Shadow of the COLOSSUS (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : février 2006
Développeur : Sony Computer
Editeur : Sony Computer
Genre : aventure

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : ?
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : SOTC
Titre alternatif : Wander to Kyozô (JAP)
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 2.4 Millions (tous supports)


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Shadow of
the COLOSSUS





Après presque 3
Shadow of the COLOSSUS reprend l'univers d'ICO mais le lien est faible et le scénario est trop peu développé
mois de disette sur PS2, 3 mois à rédiger des articles sur des petits jeux, je me devais de tester un "grand titre". Me voilà donc de retour sur la scène PS2 avec le test d'un jeu évènement, un titre qui défit les lois du marketing et du gameplay conventionnel. De part son gigantisme et sa poésie, les créateurs de l'envoutant ICO nous livrent là une fresque émouvante et une production aux antipodes des jeux actuels. L'image s'ouvre sur un cavalier solitaire qui traverse les montagnes pour rejoindre l'autel des Dieux. C'est le seul endroit où l'on peut prier pour le salut d'une âme. Une fois sur place, le jeune homme dépose, telle une rose fragile, le corps inerte de ce qui semble être de prime abord, sa bien-aimée. Les Dieux observant de haut ce tragique et néanmoins troublant acte du coeur, propose au sauveur de battre 16 colosses en échange de sa vie. Dans une juvénile et troublante acceptation, c'est alors que le héros part en direction du premier colosse... Premier point faible du jeu : la trame scénaristique est pour ainsi dire inexistante. On sait juste que l'univers dans lequel on évolue est proche de celui d'ICO, qu'on incarne un valeureux jeune homme nommé Wanda qui doit tuer 16 colosses de chair et de pierre. Très peu de cut-scènes, un langage non compréhensible histoire de mettre du mysticisme dans l'atmosphère, pas de tenant, un seul aboutissant et au milieu, le vide sidéral. Ca aurait été sympa de savoir pourquoi la fille est morte (est-ce Yorda ?), qui est Wanda (Ico plus grand ?), un peu plus de détails sur l'univers traversé, d'où viennent les colosses, etc. Mais non, à la façon de ICO, une fois le jeu fini, on en sait pas plus et c'est vraiment très frustrant. Vous l'aurez compris, cette aventure nous propose d'étaler des colosses et croyez-moi, ce ne sera pas chose facile. A l'image du premier monstre (celui sur la pochette du jeu), la plupart de ces géants font la taille d'un immeuble. Il y a 16 colosses à abattre et on peut décomposer chaque 16e de l'aventure en 3 partie : 1 - trouver le colosse / 2 - grimper sur la bête et trouver ses points vitaux / 3 - le tuer.


Shadow of the COLOSSUS
Le principe est simple, il y a 16 colosses à tuer et rien d'autre ! Mais ce ne sera pas une mince affaire...
est une aventure troublante qui vise à toucher le joueur dans un sentiment profond de solitude et d'impuissance devant de tels phénomènes de la nature. Partir à la conquête d'un monde immense dont on ne sait rien, pour sauver celle qu'on aime (du moins, c'est que le jeu laisse supposer), fait preuve d'une certaine inconscience et d'un certain héroïsme. Si on décortique un peu, la carte sur laquelle on évolue se profile à perte de vue. A l'instar d'un GTA San Andreas, on peut se perdre dans cette nature un peu désertique (il n'y a que vous et les 16 colosses). Se situant dans une sorte d'immense plaine aux divers plateaux (désert, forêt, montagne), il faudra parfois beaucoup de patience pour trouver votre ennemi tant le parcours à faire est souvent tortueux. Heureusement dans cette aventure, vous serez accompagné d'un cheval. Il vous permettra de vous déplacer plus vite quand celui-ci n'est pas carrément indispensable. Ensuite, il faut comprendre la "mécanique" pour accéder au colosse. Comprenez bien que si le bestiau est haut comme un immeuble de 8 étages et que sa tête est son seul point faible, il va bien falloir monter par tous les moyens possibles. Si la plupart du temps les accès sont plus ou moins censés, parfois les développeurs ont réalisés des situations tirées par les cheveux. Par exemple, devoir attirer un colosse sur un geyser pour qu'il se retourne ou attendre l'instant x et faire un saut d'une grande précision pour l'atteindre, relève plus de la plaie que du fun. Heureusement que tous ne sont pas aussi tortueux. Enfin, chaque colosse possède entre 1 et 4 points faibles (en moyenne) qu'il faudra frapper. Les atteindre relève souvent du défi d'autant que les colosses ont tendance se défendre (normal non ?) en remuant dans tous les sens pour vous faire tomber. Mais lorsque le géant tombe à terre, vaincu, une impression de fierté s'en dégage. A l'image de David contre Goliath, notre héros n'est pas bien grand, ni même bien épais face à ces titans d'une puissance dévastatrice. C'est un peu le combat de la puce contre l'éléphant.


Mais une chose est sûre,
Trouver un colosse se révèle souvent long et fastidieux
le gameplay reste assez simpliste car il n'y a aucune quête annexe si ce n'est trouver des fruits et des lézards. Pourquoi faire ? C'est simple, les fruits augmentent votre barre de vie et les lézards, véritable saleté à choper, augmentent votre résistance (votre jauge de grip). Car une fois sur le dos d'un colosse il faut faire vite parce que notre héros ne peut tenir indéfiniment agrippé aux poils de la bête. Wanda est armé d'un arc avec flèches infinies (il n'y a d'ailleurs pas de carquois, c'est débile !) et d'un glaive magique (d'où vient-il ?) qui vous aidera à localiser les colosses et leurs points faibles, une fois ceux-ci à portée. Seulement le jeu ne serait pas si difficile si la jouabilité était bonne. Certains pesteront sur ma note de jouabilité/gameplay mais ma plaidoirie est justifiée. Car Shadow of the COLOSSUS n'est pas un jeu fonciérement difficile, mais il est à contrario usant, stressant par moment et surtout injouable. On jettera plus d'une fois le pad contre le mur à cause d'une maniabilité complètement défaillante. Tout d'abord parlons de la caméra. C'est pas compliqué, elle n'est jamais là où il faut ! Du coup on ne voit pas ce qu'on fait, quand elle ne se met pas à tourner dans n'importe quel sens. Certes replaçable manuellement, c'est une vraie prise de tête car madame se remettra toujours sous un angle préprogrammé. Car les développeurs, dans un soucis d'offrir une vision titanesque de leurs colosses, dans un soucis d'impressionner ses joueurs par un angle je dirai cinématographique, ont perdus de vue que l'angle défavorise totalement la jouabilité ou pire encore, que notre héros n'est même plus dans le cadre ! Autre sujet, Agro (notre cheval) est en plus, un pur crétin ! Le canasson dans sa débilité extrême, sera très souvent devant vous alors que vous êtes le point d'exécuter une action critique. Ou encore lorsque vous voulez monter dessus, la touche le permettant étant la même que celle du saut, vous ferez un petit bond gentillet et parfaitement débile, puisqu'il faudra être parfaitement en face pour que l'action s'exécute. A la longue, ces "problèmes de réglages" sont pénibles et pèsent sur le plaisir de jouer. Pire encore, la jouabilité globale est vraiment mauvaise. Très imprécise, elle répond un peu n'importe comment aux sollicitations du pad ! J'ai rarement vu ça... Y'a qu'à essayer de "conduire" le cheval pour se faire une idée de la catastrophe.


Certes peu de
La jouabilité est vraiment défaillante et Agro (le cheval) est non seulement injouable, mais aussi bête à l'extrême
jeux sont aussi grisants que celui-ci, puisqu'on ne bat pas des monstres gigantesques tous les jours, il est vrai qu'à pied ce n'est pas trop mauvais mais le jeu serait moins lassant et plus facile si la jouabilité avait été corrigée. C'est sans doute le seul véritable point noir du titre mais aussi le seul qui vous fera lâcher l'aventure, parce qu'il arrive un moment où y'en a marre !! C'est vraiment regrettable... Déjà bien rodés avec leur précédent jeu, Fumito Ueda et sa bien renommée équipe de la Team ICO, font ici preuve d'un grand génie tant en terme de qualité graphique que de programmation. On peut le dire, Shadow of the COLOSSUS est l'un des plus beaux jeux de la PS2 ! Après 2 interminables loadings en début de partie, tout se fera via streaming (chargement des données en continu) et l'aventure vous mènera à divers coins de la carte. On passera d'un désert aride à une dense forêt, d'une plaine verdoyante à un lac, d'un marée à une somptueuse plage de rocheuse... Shadow of the COLOSSUS fait voir du pays. Les développeurs nous la jouent médiéval tant sur les décors que l'architecture des quelques bâtiments. Mais hormis ce rendu quasi "carte postale" des environnements, il faut souligner que la beauté, le gigantisme et la majesté des colosses, est aussi très impressionnant. Les plus petits, de la taille d'un bus tout de même, comme les plus grands (plusieurs dizaines de mètres) imposent un style tout droit sorti d'un conte. Le genre de bête que le valeureux aventurier affronte au nom de l'Amour (putain c'est beau ^^). Si ça parait un peu cucu-nunuche sur le papier, la sensation est différente une fois le pad en main. On en revient à nos récits d'enfants, nos rêves oubliés où pour la plus jolie fille de la classe, on aurait bravé tous les dangers. Si vous en avez la possibilité, jouez en 60hz. La pauvre petite PS2 fatigue assez vite en 50hz avec de nombreux ralentissements que le mode 60hz effacera assez facilement. A la vue de la réalisation, on peut comprendre qu'une machine vieille de 6 ans sature un peu. Les colosses sont vraiment énormes, parfois même très rapides, ce qui n'a pas dû faciliter le travail des programmeurs.


Mais encore une fois,
Les graphismes sont époustouflants, les colosses sont gigantesques et la bande-son est épique comme j'aime. Un travail admirable !
c'est une révérence qui doit être adressé à la Team ICO tant l'animation tient la route et offre de grandes sensations : gigantisme des sprites, impression de vertige, fluidité des gestes, tremblement de la terre sous le poids des colosses et un réel effort pour garder un framerate convenable tout en alliant des mouvements très réalistes. Une prouesse technique ! Tout ça pour dire que Shadow of the COLOSSUS est un jeu enivrant. Bordé d'une certaine poésie graphique, une mélancolie à la fois proche du désespoir (car la quête semble inachevable) et pourtant si féerique lorsque le brave Wanda gravit les montagnes et étale des phénomènes de la nature. Hormis la grosse claque graphique qu'impose le jeu, il ressort quelque chose de fort, une empreinte artiste indéniable à la limite de l'art... Depuis ICO, la Team a "inventée" un langage pour cet univers. Ne cherchez donc pas à comprendre ce que disent les voix, c'est incompréhensible. Fort heureusement, il y a des sous-titres. N'empêche que la qualité de ces voix est superbe, même si la PS2 nous a mainte fois habitué à ça. Les bruitages sont tout bonnement parfaits et pour ce qui est des musiques, l'OST est sorti dans le commerce. Signée par le compositeur Kow Otani, elle offre un rendu philharmonique. Les compositions ne seront présentes que lors des combats, en plus d'être évolutives : plus vous serez proche du but (qui est de tuer le colosse, rappellons-le) et plus elles s'intensifieront. A grand coup de violoncelle et autres instruments orchestraux, les musiques sont puissantes, elles accompagnent parfaitement l'ambiance médiévale du titre en plus d'être d'une qualité irréprochable. Entre tristesse et rythme, elles confortent un rendu graphique époustouflant faisant ressentir toute la mélancolie du jeu et le travail suscité pour atteindre une tel niveau de qualité.



Shadow of the COLOSSUS Note
aurait été le jeu ultime d'une machine en fin de vie si la jouabilité avait été meilleure. Malheureusement, plus rebutante que jamais au fil du temps, elle instaurera nervosité et lassitude. Et pourtant le jeu mérite d'être vécu. Je dis bien "vécu" car cette aventure est hors du commun. Loin des batailles anodines des jeux d'action ou du banal des jeux d'aventure/plate-formes, Shadow of the COLOSSUS transporte le joueur dans un univers cohérent et féerique où notre petit chevalier doit affronter des monstres pour ainsi dire mythologiques et d'une taille titanesque. A pied, volant, aquatique et autres, les colosses sont en plus dotés d'une réelle intelligence, ce qui ne sera pas le cas de votre monture, plus bête qu'il n'est possible d'imaginer. Hormis de gros défauts, il vous faudra tout de même 15 à 20 heures intensifs pour réduire en poussière les 16 colosses qui vous attendent. Pour ma part, si j'ai été très échaudé par le contrôle catastrophique du jeu, je reste ébloui par une réalisation technique magnifique avec un son et une image qui vont au delà des capacités de la console. Il aurait presque fallut écrire le test en proses pour vous faire goûter à l'onirisme qui se dégage de ce titre. Sachez être patient et Shadow of the COLOSSUS vous offrira une aventure comme aucune autre, d'autant que la fin, est magnifique...



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Vidéo-test



Test réalisé par iiYama

novembre 2006 (mise à jour : mai 2012)