Onimusha : Dawn of Dreams (PS2)

 







Développement scénaristique
Jouabilité & Gameplay
L'image
Le son
Note générale


Sortie du jeu : mars 2006
Développeur : Capcom
Editeur : Capcom
Genre : beat-them-all / aventure

Support : 2 DVDs
Version testée : Française
Voix dans le jeu : US
Textes à l'écran : FR

Difficulté :
Multi-joueurs : non
Abréviation : Onimusha 4
Titre alternatif : Shin Onimusha : Dawn of Dreams (JAP)
Prix au lancement : 50€
Score des ventes : 640.000





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Onimusha

Dawn of Dreams


Après 2 ans
Encore une fois, l'intro en images de synthèses est vraiment magnifique
de gestation, Capcom remet le couvert pour la 4e fois avec sa série Onimusha. Une série débutée sur PS2 et qui ne s'exportera nulle part ailleurs (à part le premier qui fut adapté sur Xbox). Avec Onimusha 3, il est clair que le développeur nippon était au sommet de son art. Inspiré de Devil May Cry, le gameplay s'était fluidifié et le passage au tout 3D a permis d'obtenir un jeu plus malléable. Résultat, Onimusha 3 est sans conteste le meilleur épisode de la trilogie et à mon humble avis, ce n'est pas ce tardif 4e opus qui le déboulonnera de son siège. Ca y est, le scud est lancé, j'ai avoué que Dawn of Dreams n'est pas génial. Alors que la série tablait toujours sur un genre bien à lui, cet opus essaie de changer "une formule qui gagne", en premier lieu avec un héros au charisme de bulot et à la dégaine juste passable. Cette fois on joue donc Soki (Yuki Hideyasu de son vrai nom… un homme qui a vraiment existé puisque le jeu utilise toujours l'histoire japonaise en trame de fond), mi-homme mi-démon et représentant de l'Oni Noir (Dark Oni). 2 générations après la mort de Nobunaga, Hideyoshi a repris le pouvoir en faisant régner paix et prospérité sur le pays. Mais un jour il pète les plombs, les Genmas refont surface et la guerre reprend de plus belle. Pour nous raconter tout ça, on a comme d'habitude une magnifique vidéo d'intro qui en met plein les yeux (et qui, comme d'habitude, n'a pas vraiment de rapport avec le jeu… comme dans Onimusha 3), on a également quelques planches d'artworks (qui rappelle sans mal la patte graphique d'Okami) et enfin, on a d'habituelles cut-scènes gérées en temps réel. Quoique, certaines d'entre elles sont en réalité des vidéos basées sur le moteur du jeu, et d'autres sont vraiment gérées en temps réel. D'ailleurs si ce n'est pas le cas lors des vidéos, pendant les cut-scènes les protagonistes ne se donnent pas la peine d'ouvrir la bouche en parlant.


Les visages sont
Le gameplay reprend celui d'Onimusha 3 mais n'en améliore pas la formule... au contraire !
figés et les mouvements de tête ou du corps qui visent à donner le change, nous ramènent pitoyablement à l'ère de la PSOne. Sur PS2 c'est simplement honteux de voir ça, plus encore sur une console en fin de vie et sur une série qui ne nous avait jamais fait ce coup-là. De plus Soki est un illustre inconnu. J'entends par là que son modèle n'est pas basé sur acteur connu : fini les Takeshi Kaneshiro, les Jean Reno et les Yusaku Matsuda, cette fois notre héros a une gueule de minet tout droit sorti d'un manga, sans trait, sans charisme, bref un héros auquel on a bien du mal à s'identifier. Le jeu tient sur 2 DVDs et pour cause, les vidéos sont nombreuses (celles en images de synthèses sont, comme déjà évoqué, magnifiques) et la durée de vie excelle. Comptez au moins 15 heures pour terminer l'aventure, une durée de vie dopée par quelques bonnes trouvailles. En effet, Soki sera accompagné de nouveaux partenaires et la première d'entre elle est Jubei Yagyu. Non, rien à voir avec le héros d'Onimusha 2, ici on parle de sa petite-fille. Comme elle est menue et agile, elle pourra traverser certaines zones que Soki est incapable de franchir. A ce propos, je trouve toujours aussi crétin de voir certains cloisonnements. Par exemple Soki est incapable de choper une échelle à peine 1m plus haute que lui, et Jubei se laisse barrer la route par une porte haute de 1m50. Mais qu'est ce qui t'empêche de sauter par-dessus connasse ?! Bon sang, ça a le don de m'énerver quand on me prend un imbécile. Autre point, intéressant cette fois, selon le niveau on peut switcher entre 2 personnages pour alterner les plaisirs mais aussi et surtout, pour débloquer le passage. Par exemple si cet idiot de Soki est incapable de passer sur une poutre pour rejoindre le toit d'en face, Jubei elle, le peut. Ainsi on alterne entre les 2, ce qui offre quelques passages "axé puzzles" plus intelligents que d'autres. Tien en parlant de puzzles, il est évident qu'on retrouve les fameux coffres à énigmes, des casse-têtes cette fois basés sur le principe des lignes de couleurs (des mini-jeux que Layton lui-même ne pourrait pas renier). Pour revenir au fait que les personnages secondaires savent réaliser ce que l'autre gros béta est incapable de faire, on peut également reparcourir la plupart des niveaux déjà traversé.


Justement jouer avec
Les musiques sont complétement hors de propos ! Entre techno et rock, l'ambiance en prend un sale coup
un personnage annexe, c'est chiner des objets rares en utilisant ses facultés. Mais le gros du gameplay réside bien entendu dans les combats, les Onimusha n'étant pas des simulations de tricot. On retrouve donc ce gameplay balourd, qui avait eu le bon gout de s'alléger dans Onimusha 3. On a un système d'ordre pour les compagnons (attendre, attaquer, suivre…) et pour les bastons, on reprend la formule à l'exacte mais sans en gommer les petites imperfections. Par exemple, et ce pour la 4e fois, un combo se finira souvent dans le vide car le personnage ne suit quasiment jamais la direction qu'on lui donne avec le stick. Et comme lorsqu'il est lancé, on ne peut plus l'arrêter, et bien il a l'air bien ridicule à gesticuler dans le vent. Cette facette avait été amenuisé dans l'épisode 3 et elle revient malheureusement en force ici… et ce n'est pas pour me plaire. Pareil, si vous trouviez les menus des anciens opus trop clairs et simple d'accès, sachez que Capcom s'est fait un plaisir à remédier au problème avec un menu lourd en sous-menus, complètement brouillon, voire même lourd-dingue. Et ne comptez pas sur le développeur pour avoir dédié une touche au changement d'arme, finalement ce qui est chiant on le garde et ce qui fonctionne bien, on se démerde à le pourrir. Bon, tout n'est pas à jeter non plus puisque l'action garde une bonne dynamique, on a quelques nouveautés comme maintenir "triangle" pour déclencher des attaques spéciales de plus en plus puissantes, des attaques critiques (qui rappelle les "finish moves" de Shinobi) et bien entendu, on retrouve les âmes à collecter, les objets à choper et le magasin. On pourra même demander aux autres personnages de confectionner certains objets, en leur fournissant les matières premières et on pourra vendre tout ce qui est inutile. Enfin les âmes servent comme d'habitude, à upgrader ses sabres et son armure, mais aussi à gagner des points de compétences et à débloquer de nouvelles aptitudes. Autre point, le stick droit sert "enfin" à contrôler manuellement la caméra. Avec ça on peut le dire, le jeu a fait un joli bond en avant.


Techniquement maintenant,
Les graphismes sont tout à fait corrects mais pas de quoi s'extasier. La PS2 a fait bien mieux et des personnages qui n'ouvrent pas la bouche en parlant lors des cut-scènes, c'est simplement ridicule
si certains s'extasient devant le jeu en disant sans y réfléchir, qu'il est le plus beau de la série, moi je dis que non ! Tout en 3D, il est clairement moins beau que l'épisode 3, la faute à des décors loin d'être oniriques. On traverse trop de zones "modernes" ou de décor sans véritable attrait, ce qui me force à être plus fine bouche que les autres. Et puis laissez moi vous rappeler qu'on parle d'un jeu de 2006, sorti 6 ans après la console et quand on voit le résultat, il n'y a vraiment pas de quoi tomber à la renverse. Si on prend un God of War ou un Devil May Cry 3, ils sont autrement plus impressionnants et détaillés. Et puis eux, n'osent pas nous torcher des protagonistes qui nous n'ouvrent pas la bouche en parlant (fallait que je la replace celle-là :). Bon après il faut être clair, le jeu n'est pas moche pour autant. C'est fluide (malgré des boss parfois imposants), c'est assez détaillé… non vraiment, dans l'ensemble c'est pas mal. C'est juste qu'on s'attendait à mieux, ou au minimum aussi bien qu'Onimusha 3. Dernier point, le son est une déception. Si on ne s'étonnera pas de réentendre pour la 4e fois les mêmes bruitages, à contrario le doublage n'est vraiment pas terrible. C'est surjoué et encore une fois, les voix en anglais ne collent absolument pas à l'ambiance. Mais le pire, ce sont les musiques. Alternant des sonorités cinématographiques banales mais de circonstance, le jeu distille aussi de la bonne grosse techno bien moche, ou du rock. Mais qu'est ce que ça fout là, ça ? On est au XVIe siècle, en plein Japon féodal, donc c'est totalement hors de propos. Et en plus d'être nulles, les musiques sont (en plus) ultra répétitives ! Donc elles tapent sur les nerfs et si vous avez la bonne idée de les couper dans les options, sachez qu'au passage ça coupera le son des vidéos. C'est vraiment n'importe quoi !



Avec Dawn of Dreams, Note
Capcom avait les moyens de faire avancer sa licence, et de proposer l'épisode le plus abouti de la série. En un sens, ils y sont arrivés puisque certaines facettes du gameplay se sont largement améliorées, quand d'autres (plus pénibles) persistent et signent. En plus techniquement c'est tout à fait banal et au bout de 2 heures de jeu, l'ennui se fait de plus en plus sentir. Alors il faut être clair, ce n'est pas un mauvais titre pour autant, au contraire. Il a ses qualités dont une bonne durée de vie et une rejouabilité des levels qui est agréable. Mais pour les fans de la trilogie originelle, la chanson risque d'être différente. De toute façon il suffit de voir les ventes, pour Capcom c'est la tuile. Voilà sans doute pourquoi depuis 2006, on en n'entend plus du tout parler. Et les raisons de cet échec sont multiples : avant toute chose on joue un inconnu (alors qu'on aurait très bien pu retrouver Jubei ou Samanosuke, ça aurait été agréable), la jouabilité n'a pas cherché à s'améliorer (au contraire !), les menus sont horriblement brouillons, contre toute attente c'est pas super beau et puis l'ambiance, le cœur même du jeu, ne semble plus y être. A l'origine on retrouvait derrière la série de grands noms comme Jun Takeuchi et Keiji Inafune mais il semble qu'à trop vouloir en faire, on s'égare en chemin et en perdant ses grands noms justement, Onimusha s'est dépouillé de son essence et de ses héros qu'on ne présente plus. Et ça, je suis le premier à le regretter...



Test réalisé par iiYama

octobre 2011