Soldier of Fortune (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : juin 2002
Développeur : Raven Software
Adaptation : Pipedream Interactive
Editeur : Activision
Genre : FPS

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : id Tech 2
Difficulté :
Multi-joueurs : en splitté
Abréviation : SoF


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Soldier of Fortune

Gold Edition


En 2000, le PC connaissait déjà bon nombre d'FPS, ce genre un peu nouveau et qui n'a jamais cessé d'avoir du succès. Mais alors que le monde est encore subjugué par la maitrise de VALVe sur Half-Life, que Quake III fait le bonheur des amateurs de jeux multi et que Rainbow Six nous montre une autre facette du genre, voilà que débarque Soldier of Fortune, un titre sans commune mesure. Hyper violent, sanglant à souhait, l'action était nerveuse, un tir de fusil à pompe pouvait arracher des membres et l'histoire nous a scotché, preuve que pour les scénarios catastrophes à base de menace nucléaire, on n'a pas attendu Call of Duty 4. Alors que Soldier of Fortune II va remettre tout le monde dans le bain (de sang), c'est une surprise de voir le premier épisode sortir sur PS2... 2 ans et 3 mois après l'opus PC. C'est sérieusement tardif, d'autant que la réalisation n'est pas top niveau mais fort heureusement, on retrouve tout ce qui fait la puissance de la mythique licence.


Développement scénaristique

Dans Soldier of Fortune
Le scénario est sympa, comme quoi pour les catastrophes à base de menace nucléaire, on n'a pas attendu Call of Duty
nous prenons le rôle de John Mullins, travaillant pour une agence nommée Le Magasin (The Shop en anglais) et dépendant des Nations Unies. Ses aventures commencent à New York, lorsque le métro de la ville est pris d'assaut par un gang. Ce sera le point de départ d'une aventure effrénée qui l'amènera à affronter une redoutable organisation paramilitaire appelée L'Ordre, qui est entrée en possession de 4 têtes nucléaires ex-soviétiques. Le scénario est bien ficelé, à la fois réaliste et contemporain. Il fournira l'occasion de visiter divers pays comme l'Irak, le Japon, le Soudan ou encore l'Alaska. Un gage de variété des décors mais aussi de situations. Pour la mise en scènes, pas de vidéo mais des cut-scènes en 3D gérées en temps réel. Le réultat est à la hauteur des capacités graphiques du moteur 3D mais au moins, on ne se plaindra pas d'avoir une scénarisation qui, visuellement, tranche avec le reste du jeu. Toujours est-il que le scénario est plutôt bien expliqué et bien amené. Au final on ne regrette que des dialogues en anglais qui nous forcent à lire les sous-titres.


Jouabilité & Gameplay

L'arsenal est
Le gameplay est basique mais...
des plus complet avec 12 pétoires au compteur, toutes parmis les plus classiques et les plus efficaces (Desert Eagle, fusil à pompe, fusil de sniper, SMG...). Et niveau gadgets, on est tout aussi servi avec des gilets par balles, des lunettes de vision nocturne, des grenades à fragmentation, des grenade flash et même de C4. Y'a de quoi faire ! Avant chaque mission, vous aurez droit à un briefing très "militaire". Pas de paillette, ici on fait dans le sérieux et la rigueur. Vous pourrez aussi faire le choix de vos armes, un choix qui n'aura pour ainsi dire aucune conséquence. La raison est simple, vous partez avec vos armes perso mais comme vous pouvez ramasser toutes celles laissées par les cadavres et que John n'est pas limité en nombre (selon le niveau de difficulté), votre choix lors des briefings n'aura que peu d'incidence. Vous ne serez donc jamais à court de munitions. Le fusil de sniper est là pour faire beau puisque l'infiltration est inexistante, Soldier of Fortune faisant dans le grave bourrin (Serious Sam n'a qu'à bien se tenir). C'est d'ailleurs à ma connaissance le seul jeu où le couteau est une arme vraiment efficace. Et puisqu'on parle d'arme, le jeu porte bien son surnom de "démembreur". La localisation des tirs est précise et avec une arme puissante comme le fusil à pompe, il ne sera pas rare d'arracher un bras, une jambe ou une tête. Et moi, je me la joue Kill Bill : tout ce qui est à terre, arraché par mes armes, est à moi !! La violence est ainsi diffusée dans son état le plus brut, avec des litres de ketchup qui collent aux murs, des cris d'horreur émanant du pauvre gars à qui il manque entre 1 et 4 membres et un joueur aux anges qui prendra un pied à la limite du sadisme. On pourrait d'ailleurs ressentir un sentiment de culpabilité dans tout ça mais non, c'est juste bon ! Et au cas où certains laisseraient le jeu entre des mains ingénues (comme mon oncle qui laisse mon petit cousin de 11 ans y jouer alors que le jeu est interdit aux moins de 16 ans) ou plus simplement pour les âmes sensibles (jouez à Nintendogs alors !), il existe un inhibiteur de violence.


L'IA des ennemis est coupée en 2.
... la violence atteint un tel niveau, qu'il en devient sadiquement jubilatoire
D'un côté, lorsqu'on joue en "easy", nous avons face à nous de purs crétins de base. Le genre de gros débiles qui ne voient même pas, alors qu'on est juste à côté et qu'on va lui dévisser la tête des épaules à coup de fusil à pompe. Et à partir du niveau "normal", ces mêmes débiles voient leurs cerveaux se développer et offriront des réactions très convaincantes. Les gars se planquent pour mieux nous surprendre, nous prennent à revers, font des manoeuvres d'esquive... ça change du tout au tout ! Et bonne nouvelle, cette version console propose aussi un mode "super facile" (où c'est vraiment "super facile") ainsi que des cheat-codes. J'aime bien aussi voir avec quelle crédibilité les ennemis souffrent. Un gars avec une jambe en moins sautillera en hurlant de douleur, celui qui se fera sulfater le torse bougera de la façon adéquate, lors d'un head-shot le cadavre tombera à genoux, etc... En bref c'est réaliste et perso, j'aime bien ça. Pour ce qui est de la prise en mains, la visée au pad est imprécise mais heureusement, le jeu dispose d'une assistance bien pratique. Petit bonus : on peut complétement reconfigurer ses touches (il faut dire que la config' d'origine est bizarre), ce qui est génial et qui est devenu très rare de nos jours. Au pire, si vraiment vous ne pouvez pas vous y faire (à la sortie du jeu, les FPS sur consoles n'avaient pas le succès actuel), il prend en charge la souris et le clavier (en USB). Comme ça, y'a plus de jaloux. Enfin dernier point : il existe un mode deathmatch qu'on va gentiment zappé et une save manuelle équivalente à celle sur PC. Côté gameplay, avec une telle débauche de violence et de réalisme, on regrettera tout de même que hors script, rien ne soit destructible, pas même au C4.


L'image

Sur PC,
Soldier of Fortune a déjà 2 ans lors de sa sortie et pourtant la PS2 assume mal le portage
certains vous diront que Soldier of Fortune est un beau jeu. En un sens, ils n'ont pas torts mais Raven ayant utilisé le très vieux moteur de Quake II, ils n'ont pas spécialement joués leurs meilleures cartes. Les textures sont criantes de vérité mais la modélisation des véhicules ou pire encore, celle des soldats, est épouvantable. Je suis désolé pour les passionnés qui tenteront de me contredire, mais il n'était pas difficile de trouver mieux, en matière de rendu 3D, à cette époque sur PC. Quant à notre édition PS2, qui supporte assez mal ce genre de portages (sauf pour Half-Life, il faut le reconnaitre), on se retrouve avec un moteur 3D qui se sent à l'étroit sur la console de Sony. Il fallait s'y attendre. Tout d'abord le jeu est bien plus clair, tout en étant bien moins détaillé (du coup on voit encore plus les défauts). Manque de RAM oblige, les textures sont plus pauvres, même si on retrouve bien le charme et les décors si particuliers de cette aventure. Par contre, toute l'image subit un étrange effet granuleux, l'aliasing est très prononcé (PlayStation 2 oblige) et pire encore, le framerate saccade énormément (avec de grosses chutes de rendement, sans doute parce que la PS2 est mal adaptée au moteur graphique). Mais ce n'est pas parce que globalement les modélisations sont découpées à la hache ou que les animations des personnages sont superbes en jeu et exécrables en cut-scènes, que tout est à jeter. Comme je le dis souvent, l'essence même de Soldier of Fortune n'est pas à ce niveau. Dommage qu'en 2 ans, le studio Pipedreams n'ait pas réussi à mieux adapter le code du jeu.


Le son

A l'époque
Au passage, le son aussi a perdu, surtout les bruitages
de sa sortie sur PC, jamais de ma vie je n'avais entendu de tels bruitages pour les armes ! Non sans rire, il n'y avait que 2 mots pour le décrire : ça déchirait !! Il ne fallait pas pousser le son trop fort sous peine de tout exploser et c'en était jouissif tellement ça envoyait du lourd. On pouvait le dire, le "démembreur" était luxueusement accompagné. Pourtant, à la sortie de cette adaptation, fini les bruitages tueurs de haut-parleurs : s'ils restent pas mal dynamiques, ils n'ont plus cette agressivité acoustique et charactéristique qui les définissaient. C'est un regret, d'autant qu'en partie, ça faisait le charme du jeu et ça exacerbait la violence. A côté de ça, le reste des bruitages est correct, le doublage est bon (même s'il est resté en anglais) et les musiques, très "film de guerre" et évolutives (elles s'affolent selon le rythme de l'action) sont loin d'être exceptionnelles.


Note générale

Sanglant à la limite du gore, avec un très bon scénario à rebondissements, Soldier of Fortune ne paye pas de mine graphiquement mais emballe par son gameplay nerveux, destructeur voire même décharné. On regrettera que Pipedreams Interactive (le développeur de ce portage) n'est pas su tirer profit de son support, avec des graphismes encore plus moches que sur PC et surtout, un framerate tout pourri qui saccade de façon quasi permanente (en plus d'être très bas déjà à l'origine). C'est d'autant plus dommageable que la concurrence est rude sur le support avec Half-Life, No One Live Forever, Red Faction, Unreal Tournament ou encore TimeSplitters. Pourtant, Soldier of Fortune n'en reste pas moins un jeu culte (si si c'est vrai :), brutal, brut de décoffrage, au plaisir immédiat et à l'action "old school so good". Et puis arracher des bras et des jambes avec son fusil à pompe est un plaisir auquel on n'accède pas assez souvent. Alors certes la technique ne suit pas, certes la jouabilité est largement perfectible, certes le jeu est un gros cran en dessous de la version PC... mais bon sang, on parle de Soldier of Fortune là ! Malgré les défauts, il conserve ce qui fait de lui un FPS à part : ses démembrements et sa violence sans limite. Du coup moi je signe, point barre.


Test réalisé par iiYama

janvier 2011