Prince of Persia : L'Ame du Guerrier (PS2)

 








Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : novembre 2004
Développeur : Ubisoft
Editeur : Ubisoft
Genre : action / plate-formes

Support : 1 DVD
Version testée : Française
Voix dans le jeu : FR
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Moteur graphique : Jade Engine
Abréviation : POP 2
Titres alternatifs : Prince of Persia : Warrior Within (US) / Prince of Persia 2
Prix au lancement : 60€
Score des ventes : 2.6 Millions (tous supports)


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Prince of Persia

L'Ame du Guerrier


A peine
Le jeu transpire la rage de notre héros
j'ai eu fini le premier Prince of Persia (dans sa nouvelle formule) que j'ai de suite entamé l'aventure Warrior Within. Et bien on peut le dire, en à peine un an les développeurs ont fait beaucoup de progrès et le jeu a subi un sacré lifting. Je tiens tout d'abord à contester le cercle fermé des testeurs professionnels. Lors de la sortie du jeu, ce second épisode fut affublé de pas mal de critiques, assez injustifiées à mes yeux : virement d'ambiance, violence accrue, pas de réelles évolutions par rapport au premier épisode (et pourtant ça critique l'évolution de son atmosphère) et un passage vers "le côté obscur de la Force". Je trouve ces arguments assez infondés : dans un premier temps le jeu a su évoluer selon son époque (bien qu'un an ce soit court) et ensuite, la réalisation technique surclasse nettement celle des Sables du Temps. Quant aux musiques Metal, c'est un choix qui fut mal accueilli. Maintenant parlons de mon point de vue global du jeu. Comme je le disais, le titre d'Ubisoft a prit une sacrée envolée. Tout d'abord le scénario : depuis qu'il a libéré les sables du temps, le prince est poursuivi par le Dahaka et il veut sa mort pour rétablir l'équilibre. Pour lui échapper, il doit remonter le temps et empêcher que les sables soient créer. Pour se faire, il doit tuer la prêtresse du temps, celle-là même qui créera la source de ses problèmes, plus le sablier du temps et la fameuse dague qui va avec. C'est pourquoi il part pour l'île du temps, lieu assez lugubre où seul trône, un immense château... Le scénario est noir et parait un peu juste au début, mais il délivrera quelques surprises sur la fin. A l'image du jeu, l'atmosphère aussi s'est largement assombrie. L'ambiance est devenue noire à souhait et propose 2 univers : le présent et le passé. Afin de trouver la prêtresse qui créa les sables, on doit jongler entre les 2 époques en ayant aussi droit à 2 types de décors. En effet, dans le passé les lieux sont flambants neufs, avec une ambiance plus ou moins claire et revers de la médaille, des mécanismes de défense en parfait état de marche. A l'inverse, dans le présent le temps a délabré la zone, en offrant une ambiance très sombre, limite glauque, et des pièges qui généralement ne fonctionnent plus (c'est au premier changement temporel qu'on retrouve le célèbre et bien pratique pouvoir de remonter le temps). Entre les 2, il est sûr que ça tranche radicalement avec le premier Prince of Persia, tant sur le plan visuel, le scénario et l'atmosphère même du jeu, laissant son aspect quasi poétique au profit d'une aventure plus nerveuse, plus violente et pourtant, toujours aussi maitrisée.


Sur votre route
La mise en scène est loin d'être mauvaise
vous ne rencontrerez malheureusement pas Farah, l'héroïne des Sables du Temps. Pour le pendant féminin on rencontra à la place 2 nouveaux visages. La première est plus ou moins gothique, pas moche mais avec un certain penchant pour la souffrance. Le sexe dans la douleur, ambiance sado-maso, très peu pour moi. La seconde par contre est plutôt jolie mais fait plus penser à une put... On est loin de la charmante Farah et de son "côté sage", ici le sexe reprend ses droits, avec par exemple un angle de vue tout à fait charnel et séduisant, qui frappe dés l'intro. Ici aussi ça tranche franchement avec la clarté et l'ambiance presque bon-enfant de l'ancien épisode. Pour finir avec ce chapitre, notre héros est devenu un vrai guerrier, bien poilu et bien sauvage. Son visage s'est assombri, il affiche quelques balafres, sa voix est devenue rauque (d'ailleurs son râle lors des combats fait bien comprendre à qui on a à faire, même si on peut déjà regretter qu'il n'est pas été doublé par la même personne) et sa gentillesse s'est envolé au profit d'un prince plus mature. Moi je trouve ça bien (ça ne doit pas être drôle d'être poursuivi par un Dahaka) car le soft essaie de ne pas être une simple suite, en proposant une réelle évolution du personnage et de son univers. Parlons des cut-scènes. Si la modélisation est bien meilleure que par le passé, les cut-scènes sont par contre bien moins nombreuses. C'est dommage surtout qu'elle n'offrent plus de plans "cinématographiques" ou quelques phases d'action. Par contre les vidéos (cette fois plus nombreuses) sont désormais en plein écran et sont réellement superbes. A la fois nerveuses et bien réalisées, elles ne déçoivent pas, au contraire. Mais au rang des portés disparus, il est dommage d'avoir perdu la narration ! Oui, je sais, c'était l'un des attraits des Sables du Temps mais les développeurs ont virés cet aspect original du titre, au profit d'un style plus classique. Ce Prince of Persia 2 est donc un jeu plus violent et plus puissant, à présent plus proche d'un Devil May Cry (gueule de minet, pose "j'me-la-pète", violence) puisque le jeu affiche quelques giclées de sang (absente du premier épisode) et autres découpages de têtes en bon et due forme. Graphiquement le jeu en impose. La modélisation des personnages s'est largement affinée (ce n'est pas du luxe) et les décors, parfois très sombres, affichent un design fin et détaillé. Certes ce n'est plus le palais des mille & une nuits, mais le château insuffle une atmosphère qui lui est propre. Les phases "présent" et "passé" sont nettement démarquées d'un point du design, notamment par des décors sombres et inquiétants d'un côté, et plus "classiques" d'un autre (plus proche du premier opus). Les effets eux aussi sont devenus plus réalistes : chutes d'eau, déformation de l'image par une vague de chaleur, flammes (pas très bien faite dans le premier jeu, il faut le reconnaitre), etc... Pour ce qui est de l'animation, d'un côté c'est vraiment impeccable avec un panel de mouvements extrêmement fluides, une décomposition impressionnante et une taille pour certain sprite parfois énorme (l'animation du prince est en grande partie reprise sur l'excellent travail réalisé sur la précédente itération).


Mais d'un autre côté,
Les nouvelles aspirations de la bande-son ne plairont pas à tout le monde mais moi j'adore !
entre la beauté graphique et tout ce qui bouge simultanément à l'écran (drapeau, feuilles au vent, nombreux ennemis, pièges et tout un tas de petits trucs qui gigotent de façon à rendre les lieux plus vivants) et bien notre bonne vieille PS2 a tendance à saturer : il n'est pas rare que ça ralentisse ou que ça saccade. Pour ce qui est du son, je regrette que la plupart des bruitages soient repris du précédent opus. En effet, je trouvais qu'ils manquaient de punch et c'est une nouvelle fois le cas. Pire, si l'environnement sonore était autrefois riche, désormais il semble bien vide. En effet lorsque le prince saute, cours sur les murs il n'y a aucun bruitage, même certains pièges ne font aucun bruit ! Pendant plusieurs secondes, c'est le silence total. A mon avis ce n'est pas voulu, c'est plutôt un énorme bug. Ensuite les voix, il faut le dire, sont moins bonnes. Le doublage FR, sans être de piètre qualité, accuse tout de même un petit je-ne-sais-quoi qui fait regretter l'excellent travail du précédent volet. Les ennemis par exemple, nous lancent quelques phrases vides de sens (alors qu'avant les ennemis ne parlaient pas, ça évitait ce genre d'écueil) et possèdent en plus un timbre parfaitement ridicule, proche des Grunts d'Halo (autant dire qu'ils ne sont pas allés chercher le meilleur du jeu de Bungie). Pareillement, le prince a changé de voix et ses élocutions sont loin d'avoir le charisme d'antan et d'atteindre le travail voxographique d'autrefois. Mais je vous rassure, il n'y pas de quoi crier au scandale non plus, le doublage restant correct... dans l'ensemble. Par contre, il est dommage que certains bugs persistent. En effet il n'est pas rare qu'un ennemi (ou le prince lui-même) parle et s'interrompt brutalement. C'est un bug inadmissible sur console (puisqu'on ne sait pas ce qu'il voulait dire), et qui s'ajoute à la disparition de certains bruitages. Enfin au rang musical, il y aura les détracteurs et les adorateurs. Personnellement je fais parti de la seconde donne. Si à l'époque les musiques étaient toujours dans le ton de l'ambiance, bercées de sonorités orientales (bien que toujours en sourdine et rarement très rythmées) dorénavant les musiques sont plus trash. Et oui, le jeu étant devenu ce qu'il est, les musiques ont suivies en offrant des sonorités Hard-Rock voire Metal, lors des phases de combats (ce qui rapproche la bande-son d'un Quake II... vous voyez le genre ?). Ces musiques donnent une atmosphère particulière aux bastons, un rythme certain. Personnellement j'adore ! A contrario, lors des phases de plate-formes, ce sont quelques "musiquettes" ou vagues sonorités qui font timidement leur apparition, en posant une ambiance plus feutrée. Vous l'aurez compris, le son aussi joue la carte de l'évolution au grand regret de certains... mais pas pour moi. Côté jouabilité et gameplay, L'Ame du Guerrier s'étoffe, avec avant toute chose un choix de la difficulté (ça manquait jusque-là).


Comme les combats
Graphiquement, Warrior Within est magnifique
sont plus présents, plus violents, une énorme panoplie de combos vient maintenant étoffer le contrôle du bellâtre. Tout d'abord le prince se la joue sauvage en embarquant 2 armes blanches (au lieu d'une) dont la seconde peut être changée à tout moment ou même lancée sur un adversaire. D'ailleurs à cette arme secondaire, est adjointe un jauge de durabilité. Ladite arme n'est donc pas indéstructible, à l'image de l'arme principale. Mais il n'y pas que les combats qui profitent de changements puisqu'avec ce nouvel opus, notre héros se découvre quelques nouveaux mouvements comme descendre à terre en plantant une lame dans un rideau (façon Indiana Jones). Pour ce qui est de la (déjà excellente) jouabilité du prince, on ne change pas une équipe qui gagne. Le jeu est plus rapide ce qui offre aussi aux joueurs, des combats plus dynamiques. Les joutes deviennent vraiment passionnantes et quelques ralentis très "bullet-time" viennent ébahir nos yeux de players friands de "super positions". Mais à ce sujet, les combats peuvent parfois paraître pénibles. En effet plutôt que de multiplier les opposants, Ubisoft a cette fois préféré nous opposer à des ennemis à la fois coriace, virulents et acharnés (ils font tout leur possible pour vous crever). Résultat, certains combats deviennent trop longs et comme on en prend plein la gueule, le plaisir s'estompe. C'est dommage et c'est en partie à cause du fait que la protection, accuse une étrange latence : le prince met un petit laps de temps pour se mettre en position défensive, ce qui le rend vulnérable. Ensuite et pour finir avec ça, la liste combos est bien trop longue ! Je sais, on aurait pas cru qu'un jour je dise ça mais là c'est trop : coups avec l'arme de droite, celle de gauche, les 2, en s'appuyant sur un mur... il y a plus de 50 combos réalisables. C'est trop pour du beat-them-all car au final, on n'en retiendra que 2 ou 3, ceux qu'on aime le plus. Pour contrecarrer cet état de fait, le jeu propose des boss, on peut le dire, énormes ! Façon David contre Goliath, notre Prince ne joue pas que du cimeterre contre eux, mais use aussi d'intelligence (comme celui où il faut taper les jambes pour qu'il s'agenouille et qu'on puisse monter sur dos pour frapper la tête). Pour ce qui est du Dahaka, c'est une sorte de monstre fantomatique et tentaculaire proche dans l'attitude d'un certain Nemesis puisque ce bourrin, voulant à tout prix vous tuer, traverse les murs et se veut très agressif. Solution : la fuite ! Ca vous rappelle rien ? Enfin, à la façon du premier opus, on obtient le pouvoir de contrôler le temps. Et un petit effet très sympa s'ajoute au ralentissement de l'image, celle du son ! C'est très bien réalisé et crédible. D'ailleurs cette fonction est devenue indispensable à certaines phases de plate-formes. C'est pas un mal.



J'adore ce jeu ! Note
S'il n'avait pas ses 3 grands défauts récurant (à savoir ralentissements, combats parfois chiants et difficile, et bug sonore), le jeu aurait mérité plus qu'un 18/20 (encore qu'il ne faut pas qu'il se plaigne) tant cette suite surclasse son aîné dans son concept comme dans sa réalisation. Prince of Persia : L'Ame du Guerrier est donc un superbe titre comme on aimerait en voir plus souvent, et personnellement j'ai adoré la nouvelle bande-son Métal (qui ne plaira à tout le monde, pour une question évidente de gout). Vivement l'épisode 3 qu'on puisse enfin apprécier la conclusion de cette superbe trilogie.



Test réalisé par iiYama

mars 2006 (mise à jour : juin 2011)