes suivants.



Les -

  • L'ouverture des portes : du grand n'importe quoi !
  • Un agent spécial qui sait pas viser. Pffff... :(
  • Mauvais système de check-points
  • Des vidéos moches au possible
  • Le doublage des autres
  • Progression à l'échec
  • Les +

  • Les quick-saves sur PC (pourquoi pas sur consoles ?)
  • Superbe gestion des sources de lumières
  • Superbe gestion de la physique
  • Techniquement impressionnant !
  • Gameplay très agréable
  • Le doublage de Fisher
  • Scénario sympa


  • Test réalisé par iiYama

    octobre 2008 (mise à jour : aout 2012)