Red Faction (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : septembre 2001
Développeur : Volition
Editeur : THQ
Genre : FPS

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Moteur graphique : Geo-Mod Engine
Difficulté :
Multi-joueurs : 2 joueurs online
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 2 millions (tous supports)


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Red Faction








Sorti simultanément sur PC et PS2, Red Faction a eu fort à faire en matière d'FPS. Même si sur PC il est sorti depuis 3 ans déjà, Half-Life (qui sortira 2 mois après sur PS2) domine encore le genre de part son scénario prenant et sa réalisation qui tient encore bien la route (le mérite à un moteur 3D performant). Aux côtés d'Half-Life, on retrouve aussi de grands titres comme No One Lives Forever, Serious Sam ou encore Soldier of Fortune. Mais pour se prévaloir face à la concurrence, le titre de Volition met en avant un moteur 3D révolutionnaire : le désormais célèbre GeoMod qui permet quelques interactions avancées avec le décor. Ainsi Red Faction aura marqué les esprits pour ça. Bien sûr il avance aussi un univers assez sympa et quelques variations de gameplay, ce qui fait que dans les 8 à 10 heures que compte l'aventure principale, on ne s'ennuie pas. Contrat rempli donc...


Développement scénaristique

Comme on parle
Les vidéos sont moches, les modélisations sont cubiques, le scénario n'est pas très étoffé...
d'un jeu qui date de 2001, évidemment la mise en scène est minable. Essayons tout de même d'être le plus objectif possible. Hormis quelques cut-scènes en 3D, le jeu nous livrera des vidéos au format BIK. Ce qui aurait pu donner un certain cachet au jeu ne fait que l'enfoncer car ces vidéos ont étés créés à partir du moteur 3D. D'un côté ces vidéos ne tranchent pas avec les graphismes, de l'autre c'est franchement laid. Les persos sont cubiques, l'image est légèrement floue, les animations sont peu crédibles et entre nous, quitte à faire ça autant faire des cut-scènes tout du long, ça aurait eu plus de gueule. Sur la question de l'histoire, le synopsis de base est accrocheur (la rébellion des mineurs) mais par la suite, on n'aura pas grand chose à se mettre sous la dent. On nous remet sur le tapis l'histoire d'un savant fou qui fait des expériences, le coup du gars qui est le dernier espoir de la liberté et qui doit accomplir des missions pour le salut de tous, ça nous rappelle un peu Gordon Freeman et Total Recall. L'un dans l'autre, si on trouve un certain intérêt à jouer à ce jeu, ce ne sera pas pour ce chapitre-là.


Jouabilité & Gameplay

Toute l'originalité
Le GeoMod permet une réelle destruction du décor
de Red Faction réside dans son GeoMod. Un moteur graphique étonnamment souple puisqu'il permet la destruction d'une partie du décor. Ainsi avec des charges explosives ou un lance-roquettes, il est possible de littéralement creuser un tunnel dans la roche ! Généralement ça ne mène nulle part mais le concept est là et sert même quelques passages. Si on se retrouve bloqué au bout d'un couloir, qui sait, peut-être faut-il se frayer un passage en jouant les démolisseurs. C'est grisant et surtout c'est réaliste même si comme toujours, on devine vite les limites. En effet, le jeu devant avoir une certaine cohérence dans le défilement de l'action et de l'histoire, on ne peut pas se faire de gros raccourcis en creusant la montagne ou en abattant les murs un par un. A ce propos, lors des passages en intérieur, rien ou presque, n'est destructible. Ne cherchez pas à vous construire un chemin de fortune, ces passages-là sont les plus linéaires du jeu et ne laissent aucune marge de liberté. A contrario, les cavernes sont plus souples et ce, dans certaines limites comme on vient de le voir. A ce propos, il ne sera pas rare de découvrir des zones secrètes en abattant une cloison ou même en perforant le sol avec une charge explosive. On y trouve généralement de quoi se soigner et des armes. Linéaire d'accord, mais il n'est pas rare qu'on ait plusieurs façons d'entreprendre une zone. Souvent il y a au moins 2 chemins possibles et plusieurs façons de voir les choses (subtile ou bourrine). Cette "ouverture du gameplay", le fait qu'on puisse arpenter certaines zones comme bon nous semble avec cette petite prise de liberté, font vraiment du bien car au début des années 2000 les FPS devenaient déjà de plus en plus dirigistes. Hormis ça, Red Faction table sur les routines du genre. Première chose, la difficulté est équilibré (même si sur la fin, ça se corse d'un coup) et débute par un petit mode training assez sympa, histoire de se faire au maniement. Finalement assez varié, quelques passages du jeu sont originaux comme ces 2 niveaux d'infiltration où il ne faut pas se faire prendre. A la différence d'un No One Lives Forever où se faire repérer est synonyme de game-over, Red Faction ne vous prend pas trop la tête avec ça. Si vous n'y arrivez pas, foncez dans le tas ça marche aussi.


Et puis si
Les véhicules apportent un petit plus appréciable
c'est pas du Splinter Cell, ça reste sympa d'essayer, rien que pour le fun. Dans ces moments-là, il est possible de cacher son arme et même mieux, il est possible de transporter un corps à l'abri des regards. Le petit soucis avec ces phases là, c'est que dés lors qu'on revétit le déguisement (pour passer inaperçu) on perd toutes nos armes ! On se retrouve avec juste le flingue (à silencieux, c'est déjà ça). Malheureusement ces phases d'infiltration sont gâchées par des ennemis qui nous repèrent beaucoup trop facilement et le pire, c'est qu'une fois l'alarme sonnée, on est dans l'impasse. On ne peut pas ramasser les armes ennemies (c'est débile !) et les munitions du flingue sont trop limitées. Bref, ce qui partait comme une excellente idée tombe à l'eau alors un conseil, ne quittez jamais votre combi de mineur, ni vos armes et tant pis pour la subtilité. Autre concept assez sympa, on peut demander aux toubibs de nous soigner (mais faut ranger son flingue sans quoi ils sont nerveux et n'obéissent pas) et on peut utiliser les armes fixes, histoire d'économiser ses douilles. Et c'est vrai que si les armes qu'on possède sont loin d'être originales, elles sont par contre en bon nombre. Avec un total de 15 armes et explosifs, on retrouve un lance-flammes pas mal fichu, un sniper, un fusil d'assaut, un pompe, un lance-roquettes, des grenades et quelques autres joyeusetés. Ce qu'il y a de bien aussi, c'est qu'on profitera pendant quelques temps des nouvelles armes acquises puisque les développeurs ont eu le bon goût de nous distribuer les nouvelles pétoires tout au long du jeu plutôt que de tout nous donner dans les 2 premières heures de l'aventure. Autre cerise sur le gâteau, la plupart des armes possèdent un tir alternatif, plus puissant mais gourmand en munitions. Mauvais point par contre, la réaction de certains ennemis est bancale, elle manque parfois de cohérence. C'est vrai qu'il est sympa de voir un technicien vous supplier de l'épargner (après quoi il appelle les gardes ce fumier, c'est humain comme réaction) et à côté de ça il est carrément difficile de tuer un mercenaire avec un lance-roquettes, un peu comme s'il était immunisé. Pire, il arrive qu'ils soient carrément insensibles aux explosifs.


Moi je mets
Red Faction est un FPS explosif à souhait
au défi n'importe quel gars d'être capable de rester en un seul morceau avec un pain de C4 qui explose à ses pieds. Mais si l'IA déconne plein tube lors des phases d'infiltration, on peut également la trouver remarquable le reste du temps. Les ennemis se mettent à couvert, trouvent toujours un moyen de vous contourner pour vous attaquer, viennent au contact... bref ils ne restent pas végétatifs à attendre bêtement qu'on les shoote. Le bémol, c'est que si on n'aura aucun problème de scripts (ce qui en soi est une bonne nouvelle) il n'est pas rare de subir des ennemis qui apparaissent au grès de ces derniers. C'est peu crédible mais bon, faut bien faire un jeu non ? J'en parlais à l'instant, la difficulté est tout à fait abordable sur les 2 premiers tiers du jeu. Passé ce délai et à l'apparition des mercenaires, la difficulté monte en flèche. La faute à des ennemis hyper résistants et aux déplacements rapides et peu réalistes. Et comme Red Faction ne s'encombre pas d'une sauvegarde automatique, il faudra bien faire attention avec ses saves manuelles (elles sont parfois à double tranchants). C'est d'autant plus pénible que sur cette version on n'a pas non plus de quick-save comme sur PC : il faut passer par un sous-menu ce qui alourdit grandement la manipulation (alors que directement sur la touche Select ça aurait été parfait). Autre point du gameplay, à de rares occasions nous pourront prendre les commandes de véhicules. Certains sont sans arme (excavateur, jeep) mais permettent toujours d'écraser du vilain, quand d'autres sont nettement plus dangereux comme le vaisseau spatial ou le sous-marin. Par contre, allez savoir pourquoi, le mode multi de la version PC a disparu. Bizarre, d'autant que la console possède une connexion au Net... Pour ce qui est de la prise en mains de cette version console, le pad est plutôt bien adapté même si on ressent cette sensation de "flottaison". Mieux encore, Volition nous propose comme sur PC, de configurer chaque touche ! Aaahh quel bonheur d'avoir enfin un développeur intelligent. Par contre dans cette version, la montée des échelles est franchement brouillonne ! Voire même franchement merdique ! Heureusement que ce détail ne gâche en rien un jeu très fun, assez varié et nerveux, où véhicules et destruction massive du décor apportent un véritable plus à un FPS déjà bien doté.


L'image

Le premier
Le GeoMod n'offre peut-être pas le plus beau jeu qui soit mais question destruction, il est le roi !
constat, c'est que le moteur 3D GeoMod (abréviation pour Geometry Modification) est particulièrement impressionnant (dommage que la démo technique de la version PC ne soit plus présente). Certes les intérieurs comme les bureaux, les hangars ou les égouts, ne sont pas très détaillés. Tout est "carré", les textures sont assez pauvres et en plus, le GeoMod ne sert à rien puisqu'on ne peut rien "creuser". Par contre, la station spatiale est assez bien faite (ambiance Alien le 8e Passager ou 2001 L'Odyssée de l'Espace). Mais là où le GeoMod impressionne, c'est sur les extérieurs et tout ce qui est à base de roche (tunnels, canyons, mines) sera vraiment superbe. Dehors, le GeoMod s'exprimera pleinement avec une véritable modélisation à l'explosif des parois et des textures bien plus détaillées qu'en intérieur. Au contraire, on ne pourra pas faire d'éloge sur les divers PNJs. Les modélisations sont horribles avec des personnages cubiques et des visages affreux. Les morts disparaissent instantanément et on a encore quelques bugs graphiques. En plus de ça, les loadings sont longs (on sent qu'on n'est plus sur PC !) et assez fréquents. Etant donné le faible taux de RAM de la console, chaque niveau est morcelé en petits chapitres. Enfin j'ai trouvé agréable que toutes les affiches (pubs, propagande) soit en Français là où 95% des jeux sortis chez nous, ne prennent pas la peine d'en faire la moitié. D'accord ça ne sert pas à grand chose d'avoir des pubs (factices) traduites mais je trouve ça plus sympa.


Le son

Si j'ai été content
Si le doublage est en retrait, musiques et bruitages sont de bonne facture
d'avoir un jeu entièrement doublé en Français, j'ai plus difficilement apprécié la qualité du doublage. Très inégale, la qualité oscille entre le correct et le médiocre, les doubleurs ayant la plupart du temps "récité le texte" sans y mettre le cœur nécessaire pour qu'on y croit. Cette version PS2 est tout de même mieux finie que sur PC, avec un mixage des voix toujours linéaire (ce qui évite d'avoir des voix super fortes et d'autres inaudibles). Par contre, les techniciens ont tous la même voix (déjà qu'ils sont tous habillés pareils...). A côté de ça, les bruitages sont vraiment très bons : les armes dépotent bien et les explosions sont expressives. Enfin à l'image d'un Unreal, la musique souligne les temps fort du jeu. Sans être aussi puissante et mélodieuse que dans le jeu d'Epic, Red Faction nous offre quand même de bien jolis morceaux. En plus, elles sont en grands nombres et d'une bonne qualité. Un plaisir.


Note générale

Même s'il côtoie le meilleur, Red Faction cotoie aussi le pire, mais reste dans l'ensemble une production marquante, voire percutante. Il est vrai que d'un côté on a des animations assez hideuses, des objets qui disparaissent sous notre nez, une construction scénaristique (vidéos) pas terrible ou un doublage bas de gamme. Mais Red Faction c'est aussi et surtout de bonnes musiques, une bonne variété des situations (infiltration, véhicules), une aventure assez longue, une bonne jouabilité, un graphisme inégal mais globalement beau (décors) et un gameplay vraiment sympa. D'accord à jeu de 2001 gameplay de 2001 (comprenez bourrin) mais le GeoMod permet aussi quelques trouvailles. Même s'il reste sous-exploité par rapport à ce qu'il aurait pu donner, de temps en temps on découvrira des zones secrètes en jouant démolisseur ou il faudra se frayer un chemin en concassant un mur. En bref le GeoMod apporte un vrai plus au jeu. Le résultat est donc très convainquant, Red Faction était une belle alternative aux grands noms du FPS de l'époque. Un titre vraiment sympa dont les innovations n'ont pas vraiment été plagiées depuis (il a tout de même ouvert la voix à la destruction massive des décors).


Les -

  • La montée des échelles est catastrophique
  • Des intérieurs fades et non destructibles
  • Phases d'infiltration gâchée par l'IA
  • Scénarisation (vidéos) bien moche
  • Pas de sauvegardes automatiques
  • Doublage en retrait
  • Plus de modes multi
  • Les +

  • Un pad bien adapté au jeu et même un configurateur de touches
  • Un univers sympa et une histoire accrocheuse
  • De beaux extérieurs hautement destructibles !
  • Les véhicules sont rares mais pratiques
  • Une bonne plage sonore


  • Test réalisé par iiYama

    janvier 2013