Silent Hill : Shattered Memories (PS2)

 








Note générale


Sortie du jeu : février 2010
Développeur : Climax Studios
Editeur : Konami
Genre : survival horror

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Prix au lancement : 30€
Score des ventes : 1.4 Million (tous supports)


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Silent Hill

Shattered Memories


Les studios
Changement radical d'ambiance : fini la crasse et une chaleur d'enfer, bonjour le froid
Japonais n'ont plus trop la côte et personnellement, je trouve que c'est bien fait pour eux. Oui je suis dur mais si les Japonais pouvaient se suffirent à eux même en termes de ventes, ils ne sortiraient jamais leurs jeux hors de leur archipel. Ainsi beaucoup de titres arrivent chez nous sans même être traduits (Personna 4, Grandia II, Ace Attorney Investigations…), ce qui est un peu minable de nos jours. Les studios Japonais n'ont plus trop la côte et leur vision souvent régressiste du gameplay fait que leurs jeux sont de plus en plus boudés au profit des formules "à l'occidentale". Du coup, les plus grands studios font souvent appel à des développeurs externes, afin "d'occidentaliser" leur licence. En 2008, la Silent Team (qui s'occupait jusque-là des Silent Hill) a laissée place à Climax (un studio Anglais) et de cette expérience est né Silent Hill : Origins. 4 ans après l'épisode 4, ce qui devait être le renouveau de la série n'était en fait qu'un petit épisode. Début 2009, c'est Double Helix (un studio américain) qui s'est occupé de Silent Hill : Homecoming. Un épisode qui n'a pas été tellement apprécié et pourtant, depuis Silent Hill 3 (sorti en 2003) il est le premier opus que j'ai eu plaisir à parcourir. Un an plus tard, Climax est de retour avec Shattered Memories. Après le demi-succès du Origins, on aurait pu penser qu'ils sauteraient mais visiblement Konami est conciliant. Shattered Memories n'est pas un nouvel épisode à proprement parlé mais le remake du tout premier opus sorti sur PlayStation en 1998. Enfin, quand on dit remake il faut le dire vite. En réalité, le jeu de Konami a été si profondément modifié, à la fois dans son aspect et son gameplay, qu'il n'a plus grand-chose à voir avec l'ancien opus. Ceci dit l'histoire débute de la même manière : Harry Mason a un accident de voiture, et lorsqu'il se réveille, sa fille Cheryl a disparue. Il déambule dans une ville (apparemment déserte) et la première personne qu'il croise, n'est autre que Cybil, l'officier de police. Mais déjà dans le déroulement de l'histoire, de profonds changements ont été opérés. En fait, l'aventure est un souvenir qu'il étale à un psy, allongé sur un sofa sordide. Ce gars nous tire les vers-du-nez (elle est horrible cette expression :) et nous fait passer ses tests en douce.


Colorier un dessin,
Le gameplay a été entièrement repensé mais les courses poursuites finissent par lasser
répondre à un QCM… ça parait anodin mais la vraie force, c'est que ça influe sur le jeu lui-même. Par exemple si vous coloriez votre dessin d'une certaine façon, ces mêmes couleurs se répartiront dans le jeu. De même si vous répondez que vous aviez des cours de sexualité, des tableaux ornant des femmes en déshabillés sont exposés dans certains couloirs. Cette pluralité ouvre également sur plusieurs fins. A côté de ça, le développement scénaristique se fait uniquement via des cut-scènes pas super maitrisées. Les animations ne sont pas géniales, ce qui rend le tout un peu "plastique". Quant au gameplay, le moins qu'on puisse dire c'est que le passif de la série a été plus ou moins mis au placard. Déjà c'est un plaisir de contrôler un mec qui n'est pas aussi bête et manchot qu'il parait puisqu'il arrive à ouvrir des placards, passer par des fenêtres, sauter par-dessus des portails ou des murs bien plus haut que lui… même si pour nous cloisonner il se laisse stopper par un monticule de 80cms. Faut bien faire un jeu mais c'est vrai, Silent Hill n'aura jamais été aussi linéaire, dirigiste et scripté que celui-ci. On avance toujours droit-devant, on résout une énigme, on passe une salve de monstres et on recommence. Les énigmes justement sont tout à fait dans le genre de la série, le débile en moins. Il faut dire que ces dernières années, les énigmes sont devenues pour le moins farfelues et pour les réussir, on finissait tous sur le Net car plus c'est tordu, moins on comprend ce qu'il faut faire. Avec Shattered Memories on revient à quelque chose de plus classique et de plus accessible et ce n'est pas un mal. Harry porte naturellement une lampe puisque le jeu est très sombre (donc on peut éclairer la zone qu'on veut) et pour les portes, on les ouvre manuellement, ce qui permet de voir ce qu'il y a derrière sans vraiment la passer définitivement. L'autre nouveauté, c'est une utilisation de plus en plus en vogue du téléphone portable. C'est dans doute suite à GTA IV que l'idée leur ait venu car le téléphone sert à appeler tous les numéros qu'on croise, prendre des photos (ce qui peut débloquer quelques dialogues), recevoir des textos, sauvegarder (bé oui faut bien de temps en temps), servir de GPS (et afficher une carte des lieux), servir de PDA et recevoir des appels entrants, le tout sur écran tactile (en gros c'est un iPhone). Très manuel dans l'âme, sans doute parce qu'il a d'abord été développé pour la Wii, on réalisera quelques manipulations : ouvrir un placard, ouvrir une fenêtre, débloquer la sortie, bidouiller divers objets… on reconnait bien le genre de gesticulations qu'on nous fait faire sur Wii depuis ses débuts. Mais sur PS2 et PSP, c'est quand même plus rare et pourtant ça ne gêne pas. Comme quoi, lorsque c'est bien adapté, finalement le pad fait aussi bien que la Wiimote.


Dernier point :
La réalisation est juste moyenne, la console étant capable de mieux. Heureusement l'ambiance est de mise
il n'y a pas de combat. Harry Mason est une grosse lopette et au lieu d'empoigner une barre à mine et d'en mettre plein le museau aux quelques rares monstres qu'on croise… il fuit ! Obligé de courir tout du long, ces passages alternent habilement avec ceux d'exploration. Malgré tout, ça reste très stressant et Harry a le bon gout de réaliser certaines actions de façon automatique (défoncer des portes au lieu de les ouvrir lentement, sauter un précipice, passer un muret…). Mais ces passages sont un peu lassants car toujours cavaler comme un trouillard, ça devient frustrant et ça fini par rappeler les mauvais côtés d'Haunting Ground (même si Harry n'est pas aussi chochotte que Fiona). Du point de vue de l'ambiance, en plus du gameplay, Shattered Memories change du tout au tout. Fini la crasse, les enfers, la chaleur… et bonjour le froid et la neige. Là c'est vraiment radical ! Et pour le coup, ça donne à ce survival-horror un cachet unique. Le moteur graphique ne semble pas être de la première fraicheur car Silent Hill 3 lui est bien supérieur (alors qu'il a 7 ans de plus !). Ici les couleurs sont fades, les décors ne sont pas super détaillés et question modélisations… cette console a vu bien mieux (j'ai notamment été surpris de voir que le psy a des mains trop petites par rapport à son corps). Evidemment on retrouve le grain d'image, si cher à la série, quelques monstres bien défaits, le brouillard qui masque un clipping souvent excessif, des effets lumineux très réussis (les ombrages, la lampe) et une déformation du décor, géré en temps réel, qui se révèle impressionnante. On notera quand même que les loadings sont rares (souvent lorsqu'on ouvre une porte) mais que le streaming créé des saccades. Seul réel bémol à tout ça, je ne sais pas si c'est pour simuler l'effet de froid ou je ne sais quoi d'autre, mais en haut et en bas de l'écran, nous avons des grains blancs, particulièrement pénibles (même si ça reste un détail). Enfin la partie sonore s'avère assez classique pour la série : un doublage US… commun, des bruitages banals et des musiques tantôt hypnotisantes, tantôt bof-bof. Reste que les musiques sont plus présentes, et ce tout au long du jeu, ce qui apporte une atmosphère plus travaillée.



Silent Hill : Shattered Memories Note
c'est un gameplay et une ambiance n'ont plus rien à voir avec le Silent Hill d'origine. Les graphismes sont classiques, bien qu'un peu en deçà des attentes, mais on appréciera notamment un gameplay rafraichi (quoique les course-poursuites finissent par gonfler à la longue) et un décor plus qu'original, délaissant la crasse et la chaleur, pour la pureté de la neige et son froid. Considéré par beaucoup comme le meilleur opus depuis longtemps, Silent Hill : Shattered Memories reste un bon épisode. Il n'arrive pas à la hauteur des épisodes 2 et 3 mais se veut une complète et maitrisée relecture du chapitre qui aura lancé la série. Comme quoi, il semblerait qu'avec Silent Hill : Homecoming et Castlevania : Lords of Shadow, Konami réussisse à se réaffirmer via les studios occidentaux.



Test réalisé par iiYama

juillet 2011